Ca y est, nous y sommes ! Ce week-end a lieu la manche finale des Enduro World Series 2019. Et c’est en Suisse, à Zermatt, que le gratin mondial de l’Enduro se réuni afin d’en découdre pour de bon. Alors à quoi ça ressemble là-bas ? Comment ça s’annonce ? Qu’y a-t-il encore à jouer sportivement ?

Chez les hommes notamment, le suspens est entier, et intense. Entre l’ultra régulier Florian Nicolaï et la légende Sam Hill, juste ce qu’il faut de point pour tenir tout le monde en haleine. Endurotribe est là pour découvrir tout ça ! Action !

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes – Photos : Enduro World Series


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Zermatt, Suisse

Cette petite station au coeur des Alpes suisses, dans le Valais, fait rêver… Sous l’oeil du magnifique Cervin – ou Matterhorn en alémanique, l’emblème du Toblerone – l’endroit est idyllique, splendide. Mais, en altitude, à 1600m, entourée par les montagnes il a ses bons et ses mauvais côtés

 

Sous son air charmant, Zermatt a la particularité d’être une ville sans voiture : il faut se garer à 6km de là puis prendre un train pour accéder au village. Certes c’est paisible et ça participe à préserver ce petit coin de paradis, mais qu’en est-il pour accueillir une étape des Enduro World Series !? Comment gérer la logistique ? Comment s’organiser pour déplacer tout le matériel ? Sans compter les tarifs, à la mode suisse…

 

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?REFLEXION? Nous voici en Suisse, à Zermatt, pour la dernière manche des @worldenduro Series. Pour situer, Zermatt est une station à l’est de la Suisse, très huppée, avec comme particularité l’interdiction de circulation à toutes voitures « publiques ». Certes le site est magnifique, avec de belles montagnes (dont la vue sur le Cervin), des glaciers et des trails qui paraissent magiques. En revanche, je doute que cet espace soit adapté à l’accueil d’une compétition d’enduro VTT. Et pour cause, les logements sur place sont hors de prix, les forfaits des remontées mécaniques inabordables (115 Franc Suisse par jour (105€)), aucun parking ni navettes prévues pour les participants à l’événement. Avec des tarifs de logement sur Zermatt trop élitiste, notre team a pris le parti de louer un hébergement à Täsch (dernier village avant Zermatt). Nous sommes donc obligés de prendre un train tous les jours pour se rendre à Zermatt (20€ l’aller-retour avec un vélo). De plus, nous devons garer notre camion à plus de 3km de notre logement pour faire la mécanique car il est impossible de stationner son véhicule en dehors des parkings payants du village. Par conséquent, il est évident qu’au niveau logistique ainsi que financier, il est très difficile de s’y retrouver. Comme vous le savez, une course d’enduro nécessite une logistique très particulière dans l’accompagnement des pilotes. Et pour cette manche, le suivi ne sera pas le même pour toutes les équipes. Ce post là n’est pas fait pour s’apitoyer sur notre sort mais pour faire un point sur la tournure que prend l’organisation des Enduro World Series. Des questions doivent se poser. Les saisons de plus en plus coûteuses deviendraient elles réservées aux gros teams? Suivront-ils ce rythme financier chaque année? Cela n’engage que moi, mais je n’en suis pas sûr. Je pense que nous prenons le mauvais chemin mais que pour la pérennité de notre sport, il est encore temps de trouver des solutions afin que chaque acteur de ce sport y trouve son compte. #ews #2019 #lastround #zermatt #suisse #moneymoneymoney . ? @louis_para

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Les teams pro à gros budget s’en sortent, les plus petits teams se débrouillent, et les privateers, qui forment comme toujours la grosse majorité des participants, survivent ou ont déjà tiré un trait sur cette manche ! Voilà comment Zermatt divise malgré son charme unique et son, très certainement, gros potentiel à VTT…

 

 

Au programme

De ce fait, la liste de départ est particulièrement réduite. Aussi, la course n’aura lieu que sur 2 jours, peut-être d’ailleurs pour les raisons citées précédemment… Vendredi, ce sera reconnaissances, et samedi, course !

Une compétition sur un jour unique donc, mais une solide journée tout de même puisque le dénivelé négatif y est important, plus de 2800m sur la journée, malgré un dénivelé positif assez faible, à peine plus de 850m !

 

Cependant, cette manche fera usage des trains et funiculaires locaux pour atteindre les sommets et s’annonce haute en altitude puisqu’un passage à 3200m est prévu ! De quoi corser l’affaire et se méfier de la météo, à l’approche de l’automne :

Les 3800m d’altitude, eux, flirteront avec le 0° fatidique, il ne fera donc pas bien chaud au sortir de la station… Des conditions sèches mais fraîches !

 

 

Format de la course

Le parcours s’annonce rocailleux, typique des hautes montagnes alpines, et certainement parsemé d’alpages et de rares sous-bois enracinés ! C’est donc 5 spéciales qui arpenteront le Valais suisse :

Les SP1 et 3, proches des 130m/km, sont plutôt plates quand les autres, surtout la SP4 avec 192m/km, sont carrément plus pentues. Les SP3 et 4 sont aussi hautes en altitude : entre 3000m et 2500m, de quoi mettre à rude épreuve l’organisme.

Des particularités et une variété qui pourrait bien avoir son incidence sur le déroulement de la course. Quelqu’un pourrait-il dominer de bout en bout tant c’est différent à chaque spéciale ? Doit-on plutôt s’attendre à pas mal de changement de leader ? Voir carrément une course en dent de scie !?

Reste que la SP5, avec un départ à 2500m, est plus longue que les autres. C’est assez logiquement qu’elle se voit décerner le titre de Spéciale Reine de cette finale suisse ! Une spéciale qui pourrait bien faire la différence…

 

 

En course pour le titre

Lors de cette finale, pour une fois ailleurs qu’à Finale Ligure en Italie, plusieurs duels se profilent à l’horizon :

Un duel au sommet, pour le titre, chez les hommes !

Chez les hommes, à moins d’un résultat désastreux, personne d’autre que Florian Nicolai et Sam Hill ne peut prétendre au titre ! La bataille laisse donc entrevoir un duel au sommet ! Un mano-à-mano qui pourrait bien persister jusqu’au bout, et rappeler celui que Loïc Bruni et Amaury Pierron viennent de nous offrir en Coupe du Monde de Descente.

D’une part, il y a l’arithmétique pure et dure, basée sur les points acquis par les places obtenues à Zermatt. Dans ce cas, la logique est simple. Dans tous les cas, Sam Hill doit reprendre des points, plus de 60, à Florian Nicolaï. Ce sont donc les scénarios où il réussi auxquels on s’intéresse…

  • Sam Hill 1er, Florian Nicolaï doit être 2e
  • Sam Hill 2e, Florian Nicolaï doit être au moins 4e
  • Sam Hill 3e, Florian Nicolaï doit être 7e ou mieux
  • Sam Hill 4e ou pire, Florian Nicolaï ne doit pas être à plus de 5 places

 

En cas d’égalité de points au classement général final, ça impliquerait que Sam Hill ait fait un meilleur résultat que Florian Nicolaï. Selon le règlement des Enduro World Series, l’Australien empocherait le titre, les résultats de la dernière course de la saison faisant référence.

Reste que cette théorie ne tient que si ni l’un, ni l’autre, empoche les points de la spéciale reine… Qui à Zermatt, sera la dernière spéciale de la course, et de la saison ! Si les deux hommes arrivent coude à coude au départ du dernier chrono, la Queen Stage s’annonce tendue, stressante et peut-être bien, décisive !

Dans ce cas, il reste deux scénarios possibles : que Sam Hill ou Florian Nicolaï marque les points de la Spéciale Reine pour s’assurer une petite marge de sécurité vis-à-vis de son concurrent direct…

Si Hill remporte la Spéciale Reine :

  • Hill 1er, Nicolaï ne peut plus gagner
  • Hill 2e, Nicolaï doit être 1er
  • Hill 3e, Nicolaï doit être 2e ou 1er
  • Hill 4e ou pire, Nicolaï doit suivre

Si Nicolaï remporte la Spéciale Reine :

  • Hill 1er, Nicolaï doit être au pire 3e
  • Hill 2e, Nicolaï doit être au pire 8e
  • Hill 3e, Nicolaï doit être au pire 11e
  • Hill 4e, Nicolaï doit suivre à 9 places

 

Un duel pour la médaille en chocolat, chez les hommes !

Alors que Kevin Miquel semble assurer, discrètement mais surement, sa troisième place au général, et avec seulement 28 points d’écarts, les deux voisins niçois, Adrien Dailly et Dimitri Tordo, sont, eux, en lisse pour la 4e place.

Mais c’est assez simple, avec si peu d’écart au classement, celui qui en termine devant l’autre devrait s’adjuger la médaille en chocolat. Et si tout se passe bien, assurer aussi un trio français dans le Top 5 des EWS 2019 !

 

Un duel pour la 3e place chez les filles

Alors qu’Isabeau Courdurier s’est déjà adjugée le titre avant même la fin de la saison et que Noga Korem, seconde, reste elle aussi intouchable, un duel pourrait avoir lieu pour la troisième marche du podium.

105 points séparent ALN, 3e, de Morgane Charre, 4e. Et bien que l’écart reste tout de même important, rien n’est encore acquis ! Là aussi, une casse mécanique qui entraînerait une chute au classement, ou 3 à 4 places d’écart en faveur de la Française pourrait bien faire basculer la balance…

 

Duel franco-français chez les Masters

Dernier duel, et non des moindres pour les francophones : celui qui concerne les Masters ! Les années passées, Karim Amour avait pris l’habitude de dominer la catégorie, laissant peu de miettes à ses concurrents. c’était avant que Cedric Ravanel ne passe la barre des 40 ans, et reviennent à bon niveau sur le vélo.

Cette saison, les deux hommes se sont livré une bataille au couteau, à toi à moi, alternant les victoires, parfois d’un rien après plusieurs dizaines de minutes de chronos cumulés. Une saison serrée et haletante, si bien qu’en arrivant à Zermatt, Karim Amour et Cedric Ravanel sont à égalité de points : 1450 chacun ! 

Pour l’emporter, l’équation peut donc être assez simple : si comme d’habitude, les deux protagonistes dominent les débats, celui qui gagne empoche le titre… Mais si d’aventure, d’autres prétendants à la victoire d’étape venaient se mêler dans le débat, les choses pourraient se compliquer. En effet, si le mano à mano venait à descendre aux 3e et 4e rangs, ou plus bas, il faudrait alors tenir compte des éventuels points marqué par l’un des deux dans la Spéciale Reine, dernière spéciale de la saison…

 

 

Le reste de la troupe

Bien que la liste des blessés reste bien fournie : Barelli, Cunningham, Ravanel & Co… et s’allonge d’un nom, un autre profite de cette dernière manche pour faire son retour à la compétition…

Damien Oton is back

Damien Oton est, de nouveau, de retour. Après s’être fracturé une vertèbre dès son premier retour de blessure cette saison, en milieu d’année, Damien, toujours motivé, revient aux fourneaux. Tout juste pour finir la saison !

 

Ed Masters is out

Ed Masters, encore prétendant au titre à Northstar, s’est aussi blessé là bas. Le néozed’, le poignet en vrac, faisait sa meilleure saison en Enduro cette année… Il ne sera donc pas au départ à Zermatt ! Mais ce n’est que partie remise…

 

 

A quoi s’attendre !?

Malgré un goût amer pour certains, tant la logistique est complexe, cette finale suisse s’annonce haute en couleur. Sa place féerique, presque intemporelle, au milieu des sommets alpins, sa course en altitude et les duels entre pilotes qui se dessinent laisse entrevoir une finale haletante, palpitante et poignante !

L’heure est venue d’en découdre ! 2019 touche presque à sa fin et avant même que le glas soit sonné, on se donne rendez-vous très vite, sur Endurotribe, pour en savoir plus ! A bientôt 😉

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