BOS… Ces derniers temps, le logo aux trois lettres de la firme toulousaine est très en vue sur les ailes des Toyota Yaris Championnes du Monde WRC. Il est loin le temps où Olivier Bossard, le gourou de la suspension, faisait ses armes dans les paddocks de la Coupe du Monde de Descente VTT. 

On pourrait d’ailleurs penser qu’avec de tels succès et une telle implication au plus haut niveau automobile, le VTT ne soit plus qu’un lointain souvenir. Néanmoins, BOS ne perd pas de vue la pratique, ses évolutions, et les technologies dont elle dispose au fond des tiroirs.

Et puisqu’elles semblent toujours avoir de bons arguments pour nous servir, ce serait dommage de s’en priver… Raison pour laquelle le dernier produit VTT de la marque toulousaine nous intéresse aujourd’hui. Coup d’oeil attentif et intéressé à ce que propose la Bos Deville 2…

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : Bos Suspensions


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Histoire de lièvre…

Sur certains produits de la concurrence, le lièvre, c’est celui qui indique dans quel sens tourner les molettes pour avoir un produit plus vif. Chez Bos, c’est surtout une question de projet auquel consacrer les ressources de l’entreprise pour prospérer. Fin des années 90, début des années 2000, le savoir faire d’Olivier Bossard était clairement mis en valeur par des pilotes de renom comme Nicolas Vouilloz et Anne-Caroline Chausson…

Depuis, cette science a percé d’autres domaines, sur piste, asphalte, terre, à deux comme à quatre roues. Avec, toujours, comme leitmotiv, d’être reconnu et valorisé pour le gain de performance apporté. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui les produits phares de l’entreprise ornent certaines montures du MXGP ou du WRC. C’est aussi ce qui fait que les locaux de l’entreprise se sont peu à peu dotés de ce qui se fait de mieux en matière de production, de contrôle, de traçabilité…

“Avec un tel parcours, comment ne pas garder un oeil sur le VTT…”

Et c’est quelque part, ce qui explique enfin que ces dernières années, ce ne soit pas forcément le marché du VTT qui ait été le plus en phase avec ces développements. C’est qu’il s’est habitué aux standards de qualité, de prix et de performance habillement implantés par la concurrence. Dans ce cas, quel lièvre courir pour ne pas bafouer son savoir faire et le valoriser comme il se doit ?! Quelque part, la problématique à laquelle tout projet ambitieux se confronte un jour ou l’autre…

Néanmoins, on peut comprendre qu’avec un tel parcours, le VTT reste dans les esprits de l’entreprise. Les origines, les fondements, les premiers succès, les premières reconnaissances… Raisons pour lesquelles une gamme de produit – fourches et amortisseurs – reste au catalogue de la marque. Les efforts de promotion et les volumes produits sont contenus, mais les produits, eux, continuent leurs progressions…

 

 

Version 2

C’est le cas de la BOS Deville 2, qui prend la suite de sa devancière. Pour la petite histoire, cette fourche destinée à la pratique de l’Enduro qui nous est chère, est au catalogue de la marque depuis 2011. À l’époque, Nicolas Vouilloz revenait de plus en plus au VTT, s’intéressait de plus en plus à l’Enduro, et participait à l’élaboration de la BOS Deville.

On l’a ensuite retrouvée, notamment, en première monte de certains Orbea Rallon R4, marquant l’ascension de la marque basque au sein de la pratique de l’Enduro. Si le produit était prometteur, les contraintes de production, le suivi nécessaire, les multiples formats (tailles de roue, entraxe boost…) et les ressources que ça pouvait demander n’étaient pas forcément en phase. Au bout du bout, c’est pourquoi l’expérience n’était pas toujours salutaire, et a pris fin.

 

 

Qui se cache dans les détails…

Alors, circulez, il n’y a rien à voir ?! Ce serait aller un peu vite en besogne. Mais bon sang, qu’il y a-t-il au sein de cette BOS Deville 2, pour que le coup d’oeil soit intéressant ?! Plusieurs choses à vrai dire. À chaque étage ou presque, des solutions qui diffèrent de la concurrence, entre bon sens et ingéniosité, et qui participent à la diversité, l’ouverture, le challenge…

Assemblage Pivot/Té/plongeurs...

Extérieurement, la Bos Deville 2 se présente peu ou prou comme n’importe quelle autre fourche télescopique du marché. Elle fait néanmoins l’objet d’un travail particulier en matière de gestion de la raideur de son châssis. Ou comment être précise sans pour autant être une barre à mine ?!

Pour gérer ce compromis, la BOS Deville 2 se base sur une approche singulière. Plutôt que de travailler sur la rigidité de son casting (fourreaux & arceau) ou sur le diamètre de ses plongeurs, c’est l’ensemble pivot/té/plongeurs qui est au coeur des dispositions pour en limiter la torsion. Après tout, c’est lui qui transmet du pilote à la fourche, et vice-versa.

Un brevet porte ainsi sur différentes initiatives. Le té, dès le brut de fonderie, est évidé en interne et dispose de formes spécifiques pour en travailler la raideur. Tandis que le frettage du pivot dans le té se fait selon une forme à diamètres variables, plutôt qu’un simple cylindre.

 

Casting anti-vibrations

À l’autre extrémité de la BOS Deville 2, le casting est directement inspiré des solutions retenues depuis ses débuts. La nouveauté ces derniers temps : une étude RDM (Résistance Des Matériaux) pour identifier les zones de forte contrainte et méthodes de transmission des vibrations en son sein.

Visuellement, les fourreaux de la BOS Deville 2 ont donc des diamètres variables, et des arrêtes particulières non loin des bagues de guidage, mais leurs formes et implantations sont avant tout travaillées pour limiter la propagation des vibrations qui proviennent du bas : freinage, impacts, etc…

 

Hydraulique à trois voies

Ah, les voies de l’hydraulique. Le terme, très utilisés il y a de ça quelques années, a peu à peu disparu des propos au sujet des suspensions VTT. Peut-être pour éviter une course au nombre de voies qui n’aurait pas de sens. Il n’empêche qu’en préciser le nombre permet de poser les bases du fonctionnement hydraulique de la BOS Deville 2.

3 voies : 1 compression basses vitesses (gérées par orifice à pointeau ajustable par la molette gris clair) + 1 compression hautes vitesses (par piston et clapet, qui déclenche lorsque les basses vitesses saturent, ajustable par molette gris foncé) + 1 voie en détente (ajustable au pied du jambage).

Un ensemble relativement simple sur le papier, mais une base qui permet surtout de comprendre l’influence de deux dispositifs qui font le sel de la BOS Deville 2…

 

Traction Control

Sous les molettes de hautes et basses vitesses, un levier rouge. Son appellation ? Traction Control. Son influence ?! Il ajuste le débit d’huile en amont, avant qu’il puisse passer dans les basses/hautes vitesse de compression. Son effet ?! Raidir l’ensemble des vitesses au fur et à mesure qu’il réduit le débit d’huile…

Sans pour autant aller jusqu’au blocage. Pour une marque de suspension ultra spécialisée dans la performance, le blocage total n’est pas une option… Mais raidir rapidement l’ensemble peut permettre de gagner un peu de maintien, si le besoin s’en fait sentir…

 

Masselotte FCV

Dernier élément qui fait la singularité de la BOS Deville 2, sa masselotte FCV. Elle est suspendue sur deux ressorts, ce qui la désolidarise du casting ou des plongeurs. Avec sa propre inertie, elle permet de déterminer qui est à l’origine du mouvement qu’il faut traiter : d’en haut, donc du vélo ou du pilote, ou d’en bas, donc du sol et de ses aspérités.

En fonction, la masselotte libère un cheminement, plutôt qu’un autre, en direction des voies de compression. Ça peut notamment permettre de gérer au mieux l’assiette du vélo et le maintien des appuis du pilote, sans sacrifier la sensibilité, le grip et l’amortissement de ce qui provient du sol…

 

IFP sur ressort

La cartouche hydraulique de la Bos Deville 2 est fermée. il faut donc compenser la variation de volume disponible pour l’huile qui y circule. C’est assuré par un piston flottant – appelé IFP la plupart du temps. Certains concurrents placent du gaz (azote/air) sous pression derrière ce piston pour l’animer. D’autre le remplacent par une vessie qui de déforme et se reforme. Dans les deux cas, des solutions jugées trop peu constante dans le temps, notamment à la montée en température. La BOS Deville fait donc usage d’un ressort hélicoïdal à cette fin.

 

Butées hydrauliques et élastomère

En détente, la plupart des produits marché disposent d’un tampon en caoutchouc pour ne pas claquer lorsque l’on soulève la roue avant. Une butée qui évite le bruit et une partie de l’impact, mais n’amortit pas outre mesure. La Bos Deville fait usage d’une butée hydraulique pour travailler sur l’amortissement de cette phase particulière.

Autre cas de figure singulier, la butée en compression, lorsque l’ensemble du débattement est consommé. Dans ce cas, la butée est assurée par élastomère dans la BOS Deville 2, là où parfois, la concurrence se contente simplement de “claquer” en fin de course…

 

 

La suite ?!

Vu sous cette angle, des solutions qui donnent envie de les voir davantage à l’oeuvre sur le terrain. Suffisamment pour penser que la BOS Deville 2 soit bien nommée ?! Le diable se cache effectivement dans les détails, et mérite de sortir de l’ombre…

C’est pourquoi la BOS Deville 2 est désormais disponible en 27,5 pouces et pour le 29 pouces. Au rang des specs, le tableau parait d’ailleurs au goût du jours. Jusque dans l’offset, de 48mm, qui joue le compromis entre les 51mm et les 42/44 mm habituellement proposés sur le marché du 29 pouces.

Souhaitons donc simplement que cette fois-ci, les planètes s’alignent, et que le potentiel de ce genre de produit puisse trouver sa place sur un marché VTT toujours singulier. Début de réponse dès la fin du mois : la BOS Deville 2 est disponible en pré-commande, pour livraison à partir du 30 mars 2020, au tarif de 1320€.

Affaire à suivre…

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