Ça y est ! Nous sommes au mois d’avril, les bourgeons pointent au bout des branches et, de manière imagée, les nouveautés en font de même… À en croire la Une Endurotribe ces derniers jours, c’est du moins ce que l’on serait tenté de penser. Et ce ne sont pas les RockShox Signature Series qui diront le contraire… 

C’est cette appellation que la marque américaine a choisi pour désigner son offre haut de gamme… Comprenons par là les produits qui s’adressent aux passionnés de VTT, par distinction avec le grand public qui s’initie à la pratique loisir et ne réclame pas autant de détails. 

Les détails justement, c’est ce sur quoi on s’est penché pour comprendre ce que signifie les Ultimate, Select +, Select, NegMeg, Maxima Plush, Charger 2.1 & Co… qui fleurissent en ce printemps… Bref, on a tenté de décrypter, de manière pragmatique et objective, ce qu’implique cette nouvelle signature. 

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : RockShox


 

 

 

Jusqu’ici…

C‘est un fait : sur le marché, RockShox est une des deux marques phares du moment. Pour différentes raisons, elle occupe la proue et le train arrière d’un bon paquet de vélos. Et si l’on recoupe nos impressions d’essai avec les dernières gammes proposées par les marques de vélo, une certaine tendance se dessine…

RockShox a d’abord apporté une réelle avancée en matière de sensibilité et de précision au moment de relancer la Pike sur le marché, dans la première moitié des années 2010. Chose qu’elle n’a eu de cesse de peaufiner depuis… Un point sur lequel les concurrents ont d’ailleurs dû travailler d’arrache pied. Il a fallu un peu de temps, mais finalement, les dernières évolutions Fox notamment, ont comblé l’écart, et apporté autre chose en matière d’amortissement par ailleurs.

Tendance confirmée si l’on observe que chez une bonne partie des marques, RockShox est archi-présente sur le milieu de gamme, mais délaissé par la marque à la queue de renard et aux pièces en alu usinées quand il s’agit de vendre une version haut de gamme à plusieurs milliers d’euros biens tassés. Réalité de la demande ? Lubie de l’offre ?! Résultat intermédiaire d’une stratégie en cours ?! Un peu de tout… Qui sait ?!

 

 

Signature Series

Il est en tout cas logique, face à ce constat, de voir la marque américaine dégainer pour contre-balancer le phénomène et reprendre des parts de marché. D’où cette annonce de gamme RockShox Signature Series qui doit regrouper ce que la marque sait faire de mieux en matière de suspension.

Néanmoins, une appellation reste un simple nom donné à un ensemble de choses et son effet n’est complet qu’une fois ce sur quoi elle porte pleinement identifié… Alors, quoi de neuf précisément ?! Qu’est-ce qui se cache sous les stickers, parfois argentés, qui complètent désormais les noms de produits habituels – Pike, Lyrik, Deluxe, Super Deluxe – de compléments tels que Ultimate, Select+, Select..?

Tout bonnement, et en premier lieu, des niveaux de gamme, autrefois simplement désignés par les réglages disponibles sur les produits RockShox. Fini donc les R, RC, RCT3 & Co. Ils réduisaient la notion de niveau de gamme à celle des réglages disponibles. Or, il peut y avoir autre chose qu’une molette pour différencier ou mieux, justifier, les écarts de plusieurs centaines d’euros entre un produit et un autre, un vélo et sa version plus haut de gamme… Oui mais quoi ?! 

 

 

Sous le capot ?!

C’est bien là qu’on entre dans le vif du sujet. Au delà de la manière différente d’appeler ses produits, RockShox apporte aussi des nouveautés techniques. Osons le mot, et défendons même l’idée que sans ça, un simple changement d’appellation pourrait paraître incongru !

Car pour nous, pratiquants, le progrès a du sens s’il se traduit, enfin et surtout, là où ça compte le plus : sur le vélo ! Mais alors, lesquels sont-ils ?! Pour l’heure, on peut d’abord lister et exposer chacune d’elles, avant d’en savoir plus dans les semaines et mois à venir…

Charger 2.1

La cartouche hydraulique d’amortissement, déjà connue sous le nom de Charger, puis Charger 2, évolue. L’appellation 2.1 signifie que la marque peaufine, mais que le concept d’origine reste le même. Un peu dans l’esprit des freins SRAM G2 présentés la semaine passée donc. Qu’est-ce qui change ?! 

En premier, le piston de compression, dont le dessin est ajusté pour peaufiner le passage de l’huile en son sein. L’empilage de clapets qu’il alimente ensuite, et gère la compression haute vitesse. Objectif annoncé : être moins ferme quand ça tape fort. Enfin, le joint du piston qui gère la détente. Dans ce cas, 30% de friction en moins selon les annonces de la marque.

Ces nouveautés apparaissent en version RCT3 – trois positions + basses vitesses – RC2 – basses et hautes vitesses – et RC – basses vitesses seulement. Chacune étant monté sur les Pike et Lyrik Ultimate, Select+ et Select en fonction des décisions de la marque pour l’after market, ou des demandes des marques de vélo, pour la première monte…

 

Maxima Plush

La nouveauté consiste aussi à l’usage de l’huile Maxima Plush dans les cartouches Charger 2.1 et dans les amortisseurs de la gamme RockShox Signature Series. Sa composition et la réelle différence qui la démarque des anciennes huiles utilisées par la marque -en nom propre jusqu’ici – restent à définir.

Pour l’heure, on sait surtout que RockShox vise une usure plus lente de l’ensemble, un amortissement plus silencieux et, assez naturellement, une performance plus constante quelle que soit la température de fonctionnement.

 

Graisse d'étanchéité dynamique

Au rayon de la lubrification, RockShox met aussi au placard la graisse SRAM Butter, qui remplissait les seringues au marquage rouge ces dernières années. La marque se contente ici d’utiliser le terme générique de graisse d’étanchéité dynamique pour définir en quoi consiste le nouvel élément qu’elle utilise. Objectif similaire quoi qu’il en soit : une meilleure longévité.

 

Nouveaux joints SKF

RockShox est un peu plus prolixe concernant la réelle avancée qui touche les joints spy SKF, marque à laquelle sont confiés ces éléments cruciaux de la lutte contre les intrusions d’éléments extérieurs là où les efforts et les coulissements sont critiques. Les produits RockShox Signature Series feront donc usage d’un joint dont la lèvre est différente en vue de conserver la même efficacité, mais réduire encore les frictions.

 

 

MegNeg

Au rang des nouveautés, une dernière, mais non des moindres, retient notre attention. Cette chambre négative volumineuse baptisée MegNeg, destinée aux amortisseurs pneumatiques, RockShox Deluxe et SuperDeluxe.

Techniquement, il s’agit de faire ce qui a déjà été fait par le passé : augmenter le volume de la chambre négative pour influer sur la manière qu’elle a de jouer son rôle. Lequel ?! De favoriser le déclenchement de la suspension en début de course. Comment ?! En poussant dans le sens inverse du ressort principal, donc en aidant au mouvement.

Pourquoi augmenter le volume ?! Parce qu’ainsi, quand la suspension se déclenche, la pression qui s’y trouve diminue moins vite, accompagne donc plus longtemps le mouvement, jusqu’à laisser l’amortisseur dans une position où le ressort principal, lui, offre plus de maintien.

Reste que cette initiative doit expressément coïncider avec les réels besoins, ou du moins les contraintes, que la cinématique du vélo introduit dans la situation. Il y a donc nécessiter d’ajuster. D’où les cales/tokens, livrés avec, pour faire sa sauce. Compatibles Deluxe et SuperDeluxe, pour 90€. 

 

 

Qu’en penser ?!

D’abord, que la volonté de la marque de se replacer est louable. D’une certaine manière, ce qui peut lui être reproché, à la longue, ne peut que faire progresser ses prestations à l’usage, et à l’atelier, au moment d’entretenir ou de faire durer.

Ensuite, que les évolutions mises sur le tapis sont en relative cohérence avec ces réelles intentions de progresser dans les deux domaines sus-cités. Il s’agit de peaufiner, d’apporter de petites touches précises et placées plutôt que de tout bouleverser. Intéressant, qui plus est puisque toutes ces évolutions sont utilisables sur les produits passés, de manière rétro-compatible.

Enfin, est-ce que ce sera suffisant ?! C’est forcément tôt pour répondre sans verser dans l’à priori. La réalité du marché, d’une part, et celle du terrain, pour ce qui nous parait plus primordial d’autre part, doivent encore se prononcer. On va y veiller, dès à présent…

 

 

 

Les fourches, en image

 

 

Les amortisseurs, en image

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