Partir à Finale Ligure, c’est un peu comme partir en vacances ! Après 7h de voyage, tu sais que, là bas, quoiqu’il arrive : il fera beau, chaud, que les pizzas seront bonnes, que la mer sera toujours là, que les potes seront eux aussi de la partie…

Mais par contre il y a quelque chose à quoi tu ne peux pas t’attendre. Un truc, qui, sur le papier, ne se voit jamais ! Une chose qu’il est d’ailleurs difficile d’écrire et de décrire, mais qui fait souvent toute la différence…

Ce petit quelque chose, c’est en partie l’engouement et l’effervescence que ce nouveau Trophée des Nations amène avec lui dans ce petit coin de paradis italien et concrétisé, pour moi, par l’invitation de Bluegrass à y former une équipe !

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : Ulysse Daessle / Boris Beyer / Enduro World Series


 

 

Finale Ligure, la bella !

Áh Finale Ligure… ce petit village italien coincé entre les montagnes et la mer Méditerranée, baigne encore, même fin septembre, dans une atmosphère estivale. Et à ce jour, c’est devenu un lieu de pèlerinage incontournable sur la scène VTT Enduro. Même si, à mes yeux, ça n’est pas le meilleur endroit de la planète pour rider

Malgré tout : j’apprécie, j’aime, même, j’adore venir ici tous les ans en fin de saison. C’est presque devenu une tradition, un rituel auquel je n’aime pas couper. Mais alors pourquoi donc !?

Cette fois, pour marquer la fin de la saison 2019, Finale Ligure n’accueillait pas la finale des Enduro World Series mais une nouvelle itération du Trophée des Nations, d’une toute autre ampleur que les précédents, et je vais vous raconter pourquoi…

 

 

C’est la fin !

C’est un peu comme la veille des vacances d’été pour un étudiant. On a envie d’en finir, mais pas totalement : les cours il y en a assez, mais les potes, ils sont bien cool quand même ! Comme si cet instant marquait une rupture entre deux périodes de la vie.

Et bien Finale c’est pareil ! La saison touche à sa fin, malgré la course, et puisque tout s’y prête, l’ambiance est plutôt à la détente. On retrouve tout le monde avant d’aller hiberner pendant 6 longs mois. C’est l’occasion d’en découdre une dernière fois et surtout d’en profiter avant l’arrivée du froid. Et cette année, cette euphorie semblait décuplée…

 

 

Trophée des Nations…

Bien que ce ne soit pas le premier opus du Trophée des Nations, c’est tout de même celui qui a la plus grande portée. À l’étendue internationale et variée… Cette fois, c’est une véritable course en équipe et non plus un simple cumul des temps de chaque pilotes en fin de week-end.

Cette année, il fallait courir ensemble… ou presque ! C’est ainsi que ce Trophée des Nations prend toute sa dimension collective, et même stratégique pour certains lorsqu’il s’agissait de savoir qui allait ouvrir pour tirer ses coéquipiers et grappiller de précieuses secondes !

Quand la plupart sont des concurrents directs toute l’année – Tordo, Nicolaï, Dailly, Miquel, Rude, Neer, Wallner, Johansen… – il n’y a désormais plus de place à l’hésitation. Il faut se faire confiance et bien se connaître, soi-même comme ses coéquipiers, pour choisir la bonne stratégie et profiter des qualités de chacun. Courir par équipe, roue dans roue, demande donc un certain brio !

Oui, en équipe ! Si le VTT est la raison d’être là, l’esprit d’équipe et le partage qu’elle implique sont bien le liant de cette histoire. Tel un cuistot, c’est l’assaisonnement qui fait toute la différence… C’est bien la dimension collective et fédérative qui fait toute la saveur de ce Trophée des Nations 2019…

 

 

Team de n°10

À l’occasion de cette clôture, j’ai accepté d’y participer au sein de l’équipe Bluegrass Factory Team, dans la catégorie Industrie, pour y rencontrer de nouvelles têtes et pour rouler ce petit coin, devenu Pays de Cocagne, l’instant de quelques jours.

Je fais alors équipe avec Liam Moynihan, “one of the dudes”, pilote pour Bluegrass et Brian Gerow, un collègue journaliste pour Singletracks, un autre Écossais qui vit en Italie et qui bosse pour des Américains. C’est bon, t’as suivi !? Julien Mandin, complète le groupe en tant que mécano !

Et c’était sans compter sur leur bonne humeur et leur humour… Avec Liam, nous profitons du vendredi pour faire les reconnaissances. L’occasion de se rencontrer, de discuter, de rouler ensemble, et de s’échanger quelques belles conneries dans nos langues respectives ! De quoi partir d’un bon pied, pour accueillir dès le lendemain notre coéquipier retardataire

 

 

L’union fait la force !

Il n’en fallait pas moins de 3 pour que l’équipe soit au complet. Enfin réunie, l’union fait la force ! Cette expression, peut, pendant ce Trophée des Nations, prendre tout son sens..!

Liam, relax comme un dude, n’en est pas moins un pur compétiteur. Sacrément puissant au pédalage, je ne l’aurais jamais tenu dans les portions plates. Un poil moins rapide dans les enchaînements de virages, on se serait gêné en partant trop près. Gerow, lui, pointait pour la première fois au départ d’une manche du niveau d’une EWS. Et sans aucun run de reconnaissance, il nous laisse partir devant et suivra comme il le peut ! Sachant cela, notre stratégie était simple : Liam ou moi, ouvrons avec 15-20 secondes d’intervalle et Gerow fermait la route dans la roue du second.

Et même si, finalement, nous avons assez peu roulé ensemble pendant la course en raison de nos différences de niveau ou de la méconnaissance du niveau de l’autre, en seulement 3 jours, on a appris à se connaitre, vivre ensemble, passer de longues heures sur le vélo côte à côte, discuter, manger, réparer, s’entraider, etc. En fait, vivre comme certains teams peuvent le faire toute l’année. C’est déjà une belle aventure. Qui n’a pas de prix !

 

 

Bref…

Nous crevons dès la seconde spéciale lors de la course du dimanche compromettant tout espoir de bon résultat ! De quoi faire pleurer, notre team manager, Ulysse Daessle, Coordinateur Média chez Bluegrass / Met, motivé comme personne pour nous voir bien figurer… Désolé chef !

Mais tant pis, tout le charme de cet événement de fin d’année réside bien dans le partage d’une équipe, l’échange avec de nouvelles rencontres et l’atmosphère qui régnait à Finale Ligure à cet instant.

Un final si particulier, au petit goût de reviens-y. Tant je n’y ai jamais vu autant de monde dans les rues, aux abords des spéciales et aux soirées dans une atmosphère si différente ! Je re-signe sans hésitation pour l’an prochain.

 

 

Le papier calque…

En voilà une expérience enrichissante ! Ça vous donne envie !? Alors, allez-y, foncez ! Mais avant ça, je vais vous glisser ce que j’ai appris de plus précieux ce week-end : la logique du papier calque. La maîtriser est la clé pour tirer pleinement profit d’une telle course…

À vrai dire, il est assez facile de rouler derrière quelqu’un. On suit, on se laisse guider, on reproduit. En fait, on fait papier calque ! Mais faut-il encore avoir confiance !? Et cette confiance s’acquiert avec le temps. Du temps passé roues dans roues à découvrir, à comprendre puis à pouvoir anticiper le pilotage de l’autre. Rouler dans la roue d’un Laurent Meunier, avant que l’élève ne dépasse le maître : je le fais depuis des années, alors je sais faire. Mais dans la roue d’un tout nouveau partenaire, c’est une autre histoire…

Certains pilotes, comme Adrien Dailly, Dimitri Tordo et Florian Nicolaï, ont fait des départs rapprochés. Mais pas totalement dans la roue de son prédécesseur ou de l’ouvreur au risque de se gêner, de trop vite se rattraper voir même de chuter si on ne voit pas venir un danger !

Alors à rythme de course, après peu de roulage ensemble, notre stratégie s’avérait la moins risquée. Même si, j’aurais vraiment du partir dans la roue de Liam dans la première spéciale, très plate, il m’aurait tirer, tant il y est allé bien plus vite que moi, alors que nos temps sont très similaires sur les autres spéciales. Bon à savoir, pour une prochaine !?

 

 

Partie remise !

Ceci n’enlève rien au charme de cet événement, et à l’ambiance de Finale Ligure pendant ces quelques jours. Un excellent souvenir que, je l’espère, ne restera pas uniquement un souvenir, mais bien une expérience à réitérer !

En espérant aussi, que la catégorie Industrie s’étoffe de vrais travailleurs du milieu du VTT : ingénieurs, mécanos, photographes, journalistes, etc. C’est le moment où jamais de mettre à l’épreuve et sur le devant de la scène ceux qui, toute l’année, cravachent pour la réussite et le plaisir des autres !

Ainsi, mesdames, messieurs, il est temps de sortir de l’ombre, de se montrer au grand jour 😉 Alors à l’année prochaine, pour en découdre !

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