8.3
/10

Les chaussures utilisées en Enduro ou en All Mountain doivent avoir un bon compromis entre confort, protection, résistance, rigidité et poids. Il faut pouvoir les supporter longtemps à vélo ou à pied sur des terrains accidentés mais également jouer un rôle d’efficacité au pédalage et de soutien en descente.

Shimano propose dans sa gamme Enduro/Trail, les chaussures ME7. La rédac’ Endurotribe a eu l’occasion de tester ce modèle sur une longue durée, découvrons-les !

 

184,99 euros
370g en 39
+ de 6 mois d’essai depuis l’hiver 2018-2019, en toutes conditions, y compris en compétition

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes


 

 

Est-ce pertinent ?

Pour saisir la pertinence des Shimano ME7, il faut se pencher sur la manière avec laquelle elles ont été conçues. Plusieurs détails permettent de mieux saisir leur destinée…

Tout d’abord, le revêtement choisi est en matière synthétique pour optimiser le poids et la résistance. Il est perforé par des micro-trous d’aération sur l’avant et le côté.

D’autre part, pour ajuster les chaussures, Shimano a placé des lacets munis d’un réglage rapide à l’avant de la chaussure et une boucle de serrage positionnée cette fois-ci sur le haut de la chaussure. Une languette externe à scratch recouvre les lacets et se cale sous la boucle de serrage.

Enfin, ces chaussures ME7 sont équipées de semelles externes Michelin de haute performance bi-gomme et de semelles intermédiaires en carbone flexible “Torbal” pour apporter de la rigidité. Ces semelles externes se prolongent à l’avant et à l’arrière des chaussures par des renforcements rigides pour protéger les pieds des impacts.

A titre indicatif, le poids d’une chaussure en 39 est de 370g avec une rigidité de la semelle de 8/10.

 

 

Est ce pratique ?

Pour enfiler les chaussures, le laçage peut s’ouvrir en grand permettant de rentrer le pied aisément dans la chaussure. Une fois en place, trois étapes avant de pouvoir rider : serrage des lacets, rabat de la languette de protection et réglage de la boucle du haut.

Les lacets s’ajustent rapidement et précisément sur l’ensemble de l’avant du pied. Les boucles des lacets sont munis d’un petit scratch qui se colle sur le dessous de la languette de protection permettant ainsi de les ranger facilement.

La boucle de serrage positionnée sur le haut du pied, se manipule à l’inverse des boucles “classiques”. Elle est fixée au bout de la languette supérieure et vient s’attacher à une pièce en plastique crantée fixée à l’extérieur de la chaussure. Ce système est donc inversé par rapport à d’autres modèles de chaussures. Il permet alors d’intégrer complètement sous la languette de la boucle la partie libre de la pièce en plastique. Le réglage est précis et bien plus efficace que les lacets pour maintenir le pied. C’est cet ensemble qui ferme et rigidifie l’ensemble de la chaussure.

 

 

Est-ce utile ?

En positionnant ce double système de laçage et de boucle à l’avant et l’arrière du pied, Shimano permet de décomposer l’ajustement du serrage en 2 moyens bien distincts.

En effet, le confort est assuré par les lacets qu’on peut facilement régler en tension. Le but étant d’ajuster la largeur de l’avant de la chaussure à la forme du pied tout en gardant une certaine souplesse à ce niveau et en conservant une bonne circulation du sang. On apprécie aussi à ce niveau, de pouvoir ranger et protéger ces lacets sous la languette externe. On évite ainsi astucieusement tout risque d’accrochage.

La boucle et la languette de serrage, quant à elles, apportent la “force” du maintien pour avoir le pied bien calé dans la chaussure. Ce système inversé évite que la languette crantée sorte à l’extérieur de la chaussure après le serrage. Voilà un système astucieux pour la protéger.

À noter aussi que cette boucle est petite et fine. Elle ne déborde que de très peu de la chaussure évitant ainsi qu’elle ne soit trop exposée aux impacts.

Les coques rigides à l’avant et à l’arrière de la chaussure ont un rôle protecteur du pied lors d’éventuels chocs en roulant ou en marchant.  De plus, grâce à leur matière résistante à l’abrasion, ces protections évitent que l’on abîme prématurément l’esthétisme des chaussures à ces niveaux exposés généralement aux écorchures.

À l’arrière, la chaussure est munie également d’une bande en Néoprène fine qui permet de limiter l’introduction de gravette dans la chaussure dans les terrains sableux ou poussiéreux. C’est toujours utile!

Niveau protection climatique, sans les micro-trous intégrés au revêtement, les ME7 tiendraient très chaud. Mais là, l’aération est plutôt efficace. L’air circule bien surtout lors du roulage. On n’a pas l’impression d’étouffer quand la température augmente en été sauf en conditions extrêmes.

En hiver, le revêtement permet d’avoir les pieds “au chaud” et à l’abris de l’humidité dans la plupart des cas. Mais quand la température chute trop, il sera préférable de mettre des bonnes chaussettes chaudes (ou coupe vent) si on ne veut pas avoir les pieds glacés à cause de cette petite ventilation. De plus, ces petits trous laissant passer l’air mais aussi l’eau en cas de forte pluie, les pieds seront par conséquent rapidement humides !

Ainsi les ME7 sont utilisables toute l’année mais ne sont pas idéales quand la météo se durcit trop.

En ce qui concerne la rigidité de 8/10 sur l’échelle Shimano, l’efficacité au pédalage se confirme sur le terrain. Le pied est bien maintenu et fait bloc avec la chaussure ce qui permet de transférer efficacement la puissance musculaire aux pédales. En descente, cette rigidité permet également de bien se stabiliser sur l’avant des pieds et de pouvoir faire corps avec son vélo. À noter que le dessin de la semelle est particulièrement bien adapté pour l’usage des pédales Shimano (XTR, XT…) automatiques. “Normal” me direz-vous !

Et bien qu’étant assez rigides, même après de longs rides, je n’ai pas ressenti de douleur ou de tension dans la voûte plantaire. Elles sont bien confortables !

De même, quand il est nécessaire d’être à pied (portage), la marche est agréable. La forme de la semelle légèrement courbée à l’avant, permet de bien dérouler son pied. On peut marcher longtemps comme si on était dans des chaussures de Trail.

Le compromis entre rigidité et confort est donc très satisfaisant.

Enfin, le grip de la semelle Michelin est très bon ! La présence d’une double gomme permet d’avoir des crampons tendres pour le grip dont l’usure est limité par la présence de crampons plus durs et résistants: c’est efficace! On peut alors marcher sans avoir peur de glisser quelque soit le terrain.

 

 

Est-ce durable ?

J’ai roulé pendant plus de 6 mois avec les Shimano ME7 notamment en montagne. Je les ai porté lors de longs rides et portages/poussages. Je ne les ai pas ménagé car les terrains étaient très pierreux et quelques fois boueux. Par exemple, je les ai porté sur la course autour du Mont Blanc cet été. Pourtant les systèmes de serrages, le revêtement ou les semelles Michelin n’ont pas bougé ! Aucun signe dégradation prématuré. C’est du costaud ! Seul bémol, le revêtement de couleur gris anthracite se salit vite et est difficile à nettoyer. Les chaussures semblent toujours un peu sales. C’est dommage.

On notera particulièrement la résistance des semelles qui peuvent être l’un des points faibles de chaussures SPD de Trail/Enduro. Ici, pas d’usure prématuré des crampons et pas de décollage des semelles, c’est un vrai plus pour les plus baroudeurs d’entre nous.

 

 

Est-ce abouti ?

Selon Shimano, les nouvelles chaussures haut de gamme d’enduro Shimano ME7 sont destinées à “l’Enduro et au Trail en toutes conditions”. En effet, elles sont protectrices, résistantes, rigides et confortables. Elles répondent aux critères essentiels recherchés par la plupart des enduristes et les tests terrains confirment ces caractéristiques. Pour les “toutes conditions”, je n’irai pas jusque là… Le revêtement pourrait être éventuellement perfectionné afin de mieux contrôler l’aération et l’étanchéité d’une part, et d’autre part d’améliorer le côté esthétique.

Le seul petit défaut rencontré très rarement se situe au niveau de la boucle de serrage. Il m’est arrivé qu’elle se desserre légèrement en marchant dans des pierres. C’est très rare mais le système n’est donc pas parfait. Ça mérite de la part de Shimano encore un petit effort pour être idéal !

 

 

Vis-à-vis de la concurrence ?

Dans l’esprit, les Shimano ME7 SPD se placent en concurrence avec les Giro Terraduro Mid – modèle homme – et Terradura Mid- modèle femme. Pour la bonne raison qu’elles reprennent toutes un profil de chaussure inspirée du XC, dont les caractéristiques ont été adaptées à une pratique plus montagnarde et engagée.

Pour ces chaussures, l’ajustement est moins évolué que sur les Shimano ME7 SPD plébiscitées ici. En matière d’adhérence et de durabilité, la semelle Vibram des américaines rejoint les prestations de la semelle Michelin.

C’est au niveau de la solidité globale de la chaussure, et la qualité d’ajustement des éléments les uns aux autres, que les Shimano se distinguent une nouvelle fois.

 

 

Est-ce bon marché ?

185 euros pour des chaussures polyvalentes, performantes et surtout durables, je trouve le prix cohérent avec les qualités des chaussures. L’investissement est justifié.

Chaussures Shimano ME7 SPD
Pertinent ?9
Pratique ?8
Utile ? 8.5
Durable ?8.5
Abouti ?7.7
Concurrentiel ?8.5
Bon marché ?7.8
Principales qualités
Chaussures solides, bonne protection du pied
Bon compromis entre rigidité, confort et efficacité
Principaux défauts
Pas adaptées en conditions extrêmes (chaleur/pluie)
Revêtement difficile à nettoyer
8.3
/10
Conclusion
Solides, polyvalentes, confortables, très ajustables... Les Shimano ME7 SPD font partie des références pour qui cherche des chaussures pour partir à l'aventure, et être certain de pouvoir compter dessus quelle que soit la situation !

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