On l’a vu ces derniers mois : en matière de casque dédiés à la pratique Enduro, les lignes bougent. D’un côté, les marques et produits qui croient aux casques intégraux légers, à mentonnière fixe, et ceux qui poursuivent l’idée apparue il y a quelques années déjà, d’une mentonnière amovible. 

Une lutte qui se trame sur fond de développement produit afin d’atteindre un look, un prix et un niveau de certification satisfaisant, synonyme de sécurité. En la matière, Met n’est pas la dernière venue… Et sur le marché, le Met Parachute non plus !

C’est même au retour d’une icône que l’on assiste aujourd’hui ! Pour s’en faire une idée plus précise, Endurotribe était de la partie pour découvrir celui que l’on désigne désormais Met Parachute MCR, pour Magnetic Chinguard Release… Voyons plutôt…

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes – Photos : Met / Boris Beyer


 

Au sommaire de cet article :

 

 

La petite histoire…

En matière de casque et de mentonnière, ça fait des lustres que la question se pose ! C’est presque même, un des indicateurs du fait que la pratique Enduro reste finalement jeune : Qu’en faire ?! Rouler en intégral, ou en casque jet ?! Plutôt favoriser un casque intégral léger et aéré à toujours garder sur la tête, ou un casque à mentonnière amovible qui puisse permettre de goûter au meilleur des deux mondes ? 

Dans cette histoire récente, le Met Parachute a lui-même navigué entre deux eaux. À ses débuts, il s’agissait d’un des premiers casques à mentonnière amovible du marché. Il se disputait la primeur avec le tout premier Giro Switchblade. Mais à cette époque aussi, il s’agissait avant tout d’un casque jet, simplement certifié comme tel, avec une fine mentonnière vissée.

“Pourquoi ne pas conjuguer les deux ?!”

Puis, le Met Parachute s’est orienté vers plus de sécurité. D’une frêle mentonnière, il s’est pourvu d’une protection légèrement rembourrée… Mais fixe ! La solution retenue à l’époque, faute de mieux, pour respecter la certification tout en restant un casque léger sur la balance, et fin dans son gabarit. Oui mais voilà, on sent bien ici comme un goût d’inachevé : pourquoi ne pas conjuguer les deux ?!

C’est le pari que relève la troisième itération du Met Parachute présentée ici, dont on devine aisément le cahier des charges : à mentonnière amovible – avec un système pratique à l’usage – léger – dans la bonne moyenne du marché – fin et beau – aussi bien avec que sans mentonnière – sans sacrifier le rapport qualité prix – comme c’est de coutume chez Met…

 

 

Met Parachute MCR

  • Usage All mountain & Enduro
  • Mentonnière amovible
  • Visière souple et amovible 
  • système MIPS
  • ASTM casque & mentonnière
  • Système de serrage BOA

  • Boucle jugulaire Fidlock
  • Fixation mentonnière Fidlock
  • 6 couleurs, 3 tailles, 330
  • 880g en taille L
  • Dispo début juillet 2019 
  • Fiche sur www.met-helmets.com

 

Air de famille

Pour ça, le Met Parachute MCR commence par reprendre les codes esthétiques de la nouvelle ère qui règne depuis le Roam, lancé il y a deux ans quasi jour pour jour. Un design à l’italienne, qui travaille les lignes et les couleurs non loin de la tradition des automobiles comme seuls eux savent en dessiner : entre grâce et dynamisme, lignes directes mais fluides. L’agence qui accompagne la marque ici collabore aussi avec Lamborghini, en d’autres circonstances…

Voilà pour les codes visuels qui plantent le style. Ils permettent surtout de constater une certaine identité en matière de proportions : une mentonnière qui reste aéré mais qui n’a plus une allure frêle, Un design plus cohérent de haut en bas, une nuque qui ne semble pas abandonnée aux quatre vents et une largeur, somme toute contenue, au niveau des oreilles…

 

 

Upgrades

Voilà pour l’esthétisme… Passons au coeur du Met Parachute désormais. Entre léger et frêle, la nuance est parfois mince dans nos esprits. Et entre frêle et quincaillerie, elle l’est parfois tout autant. Pourtant, c’est tout l’inverse auquel la marque s’est consacrée en concevant cette nouvelle édition du Met Parachute MCR…

Mips, Boa, Fidlock, certification ASTM… le Met Parachute MCR monte en gamme. Entendons par là qu’il entend proposer une finition et une prestation en hausse, qui doivent justifier celle de son tarif, désormais parmi les plus élevé du marché. Le jeu en vaut-il la chandelle ?! On va se pencher sur la question… Pour l’heure, le précédent modèle, plus accessible, reste au catalogue.

 

 

Le concept

Dans tous les cas, le Met Parachute MCR compte bien jouer d’autres arguments pour justifier sa place. Principalement, ceux qui peuvent accompagner le fait que la mentonnière soit amovible, tout en éliminant les inconvénients qu’elle le soit…

Le sacro-saint rapport poids/certification/design/facilité d’usage auquel peut se résumer l’offre actuelle des casques à mentonnière destiné à la pratique Enduro ! Ici, le Met Parachute MCR dispose donc d’un dispositif spécifique, véritable pierre angulaire…

Il faut bien noter, pour saisir la nuance, que ce sont les hélices et l’emboîtement spécifique des pièces qui assurent l’entière fixation de la mentonnière sur le casque. Les aimants, présents dans le système participent simplement à générer le mouvement qui sert à verrouiller le système. pour bien saisir, ça commence à 42s :

Ce n’est donc pas une fixation magnétique – au sens où la mentonnière est plus que simplement “collée au casque comme deux aimants – mais un verrouillage à mouvement magnétique – les aimants apportant le mouvement nécessaire à ce que ça verrouille tout seul.

Dans tous les cas, c’est ce dispositif – développé conjointement entre Met et Fidlock – qui a convaincu la marque d’avoir un produit intéressant, et d’oser le proposer sur le marché, plutôt que de rester sur la facilité d’une mentonnière fixe. 

 

 

Premières impressions

Reste à s’en convaincre, ou du moins, à s’emparer du Met Parachute MCR pour s’en faire une première idée. C’est pourquoi la marque nous a convié sur les pentes de Canazei, dans les Dolomites (ITA). Outre l’aspect majestueux des lieux, c’est surtout le fait que l’endroit accueille une manche Enduro World Series fin juin qui a aussi pesé dans la balance..!

L’occasion de rencontrer l’équipe qui organise sur place, et de se faire une idée de l’épreuve qui attend le gratin mondial… Bref, une mise en situation intéressante pour prendre en main le Met Parachute MCR et livrer ici les premières impressions…

Comment ça se clipse ?!

Qui dit mentonnière amovible, dit montage/démontage ! Est-ce facile ? Pratique ?! Peut-on le faire casque sur la tête ?! La réponse est : plutôt, oui ! Du dispositif présenté plus haut, il faut d’abord clipser un côté, puis l’autre. D’abord le crochet, en haut, puis faire prendre la vis, plus loin.

La manipulation se fait très facilement, casque en main. C’est d’ailleurs comme ça que je conseille de commencer, pour saisir de quoi il s’agit. Ça demande ensuite un petit temps d’apprentissage, casque sur la tête. Il faut nécessairement se familiariser avec le repérage, au toucher, des différents éléments du casque.

“Une dizaine de manip’ pour maîtriser le sujet”

Il m’a fallu, en tout, une dizaine de manipulation pour avoir le sentiment de maîtriser le sujet. Depuis, rien à signaler. Enlever / remettre la mentonnière se fait sans plus de difficulté. Pour la mettre, simplement bien penser à la présenter dans l’axe. C’est en la retirant qu’un mouvement de rotation de la mentonnière, vers le haut, peut faciliter la manœuvre.

Une seule petite amélioration suggérée à l’occasion de cette prise en main : avec des gants, on détermine difficilement la position des deux crochets des vis de fixation. Qui plus est, le système les maintien libres pour faciliter le clipsage et conserver un système de conception plus simple, donc plus fiable. Un petit ergo, repère, plus évident au toucher, serait bienvenu…

 

Qualité au rendez-vous !

Une fois sur la tête, dans tous les cas, le Met Parachute MCR fait mieux que se défendre. Il peut prend la tête… de l’offre actuelle ! Même avec la mentonnière, il se fait oublier. Pas un bruit parasite de grincement ou de toc, ça ne sonne pas creux…

L’angle d’ouverture entre le dessus des yeux et le sommet de la mentonnière, ainsi que sa large ouverture favorise l’idée que le souffle ne rebondisse pas à l’intérieur de la mentonnière. Il ne revient pas dans le visage et évite donc l’idée d’enfermement parfois désagréable d’un casque intégral.

Sincèrement, je n’ai pas décelé de différence notable en matière de sonorité, de confort et d’aisance à respirer entre l’usage avec et sans mentonnière. C’est finalement, plutôt, sur le sentiment de sécurité – très subjectif – et sur la ventilation du visage – joue, oreilles – que j’ai finalement justifié l’idée de monter/démonter la mentonnière.

 

Deux vrais casques ?!

On a largement évoqué le Met Parachute MCR avec sa mentonnière, qu’en est-il sans ?! Dispositifs de fixation discrets, lignes très équilibrées, maintien de très bon ton, aération au rendez-vous… Sans la mentonnière, il ne s’agit pas d’un jet au rabais.

Je dirais même que prix mis à part, le Met Parachute fait de la concurrence au Roam. J’y ai décelé une stabilité supérieure avec le masque entreposé sous la visière, et une forme légèrement plus concave me semble-t-il, que j’apprécie particulièrement.

Dans tous les cas, les dispositifs de maintien et d’ajustement ont la bonne idée d’être parfaitement calibrés pour faire le job quelle que soit la configuration, avec ou sans mentonnière… Mis à part un détail, l’apanage des casques intégraux légers et/ou à mentonnière amovible du marché…

 

Quel usage ?!

Il s’agit de la place qu’occupe le serrage occipital. En mode jet, aucun problème, mais comme c’est le cas sur le panel de caque que l’on a à disposition – un essai comparatif est en cours – ce serrage vient interférer lorsqu’il s’agit d’enfiler/retirer le Met Parachute MCR pourvu de la mentonnière. Il a alors tendance à se déclipser d’un de ses supports si l’on ne fait rien.

Nous voilà donc, finalement, face au dilemme de base qui régie l’usage même de ce concept de casque à mentonnière amovible : mieux vaut-il désserrer/resserrer le serrage occipital pour enlever le casque entier, à chaque fois, ou bien, plus simplement, enlever/remettre la mentonnière lorsque l’on veut respirer ?! 

 

 

La suite ?!

Pour l’heure, je n’ai pas d’idée toute faite sur le sujet, ou bien de conseil précis et définitif à prodiguer. À mon sens, deux solutions existent et elles suffisent. Il s’agit d’un détail mineur qu’une grande partie du marché doit de toute façon encore solutionner.

Un essai plus poussé doit, pour l’heure, permettre d’en dire plus… Et d’ailleurs, il se trame quelque chose en partenariat avec Endurotribe, qui me fait dire qu’une fois encore, quelques chanceux lecteurs devraient avoir l’occasion de participer au verdict final… Stay tuned, comme on dit ! 

En attendant, le Met Parachute MCR joue son rôle : celui de défendre l’idée de ne pas nécessairement en faire plus, mais le faire mieux. C’est tout l’enjeux ! Celui des pilotes de la marque, qui l’utiliseront pour la première fois officiellement en EWS sur les pentes de Canazei… Et celui de tout à chacun, dès le casque disponible sur le marché, début juillet ! À bientôt 😉

 

 

 

 

En appartée – les coloris

On y accorde un soin particulier dans nos publications, et c’est tout aussi important pour certains d’entre nous d’une manière plus générale : c’est toujours visuellement agréable et flatteur d’être bien assorti.

Au moment de définir les couleurs des modèles du Met Parachute MCR, la marque s’est livrée à un exercice d’inspiration, pour définir les tons au programme de cette première livrée…

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