Le nouveau millésime du Canyon Neuron est l’occasion pour nous de nous intéresser de plus près aux montures typées Trail. On voit maintenant apparaître des vélos qui peuvent être ludiques et amusants à piloter dans cette catégorie. La ligne éditoriale Endurotribe était restée particulièrement en retrait sur ce créneau jusqu’alors. Mais c’est désormais révolu ! 

Les Neuron étaient eux aussi restés assez discrets au sein de la gamme Canyon jusqu’à ce qu’un récent renouveau les projettent sur les devants de la scène. Amenant avec eux la volonté de la marque allemande de toucher un plus large panel de pratiquants !

Le Canyon Neuron est visuellement comparable à ses semblables : Spectral, Torque et Sender, mais qu’ont-ils vraiment en commun ? A quoi se destine finalement le Neuron ? Que révèlent les premiers tours de roues à son guidon ?

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : Canyon France


 

 

Canyon Neuron CF 9.0 SL

  • Destiné à l’usage Trail
  • Roues 27,5″ en XS et S, 29″ en M, L et XL
  • 130/130mm, Fox DPS + Fox 34 
  • Triangle avant & arrière Carbone
  • Reach de 453mm en taille L, offset normal

 

Hérédité ?

Selon la marque, le Canyon Neuron vient se positionner à mi-chemin entre le Lux de X-Country et le Spectral d’All Mountain et plus si affinités

En plus de tarifs légers et encore plus accessibles, Canyon affiche la volonté d’avoir désormais un Neuron à la portée d’un grand nombre de pratiquants, pour tout le monde, loin d’être exclusif : facile et sain.

Le tout en conservant l’identité que Canyon s’efforce de travailler et d’imposer depuis la sortie de ses grands frères : Spectral, Torque… à l’exception notable du dernier Strive qui joue d’autres cartes. Il n’y a qu’à voir les airs de famille :

L’hérédité est donc confirmée au sein de la gamme Canyon. Mais le Neuron se distingue sur un point particulier qui mérite tout de même qu’on s’y attarde. Sa biellette est travaillée d’un point de vue esthétique de façon à rester visuellement alignée avec le hauban lorsque la suspension travaille. Voyons plutôt :

C’est classe, mais si une boue collante s’accumule, ça risque franchement de faire un joli casse-noisette entre la protection plastique du hauban et la biellette… Bref !

Qu’en est-il maintenant sur le terrain ? Ce Canyon Neuron s’adresse-t-il finalement à un large panel d’utilisateur ? Est-il si polyvalent qu’on le prétend ? Qu’est-ce qui le caractérise ainsi ? Son montage est-il cohérent ?

 

 

Prise en main

C’est donc au départ des bureaux de Canyon France en Alsace que nous partons braver une météo hivernale. “Micro-climat estival” m’avaient-ils dit ! Il n’en est rien, puisque nous allons jouer avec le Canyon Neuron dans les flaques, sous une pluie fine et continue…

Facile ?

Une fois ajusté avec nos réglages références, il tombe sous la main. Sa prise en main est ultra facile. Clairement, avec son homologue électrique, c’est la prise en main la plus rapide que j’ai connue.

C’est aussi un bon départ pour rendre le Canyon Neuron CF très accessible comme le souhaite Canyon. Dès les premiers tours de roues la confiance est au rendez-vous. Le Canyon Neuron CF est facile comme annoncé.

Position au pédalage

On aurait tendance à croire qu’un vélo de Trail ou typé All Mountain proposerait une position plus couchée pour foncer au pédalage… Dans l’esprit X-Country en fait !

Mais il en est tout autre sur le Canyon Neuron CF. La position au pédalage est particulièrement redressée. La géométrie le confirme, en taille L, le toptube n’est pas trop long : 626mm.

Cet aspect du Canyon Neuron CF va une nouvelle fois dans le sens des désirs de la marque pour obtenir le vélo facile et accessible tant souhaité !

Efficacité

La position est confortable, mais qu’en est-il alors de son efficacité au pédalage ? Qu’apporte-t-il de plus que son grand frère le Spectral ? 

Avec ses 130mm, on attend le Canyon Neuron au tournant sur ce point. Sur le terrain, bien qu’il soit équipé de roues carbones, le Canyon Neuron CF n’est finalement pas un foudre de guerre au pédalage.

Non pas qu’il soit collé, ou totalement inefficace, mais plutôt qu’il n’apporte rien de plus que son grand frère. Alors que c’est bien là qu’on l’attendait, le Canyon Neuron CF joue dans la même cours que le Spectral, qui a pourtant plus de débattement.

Rigidité

Je dois bien avouer que les roues carbones m’ont grandement fait douter en terme de confort sur le papier. Mais ça, c’était avant d’essayer ! J’attendais une raideur importante mais finalement les roues Reynolds TR309 Carbon se montrent plutôt confortables frontalement et souples latéralement.

Cependant, dans les virages où il était nécessaire d’appuyer franchement sur la roue arrière pour tourner court, la roue arrière m’a surpris à plusieurs reprises à venir toucher les bases ! Parfois donc, trop pour les plus lourds ou les plus aguerris de l’appui latéral… Le cadre, lui, reste rigide juste ce qu’il faut…

En descente

Le cadre ni trop rigide, ni trop souple procure un confort certain. La cinématique de la suspension, plus linéaire, permet d’utiliser tout le débattement sans pour autant talonner violemment comme annoncé. Ceci participe aussi au confort général du Canyon Neuron CF. Le confort est donc au rendez-vous !

Et à nouveau, on reste serein à son guidon : sain et équilibré, il ne surprend pas ! Même avec sa potence en 60mm, on ne se sent pas trop sur l’avant.  Globalement, le Canyon Neuron CF tolère les folies qui ne lui semblent pas prédestinées. C’est pour dire ! Le Canyon Neuron CF est polyvalent et tolérant.

 

 

Qu’en penser !?

Pour résumer, le Canyon Neuron CF est sain et facile quelque soit la situation : en montée, en descente, à plat, en virage, etc. Il n’est aussi ni des plus funs ni des plus moroses ! Ainsi le Canyon Neuron CF place le curseur au milieu sur bon nombre de critères.

A son guidon, j’ai envie d’aller derrière chez moi, dans les volcans auvergnats, là où les montées sont raides et pas forcément techniques, et les descentes sont courtes, ludiques, pas très rapides mais qui penchent parfois un peu et qui ne sont pas trop défoncées. Je pourrais aussi m’engager sur des sentiers plus techniques, plus All Mountain que Trail, plus cassants. Le Canyon Neuron en est capable à condition de s’employer un peu plus, mais pour ça, le Spectral et son surplus de débattement seraient plus appropriés. 

Sa plage d’utilisation est donc assez large, comme son panel utilisateur d’ailleurs. Et même si les racers et mordus du chrono passeront leurs chemins pour un Spectral ou un Strive, les randonneurs, eux, et quels que soient leurs niveaux, seront ravis d’avoir enfin un vélo accessible, confortable, tolérant, facile à prendre en main mais tout de même bien pensé, étudié et approprié à leur pratique.

Article lu 10 529 fois. Merci !