Cette étape portugaise sur l’île de Madère signe le début de la tournée européenne. Déjà, en 2017, elle n’avait pas épargné les pilotes. Cette année encore, comme le mettent en images nos confrères de Vital MTB, les corps et la mécanique ont souffert sur cette petite île de l’Atlantique.

Mais à qui profite donc cette manche ? Qu’en est-il désormais du classement général ? Et de la course aux victoires de spéciales ? Qui signe un retour aux affaires plutôt prometteur ? Et finalement, quel est l’impact de cette manche pour le reste de la saison ? Bref, un paquet de questions auxquelles En travers des chiffres répond…

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes – Photos : Enduro World Series


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Une étape qui contraste !?

Comme nous l’avions dit, ce n’est pas la première fois que les Enduro World Series s’arrêtent sur l’île de Madère. Déjà, en 2017, la série faisait étape là bas. Mais 2017 et 2019, sont-elles similaires ? Comparables !? Ou différentes ? Le retour au format sur deux jours a-t-il finalement eu un impact important ?

Le terrain reste similaire : cailloux, racines, poussière, herbe, etc. Le nombre de spéciales aussi : 9 en 2017 et 8 en 2019. Le nombre de jours de course, deux, aussi. Tout porte à croire que les saisons s’enchaînent et se ressemblent… Mais, en fait, pas tant que ça !

Peu de spéciales de l’édition 2019 sont communes à l’édition 2017 et un oeil sur les cumuls et les temps des spéciales met en évidence une différence majeure qui rapproche Madère des étapes océaniennes du début de saison… Seulement 33 minutes au cumulé, plus proche des étapes de Rotorua et Derby 2019 que de Madère 2017 – qui comptait 49 minutes de chronos, soit 33% de temps en plus ! Et des spéciales courtes, plus proches des 4 minutes que des 6 ou 7 minutes connues pour l’édition précédente… Donc, Madère 2019 contraste avec nos habitudes, et reste donc sur la lancée des Enduro World Series 2019 du début de saison : court et intense !

 

 

Evolution du classement général

Madère étant sur la même lignée que le début de saison, les leaders, eux aussi, continuent sur leurs lancées ! Martin Maes triple la mise en remportant cette manche :

Isabeau Courdurier en fait autant chez les filles :

Ils triplent donc leurs nombres de victoires d’étape et, par la même occasion, doublent presque leurs avances au général. Leurs courbes se détachent de plus en plus des autres au fil des manches !

Martin, par exemple, avec 210 points d’avance après Derby, se retrouve désormais avec 380 points d’avance, soit presque le double, sur son dauphin Florian Nicolaï. Tripler pour mieux doubler… Le Belge n’aura donc qu’à être 37e à la prochaine manche pour rester en tête… C’est presque l’avance qu’avait Sam Hill l’an passé, mais après 7 manches, à Finale Ligure…

Et ce n’est pas tout, les leaders jouent sur les deux tableaux ! En remportant un paquet de spéciales ils dominent aussi, et de très loin, la course aux spéciales… Qui leur permet d’ailleurs d’asseoir leur domination en empochant les points qui vont avec les victoires des spéciales reines, qu’ils remportent aussi à chaque fois ! Alors jackpot !?

 

 

Reine et roi des spéciales !

Effectivement, 120 points ont déjà été acquis uniquement grâce aux victoires sur les Queen Stages. Ca représente aussi une bonne partie de leur avance, de leur matelas… C’est un confort durement et intelligemment gagné ! On comprend mieux l’intérêt de remporter la petite reine à chaque course… Un coup de poker, avec une main risquée, mais bien jouée !

Avec 14 victoires en spéciales – sur les 19 parcourues depuis début 2019 – Martin et Isabeau ne laissent rien traîner, pas un point, pas une miette. Nada ! Leurs concurrents se battent seulement pour 1, 2 ou 3 victoires maximum. Kevin Miquel, Sam Hill, Jesse Melamed, Noga Korem, Morgane Charre et Jill Kintner se contentent des restes !

Martin et Isabeau, loin d’être les plus gros gabarits du paddock, sont pourtant affamés et insatiables. Ce sont des ogres ! Mais s’arrêteront-ils un jour ? Laissent-ils quelque chose sur leur passage ? Que reste-t-il finalement aux autres ?

 

 

Derrière, ça stagne…

Les leaders dictent leur loi et leur rythme ! Ils mènent la vie dure à leurs concurrents… Et la tendance est tenace puisque quand les courbes des leaders s’envolent au général, celles de leurs poursuivants suivent une tendance plutôt régulière !

Nicolai, Gauvin, Miquel, Masters et Tordo comme Korem, Charre, Baraona, Nadeau, Cook et Morrison sont régulièrement aux avant-postes mais un ton en dessous sur le week-end. Ils forment le noyau dur de pilotes à risque pour le reste de la saison, que, pour le moment Martin et Isabeau tiennent à distance.

Mais cela durera-t-il ? N’y a-t-il pas d’autres prétendants sur le retour ? Personne à l’horizon qui pourraient bien leur faire de l’ombre à l’avenir !? Le temps fait bien les choses, il est donc nécessaire d’être patient, et l’espoir renaît

 

 

Lueur d’espoir !

Mathématiquement Isabeau domine encore plus que Martin et semble être moins dérangée… Pour le moment du moins ! Mais Madère est l’occasion de voir revenir un pilote sur le devant de la scène… Un grand nom. Pas des moindre !

Avec une 4e place à l’issue de cette manche, et plusieurs Top 5 en spéciales, Adrien Dailly, l’espoir français, signe son retour et s’annonce dangereux ! Sachant, en plus, qu’il n’a pas eu le week-end le plus facile à gérer… Il signe donc un comeback qui semble le surprendre mais qui pourrait aussi en surprendre d’autres à l’avenir#keeppushing 

Puis, Sam Hill est aussi de retour à ses avant-postes habituels. L’Australien confirme sa mauvaise passe de début de saison. Par ailleurs, Jesse Melamed, en s’adjugeant deux spéciales ce week-end, prouve qu’il est toujours de la partie. Ils montent tous les deux doucement en puissance. La saison est encore longue et ces trois pourraient bien venir chatouiller le pilote GT plus tard !

Reste le Portugais, José Borges, qui signe cette fois sa meilleure performance en Enduro World Series : 2e ici ! En verve ce début de saison, les supporters portugais et l’ambiance comme à la maison lui ont donné des ailes. #gofastcaralho Un résultat qui pourrait lui donner aussi confiance et le laisser dans le Top 10 du général un bon moment

 

 

A quoi s’attendre !?

Alors, même si Madère 2019 ne se démarque pas et ne marque pas une franche rupture avec le début de saison des Enduro World Series 2019, elle a un impact important et pèse lourd sur tous les classements généraux ! Chaque leader prend fortement le large et épaissit, plus que jamais, son matelas, son avance et assoit aussi sa domination !

Mais, quoiqu’il en soit, le retour aux affaires de certains et l’arrivée imminente des manches alpines ou à profil alpin : Canazei, Les Orres, Whistler et Zermatt au moins, pourraient bien semer le trouble au sein de la meute et enfin marquer une rupture avec le début de saison, plutôt insulaire…

Et même si certains sont à l’abri pour plusieurs manches ou commencent déjà à voir un morceau du gâteau, rien n’est encore acquis. Il faut tenir bon ! Continuer sur la lancée, parce que la saison est longue et encore 5 manches nous attendent… A bientôt !

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