Alors qu’elle entame seulement sa seconde saison d’Enduro VTT, Laura Charles a déjà un sacré palmarès : 1 titre de Championne de France d’Enduro, quatrième de la Coupe de France 2018 (avec 2 manches absentes) et une victoire la même année au Radon Epic Enduro. Et de l’Epic parlons en justement. Pour Endurotribe, Laura nous raconte son dimanche 21 avril 2019 dans les Montagnes du Caroux à l’occasion de la plus longue et la plus dure des épreuves Enduro VTT…

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes – Texte : Laura Charles – Photos : Xavier Ligonnet


 

On fait connaissance

Je m’appelle Laura Charles, j’ai 23 ans et je pratique le vélo depuis 11ans. J’ai pratiqué le VTT Cross-country et Cross-country Eliminator pendant presque 9 années. J’ai décidé d’arrêter cette discipline où je ne prenais plus aucun plaisir à m’entraîner et à courir. J’ai donc coupé le VTT pendant une année complète. En 2018, j’ai décidé de reprendre le vélo mais cette fois-ci dans une autre discipline qui est l’Enduro. L’objectif étant de retrouver le plaisir et surtout de m’amuser sur mon vélo. Chose faite, puisque cette année je continue en attaquant ma deuxième année d’Enduro.

Dans la vie, je suis monitrice de ski l’hiver à Super-Besse. Je viens également d’obtenir mon DEJEPS VTT. Je suis donc moniteur/entraîneur de VTT. Je fais partie de la structure d’Alex Rudeau : B.Life. Nous proposons des stages, des cours particuliers, des suivis d’athlètes, etc. Je vis de mes passions, et ça, c’est génial.

Pour plus de renseignements : b.lifecrew@gmail.com

 

 

Epic me (re)voila !?

J’ai déjà participé à l’Epic Enduro l’an passé. Cette course est totalement extrême. 115 km, 5000m de D+ et un départ à 4h30 du matin ! C’est dingue. C’est tellement long, difficile, éprouvant, que j’ai décidé d’y retourner cette année. Ahah. Non ! Honnêtement, j’ai longtemps hésité et attendu longtemps avant de m’inscrire… “Qu’est-ce qui te retient ?” – La peur peut-être ! Ahah 😉

 

 

Ma préparation…

Comme l’an passé, très compliquée… Je suis toujours monitrice de ski nordique à Super-Besse. Donc oui le ski nordique c’est génial pour la préparation mais c’est génial quand tu skis pour toi. Pas quand tu passes ton temps à enseigner aux débutants ou aux enfants. Mais je ne m’en plains pas, j’adore ce métier, j’adore le ski et c’est mon mode de fonctionnement.

J’ai (enfin) pu sortir mon vélo du carton (arrivé en décembre), le week end du 16-17 mars pour aller le tester à Millau avec des copains. Ensuite le week end d’après j’ai directement enchaînée avec la Coupe de France à Olargues où j’en ai bien chié physiquement. Après ça, j’ai un peu récupéré, non pas de tout le vélo que j’avais fait mais plutôt de la fin de l’hiver éprouvante…

Ensuite j’ai voulu m’inscrire à l’Epic, mais beaucoup de personnes ont voulu me décourager car 15 jours après je m’envole pour Madère et les EWS. On me disait “non mais tu n’auras jamais récupéré pour Madère, tu vas être cramée tout le reste de la saison” nanani nanana… Mais je ne sais pas, j’avais vraiment envie de participer à cette course. L’an dernier j’avais adoré, il me restait en tête seulement les bons moments, les magnifiques descentes, les paysages, etc. Mais en y pensant un peu plus, je me souvenais d’en avoir bien “chié” et en plus sous la pluie… En reprenant le vélo, je m’étais promis de me faire plaisir et de faire ce dont j’avais envie, de ne pas me prendre la tête sur le calendrier de courses, sur la préparation. J’ai donc décidé de prendre le départ de l’Epic Enduro 2019 ! Mais cette fois-ci avec mon Alex Rudeau en électrique.

 

 

Le jour le plus long

Toute la semaine, je n’avais qu’une envie c’est d’être à ce fameux départ, j’avais hâte ! Mais j’avais peur ! Mais j’avais hâte ! Mais j’avais peur… Bon t’as compris quoi. Samedi, arrivé tranquillement le matin à Olargues je me lance avec Alex pour repérer la spéciale 1 que l’on allait faire de nuit puisque je ne la connaissais pas. Génial comme idée puisque au final on se retrouve à faire une sortie de 23km et 900m de D+ la veille de la course…

Bref, de toute façon je savais d’avance qu’Alex n’était pas super fort en orientation… Mouahaha. Samedi soir coucher 20h30 – réveil à 3h15. J’ai trop bien dormi et je me lève sans soucis en ayant hâte de commencer. J’ouvre les volets et là, SURPRISE : Il a plu et il pleut encore… (Pour changer).

Le départ est lancé à 4h30 aux cotés d’Alex qui lui est en électrique. Il part de son coté pour ne pas être gêné par les autres concurrents dans la 1ère boucle. Je poursuis ma première liaison de mon coté, au milieu du peloton où ça roule vite, trop vite. Donc je décide de prendre mon rythme et de laisser partir les énervés devant. Arrivée en haut de la première spéciale une heure plus tard, je décide de partir directement.

Spéciale très glissante, de nuit, sous la pluie, pas évidente de bon matin. Remarque, au moins, tu sais à quoi t’attendre. Arrivée en bas en entière, je poursuis pour enchaîner la spéciale 2 que j’avais faite une seule fois lors de l’EWS. Toujours très glissante, j’assure ma descente et enchaîne vers la spéciale 3. Je connaissais cette spéciale car nous l’avons faite lors de la Coupe de France et je me souvenais de l’énorme montée au milieu… Pas d’affolement, je me lance et réussis à gravir cette relance tranquillement sans perdre trop de jus pour la suite. Fin de la boucle 1 avec 2h15 d’avance sur la porte horaire. Un petit tour au ravito où Alex m’attendait et hop on repart avec 2 autres amis sur la boucle 2. Nous étions un petit groupe de 4 : Alex en électrique, Adrien, un ancien crosseur comme moi, avec qui j’avais terminé la boucle 3 l’an dernier et Antonin que j’entraine.

C’est parti pour 18km et 900m de D+, génial, la montée la plus horrible de la course je pense. C’est long, sa monte, tu vois jamais la fin, et en plus tu prends la pluie de temps en temps. Arrivée en haut de la SP4, superbe vue, on découvre de nouveaux coins. On enchaîne la SP4 puis là, hop, petit début d’hypo dans la montée pour aller à la spéciale 5. Je mange 2-3 barres d’affilés et ça va mieux. Que dire de la spéciale 5 mis à part que c’était que du bonheur, de la TERRE, oui oui, de la terre dans le Caroux, de la terre d’Auvergne je dirais même, quel bonheur, que de plaisir à rouler ! Hop dernière petite liaison pour aller à la 6 et c’est presque fini. Arrivés en bas de la spéciale 6, bien secoués par les cailloux, on repart en direction d’Olargues sous des seaux d’eau, trempés, on a froid, il pleut, 5° au compteur, tout est parfait quoi !

 

 

Même pas le temps de s’arrêter au ravito – direction le camion changer d’affaire. Je trouve un paquet d’œufs en chocolat que je commence tranquillement à démonter en regardant la pluie tomber jusqu’au moment où je me rends compte que ça ne s’arrête pas et que je dois partir… Bon allez, courage c’est bientôt fini (lol). Nous repartons sous la pluie, pendant 10 minutes et là, miracle, ça s’arrête. Petite remontée vers le Naudech pour rejoindre la spéciale 7. Ça va on part avec 1h45 d’avance sur la porte horaire. Spéciale 7 tout en drift, bien mouillée mais super cool à rouler. Par contre la liaison d’après, beaucoup moins cool, on pousse le vélo, on commence un peu tous à fatiguer, ça ne parle plus trop dans les rangs, mais on continue. On enchaîne tranquillement la spéciale 8. Allez plus qu’une porte horaire à passer et on a réussi. Sauf qu’on était pas prêt pour la liaison qui mène jusqu’à la porte horaire. On pousse, on remonte sur le vélo, on repousse, on remonte, etc. Et là on aperçoit la porte ! YESSSS 45 minutes d’avance ! Mais il faut continuer à monter et monter, encore et encore. Nous voila arrivés en haut de la SP9.

Certainement la spéciale la plus dure (presque). 3 minutes de spéciale et pourtant c’est celle qui m’a posé le plus problème. C’était trempé, des cailloux partout, de la boue, des arbres et forcément, j’en ai embrassé un. Je repars tranquillement mais arrivée en bas j’ai mal à la cuisse où j’ai pris une grosse béquille et à la cheville où mon pied n’a pas décroché et où j’ai pris la manivelle en pleine malléole. Je lâche 2-3 larmichettes et commence un peu à me plaindre (forcement depuis le début je n’avais rien dit)… Fallait bien que ça sorte. Heureusement Alex et Antonin sont là pour me soutenir. MERCI. Allez, un dernier petit portage et nous voilà au départ de la fameuse spéciale 10 : Les Pylônes.

Ok, on m’en avait parlé, j’avais peur en haut, mais bon, oublie que t’as aucune chance, vas-y, fonce. C’est parti, doucement mais surement. Petite balade à pied dans les méga relances super techniques. J’arrive à presque tout descendre en vélo le reste, bon en même temps y a des gens partout donc obligée d’essayer de descendre sur le vélo… Enfin arrivée en bas après 16 minutes de manège à sensations. Je retrouve mes coéquipiers, heureuse, pour eux et pour moi aussi, on a réussi, encore une fois ! Bon, maintenant faut rentrer, plus que 8 bornes de voie verte et on y est !

Encore un énorme moment de vie, passé sur le vélo, à souffrir, à douter, à rire, à se dépasser. Pour le moment je ne sais pas si je vais revenir car sur le coup tu dis “plus jamais”, puis finalement avec du repos et du recul tu as envie de recommencer… Le vélo nous fait vivre des moments exceptionnels et nous rapproche. Une belle leçon de vie. Un grand merci à Alex de m’avoir accompagné et d’avoir vécu cette expérience avec moi, c’est tellement plus motivant que seule.

 

 

Je félicite Adrien pour sa 9ème place et Antonin, que je suis depuis cet hiver pour sa magnifique 26ème place (92ème l’an passé) et surtout mon Alex Rudeau pour sa 1ère place en VTTAE (compte-rendu à découvrir sous peu sur VTTAE.fr) et ses gros gros chronos sur toutes les spéciales ! Merci aux organisateurs pour ces nouveaux parcours, ces nouvelles spéciales, tout votre boulot. C’est du vrai VTT, tout ce qu’on aime.

Merci à mes sponsors pour le matériel, je n’ai eu aucun souci mécanique. Merci à Passion Vélo Thiers pour le matos et l’entretien des vélos. Merci à Specialized France pour le vélo et les équipements (casques, chaussures, etc), mon Stumpjumper a été à la hauteur de l’événement. Merci Sr Suntour pour les suspensions au top, même pas mal aux bras et Asterion Wheels pour les roues très résistantes (pas de crevaison, pas de poc). Merci à Slicy d’avoir protéger mon vélo et moi-même de la boue. Merci à Dust on trail (Rocday, Amplifi, HightAbove) pour les tenues, les protections, les sacoches et à Smith pour les lunettes/masques. Et merci à Overstim pour l’alimentation.

Bravo à tous les finishers et même aux autres d’avoir relever le défi de l’Epic Enduro !

Vous pouvez me retrouver sur les réseaux, Facebook et Instagram, ainsi que sur YouTube

Merci Endurotribe et on se retrouve bientôt !

Laura

 

Résultats complets > https://epicenduro.com/epic-enduro-2019/resultats-radon-epic-enduro-2019

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