8.3
8.3/10

Depuis quelques années, dans le domaine de la chaussure d’Enduro et de DH, certaines marques se sont imposées comme les leaders du marché… L’arrivée de la Ride Concepts Transition, compatible avec les cales pour pédales automatiques, pourrait-elle bouleverser l’ordre établi ? Ce modèle possède-t-il suffisamment de qualités pour séduire les pilotes les plus exigeants ? Est-ce du costaud ? Nous l’avons testée tout l’hiver dans des conditions difficiles. Voilà ce que nous en pensons.

 

179,90€
1,140 kg (la paire en taille 10 avec cales)
Epedalmpeigne en cuir et TP laminé, tige en nylon, semelle interne et renforts en D3O, strap en cuir
de 7 (39,5) à 11,5 (45), 2 couleurs (noir et gris)

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes


 

 

Est-ce pertinent ?

Ride Concepts est une marque californienne relativement récente dans le monde de la chaussure de VTT compatible avec des cales pour pédales automatiques. Néanmoins, en s’appuyant sur l’expérience de la compétition, le travail réalisé avec Rachel Atherton et ses frères a permis l’élaboration d’un modèle nommé Transition, en phase avec les desiderata des pilotes les plus exigeants. De plus, son look relativement proche d’une Five Ten, s’il n’est pas des plus original, lui donne malgré tout un aspect “skate shoe” plutôt sympa.

Techniquement, avec son empeigne en cuir et TPU laminé, sa languette moulée et courbée à densités multiples en mesh anti-abrasion, ses lacets ovales de 8mm en élasthanne et sa semelle interne en D3O et externe en DST 8.0, on constate également que la chaussure est robuste et la finition soignée.

Un produit spécifique pour les enduristes et les descendeurs qui veulent pouvoir attaquer en étant bien protégés. Alors bien sûr, la première fois que l’on soulève une paire de Transition, on constate qu’elle n’est pas des plus légères… Mais en revanche, au niveau de la protection du pied, c’est un modèle très au point, très technique. Ce qui justifie en grande partie son tarif assez élevé de 179 euros.

 

 

Qu’en est-il sur le terrain ?

Avec quasiment 600 grammes accrochés à chaque pied, inutile de dire que lorsque l’on marche, on sent que l’on est chaussé… Et bien chaussé, même, pourrait-on dire, car si les Ride Concepts Transition ne sont pas des plus légères, ni des plus ergonomiques par rapport à la concurrence, il n’empêche qu’elles sont très faciles à enfiler et suffisamment confortables pour marcher un bon moment dans les sentiers sans ressentir de gêne.

Mais une fois sur le vélo, la rigidité de l’ensemble (surtout de la semelle) et les nombreuses protections et autres renforts procurent une sensation de sécurité, qui, lorsque l’on roule sur des terrains hostiles parsemés de rochers, de pierres et de branches, n’est pas désagréable, bien au contraire ! Et si, sous la chaussure, la position des cales relativement sur l’avant favorise plutôt le pédalage, le fait d’être attaché compense le léger manque d’accroche de la semelle externe.

D’ailleurs, au cours de mes nombreuses sorties hivernales – y compris les plus boueuses et pluvieuses suite à la météo exécrable que nous avons subie entre novembre et décembre dans le Var – je peux dire que je n’ai jamais rencontré le moindre souci pour clipser ou déclipser les pieds de mes pédales automatiques Shimano.

Dans un autre registre, les différentes densités de la semelle offrent un confort et une rigidité qui permettent de ne pas trop sentir les pédales sous le pied, y compris lors d’une utilisation plus extrême, avec un pédalage en puissance ou des sauts et des freinages appuyés dans des portions défoncées. Et même si on recommande d’utiliser de préférence ces chaussures avec des pédales à plateforme, il m’est arrivé de rouler avec un petit modèle de XC sans avoir du tout l’impression que la pédale allait me traverser le pied !

Il est bon aussi de préciser que les Ride Concepts Transition sont vraiment des chaussures idéales pour les conditions hivernales. Que ce soit au niveau de l’étanchéité ou celui de la protection du froid, comme dirait l’autre, c’est le pied ! On peut vraiment se lancer à rouler dans la neige ou à passer dans des grosses flaques ou des petits gués remplis d’eau sans redouter de revenir à la maison avec les orteils gelés. Pendant quatre mois, donc, la Transition est devenue ma chaussure de prédilection lors de mes cinq sorties hebdomadaires… Un modèle spécifique pour l’Enduro et la DH, qui, grâce à son design et son confort, convient aussi parfaitement à la pratique du VTTAE sportif. Et pour tous ceux qui ne roulent pas en pédales auto, je précise qu’il existe des modèles avec semelle plate, sans encoche pour les cales, comme la Wildcat et la Hellion.

 

 

Est-ce utile ?

Pour un usage sportif et engagé en vrai tout-terrain c’est le modèle idéal. De même, il est parfaitement adapté à la randonnée en VTT à assistance électrique. Pour les longues sorties d’hiver aussi, car de ce côté-là, question étanchéité, encore une fois, la Transition est quasiment au niveau des produits plus spécifiques. J’ai également apprécié les nombreuses protections. Celle en D3O au niveau de la malléole interne, mais aussi les autres, en caoutchouc, autour des orteils et les renforts du côté du talon qui maintiennent bien le pied en place. Non seulement ça protège vraiment des chocs et des frottements, mais en plus, c’est super résistant et ça ne s’arrache pas comme cela peut arriver sur certaines chaussures moins épaisses.

En revanche, si vous recherchez un modèle relativement léger, confortable à la marche et doté d’un excellent grip au sol, choisissez plutôt une autre paire de pompes plus en adéquation avec votre pratique. Enfin, j’ajouterais que le gabarit et le design de ces chaussures les destinent davantage aux hommes…

 

 

Quelle durée de vie ?

La Ride Concepts Transition est une chaussure particulièrement robuste. Tout l’hiver, je l’ai maltraité, dans la boue, sous la pluie, dans les pierres et même en marchant pour faire l’entretien des chemins. Bilan : aucune usure visible de la semelle, une rigidité toujours aussi importante et quasiment aucune coupure, ni marque d’impact ou de déchirure. Impressionnant ! Et pour l’entretien, un coup de jet à pression ou un lavage en machine de temps en temps, et hop, ça repart comme neuf… Du costaud, on vous dit.

 

 

Ce qui peut progresser ?

Là, on est déjà sur du haut niveau de finition, alors ce n’est pas forcément évident de trouver une faille… Bien sûr, il serait toujours possible de rogner un petit peu sur le poids, mais avec les parties en D3O et les coques moulées sur l’avant de la chaussure, ce n’est pas forcément évident. Surtout si l’on tient à préserver la qualité de la protection. Autrement, de manière à pouvoir disposer de davantage d’options dans la position du pied sur la pédale, il serait également intéressant d’avoir une amplitude de réglage de la cale un peu plus importante.

 

 

Vis-à-vis de la concurrence ?

On pense évidemment à la Five Ten Hellcat Pro TLD à 179 euros et 1,100kg. Elle possède elle aussi un scratch asymétrique et sa semelle en gomme Rubber C4 offre une meilleure adhérence à la marche et sur la plateforme de la pédale. Son cuir anti-abrasion avec traitement de surface déperlant en fait également un produit robuste et facile à entretenir.

La nouvelle Leatt DBX 5.0 à 119 euros et 900g peut également tirer son épingle du jeu. Cette chaussure plus abordable financièrement et plus légère possède une protection supplémentaire au niveau de la malléole, côté manivelle. Elle offre aussi un bon confort et une rigidité très correcte au pédalage.

La Shimano AM9 propose un excellent rapport protection/confort/résistance pour un tarif de 149 euros et un poids intéressant de 820g la paire… Avec son serrage à Velcro et lacets, son renfort asymétrique au niveau de la cheville, son contact très stable entre la semelle et la pédale et sa large plage de réglage de la cale, on a là une chaussure légère, robuste et très réussie.

Dans le même registre, on trouve aussi la Mavic XA Pro à 139 euros et moins de 800g la paire. Avec une semelle Energy Grip et Contagrip, un serrage micrométrique et une légèreté appréciable, c’est la chaussure d’été par excellence… Confortable et relativement rigide, la XA Pro accepte parfaitement la marche et se révèle donc particulièrement polyvalente.

Enfin, il y a la Giro Chamber II à 195 euros et 1kg la paire. Créée en collaboration avec le descendeur Aaron Gwinn, la Chamber II possède une empeigne très robuste, un chausson interne qui protège le pied des impacts divers et une semelle Vibram Megagrip à la fois rigide et accrocheuse.

 

 

Est-ce que ça les vaut ?

A l’heure des comptes, les nombreuses protections aux matériaux divers et variés, comme la languette latérale en KPU de 1,5 mm, la coque en caoutchouc moulé au niveau des orteils, le renfort qui protège le tendon d’Achille et le col médian asymétrique avec protection D3O de 2mm justifient quasiment à elles seules le montant élevé de la facture.

On note également que Ride Concept a mis l’accent sur la finition et les petits détails qui font la différence, comme la lanière Powerstrap en cuir et velcro, qui, en plus des lacets, permet de réajuster le maintien parfait de la chaussure tout en roulant.

Bref, globalement et même à 179 euros la paire, le côté très technique du produit fait que l’on en a pour son argent.

Pertinent ?8
Pratique ?8.5
Utile ? 8
Durable ?9.5
Abouti ?9
Concurrentiel ?8
Bon marché ?7
Principales qualités
Robustesse
Confort
Rigidité
Protection
Étanchéité
Principaux défauts
Poids
Prix un peu élevé
8.3
8.3/10
La chaussure Ride Concepts Transition est un modèle qui sort du lot. Nous l’avons appréciée pour ses capacités à affronter les pires conditions météo, sa robustesse, ses nombreuses protections et son entretien facile. Si l’on attaque fort et que l’on veut envoyer du lourd en descente ou en enduro, c’est le produit idéal. En revanche, elle ne conviendra pas forcément aux pratiquants qui souhaitent une chaussure plus légère et plus polyvalente, surtout à la marche...

Article lu 1 819 fois. Merci !