Tout juste une semaine après l’EWS du Val di Fassa, où des bouleversements de classement ont eu lieu en raison de l’actualité, la manche française, aux Orres nous offre, elle aussi, quelques renversements de situation…

Il est donc temps, avant d’attaquer la tournée américaine en août, d’en savoir plus en travers des chiffres. Comment cette manche française a-t-elle pu être la plus serrée de l’histoire des EWS ? Qui est véritablement en forme en ce début d’été ? Qui gagne des places au général ? Et qui recule ? Certains dominent-ils vraiment ? Allons-y…

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes – Photos : Enduro World Series


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Ed Masters, de justesse…

En effet, cette manche française s’achève sur le résultat le plus serré de l’histoire des EWS ! Seulement 0,94s sépare Ed Masters, vainqueur de sa première manche EWS, de Richie Rude après 43min de course. Intense ! C’est le moins qu’on puisse dire.

Et l’annulation de la SP5, en raison des orages matinaux du dimanche, n’y est pas pour rien dans cette histoire ! En concurrence avec la SP2 pour le choix de la spéciale reine, elle représentait un bon morceau du parcours. Et surtout, toute aussi longue, en dénivelé comme en kilomètres, que la SP2 mais bien plus technique, elle aurait certainement pesé, et ce, fortement, sur les écarts du dimanche.

Ainsi, avec un Adrien Dailly plus dans le dur le second jour de course, Ed Masters devait s’assurer d’être devant Rude. Ce qui valait, à ce moment de la course, de s’assurer les victoires de spéciales pour conserver son avance sur l’américain, à 3 secondes seulement derrière lui la veille. Ce qu’il fait et ça passe… de justesse !

 

 

Course aux spéciales !

Certes Richie Rude remporte la SP2 et la SP6. 2 spéciales bien différentes, qui restent, malgré tout, les 2 spéciales les plus physiques de cette manche ! Mais Eddie l’emporte sur les deux dernières spéciales. Décisives !

A cette occasion, le néozed’ empoche 3 victoires de spéciale en un seul week-end, puisqu’il remporte aussi la SP1. Il rejoint ainsi le haut du tableau pour la course au titre du vainqueur de spéciale auprès de Richie Rude et Martin Maes – avec 6 victoires chacun – et Jesse Melamed – avec, lui aussi, 3 victoires.

Mais qui dit manche française, dit épingles ! Ed n’est donc pas le seul à engranger des points pour cette course dans la course. A ce petit jeu, les français ont repris leur droit sur la SP3 et 4, celles qui se tortillaient le plus, sur un terrain d’ailleurs plutôt sec, propre au Sud de la France…

 

 

French baguette

Bien qu’Hill y fasse aussi de bonnes places, ce sont des spéciales où les français brillent. A l’image d’Adrien Dailly et de Kévin Miquel qui les remportent, mais aussi de Dimitri Tordo, Hugo Pigeon et Théo Galy. Effectivement, ces 3 là y signent leurs meilleures places en spéciale du week-end. Comme le montrent leurs cases plus foncées sur ces 2 spéciales :

L’occasion pour eux de reprendre du temps à Ed et Richie… et de ne pas laisser filer Matthew Walker, Gustav Wildhaber et Leigh Johnson trop rapidement puisqu’on remarque des zones claires pour ces derniers, sur ces 2 spéciales !

Une remarque qui prouve encore que les épingles, comme la baguette, reste bel et bien une spécialité française qu’on ne retrouve nulle part ailleurs… Seul les frenchies connaissent la recette pour les réussir !

 

 

La course au titre

Voilà pour les faits marquants de la course. Qu’en est-il désormais du classement général de la saison !? 

Suite à cette manche française, plusieurs courbes se croisent. Les premières : celles de Ed Masters et de Sam Hill. Le vainqueur de la manche empoche de gros points et passe devant l’Australien qui, ayant crevé et étant arrivé en retard au départ de la SP2, termine 12e ce week-end et laisse filer la deuxième place du général !

Mais bien que les déboires de Sam jouent en la faveur du leader puisque leurs courbes s’éloignent, Ed en profite tout de même pour rétrécir son écart avec Florian Nicolaï. La courbe du néozed’ se rapproche légèrement de la sienne, la plus ascendante et la plus régulière depuis le début de saison !

L’autre renversement de situation flagrant, c’est le bond au général d’Adrien Dailly, désormais 6e. Suite à sa 3e place aux Orres, sa courbe en croise 4 autres d’un coup : celle de Wyn Masters, Keagan Wright, Robin Wallner et Rémi Gauvin ! Le Niçois est bien de retour : c’est son come-back dans le Top10 !

 

 

Martin Maes peut-il espérer revenir ?

Reste qu’une courbe stagne : celle de Martin Maes, suspendu jusqu’à Whistler. On se pose donc toujours la question : peut-il encore espérer revenir en tête ensuite ? Sachant qu’il ne sera pas à Whistler, il ne lui resterait que 2 manches pour se refaire

Au mieux, il pourrait envisager d’engranger 1080 points, s’il gagnait à Northstar et à Zermatt. Le Top5 se trouve à 1240 points et est donc déjà intouchable pour le Belge. Et même si le Top10 semble encore mathématiquement jouable, il semble bien trop improbable que 5 pilotes tels qu’Adrien Dailly, Rémi Gauvin, Robin Wallner, Keagan Wright et Wyn Masters ne marquent aucun point d’ici la fin de l’année !

La saison et les espoirs d’enfin triompher sur les EWS sont anéantis pour Martin Maes. Mais il en est bien autrement pour l’autre leader qui domine depuis le début d’année le circuit EWS 2019 dans une autre catégorie…

 

 

A quoi s’attendre chez les filles ?!

Effectivement, avec une victoire supplémentaire, Isabeau Courdurier continue sur sa lancée. Sa courbe, droite et régulière, continue de s’éloigner des autres courbes. Jusqu’à maintenant, elle a engrangé le maximum de points possibles, soit 2700 points !

Ainsi, avec 755 points d’avance sur sa dauphine Noga Korem, Isabeau dispose d’une manche et demi d’avance alors qu’il ne reste que 3 manches à disputer !

Plutôt aux avant-postes en début de saison, Bex Baraona, désormais blessée, ne marque pas de point et s’enfonce dans le classement. Avec 1020 points, elle ne peut déjà plus espérer rattraper Isabeau.

Le sort du classement final dépend donc des futurs résultats de Noga Korem, ALN et Morgane Charre, qui ne sont pas encore totalement distancées par la reine de l’année ! Même si Isabeau domine réellement sa catégorie, une rude bataille pour les 2 marches restantes du podium semble se préparer. Une fin de saison palpitante s’annonce chez les filles !

 

 

 

La suite ?!

Dans un mois, tout l’armada des EWS se retrouve à Whistler puis à Northstar pour la tournée nord américaine. La première est connue et moult fois organisée. La manche canadienne reste, pour le moins, une manche souvent très disputée !

Et Northstar, nouvelle étape cette année, haute en altitude, pourrait, peut-être, à son tour, marquer un tournant et chambouler le classement très serré de cette année juste avant la finale, à Zermatt, en Suisse.

Ces trois dernières manches prévoient donc du spectacle pour le classement général chez les Hommes et le podium chez les Femmes. Et bon nombre de Français sont impliqués : Florian Nicolai, Kévin Miquel, Dimitri Tordo, Adrien Dailly, Isabeau Courdurier et Morgane Charre. Alors, à dans un mois, pour savoir lesquels d’entre-eux perdront ou gagneront du terrain 😉

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