On l’a plusieurs fois écrit… C’est même une quête de ces dernières années… Et nombre d’échanges au contact des lecteurs Endurotribe nous confortent dans cette attente :  à quand un petit vélo qui aurait tout d’un grand ?! Après tant d’attente, et être plusieurs fois passé proche : l’heure est venue, avec le nouvel Orbea Occam !

Jusqu’ici, il y avait toujours un petit quelque chose qui laissait entrevoir un potentiel, mais jamais une certitude… C’est en passe de changer ! Alors, le nouvel Orbea Occam est-il le Graal ?! J’en ai le sentiment après deux jours intenses à son guidon… Voilà pourquoi ! 

 


Temps de lecture estimé : 15 minutes – Photos : Orbea / Jérémie Reuiller


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Jusqu’ici…

Pour tout dire, l’idée d’un petit vélo qui aurait tout d’un grand n’est pas nouvelle. Elle date même d’une époque lointaine où les Enduro Series ne dépassaient pas les frontières françaises. Un temps où les 160mm commençaient à s’imposer comme une référence pour l’Enduro, mais où certains faisaient de la résistance avec des vélos dotés de 140 ou 150mm arrière. On pensait alors à des restes de l’ancien temps…

Puis, les grandes roues de 29 pouces sont arrivées, les 160mm, puis 170mm de course se sont généralisés, grossissant le trait de vélos d’Enduro taillés pour la course… Et laissant place, sur le marché, à des vélos All Mountain en 140/150mm, majoritairement inspirés des pratiques typées randonnée, Trail, parfois même XC Marathon… Bref, avec toujours, en premier chef, l’idée qu’un petit vélo ça doit pédaler parce que les gros, eux, savent descendre !

“Toujours, un petit goût d’inachevé…”

Au milieu de ces petits vélos, certains ont bien tenté de jouer la carte du fun et ludique plutôt que celle du gros vélo de rando… Mais avec, toujours, un petit goût d’inachevé : manque de sensibilité par-ci, manque de rigidité par là, parfois l’impression de manquer de débattement, d’être trop progressif, ou bien d’avoir raté le coche des roues de 29 pouces qui sont quand même un sacré atout en la matière.

C’est ce que l’on lit dans les colonnes Endurotribe des cinq dernières années à travers les essais des Devinci Troy, Canyon Spectral, YT Jeffsy, Santa Cruz Hightower, Yeti SB5.5C, Scott Genius, Lapierre Zesty/Spicy, Sunn Kern AM/EN, Specialized Stumpjumper EVO… On y touchait presque pleinement l’an passé avec le Mondraker Foxy 29 carbone, avec pour seuls reproches un temps d’adaptation nécessaire et un tarif un peu élevé…

 

 

Mais alors ?!

De quoi penser que ce Graal est une chimère, ou bien qu’il nécessite tant d’évolution qu’il faudrait encore attendre… D’ailleurs, c’est aussi ce qu’auraient pu penser les chefs produits et ingénieurs Orbea : l’ancien Occam était à l’image de ces petits vélos à deux doigts d’être exceptionnel, mais qui ratait le coche pour quelques détails de géométrie, trop court, trop petit…

Depuis, la concurrence a progressé et l’Occam, en gros Oiz TR – le modèle XC Marathon de la marque – perdait du terrain. Au sein de la famille Orbea directement, puisque entre temps, le très réputé Orbea Rallon R5 a vu le jour. Un des tous meilleurs vélos d’Enduro de sa génération, sans conteste. Le porte étendard de la gamme à gros débattement de cette marque qui, il y a à peine dix ans, n’était qu’une marque de route et XC. 

D’ailleurs, avec cette culture sportive et les succès récents des Oiz, on aurait pu supposer que la marque poursuive dans l’idée qu’un Occam doit être un gros Oiz, et donc, un gros vélo de XC… Et pourtant, il suffit d’un simple coup d’oeil au nouvel Orbea Occam pour saisir qu’il n’en est rien… Et que c’est bien du grand frère, le Rallon R5, que s’inspire grandement le dernier né !

 

 

Orbea Occam

  • Usage All Mountain / Enduro
  • Roues en 29 pouces 
  • 140/150mm, Fox DPX2 & 36 FIT4 Factory
  • Triangle avant & arrière carbone
  • Reach 474mm en taille L, offset de 44mm
  • Roues DT Swiss XM 1650, 30mm

  • Maxxis High Roller II/Rekon Exo 2.5
  • Shimano XT 4 pistons
  • 8 modèles, 4 tailles, 2299€ à 7599€
  • 2,3kg, cadre sans amortisseur
  • Disponible dès à présent
  • Fiche du vélo sur www.orbea.com

 

Mini Rallon…

D’entrée de jeu, il y a des détails qui ne trompent pas : les lignes qui font le design du cadre, la cinématique de suspension, certains détails de montage…

 

 

… Et ADN de champion !

Voilà pour les présentations, reste à confirmer ! Le Graal après lequel on court mérite plus qu’un simple coup d’oeil. On a déjà été plus emballé et finalement plus déçu, pour moins que ça… C’est donc dans les chiffres et dans les détails de conception que l’on veut trouver de bons signes !

Maîtrise de l'anti-rise

Les choses deviennent intéressantes à la question : pourquoi avoir abandonné l’articulation bases/haubans par flexibilité du carbone ?! Réponse : parce que ça imposait de fixer l’étrier de frein sur les bases, et qu’on voulait maîtriser l’anti-rise du vélo – son comportement au moment de toucher les freins. Hummm ! bien !!

Nouvel Orbea Occam > en jaune !

Ici, l’anti-rise du Orbea Occam est faible. Notamment en début de course. Une valeur sous les 80% comme on l’a déjà vu chez les Rocky Mountain notamment. Avec pour intention de faire un vélo qui se tasse ou du moins, qui ne catapulte pas son pilote au dessus du guidon parce que la suspension se détend ou se fige quand on touche aux freins…

 

Progressivité

D’un autre côté, on a déjà connu des petits vélos qui jouaient la carte de la progressivité à outrance… D’abord, pour éviter de talonner sans cesse en fin de course… Une suspension très trop linéaire, c’est d’ailleurs, aussi, un des seuls reproches fait au Rallon, qui nécessite de jouer finement des compressions pour être à son meilleur.

Nouvel Orbea Occam > en blanc !

Mais augmenter la progressivité, c’est aussi, pour un petit vélo, prendre le risque de devenir trop ferme, trop vite, et diminuer encore l’impression de débattement. C’est pourtant ce que fait le Orbea Occam, en changeant radicalement par rapport à son grand frère. Ratio de départ très élevé à 3,14 et d’arrivée à 2,6, c’est 0,54 de variation là où le Rallon est à 0,2…

Dans tous les cas, ça reste des proportions tout à fait acceptables pour un autre aspect cinématique : l’usage de spacers, dans l’amortisseur, pour ajuster la progressivité à ses désirs. D’origine avec un 0.2, le Orbea Occam est pensé pour rouler sans, ou pour monter jusqu’au 0,4, livré également avec le vélo…

 

Effets de chaîne

Par dessus le marché, le Orbea Occam fait usage des effets de chaîne – Anti-squat et Kick-back – pour maîtriser le comportement de la suspension. En la matière, juste ce qu’il faut pour inciter la suspension à rester haute et dynamique dans le débattement : des valeurs autour de 115% en début de course…

Nouvel Orbea Occam > en jaune !

Jouer de l’anti-squat, une initiative que l’on a vu récemment à quelques nuances près, sur les Lapierre Zesty/Spicy plébiscités, ou dans une proportion plus marquée encore… Sur le fameux Mondraker Foxy 29 ! On commence là à voir se dessiner une certaine opportunité entre progressivité et effet de chaîne : celle d’être souple et sensible en début de course, sans pour autant perdre en dynamisme ou s’affaisser…

 

Settings hydrauliques

Reste qu’une fois encore, on a vu des vélos biens partis pour toucher le Graal, et finalement nous laisser sur notre faim… Notamment à cause de settings hydrauliques conservateurs. Soit qui saturent et sont dépassés en un rien de temps, soit qui restent un poil trop fermes pour libérer totalement la suspension.

En la matière, Orbea s’est concentré sur un amortisseur : le Fox DPX2. Et c’est d’autant plus courageux que nos expériences à son usage n’ont pas toujours été convaincantes ! Y compris sur le Rallon ! Pourtant, il y a un vélo sur lequel on l’a vu fonctionner : le Foxy 29… Avec des settings hydrauliques légers en compression !

Le Orbea Occam fait de même, et pousse le bouchon encore plus loin. Notamment en matière de détente. D’origine, elles aussi sont réglées très light en interne. Et quand on sait que parfois, les détentes influent aussi les compressions, on a une meilleure idée des intentions de la marque : libérer la suspension, et la laisser travailler quoi qu’il arrive !

 

Côté chiffres

Voilà pour le côté cinématique qui promet. Regardons côté géométrie maintenant ! Car on peut avoir la plus belle cinématique du monde, si les dimensions ne suivent pas : plantage assuré. Ce n’est heureusement pas le cas ici !

En premier lieu, par l’angle de tube de selle. On en parle de plus en plus actuellement, et le Orbea Occam n’est pas passé à côté. 77°, c’est comme les derniers Sunn Kern, et inspiré du Pole Machine : on est à l’aplomb du boitier plutôt que derrière. Ça tire moins sur les reins, et ça pompe moins aussi.

Pour le reste, notons d’abord que quatre tailles sont désormais proposées par Orbea. Une réponse telle qu’on l’espérait après avoir critiqué l’ancienne génération des Occam à ce sujet, et avoir constaté qu’il n’était pas toujours évident de choisir sa taille de Rallon R5.

Ici, on remarque que les Orbea Occam couvrent un peu plus large : le S est plus petit, le XL plus grand que leurs homologues Rallon, tandis que les tailles M et L s’intercalent astucieusement. Un Occam en L est ainsi entre un Rallon L et XL, une bonne chose.

Pour le reste, le Orbea Occam la joue serein : pas de côtes extrêmes, mais quelques bonnes recettes issues du grand frère… Boitier bas, angles à peine plus redressés, empattement et reach dans la bonne moyenne… Rien d’extravagant… Un bon point ?! 

 

 

Pour parfaire le programme…

Dans l’industrie, sortir un vélo qui tape là où on l’attend, c’est aussi une question de partenaires. On l’a vu avec le Sunn Kern EN 29 Finest, c’est aussi le cas avec le Orbea Occam. Il suffit pour ça d’un coup d’oeil avisé aux spécifications du modèle M10 mis à notre disposition. Aucune fausse note, j’en cherche encore…

 

Pour mesurer l’ampleur de ce partenariat, tout comme celui avec Fox, et les options de montage disponibles, voici l’ensemble des specs des modèles bientôt disponible sur le MyO. Deux détails à noter : la Fox 36 qui reste “en option” mais bien là, et l’existence d’une version aluminium plus accessible de cet Orbea Occam nouvelle génération…

 

 

Prise en main

Pour le savoir, il faut mettre les fesses en selle, passer un peu de temps sur le vélo, et réfléchir… beaucoup réfléchir. Peser, sous peser chaque observation, chaque conclusion, pour en arriver à ce que j’écris ce jour… On le sent bien depuis le début de cet article, et je ne m’en cache pas une seconde : le Orbea Occam m’a plu, et convaincu ! Encore faut-il le transmettre le plus fidèlement possible.

Pour comprendre, direction le pied des Pyrénées, côté espagnole. Dans la région d’Ainsa, connue pour ses manches Enduro World Series… Mais pas tout à fait à Ainsa, ni même dans le val de Benasque, à deux pas. Cette fois-ci légèrement plus à l’Ouest, autour du trou perdu de Nocito. En plein Parc Naturel de la Guara.

Ici, on est loin des trails aseptisés des grands spots réputés. L’endroit est pastoral au possible, et les trails, de purs bijoux de la nature et de l’histoire. De ces chemins merveilleusement techniques où un rocher posé là depuis bien avant moi, rend toujours la tâche plus pimentée qu’elle pourrait l’être… Et mettent au défi le pilote et la machine… Un endroit à la hauteur de spots réputés comme les Montagnes du Caroux, les Gorges du Tarn, Molini, les Portes du Mercantour…

 

 

Comment ça se pilote ?!

Dans ces circonstances, deux issues : un calvaire, ou une orgie ! Et bien souvent, ça tient à peu de choses. Plus précisément, à l’alchimie qui peut s’opérer entre le bonhomme, le terrain, et le vélo qui fait l’interface.

Ici, les trails sont cinq étoiles, et moi, bien déterminé à y prendre un maximum de plaisir. Pas forcément d’aller vite – quoi que l’ivresse vienne en buvant – mais d’être smart en toutes circonstances. Parce qu’ici, la nature rappelle que pour aller vite, il faut d’abord rester propre, posé, zen et ce qu’il faut d’enthousiaste…

Alors, que donne le Orbea Occam dans pareilles circonstances ? À quel point fait-il le job ?! 

Toujours dans le rythme !

En premier lieu, une chose me frappe sur le Orbea Occam : il est toujours dans le rythme. Un sentiment que j’ai rarement ressenti par le passé. Un peu via la suspension arrière du Mondraker Foxy 29, un peu aussi à l’essai des suspensions Ölhins. Dans tous les cas, jamais au guidon d’un vélo avec si peu de débattement. 

C’est simple, le Orbea Occam donne l’impression de toujours rester haut dans ses courses. Quoi qu’il arrive – petit, moyen ou gros chocs – il sait toujours revenir au point de départ, au SAG, conserver son assiette et garder de la réserve. C’est bluffant de marge, pour faire face à l’imprévu, rouler à vue. C’est d’habitude quelque chose que je prête plus volontiers aux vélos à plus fort débattement.

“Powpowpow ! “

C’est aussi, et surtout, valorisant dans les portions défoncées mais lentes, presque trialisantes, que ce soit en ligne droite ou en courbe, voir épingle où le nose-turn est indispensable. Et dieu sait qu’il y en a dans le secteur ! Dans tous les cas, le Orbea Occam ne se tanque jamais, génère ou conserve la petite vitesse maîtrisable qui va bien pour rester au dessus des obstacles, trialiser en confiance et sortir sans encombres.

 

Une affaire de détente...

À quoi c’est dû ? D’où ça vient ?! Pour illustrer mon propos et faire le lien avec la présentation du vélo, une observation simple. Je prête ça aux settings internes de détentes. Les plus observateurs d’entre nous l’auront remarqué : ça fait un petit moment que systématiquement, j’en viens à préconiser des détentes aux 2/3 ouvertes dans les tableaux de réglages des vélos passés à l’essai.

Intuition ? Lubie ? Réel besoin ? Qui sait ?! Toujours est-il qu’ici, j’ai commencé à mi-plage, et qu’avec les settings de détentes légers d’origine, j’ai tout de suite trouvé le même résultat qu’avec les vélos concurrents passés à l’essai, roulés aux 2/3 ouverts. Et puis, je n’y suis pas revenu. Pour moi, cette détente plus légère et rapide participe à l’impression d’un vélo dynamique, toujours dans le rythme, qui reste haut dans sa course et en a toujours en réserve…

 

Toujours présent !

Tout ça, c’est beau, mais encore une fois, j’ai été déçu pour moins que ça. J’ai vu des vélos être aussi forts de tempérament, mais être aussi en manque cruel d’adhérence le moment venu. Ici, rien ! J’ai même roulé fort, très fort, avec des Maxxis Exo dont un Rekon arrière, alors que personnellement, ce ne sont pas mes pneus favoris. En d’autres circonstances, je sais que je les aurais volontiers échangés pour d’autres. Mais là, rien !

La sensibilité du Orbea Occam prend le dessus, et le vélo fait le job à la place du reste. C’est d’autant plus bluffant sur un terrain aussi sec et exigeant que ce pied des Pyrénées espagnoles sous un soleil de plomb ! Dans ces conditions, on peut aussi parler des gros appuis, et des impacts, quand le rythme augmente plus que de raison. Alors, il tient le choc ce petit vélo ?! 

En matière de raideur, il est du même tonneau que son grand frère, et joue une partition sans fausse note. Rien de raide ou vibrant qui soit désagréable, mais pas pour autant mou/pataud ou en mode saucisse une fois qu’il faut appuyer dessus. C’est juste, bien accordé au reste et franchement, on peut y aller, pousser, fort, sans craindre la dérobade.

 

En cas d'urgence...

En parlant de pousser fort… Disons qu’entre notre guide très enthousiaste, le vélo qui s’y prête et le terrain qui ne demande que ça : on n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Alors, forcément, parfois, à l’aveugle, quelques surprises se dressent en travers du chemin. Et là, aussi, le Orbea Occam marque de gros points.

Justement parce que le choix d’anti-rise très faible se fait clairement sentir. En cas d’urgence, le vélo réagit bien au réflexe de toucher au frein. Quand d’autres peuvent figer/taper, ou bien catapulter un peu de l’arrière, on sent ici clairement que le Orbea Occam garde son assiette, voir se tasse un peu. Ça garde le grip et l’assiette, serein dans tous les cas !

 

Jolly Jumper...

Ok, tout ça c’est bien beau, mais n’oublions pas une chose : le Orbea Occam est un modèle intercalé entre le Rallon d’Enduro, et le Oiz TR, orienté Trail/Marathon. C’est évident, il tire du grand frère… Mais il pédale comment ?! Il a un rôle de vélo All Mountain à tenir, tout de même…Pour s’en convaincre, les 45km et 1800m de dénivelé fait à la pédale, entre Nocito et Ainsa m’ont convaincu. 90% de singles, que du très beau, rien à jeter. Et quelques belles ascensions alternant franchissements, portage, épingles, dalles rocheuses, col, roulant… Bref, tout ce qu’il faut pour pédaler !

Et là, même sentiments qu’aux guidons des Zesty/Spicy et du Foxy 29 : une suspension qui reste haute et active, un effet de chaîne qui plaque la roue au sol et assure une motricité délirante, de quoi se prendre au jeu et tenter, tenter, tenter… Je note ici qu’en plus, le Orbea Occam me semble avaler davantage que les deux concurrents cités : face à un obstacle pour lequel on force sur les pédales, la suspension se détend moins, vient moins taper et chahuter le bonhomme. Ça me parait plus tolérant encore, et donc plus préservateur au long cours…

 

 

Vis-à-vis de la concurrence ?!

Voilà pour l’expérience au guidon du Orbea Occam. Déjà intéressant pour affirmer qu’il s’agisse d’un très bon vélo… Mais là, on parle du Graal ! De celui qui aurait ce que tous les autres n’ont pas… D’ailleurs, c’est en confrontant le Orbea Occam à ses plus fervents concurrents dans mon esprit, que j’ai forgé cette idée d’un temps d’avance. Il suffit pour ça de voir que face à tous ceux qu’on a pu plébiscité, il a un petit quelque chose de plus…

Face au Mondraker Foxy 29

Une différence fondamentale : la forward geometry du Mondraker Foxy. Personnellement, j’adore. Elle correspond à mon style de pilotage, mais d’un autre côté, je perçois bien le temps d’adaptation qu’elle demande, et le fait qu’elle ne soit pas forcément compatible avec tous les styles, tous les tempéraments.

C’est là dessus que le Orbea Occam se démarque ! Lui, dans son gabarit et dans ses côtes, n’est pas aussi extrême. De ce côté là, il m’a même laissé une impression de vélo conventionnel, n’ayant rien de fou ou d’extrême. Capacités et qualités similaires donc, mais manière d’y parvenir différente, avec un avantage au Orbea Occam, plus facile à prendre en main.

 

Face au Lapierre Zesty/Spicy

Je l’ai écrit en conclusion de l’essai des deux pépites dijonnaises : il y aurait, à mon sens, un coup à jouer en montant un Zesty/Spicy à mi-chemin entre les deux modèles actuellement à la gamme. Quelque chose de plus capable que le Zesty, mais de moins exigeant que le Spicy…

Cette alchimie, ce bon compromis, ce vélo à la croisée des mondes, c’est exactement ce que parvient à faire le Orbea Occam. À quelques détails de montage et de finition près chez les Français, il y aurait donc un match France / Espagne à monter pour jouer un titre !

 

Face aux Sunn Kern AM et EN 29

Même esprit quand je confronte les Sunn Kern AM et EN 29 au Orbea Occam. L’Espagnol tape pile entre les deux galactiques ! Exactement là où Guillaume nous suggérait de monter une autre fourche sur le Sunn Kern AM pour en faire un modèle EVO, capable de beaucoup, mais moins stratosphérique que le EN… Le Occam aurait-il un coup d’avance ici aussi ?! 

 

Face au Specialized Stumpjumper

En parlant de coup d’avance, il semble qu’il y ait du monde en train de plancher sur le Graal dont on parle ici ! Revenons quelques instants sur l’essai du Specialized Stumpjumper Evo paru récemment. Tiens-tiens… Le Orbea Occam fait fonctionner l’amortisseur mis en cause dans ce qui limite l’Américain !

Pour le coup, ça donnerait presque le sentiment que le Stump Evo est un prototype sorti un peu vite. Pied de nez et concurrence terrible pour une marque en provenance directe de la côte Ouest américaine, où avoir un temps d’avance est une culture !

 

 

Qu’en penser ?!

Voilà pour l’essentiel. Je pourrais en écrire plus encore, mais les commentaires au pied de cet article sont là pour préciser ce qui peut encore le mériter. En attendant, il reste quelques aspects à traiter pour être complet. Notamment en matière de concurrence… Interne ! Que devient le Rallon dans tout ça ?! 

À mes yeux, la gamme Orbea ressemble à une fratrie : quand l’aîné, qui a montré le chemin pendant un temps, se fait bousculer par le cadet, qui profite de l’expérience, et apprend plus vite. Enterre-t-on l’aîné pour autant ?! Non ! On l’aide aussi à continuer de grandir…  C’est pour ça que Orbea a encore quelques petites choses à nous montrer… Patience !

“Il est là, ce petit vélo qui a tout d’un grand”

En attendant, j’en termine avec cette présentation sur le sentiment de toucher au but. Quelque part, Orbea a osé là où d’autres hésitent ou galèrent encore un peu. Oser faire un 140mm avec tous les traits de caractère et de développement d’un 160mm : géométrie généreuse et moderne sans être extrême, suspension qui relève le compromis dynamisme/sensibilité/stabilité, cadre à la hauteur des enjeux, montages qui jouent le jeu…

Et ça marche sacrément bien. J’en suis convaincu, tant depuis des années, j’ai le sentiment de passer à côté pour trois fois rien… Il est là, ce petit vélo qui a tout d’un grand, qui peut mettre fin à ce foutu débat : lequel je prends ?! Un 140mm qui va bien chez moi, mais qui va me brasser en montagne/course ? Où un 160mm, mais que j’ai peur de traîner comme une enclume ?! Si la question se pose, plus d’hésitation : un Occam, et on ne parle plus !

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