Aujourd’hui, SRAM dévoile ses nouveaux freins. Les SRAM G2. Ils nous concernent directement puisqu’il s’agit, ni plus ni-moins, de faire évoluer les Guide, freins emblématiques de la pratique AM/Enduro. 

Pourquoi les faire évoluer ? Comment ?! Et par dessus tout : qu’est-ce que ça donne à l’usage ?! Éléments de réponse à travers cette prise en main des SRAM G2, à l’affût de la nécessaire cohérence entre discours, choix et résultats… Alors, les SRAM G2, des Guide puissance 2 ?! 

 


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Au sommaire de cet article :

 

Pour la petite histoire…

Au sein du groupe SRAM, les Guide ont marqué leur génération. Sortis au moment où la pratique de l’Enduro s’émancipait, ils ont capté une bonne partie de la mouvance, au point de devenir, un temps, une référence, ou du moins, faire partie des meubles.

C’était à une époque où l’Enduro se conjuguait en 27,5 pouces… Et puis, les roues de 29 pouces sont arrivées… Et ont mis à mal les fameux SRAM Guide. Plus d’inertie, plus de vitesse, moins de grip au freinage aussi… Petit à petit, les Enduro 29 pouces gagnants en capacité, les Guide eux, perdaient du terrain.

Au point, à force, d’être judicieusement remplacés par les SRAM Code sur certains vélos. Ces derniers temps, la logique était même simple : quels freins SRAM pour rouler sur un Enduro 29 pouces ?! Les Code ! Oui mais, que faire des Guide ? Notamment sur tout ce segment All Mountain/Trail qui voit, lui aussi, des petits vélos agressifs, qui plus est à grandes roues, apparaître, petit à petit ?!

 

Quoi de neuf ?!

Logiquement, les faire évoluer vers ce dont l’évolution des pratiques exige : plus de puissance ! Voici donc les SRAM G2 – pour Guide 2. Surfant sur le succès des Code, venus au secours des Guide, SRAM use d’un message clair pour en traduire les intentions :

“Les SRAM G2 ? Des mini-Code !”

De prime abord, une réponse logique si l’on partage le constat. C’est notre cas, à force d’essais répétés de vélos All Mountain et Enduro équipés SRAM. Encore faut-il que les faits suivent les intentions. Notamment que les choix de conception étayent les progrès annoncés par la marque…

 

En détail…

Alors, en quoi les SRAM G2 sont-il des mini-Code ? Quels sont les points de conception qui doivent oeuvrer en ce sens ?! Il s’agit là de nuances et de détails intéressants, qui méritent d’être exposés…

À l'étrier...

C’est d’abord au niveau de l’étrier que se situent les initiatives les plus visibles…

En interne, les SRAM G2 font usage d’une autre technologie héritée des Code : les joints qui gèrent l’étanchéité autour des pistons font usage d’une texture apparue sur les grands frères en question. L’idée étant ici de mieux gérer la réaction à la chaleur, et permettre un mouvement plus libre des pistons, pour, entre autre, favoriser la symétrie du mouvement des plaquettes.

Aux plaquettes

Au plus proche du disque, les SRAM G2 inaugurent également une nouvelle texture de plaquettes organiques : les Puissance, sont désormais disponibles et reconnaissables à leur plaquette de couleur grise.

SRAM Annonce par là même des plaquettes qui doivent s’activer plus rapidement et réduire à très peu de chose la phase de rodage avant qu’elles ne délivrent leur pleine puissance de freinage.

Au levier...

Les évolutions des SRAM G2 se situent également au niveau du levier. Ici aussi, on y retrouve nos petits avec des initiatives dans les détails, sans bouleverser ce à quoi les freins SRAM nous ont habitué ces dernières années…

Pour l’heure, les SRAM G2 sont déclinés en version haut de gamme Utlimate et RSC, toutes deux reprennent donc des détails que l’on connait à ce niveau de gamme…

295€/242g les SRAM G2 Ultimate. 190€/255g les SRAM G2 RSC. 30€ la paire de plaquette Performance. À l’avenir, il se peut que certains vélos de série soient équipés de SRAM G2 RS. C’est une demande de certaines marques pour constituer leurs segments de gamme, à laquelle SRAM répond pour l’instant en première monte, seulement.

 

Dans les faits

Sur le papier, on valide l’idée de surnommer les SRAM G2 les mini-Code : nervures et matière supplémentaires, nouvelle plaquette organique, dispositions pour rendre le frein plus réactif… Il y a effectivement de quoi combler l’écart. Oui, mais à quel point ?! Et comment ça se traduit à l’usage ?! 

Pour m’en faire une idée, je dispose des SRAM G2 à l’essai depuis quelques jours. Tout juste le temps d’une prise en main qu’il faut nécessairement compléter, mais tout de même l’occasion de mener un comparatif intéressant. J’ai par ailleurs une paire de Guide R, et une paire de Code RS à disposition.

Me voilà donc à enchaîner les runs avec l’un, l’autre, et jusqu’à utiliser les nouvelles plaquettes Performance sur les anciens Guide, pour cerner : Qui apporte quoi ? Et comment se positionnent les SRAM G2… 

Rodage instantané ?!

Les nouvelles plaquette, en premier lieu, jouent un rôle non négligeable dans les progrès des SRAM G2, sur un point clé : l’amorce du freinage. C’est le rodage qui met d’abord la puce à l’oreille : à peine une dizaine de petits coups de frein à plat pour sentir la puissance arriver, là ou 40  à 50 sont nécessaires, dans les mêmes conditions, avec les plaquettes organiques Silencieuses – les noires, c’est leur appellation.

Une prédisposition à mordre dans le disque que l’on retrouve en action, au moment d’amorcer les freinages. Elles donnent aux anciens SRAM Guide un regain de vie au moment de toucher au levier pour freiner. Il peut donc y avoir à gagner, dans un premier temps, à en faire usage, quel que soit le frein dont on dispose.

Sur l'échelle de puissance ?!

Les plaquettes Performance ne font pas tout pour autant. C’est ensuite que la différence se fait : lorsque l’on insiste sur le levier, pour obtenir plus de puissance encore, et marquer un nouveau palier dans la force de freinage dont on souhaite disposer pour ralentir et se placer.

Sur ce point, la logique de gamme est respectée : les SRAM G2 viennent se placer entre les Guide et les Code, plus proche des Code que des anciens Guide me semble-t-il, en première impression. Difficile d’entrer plus en détail, mais les dispositions prises à l’étrier, aux durites et au levier jouent le jeu sans jeter les Code aux orties.

Réactivité...

C’est plutôt sur le plan de la réactivité et de la fluidité de fonctionnement que les SRAM G2 se distinguent ici, dans leurs version Ultimate. Sur les plus gros freinages, il leur manque logiquement un petit quelque chose en matière de puissance par rapport aux Code, mais ils ont pour eux de préserver le pilote et lui offrir un petit quelque chose d’autre.

Les SRAM G2 ont beau finir par moins répondre, ils préservent le pilote quoi qu’il arrive. L’effort ne devient pas crispant. Actionner le levier reste en tout point facile. Et dans tous les cas, la réponse aux variations de pression se font sentir dans l’instant. Juste ce qu’il faut pour compléter le sentiment de contrôle.

 

Qu’en penser ?!

Pour l’heure, voilà ce qu’il y a à retenir des SRAM G2 fraîchement montés et empoussiérés. Il reste bien entendu certaines prestations à préciser. Notamment la durée de vie de ces nouvelles plaquettes Performance, et le comportement des SRAM G2 quand la situation devient extrême. Précisément là où les Code prenaient le relais des anciens Guide. Mais pour l’heure, les premières impressions étayent l’idée forgée à l’usage, que…

“Les SRAM G2 sont effectivement des Guide, puissance 2…”

Ils semblent en tout cas constituer une mise à jour logique, et ciblée, au sein de la gamme de frein SRAM. C’est fin et bien cadré, ce qui me porte à croire que l’architecture de base, développée successivement par les Guide, Codes et désormais SRAM G2 atteint une certaine maturité dont il est bon de profiter. D’autant que c’est bien connu en matière de progrès : quand la maturité s’installe, c’est la disruption qui guette..! 

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