Le gratin mondial de l’Enduro vient tout juste de livrer bataille et d’en finir en terre canadienne. Et une nouvelle fois, Whistler n’a laissé de répit à personne sur ces deux jours de course. D’ailleurs, ce premier jour avec une seul et unique spéciale, a-t-il était décisif ou au contrainte, presque dérisoire ?

Et bien qu’au 3/4 de la saison, le classement général soit désormais bien établi, quelques remarques sont encore possibles. Place donc à notre analyse En Travers des Chiffres pour y voir plus clair avant la dernière ligne droite !

 


Temps de lecture estimé : 5 min – Photos : Enduro World Series


 

 

Sans la SP1 ?

Spéciale reine en toute évidence vu ses dimensions ! Longue de 11 km, cette SP1 compte à elle seule pour presque 40% du temps total de course ! C’est dire !

Sur le papier, il semble donc décisif et primordial d’y construire un bon matelas d’avance. Mais qu’en est-il vraiment ? En fait, le déroulé de la course prouve qu’il ne fallait pas s’endormir malgré l’avance acquise sur cette spéciale… Il n’y à qu’à voir l’évolution des écarts au fil de la course :

Chez les Filles, Isabeau accumule dès la fin de cette première spéciale 15 secondes d’avance sur sa dauphine. Déjà ! De quoi se sentir un peu à l’abri au départ du dimanche matin tout de même.

Mais la tendance parfois ascendante des courbes de ses poursuivantes sur les autres spéciales prouve qu’il ne fallait pas s’endormir sur ses lauriers ! Les chutes et déboires d’Isabeau le second jour auraient pu lui coûter la victoire, sans ce matelas acquis sur la SP1. Alors, effectivement sans, l’issue aurait pu être différente. La SP1 s’est avérée décisive, du moins chez les filles…

Chez les Hommes, elle a finalement eu peu d’incidence sur la victoire puisque les courbes continuent à s’éloigner de la courbe référence du vainqueur, Richie Rude. Mais la tendance de quelques courbes laisse deviner des bons au classement le dimanche !

 

 

Des remontadas !

En effet, certains ont opéré à de grosses remontadas le second jour. Comme quoi, mis à part pour le leader, Rude, la SP1 n’a pas tant pesé dans l’issue finale de cette course ! Il fallait être solide soit pour tenir son rang durement acquis en SP1, soit pour faire sa place aux avant-postes le second jour !

A l’image de Sam HillEd Masters et Adrien Dailly puisque leurs courbes, même si elles débutent noyées dans la masse, sont les seules à présenter des portions ascendantes. Ce qui prouve de bonnes performances le dimanche ! Respectivement 5e, 13e et 26e samedi soir, ils engloutissent les secondes jusqu’à rejoindre les 2e, 3e et 4e places ! Habitués à truster les podiums, leurs plus ou moins bons résultats sur la SP1 n’ont guère altéré leurs places à l’arrivée ! Comme quoi…

Ce week-end, il fallait donc être hargneux, tenace, solide et ne pas lâcher le morceau, jusqu’à passer la ligne, pour tirer son épingle du jeu et marquer les gros points, importants à ce moment de l’année !

 

 

Qui peut encore prétendre au titre ?

Et oui ! À 2 courses de la fin, c’est la question que tout le monde se pose : qui peut donc encore prétendre au titre ? Cette manche à Whistler marque la première moins bonne performance de l’année du leader.

En effet, Florian Nicolai en termine 9e. C’est seulement la seconde fois qu’il pointe en dehors du Top 5 cette année ! Pour le moment, il reste en tête du général, mais l’étau se resserre…

Les courbes de Sam Hill et d’Ed Masters se rapprochent de celle de Florian ! Avec seulement 110 points d’avance, le Niçois ne doit pas terminer plus loin que la 6e place si le Néozed’ l’emporte, sans compter une probable victoire de la queen stage ! C’est dire comment c’est serré. La pression monte !

Derrière, c’est très serré aussi. Sauf coup d’éclat, quelques duels s’annoncent : pour la 4e place, entre Kevin Miquel et Dimitri Tordo, pour la 6e place, entre Adrien Dailly et Rémi Gauvin.

Tous ceux-là pourraient encore prétendre au titre, mais à condition que Florian Nicolaï ne marque plus aucun point. Peu probable, et vu les tendances actuelles, seuls Ed Masters et Sam Hill semblent encore capables de l’emporter à la régulière !

 

 

Et chez les filles ?

Avec 845 points d’avance sur Noga Korem, Isabeau est toujours à l’abri puisqu’elle peut ne pas marquer de point sur une manche sans craindre d’être rattrapée. Mais à 2 manches de la fin et du couronnement, c’est plus sérieux !? Exact ! Avec une telle avance, Isabeau peut remporter le titre avant le gong final ! Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué trop tôt…

Noga, quant à elle, et au vu de sa courbe isolée tient son rang de dauphine depuis un bon moment et tout porte à croire qu’elle peut le rester sans souci ! Mais pour la dernière marche du podium, c’est une autre histoire…

Les ennuis mécaniques de Morgane Charre ce dimanche et les bonnes performances d’Andréane Lanthier-Nadeau ont bien failli chambouler le classement ! Leurs courbes se rapprochent dangereusement ! La Française garde pour l’instant sa troisième place, mais ALN vient plus que la chatouiller. La bataille pour la troisième marche du podium s’annonce disputée !

 

 

Victoire en SP

Et pour finir, la course dans la course : la course au titre du vainqueur des spéciales. Malgré son absence sur les dernières courses, Martin Maes conservait jusqu’alors la tête au jeu de celui qui empoche le plus de spéciale. Ses 6 victoires à Madère lui suffisaient encore pour garder le leadership !

Mais c’était sans compter sur le retour de l’ogre Richie Rude et de sa frénétique tendance à aller plus vite que tout le monde !

Il s’adjuge 3 spéciales ce week-end et comptabilise désormais 9 points. À ce petit jeu, Ed Masters est troisième avec 4 petits points. Sans un retour tonitruant du Belge, la partie a déjà un air d’achevée… Affaire à suivre !

 

 

La suite !?

Malgré son format sur deux jours, Whistler n’a pas dérogé à ses habitudes de manche titanesque. Pour triompher et pointer devant, il fallait être gaillard, et ce n’est pas fini… Et oui ! La prochaine manche à Northstar devrait aussi mettre en valeur les gros gabarits : typé bikepark et en altitude, Richie Rude pourrait à nouveau frapper fort !

C’est dans 10 jours à peine : une EWS en Californie, c’est une première ! Lieu d’ingéniosité, d’entreprise et de nouveauté dans notre petit monde du VTT, l’ambiance s’annonce certainement chaude, bruyante et motivante. Alors, à bientôt 😉

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