Il y a des marques, comme ça, qui ne paient pas forcément de mine, qui font leur bonhomme de chemin, mais qui, lorsqu’elles frappent, visent toujours juste, au coeur de leur cible. Quelque part, c’est bien le genre de Transition.

Installée pour durer, avec son identité et ses valeurs, la marque de Bellingham y parvient depuis bientôt vingt ans. Et c’est une nouvelle fois l’impression laissée au moment de recevoir les infos concernant la mise à jour du Transition Scout. 

Il y a donc bien, parfois, des nouveautés plus agréables que d’autres à traiter. Ce n’est pas ostentatoire, ça vise juste, c’est en accord avec nombre d’observations du moment, et ça transmet un trait d’esprit qui ne galvaude rien. Coup d’oeil et bon moment en perspective… 

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes – Images : Transition


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Pour mémoire…

Oui, Transition fait partie de ces marques qui ne paient pas de mine, au sens où ce n’est pas celle qui se paie les plus grosses campagnes de promotion, les plus gros stands, ou les meilleurs pilotes du circuit. On l’écrivait d’ailleurs à l’époque de l’essai du Transition Patrol : bien dommage qu’un top pilote du circuit EWS ne soit pas à son guidon pour démontrer tout le potentiel du vélo…

Mais quelque part, c’est peut-être mieux ainsi. Pourquoi ?! Parce que ça permet à la marque de pousser plus loin encore son credo, et par là-même démontrer que ça peut marcher autrement. En quoi consiste-t-il ? Transition se dit détenue par des riders, suggérant en premier lieu que ceux qui font l’entreprise roulent… Un argument devenu courant de nos jours…

“Transition trie entre progrès et bullshit, sans s’interdire de progresser…”

Mais qui prend une autre dimension ici. À plusieurs reprises, et pas des moindres, on a croisé des Transition en bonne posture. Entre les mains de chefs produits et responsables exigeants du milieu, au coeur de parc de vélo d’essais pour servir de support au lancement de certains composants… Pèle-mêle, on peut repenser au lancement du standard d’amortisseur Metric, ou bien aux avancées concernant l’offset de fourche…

Bref, à un carrefour entre authenticité, progrès, raison et bon esprit qui va bien. Transition fait son bonhomme de chemin, trie entre progrès et bullshit, sans s’interdire de progresser, à son rythme et pour sa vision. Le catalogue lui-même ne trompe pas : aucun vélo à moins de 120mm de débattement – hormis le dirt et le modèle junior – 5 modèles pour s’amuser où il est facile de s’y retrouver, et quelques spécificités qui vont avec les tendances du moment, bien senties – Coil vs air / 27 vs 29 / Alu vs Carbone.

 

 

Le Scout !

Dans tout ça, le Transition Scout est le modèle doté d’un débattement moyen, oscillant entre 130 et 150mm. On pourrait tenter de le faire entrer dans une case : All Mountain, Trail… Mais le mieux, pour ça, sera de le passer à l’essai. À l’heure actuelle, les codes et tendances sont en train de changer sur ces segments, avec une tendance à faire des vélos sympa à piloter qui s’impose enfin… Même si chez Transition, c’est pas nouveau, mais plutôt la norme…

Quoi qu’il en soit, il a un frangin, le Smuggler, qui fait parler de lui pour deux raisons : ses roues en 29 pouces et son cadre en carbone qui donne le sentiment d’être davantage dans les tendances. Le Transition Scout, lui, est chaussé de roues en 27,5 et n’était dispo, jusqu’ici, que dans une version ancienne des lignes rondelettes auxquelles le carbone Transition nous habituait. Reste que c’est l’info du jour : il se renouvelle, et ça n’est pas qu’une simple mise à jour…

 

 

Transition Scout

  • Usage Trail & All Moutain
  • Roues en 27,5 pouces, jusqu’à 2.6
  • 140/150mm, RS Lyrik / Fox 36
  • Triangle avant & arrière carbone
  • Reach 485mm en L, offset court 37mm
  • Roues DT ou Stan’s, 30mm

  • Maxxis Minion DHR II/Assegai, Exo+ 2.4/2.5WT
  • Sram Code, 180/180mm
  • 3 modèles, 5 tailles, 3399€ (kit cadre) – 4999 à 7399
  • 3,2kg cadre nu, 13,79kg, version XO1
  • Dispo début mars 2020
  • Fiche du vélo sur www.transitionbikes.com

 

Bien senties…

Il s’agit plutôt d’une belle et sacrée évolution. Dans les lignes, comme dans les détails, le Transition Scout marque en effet une étape que l’on devine aisément se répandre auprès des autres modèles de la gamme, au fur et à mesure des possibilités de la boite…

C’est tout ?! bah non ! Logiquement, après une telle introduction, cette nouveauté visuelle s’accompagne de justifications techniques bien senties, qui donne un autre sens que la seule nouveauté pour faire vendre…

 

Usage du carbone

À l’avenir, ces nouvelles lignes doivent rester dans l’histoire de la marque comme le symbole d’un progrès notable. Il porte sur l’usage du carbone et de ses techniques de mise en oeuvre. L’air de rien, Transition glisse dans ses propos faire usage d’une vessie en latex pour former l’intérieur de ses cadres en carbone. Une initiative qui n’est pas nouvelle, mais qui place la marque dans le haut du panier, si l’on se réfère à notre enquête sur le sujet.

Notamment parce qu’elle permet une meilleure maîtrise des épaisseurs, finitions de surface, et la réalisation de formes et angulations plus précises et optimisées. D’où le design plus anguleux, qui vise à s’accorder avec les fibres Toray 24T et 30T utilisées ça et là pour composer un ensemble au ratio raideur, tolérance et résistance maîtrisé. Pour quel rendu ? Ici aussi, il est un peu tôt pour s’avancer sur les conclusions d’un essai, mais l’intention est déjà bonne, saluons-là !

 

Côté suspension

De ce point de vue là, aussi, Transition fait du Transition. Sur le papier, le Scout est annoncé pour 140mm de débattement, soit 10mm de plus que son homologue en aluminium. Il utilise pour ça un amortisseur en 57,5mm de course… Mais la marque n’hésite pas à jouer carte sur table, et profiter des possibilités du standard qu’elle a participé à pousser sur le devant de la scène.

Il n’y a donc pas de secret de polichinelle ou autre possibilité cachée : le Transition Scout peut passer à 150mm de débattement avec un amortisseur de même entraxe, mais en 62,5mm de course. Dans tous les cas, ça permet de retrouver la courbe habituelle des cinématiques Transition : linéaire dans le profil, progressive dans la différence de de ratio entre début et fin de course. 25% en la matière, vendu avec un spacer dont on peut jouer dans les amortisseurs à air, et compatible avec les ressorts…

 

Côté géométrie

On l’a dit, Transition a fait partie des toutes premières marques à communiquer sur l’offset court et ses bienfaits pour proposer des géométries différentes. Le Transition Scout n’y échappe pas, même si c’est un 27,5 pouces, et que ces dispositions s’imposent surtout sur les 29 ces derniers temps. 37mm d’offset pour le Transition Scout, et des côtes généreuses…

En taille L > Un reach bien généreux de 485mm / des bases courtes et un empattement total important qui laisse supposer une répartition des masses bien marquée / un boitier bas à 337mm du sol / un angle de direction couché à 64° / Un angle de selle redressé autour de 77°… Le tout, réparti sur 5 tailles, alors qu’on écrit régulièrement que l’effort est intéressant, et mérite d’être salué quand c’est le cas…

À ce sujet, et pour faire écho à nos articles récents sur le sujet, Transition est une sacrée illustration des changements de mentalité et d’approche dont l’Enduro au sens large peut encore profiter. Un oeil à la longueur des tube de selle suffit pour comprendre : 350mm en XS, 460mm à peine pour la plus grande taille en XL ! C’est compact, et pensé pour des tiges de selles télescopiques à grand débattement : 180mm sur les tailles M, 210mm sur les L et XL !

 

Détails, montages & garantie

Les trois grands axes/objectifs de développement précédents, logiques et classiques, sont suivis et remplis avec succès. Ils s’accompagnent de détails qui valent le détour, pour parachever l’esprit dans lequel s’aborde ce nouveau Transition Scout…

On disait il y a quelques lignes que le Transition Scout doit marquer une nouvelle ère à l’échelle de la marque, c’est aussi le cas puisqu’il instaure la garantie à vie sur les prochains cadres de la marque. Comme c’est déjà le cas chez d’autres marques haut de gamme, ce sera désormais la norme chez la firme de Bellingham. Une initiative qui porte sur les cadres produits pour 2020 et ultérieurement, pour le premier acheteur du cadre.

Les précédents vélos restent sous les conditions qui étaient les leurs au moment de l’achat, mais la marque met aussi en place un crash remplacement pour tout le monde. Quelle qu’en soit la raison, on peut désormais lui retourner – à nos frais – l’élément de cadre cassé – et profiter d’une importante réduction pour son remplacement : par un élément identique s’il est disponible, ou par ce que la marque est en mesure de proposer le moment venu, à sa discrétion.

Gageons que ce soit signe que la marque a franchi un pas dans la finition et la durabilité de ses cadres, notamment en matière de peinture. Vernis et peinture se disaient relativement fragiles, et nécessitant du soin, pour que les beaux modèles que voici durent dans le temps. À noter, une fois de plus, une initiative qui a du sens : deux couleurs au style camo/pastel voulu discret, et pas de discrimination : toutes les bourses ont droit aux mêmes choix…

 

 

Qu’en penser ?!

Voilà donc une nouveauté qui, de prime abord, ne paie pas de mine au sens où elle respecte pleinement les préceptes de la marque, et ne joue pas la rupture ostentatoire. Pour autant, à bien des égards, l’évolution qu’incarne le Transition Scout va dans le bon sens, et fait plaisir à voir. Il n’y à qu’à voir les liens évidents qui se créent vers différentes de nos précédentes publications pour s’en convaincre. C’était pas prémédité, mais c’est tant mieux. Bien joué !

Quoi qu’il en soit, et pour boucler cette article sur la note qui va bien, on ne peut pas se quitter sans un coup d’oeil à la vidéo de présentation du Transition Scout. Pas celle avec l’ambiance au sein de l’entreprise, et de belles images de ride qui donne envie de sortir rouler sous la pluie… Mais bien celle qui doit présenter le vélo en détail, mais en dit long sur l’état d’esprit de la boite. À regarder jusqu’au bout… 😉

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