On l’a vu dans les tuyaux de cet essai : sous ses airs de VTT à assistance électrique, le Lapierre eZesty ne s’avère pas forcément entrer dans cette case. Au point que l’on ait décidé d’exposer notre essai dans les colonnes Endurotribe, plutôt que dans celles de notre magazine spécialisé VTTAE.fr…

Alors, comment faire usage du Lapierre eZesty ?! Quand trouve-t-il son utilité ?! À quel public et à quel avenir peut-il être destiné ?! Pour y voir plus clair, place au verdict d’essai complet, à lire dès à présent sur Endurotribe !

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 

 


Lapierre eZesty AM LTD Ultimate

  • Usage All Mountain Enduro
  • Roues en 27,5 pouces 
  • 150/160mm, Fox Float & 36 FIT4 Factory
  • Triangle avant & arrière carbone
  • Reach 470mm en taille L, offset normal
  • Roues Lapierre eAM+ Carbon, 33mm

 

Première impression.. Suite !

Après l’échec des premiers roulage au guidon du Lapierre eZesty, me voilà d’abord en pleine remise en question. Je n’ai visiblement pas abordé le vélo comme il le fallait. Me voilà donc de retour en selle avec une toute autre approche : celle de me dire qu’il s’agit finalement d’un vélo normal, avec un petit plus.

Et du coup, me voilà à son guidon, en train de composer les mêmes sorties qu’à VTT classique, en vue de satisfaire ma pratique d’Enduriste par nature : à choisir les liaisons qui me permette d’atteindre le plus tranquillement les sommets, pour profiter des plus belles descentes par la suite.

J’en viens à constater que de cette manière, je préserve l’autonomie du système, et trouve des repères intéressants : assistance au plus bas en liaison, assistance à fond en spéciales. Me voilà à couvrir 1000m de dénivelé avec les 250Wh, et n’user que 2 à 3% d’autonomie par spéciale…

Mais aussi, et surtout, me voilà qui prend en main le Lapierre eZesty et m’interroge sur sa véritable vocation. Il y a du débattement devant, les roues de 27,5 pouces à gros pneus en font un vélo dynamique et agrippé au sol… Et à l’arrière, le voilà très généreux en débattement, souplesse, complaisance… Bien plus que les Zesty et Spicy traditionnels passés à l’essai récemment !

 

 

À quoi c’est dû ?

Au départ, je questionne une différence de cinématique – tel qu’un anti-squat ou un anti-rise plus bas – de raideur du triangle arrière – après-tout, un travail a été fait dessus, et on m’annonce avoir voulu ce vélo plus tolérant que les Spicy/Zesty – ou encore un effet du poids supplémentaire dû à la présence de l’assistance – susceptible, pourquoi pas, de pousser le cadre à se déformer davantage…

Premier doute levé en faisant usage du Lapierre eZesty sans assistance : dans les appuis, et quand c’est défoncé, même constat : le vélo me parait toujours s’affaisser, être plus pataud que ce à quoi m’avaient habitué les Zesty/Spicy récemment. Ce n’est donc pas une question de poids embarqué.

Je trouve finalement la source de cette impression auprès de Nicolas Vouilloz, qui me suggère de modifier radicalement les settings de l’amortisseur. D’origine, le Fox Float Evol qui est monté sur ce modèle d’essai comporte des spacers dans sa chambre négative, qui en réduisent le volume.

 

 

Comment ça se règle ?!

L’idée est de s’en passer, pour augmenter le volume de la négative. À l’usage, 80% de mon impression d’un Lapierre eZesty pataud disparaît. Au coup de pédale, il retrouve le dynamisme de la suspension arrière qui reste haute, stabilise l’assiette et plaque la roue arrière au sol. Et globalement, le Lapierre eZesty profite de ce dynamisme en toutes circonstances.

Cette manipulation effectuée, le Lapierre eZesty se montre docile en matière de réglages. Rien de véritablement compliqué, si ce n’est, peut-être favoriser des détentes rapides pour parfaire son dynamisme et peaufiner. En parlant de geeker, les plus fins peuvent envisager d’ajuster de 2-3 clics les détentes en fonction de la présence ou non de l’assistance, mais globalement, le Lapierre eZesty peut, ne pas nécessiter de réviser les réglages en passant d’une configuration à l’autre…

RéglagesAvantArrière
SAG30%30%
Détente2/3 à 3/4 ouverte2/3 à 3/4 ouverte
CompressionsouverteOuverte
Token / SpacersD'origined'origine / retirer celui de la négative

Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes. SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre / épaules à l’aplomb du guidon.

 

 

Comment ça se pilote ?!

Bien ! Alors, comment se pilote le Lapierre eZesty ?! Le voilà réglé, le voilà cerné, qu’est-ce que ça donne à l’usage ?!

La dynamique du moment

D’abord, on retrouve assez clairement la dynamique du moment, c’est à dire celle à laquelle les Zesty/Spicy traditionnels nous ont initié. J’entends par là cette tendance à asseoir le pilote sur la roue arrière, et à l’inciter à tirer sur le guidon pour sortir des courbes en manual.

En la matière, je dirais à la louche que le Lapierre eZesty respecte cette identité nouvelle à 80%. Les 20% restants se partageant entre : le fait qu’en présence de l’assistance, l’avant du vélo puisse être légèrement plus compliqué à lever, et celui qu’avec cet amortisseur et ce triangle arrière légèrement plus complaisant, le vélo y perd légèrement en dynamisme.

Une petite différence qui nécessite rien de plus qu’un petit temps d’adaptation à son guidon avant de trouver le bon registre, et se faire plaisir. C’est simplement légèrement plus “sage” que les souvenirs que le Spicy peut m’avoir laissé.

 

Complaisance

D’ailleurs, c’est la complaisance du Lapierre eZesty qui me reste ensuite à l’esprit. L’air de rien, là où le Spicy peut devenir exigeant quand le rythme augmente, le eZesty reste gentil, encaisse et/ou se contorsionne davantage pour préserver son pilote.

Air vs ressort à l’arrière ? Triangle arrière légèrement plus souple ?! Dans tous les cas, si le Spicy reste une arme bienvenue pour le compétiteur ou le fin limier, le Lapierre eZesty n’est pas en reste, avec simplement le zeste de complaisance sur lequel compter quand la fatigue apparaît, et le gainage, disparaît.

Surtout, j’ai bien conscience de tenir ces propos alors qu’il n’y a que 150mm de débattement arrière : le Fox Float Evol en change le tempérament et s’accorde au 160mm de l’avant. En la matière, on peut lâcher les freins et compter sur le Lapierre eZesty pour faire le job et encaisser sans sourciller.

 

Avec ou sans moteur ?!

Je l’ai écrit en parlant des réglages : en matière de pilotage, il n’y a pas un monde avec et sans assistance. Certes, une légère facilité à tirer un bunny-up sans assistance, ou bien à virer de bord plus rapidement encore. Allez c’est vrai que parfois, sur les gros impacts, ça pourrait mériter plus de frein en détente haute vitesse à l’avant, sous l’effet du poids. Mais globalement, ça peut se montrer équivalent à changer de paire de roues ou de nature d’amortisseur sur un vélo classique, voilà tout.

Dans tous les cas, c’est à la relance que le Lapierre eZesty pèche un peu. Avec et sans, il est un peu collé, moins dynamique que ses homologues traditionnels. Ce n’est pas ici, un foudre de guerre. Plus un vélo à garder lancer, et à travailler au train. Même l’assistance, à fond lorsqu’elle est là, n’apporte pas suffisamment pour rendre un sprint fulgurant en sortie de virage.

Avec ou sans moteur, le Lapierre eZesty fait finalement penser à ces gros enduros, certes disposants de plus de débattement sur le papier, mais à la dynamique bien similaire sur le terrain. Ce genre de vélo dont on se délecte du débattement en spéciale, voir en montagne, quitte à monter au train.

C’est en tout cas ce que le Lapierre eZesty fait penser en l’utilisant sans assistance. Légèrement moins dynamique que le Spicy… L’engrenage qui reste au sein du boitier se fait légèrement entendre mais à l’usage, il est bien moins gênant qu’une chaîne trop sèche, pour donner une idée…

 

 

Pour qui ? Pour quoi faire ?!

Bref, finalement, c’est bien en liaison que la présence ou non de l’assistance se fait le plus sentir. Il faut envisager le Lapierre eZesty comme un VTT d’Enduro traditionnel, qui a un petit quelque chose en plus. Ici, l’assistance permet simplement de faire pareil, ni plus, ni moins, 10 à 15 pulsations plus bas en liaison et peut-être 2 à 3km/h plus rapide par endroit. Ça permet donc d’être plus frais dans les spéciales suivantes, voir de patienter moins au départ avant de plonger dans la pente.

Alors oui, le Lapierre eZesty m’a permis d’en faire un peu plus qu’en traditionnel, mais au même rythme, et dans le même esprit, avec les mêmes repères. Et surtout, il s’envisage sans assistance, de temps à autre : pour une virée pleinement à la pédale les jours de forme, ou à l’inverse, avec assistance, les jours de moins bien. En station ou en navette, volontiers. Forcément, je rêverais qu’il gagne encore un peu en dynamisme, en rendement, en poids, pour ouvrir encore ces perspectives… 

D’ailleurs, au passage : le Lapierre eZesty ne serait-il pas parmi les vélos à envisager dans la quête du vélo idéal pour tous ceux qui veulent un vélo qui pédale 80% de l’année chez nous, mais qui roule en montagne l’été ?! L’assistance peut y aider… Dans tous les cas, c’est le vélo pour ceux qui n’ont pas encore d’expérience en VTT à assistance électrique, que ces derniers n’ont pas séduit car trop patauds ou puissants pour rien, ou que passer au tout assisté chagrine encore.

 

 

Vis-à-vis de la concurrence ?!

Ahah ! Quelle concurrence ?! Pour l’heure, le Lapierre eZesty parait bien seul sur le marché des hybrides, si tant est qu’il puisse y en avoir un. Il y a, par contre, une autre concurrence à laquelle il est intéressant de le mesurer : celle de ses frères traditionnels, les Lapierre Zesty et Spicy passés à l’essai il y a peu. Une concurrence fratricide ?! 

J’en ai déjà beaucoup dit au fur et à mesure des mes propos dans cet article. Il est plutôt venu le temps de répondre à une question essentielle : comment se positionne le Lapierre eZesty face à eux ?! Et à cette question que je me suis longtemps posé, la réponse est d’importance…

D’un point de vue marketing et commercial, je comprends que ce vélo s’appelle Zesty. Après tout aujourd’hui, il s’agit très certainement du coeur de la gamme VTT Lapierre. Le nom qui parle le plus et qui se vend le plus. Et quelque part, c’était plus que logique de lancer sur ce segment le premier hybride de la marque.

D’ailleurs, avec assistance, le Lapierre eZesty pourrait faire illusion, jouant sur le fait que justement, la présence de l’assistance marque logiquement la différence entre Zesty et eZesty. Mais c’est bien en l’utilisant sans assistance que ça crève les yeux : dans ce cas, le Lapierre eZesty est bien plus proche d’un Spicy. C’en est même clairement un pour l’heure, plus qu’un Zesty !

 

 

Conclusion ?!

Nous voici donc à l’heure de conclure. Avec de tels éléments, l’éternelle question trouve plus que jamais une réponse pleine de sens et d’à propos : pourquoi voudrais-je le garder ?! 

“Le Lapierre eZesty n’a qu’un défaut : son nom. À bien des égards, il s’agit en fait d’un eSpicy. Considéré comme tel, aucun risque de se tromper. Il constitue un candidat très sérieux au mythe du vélo d’Enduro qui monte tout seul, et facilite la vie. Il a juste ce qu’il faut des deux mondes, et d’ailleurs, il ne demande pas de choisir, si ce n’est au moment de monter, ou non, l’assistance sur le vélo ! Bref, plus que jamais, c’est dans l’atelier Endurotribe que ce vélo aurait sa place, en attendant qu’il progresse et se bonifie avec le temps ;-)”

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraîchir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? Rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

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