Fortement plébiscité depuis sa présentation en juin dernier, la troisième génération du Santa Cruz Bronson laissait malgré tout quelques questions en suspens !

Nous nous devions donc d’approfondir notre prise en main et de répondre à certaines interrogations des lecteurs : son véritable comportement au pédalage, la pertinence des deux positions Hi/Lo, l’influence du SAG, l’apport et l’intérêt des roues carbone Reserve, etc. 

Voici donc le travail auquel je me suis attelé cet hiver. Mais, quoi qu’il en soit, ce nouvel opus du Bronson vient surenchérir et ne fait qu’embellir l’addition de la prise en main ! Alors, que nous cache vraiment ce Santa Cruz Bronson ?

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Santa Cruz Bronson 3 XO1

  • Destiné à l’usage Enduro
  • Roues en 27,5 pouces ou 27,5+
  • 150/160mm
  • RS Super Deluxe RCT + Fox 36 Perf. Elite
  • Triangle AV/AR en carbone ou en alu
  • Reach 455mm en L, offset normal

  • SC Reserve Carbon 27,5, 30mm
  • Maxxis Minion DHF et DHR II EXO, 2.4
  • Sram Code RSC, 180/200mm
  • 5 tailles, 3899€ à 9999€
  • 13,2kg, L, en tubeless, sans pédales
  • Disponible
  • Fiche du vélo www.santacruzbicycles.com

 

Premières impressions

Il y a quelques mois, notre prise en main concluait sur l’aspect funny du Santa Cruz Bronson. Il semblait aussi particulièrement collé au sol, sans pour autant être un veau au pédalage.

De plus, la rigidité du cadre, améliorée en supprimant l’asymétrie du bras arrière (présentée avec le Nomad), et couplée aux roues carbones n’avaient rendu les choses ni trop raides, ni trop intransigeantes.

Cette nouvelle génération semblait donc capable d’allier performance, notamment de la suspension arrière, très efficace, et comportement ludique sans entacher d’autres secteurs importants comme son confort et son rendement. Et avec le recul, il se pourrait bien que tout soit lié à un seul changement, aux répercussions globales…

 

 

D’où ça vient

En effet, ce nouveau Bronson rompt le pas avec les anciennes générations sur un point primordial : le positionnement de l’amortisseur. Il rejoint par la même occasion les vélos les plus orientés Gravity de la gamme américaine : le Nomad et le V10. Désormais en prise sur la biellette basse, les incidences comportementales sont nombreuses

D’une part, les masses sont abaissées. Donc, le centre de gravité aussi. Sur l’angle, une fois incliné, le Santa Cruz Bronson est d’une stabilité diabolique, autant dans ses variations d’assiette que dans les inclinaisons droite/gauche ! A son guidon, un sentiment de sérénité, presque de sécurité, se dégage. Il a de l’aplomb !

D’autre part, la suspension arrière se retrouve plus linéaire sur le début de course. Vis-à-vis de ses confrères avec l’amortisseur en prise sur la biellette haute, le début de course est, même s’il reste ferme, nettement plus souple et plus onctueux. Il rend surtout le Santa Cruz Bronson plus tolérant et plus confortable qu’un Hightower LT peut l’être.

D’ailleurs, en jouant des réglages disponibles, on s’aperçoit que la position de l’amortisseur a une grande influence sur le comportement de la suspension arrière… Voyons plutôt comment le régler !

 

 

Comment ça se règle !?

Le Santa Cruz Bronson 3 est doté d’un œillet sur la biellette basse que l’on peut inverser pour faire varier la positon de Hi vers Lo – haute ou basse – ou l’inverse. Ce geste fait varier les angles de 0,3°, la hauteur du boitier et la longueur du toptube de 4mm.

Minimes sur le papier, ces variations s’en ressentent tout de même sur le terrain. Mais la conséquence la plus flagrante réside plus dans le changement de comportement de la suspension arrière que dans le changement de géométrie.

Différences entre Hi et Lo

En position Hi, on est évidemment un poil plus au dessus des pédales. Il pédale à peine mieux. Mais le nouveau visage du Bronson est ailleurs ! La suspension arrière devient surtout plus souple qu’en position Lo.

Moins ferme en début de course, le Santa Cruz Bronson devient moins exigeant physiquement, plus confortable aux impacts et plus facile à piloter. Sachant cela, à chacun d’essayer et de choisir selon ses envies, capacités et son niveau technique.

Reste à régler le SAG : quel qu’il soit, la position de l’amortisseur influence le comportement du Santa Cruz Bronson de la même manière qu’évoquée précédemment. Même s’il est particulièrement linéaire en début de course pour être plus progressif en fin de course, la suspension arrière du Bronson reste ferme avec l’amortisseur RockShox Super Deluxe RCT.

Le SAG

A 30% de SAG, il pédale mieux, il rend plus, la suspension oscille moins qu’avec plus de SAG. Cependant l’arrière cogne un poil plus lorsque c’est plat, peu pentu et que les vitesses ne sont pas très élevées. La fermeté du début de course se ressent franchement.

Le Santa Cruz Bronson est suffisamment progressif pour rouler à 35% de SAG. Il utilise tout le débattement sans jamais donner l’impression de taper au fond ou de claquer ! Je l’ai beaucoup roulé et apprécié dans cette configuration, à condition d’ajouter quelques clics de basses vitesses histoire de conserver un maintien suffisant pour éviter de s’écraser dans tous les appuis.

RéglagesAvantArrière
SAG25%30% à 35%
DétenteHV : 2/3 ouverte
BV : 2/3 ouverte
2/3 ouverte
CompressionsHV : ouverte
BV : ouverte à 2/3 ouverte
BV : ouverte à 2/3 ouverte
Token / Spacersd'origined'origine

* Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes. SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre / épaule à l’aplomb du guidon.

 

 

Comment ça se pilote !?

Alors il ne reste plus qu’à s’amuser ? Oui, presque ! Il n’y a plus qu’à suivre quelques recommandations…

Dans le défoncé et rapide

Même si le Santa Cruz Bronson fait partie des vélos à roues de 27,5 pouces qui conservent le mieux la vitesse lorsque c’est défoncé vis-à-vis d’un 29″, autant profiter de l’efficacité de sa suspension arrière pour aller encore plus vite…

En effet, sa suspension arrière, collée au sol, suit le terrain de près. Il n’y a donc pas de raison d’essayer de pousser sur les jambes pour accélérer, il vaut mieux chercher à ne pas freiner, garder sa ligne et alléger au maximum pour éviter de buter dans les obstacles.

Dans le rapide, comme le pilote a tendance à reculer, le Santa Cruz Bronson s’assoit, s’allonge et conserve la vitesse. Il est particulièrement stable à haute vitesse.

 

Dans le lent

Avec son boitier bas et, dans un cas plus général, son centre de gravité bas, dans le lent, le Santa Cruz Bronson tire son épingle du jeu par sa stabilité importante. Il est sain, on peut donc jouer avec facilement.

Puisque c’est facile et rassurant avec le Santa Cruz Bronson, c’est le moment de frimer. Il faut faire étalage de sa technique : appel-contre appel, wallride pour ouvrir ou nose-turn pour tourner une épingle, manual pour enrouler, etc.

Le Santa Cruz Bronson est un jouet. C’est là qu’il se plait. C’est d’ailleurs avec que j’ai tourné parfaitement en nose-turn de mon mauvais côté pour la première fois… Jouissif !

En courbe, virage

Qu’on se le dise clairement et ouvertement d’emblée : c’est son point fort ! C’est sa principale qualité, là où peu de ses concurrents ne lui arrivent à la cheville !

Dans la courbe, on appuie sur le boitier, la suspension s’enfonce, le Bronson se stabilise et tourne avec aisance et fluidité. Il donne l’impression de tourner autour d’un piquet. Tel un compas !

C’est le paradis ! Il nous fait apprécier cet aspect technique du pilotage en VTT. Un régal, un bonheur, une drogue ! La raison pour laquelle j’affectionne, j’apprécie, j’adore ce Santa Cruz Bronson. Courbe sur courbe, appui sur appui… Sacrément fun ! On recommence ?

 

À la pédale

Comme je le disais dans la prise en main, j’ai souvent l’impression que l’efficacité au pédalage est de rigueur si le confort de la position s’y prête.

Même si l’angle du tube de selle n’est pas des plus droits du marché actuel, on a tout de même l’impression d’être suffisamment au dessus des pédales et pouvoir bien appuyer dessus, sans pour autant être trop couché.

C’est l’efficacité que l’on attend d’un Enduro, dans la moyenne du segment. Un poil collé dans une puissante relance lorsque sa suspension s’active, il ne rechigne pas à de longues montées techniques et pentues, ou plus plates sur un DFCI où la tension de chaîne fige juste ce qu’il faut la suspension pour ne pas s’écraser à chaque coup de pédale.

 

 

Pour qui ? Pour quoi faire ?

Si pour certains vélos, leurs orientations n’est pas des plus claires, pour le Bronson c’est une certitude… Son comportement, ses qualités, ses traits de caractères dessinent clairement les contours de son terrain de jeu favori.

Pour les amoureux de la courbe, de la tourbe et des pentes alpines. C’est là que je l’imagine le plus dans son élément ! Il n’est évidemment pas limité aux Alpes, mais son domaine de prédilection, c’est l’Enduro et tous ses aspects techniques !

C’est là que le Santa Cruz Bronson 3 s’exprime pleinement. Et qu’il ravit son pilote. Donc, à ne pas mettre entre les mains d’une personne qui débute, dont le bagage technique est limité. Ce dernier serait certainement dérouté par la fermeté du début de course de sa suspension arrière. Pour tirer profit du Santa Cruz Bronson, il faut savoir charger l’arrière et appuyer sur le boitier lorsque c’est nécessaire pour tourner.

 

 

Vis-à-vis de la concurrence

Quand on envisage de classer le Santa Cruz Bronson 3 comme une des montures les plus intéressante du moment, il n’est pas pour autant évident de le comparer à la concurrence. Tailles de roue différentes obligent, parfois plus à la préférence de chacun, qu’à la performance du vélo…

Vis-à-vis du Santa Cruz Hightower LT

Le Santa Cruz Hightower LT profite d’un meilleur rendement et de ses roues de 29 pouces pour pédaler fort. Cependant la position est bien plus confortable, moins couchée sur la potence, sur le Santa Cruz Bronson, bien qu’il pompe plus et soit moins rapide à la pédale.

L’essence funny des Santa Cruz se retrouve chez le Hightower LT comme chez le Bronson. Mais s’il s’agit d’aller vite et d’encaisser le Bronson joue des coudes. Et ses performances en courbe détrône largement celle du Hightower LT.

 

Vis-à-vis du Trek Slash

Le Santa Cruz Bronson n’accélère pas comme le Trek Slash. Il joue plutôt la carte de la conservation de la vitesse. Leurs suspensions arrières sont fermes mais celle du Trek l’est bien plus que celle du Santa Cruz.

Le Trek Slash est moins tolérant, il demande de la rigueur dans le pilotage quand le Santa Cruz Bronson est plus cool et aussi plus fun lorsque ça tourne !

Avec les roues Reserve, le Trek Slash devient presque élitiste. Il faut la caisse et la confiance pour le mener et ne pas se faire embarquer. Le Santa Cruz Bronson reste lui, plus accessible, à roues équivalentes.

 

Vis-à-vis du Ibis Mojo HD 4

Santa Cruz face au Ibis c’est aussi opposé VPP et DW-link. Deux cinématiques à point de pivot virtuel mais au comportement bien différent.

L’Ibis Mojo HD4 est fin à régler, il demande précision et rigueur dans ses réglages au risque de malmener son pilote, même les meilleurs d’entre nous. Le Santa Cruz Bronson peut paraître ferme derrière, mais jamais il ne met en défaut son pilote. Il reste calme quand l’Ibis peut s’embarquer !

 

Vis-à-vis du Santa Cruz Nomad

Face à son grand frère le Nomad, premier à avoir accueilli l’amortisseur en prise sur la biellette basse, le Bronson profite lui aussi de ce changement mais surtout d’un double montant sur le bras arrière.

Le Santa Cruz Bronson s’en retrouve donc moins pataud dans l’ensemble. Il plie et se déforme moins dans les appuis latéralement. Il est plus dynamique et plus vif que le Nomad, et ce n’est pas uniquement grâce à son plus faible débattement…

 

 

Détails en question…

Voici quelques éléments qui demandent attention et esprit critique :

 

 

Conclusion

Comme toujours, nous finissons avec l’éternelle questionAlors pourquoi voudrais-je garder le Santa Cruz Bronson 3 au garage ?!

“Rares sont les vélos qui allient véritable performance et funny attitude. Le Santa Cruz Bronson 3 est l’un de ceux-là, comme bien des Santa. Bon sur tous les tableaux et même excellent dans les courbes, c’est mon vélo préféré depuis mon arrivée à la rédac’. Pour ceux qui veulent s’éclater et se marrer, mais à réserver tout de même à ceux qui ont un bagage technique suffisant pour l’exploiter entièrement.”

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraîchir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? Rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

Article lu 9 145 fois. Merci !