C’est le printemps, et avec lui son lot de nouveautés, évolutions matérielles et autres petits progrès intéressants à observer pour en juger. Ce coup-ci, c’est la marque à l’aigle qui nous fait parvenir de quoi juger de son travail sur les dorsales Bluegrass B&S et Lite. 

On avait eu l’opportunité d’en découvrir les premières moutures il y a de ça deux ans et demi sur les bords de la Méditerranée. Cette fois-ci, c’est à domicile et sur les terrains d’essais habituels que les nouvelles versions ont pris quelques kilomètres avant d’atteindre patiemment la date fatidique de leur lancement… 

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes – Photos : Bluegrass


 

 

 

Back in the days…

Petit retour en arrière. Novembre 2017, nous présentions une grosse évolution de la gamme de protections de la marque italienne Bluegrass. Ses vestes dorsales et ses genouillères/coudières faisaient à cette occasion l’objet d’un travail important pour répondre aux attentes de l’Enduro moderne : confort, aération, protection, durabilité…

Depuis, les genouillères Bluegrass Skinny D3O ont clairement fait leur petit bonhomme de chemin et leur place sur le marché. Sans être exceptionnelles en tout point, elle symbolisent un compromis intéressant pour la pratique de l’Enduro. Dans le même temps les dorsales, elles, ont marqué le pas face à la concurrence que l’on a pu étudier dans la continuité de notre enquête pour rouler sans sac.

De par leurs matériaux, coupes, aérations… Des vestes pas nécessairement mauvaises, mais simplement rentrées dans le rang des produits classiques et sans élément de différenciation suggérant de les mettre en valeur ou les conseiller plus que d’autres. Et puisque la marque promettait de les faire à nouveau évoluer pour tenter de se démarquer à nouveau…

 

 

B&S vs Lite

C’est ce que l’on observe aujourd’hui avec l’évolution des Bluegrass Armour B&S et Lite. Pour rappel, la version B&S se nomme ainsi pour Body and Shoulders – corps et épaules – tandis que la Lite se veut une version plus minimaliste. Au premier coup d’oeil, rien de sorcier pour les différencier…

Sur la balance, ces différences permettent un écart de 300g environ. Si ça peut paraître peu dans la vie courante, à l’échelle d’une dorsale l’écart est significatif. La Bluegrass Armour B&S pèse autour de 800g, la Bluegrass Armour Lite autour de 500g. Pas tout à fait moitié moins, mais presque…

Malgré cet écart, les deux vestes partagent nombre de points importants en matière de conception. Tissus, coupe, détails utiles…

Outre ces détails communs, la Bluegrass Armour B&S plus complète dispose de détails spécifiques qui peaufine le tableau par rapport sa version précédente…

Sur le torse, la précédente version avait déjà fait l’objet d’un travail important. Il se peaufine ici en réduisant la largeur entre épaules et en gagnant encore en flexion. Un nouvel effort qui se ressent à l’usage, voyons plutôt… 

 

 

Prise en main

Parvenues suffisamment tôt avant leur date de lancement, les Bluegrass Armour B&S et Lite ont eu le temps de livrer leurs premières impressions à l’usage. L’occasion d’en mesurer les progrès, et de les positionner par rapport aux autres produits disponibles à la rédaction…

 

Ce qui progresse

J’ai ainsi ressorti les anciennes Bluegrass Armour B&S et Lite pour comparer. En premier lieu, c’est la coupe qui saute aux yeux. Même taille (M pour ma part), la sensation n’est pas la même. Les nouvelles versions donnent le sentiment d’être plus près du corps et de mieux s’adapter à ses formes. L’ancien plastron notamment, pouvait donner le sentiment de larges plaques qui se décollaient parfois de la peau. Ici, ça parait bien plus souple et toujours souple, sans se décoller, bouger, frotter.

C’est peut-être aussi dû au travail sur les épaules et manches. La nouvelle Bluegrass Armour B&S semble gagner encore un cran de liberté et d’aisance à ce niveau. Les pads restent davantage sur le dessus de l’épaule sans basculer vers l’avant, et le manchon ne semble plus vriller lorsque l’on se trouve en position, sur le vélo. Dans tous les cas ça participe à un maintien en place de bon ordre, même affublé de la poche à eau et les poches arrières bien remplies.

Enfin, c’est en matière d’aération/chaleur que l’on progresse un peu. Sur l’ancienne version, sous la dorsale (recouverte d’une épaisse couche) et sous le plastron (qui se décolle de la peau), on sent la chaleur et au bout du compte la transpiration se produire plus rapidement. C’est ici mieux géré, surtout au niveau du plastron, plus aéré et plus souple de toute façon. 

 

Vis-à-vis de la concurrence

Pour saisir comment se positionnent les nouvelles Bluegrass Armour B&S et Lite sur le marché, évoquer les points communs et différences par rapport à la concurrence a aussi son intérêt. Ainsi, en matière de tissus, les Bluegrass Armour B&S et Lite font clairement penser aux SixSixOne Evo et Alpinestars Evo M dont elles partagent les mêmes tissus.

Différence fondamentale par rapport à l’américaine : les poches, bien plus volumineuses de la Bluegrass qui permettent d’embarquer davantage. On est proche d’y mettre comme dans la face arrière d’un cuissard Specialized Swat, même si ce dernier dispose toujours de compartiments plus détaillés. Sur le ventre, la coupe des Bluegrass Armour B&S et Lite est par contre très similaire à celle de l’Alpinestars Evo M : assez, haut, ça ne descend pas au point de pouvoir se glisser dans le short/pantalon. 

Autres produits du marché qui permettent de positionner les dernières Bluegrass Armour B&S et Lite : les Vestes Race Face Flank Core, Racer Motion & Mountain Top, 7idp Flex Suit… À base de Lycra extensible. Ces dernières se portent comme une première peau, là où les Bluegrass Armour B&S et Lite peuvent encore se porter avec un sous-vêtement technique en dessous. Les Race Face et 7idp optent pour une dorsale et un plastron (pour torse) minimalistes, là où les Bluegrass Armour B&S et Lite et Racer conservent des protections étendues.

 

 

Qu’en penser ?!

Vu sous cet angle, les nouvelles Bluegrass Armour B&S et Lite marquent un progrès notable par rapport à leurs version précédentes. Les anciennes étaient dans le rang, sans rien d’exceptionnel, les nouvelles se positionnent dans la mêlée. Quelles valeurs leur accorder ?! C’est vis-à-vis de la concurrence que l’on perçoit l’opportunité. À l’image des genouillères de la marque, les Bluegrass Armour B&S et Lite jouent un bon entre deux.

Pas aussi légères, fines et proches du corps que certaines autres dorsales minimalistes du marché, les Bluegrass Armour B&S et Lite entrent néanmoins pleinement dans les standards que l’on peut souhaiter pour notre pratique de l’Enduro, sans sacrifier la protection et les capacités de transport sur l’autel du confort et de la légèreté.

Un ensemble cohérent donc, qui a le mérite d’exister, d’affirmer ses valeurs, et participer à une belle diversité de l’offre. Un bon repère donc pour se positionner et choisir le moment venu. D’autant que du côté du porte-feuille, à 130€ (Lite) et 190€ (B&S), c’est là aussi, au coeur du marché… Pour ceux donc, que ça intéresse, derniers éléments utiles…

Article lu 3 726 fois. Merci !