L’an passé à la même époque, et jusqu’à il y a peu, le Scott Genius était bien seul pour combler l’écart entre les Scott Spark (XC) et Scott Gambler (DH). Il m’avait d’ailleurs laissé sur ma faim en matière d’Enduro, et j’en concluais qu’il méritait d’être épaulé… 

Depuis, le Scott Ransom a débarqué ! Sur le papier, les développements dont il a fait l’objet promettent de répondre à la liste des points mis en évidence à l’essai du Scott Genius… Est-ce vraiment le cas à l’usage ? Que vaut le Scott Ransom 2019 face à la concurrence ?! Réponse !

 


Temps de lecture estimé : 10 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 

 


Scott Ransom 900 Tuned

  • Destiné à l’usage Enduro
  • Roues en 27,5 ou 29 pouces 
  • 170/170mm, Fox Nude + 36 FIT4 Factory
  • Triangle avant & arrière carbone
  • Reach 466/72mm en taille L, offset court
  • Syncros Revelstoke 1.5, 30mm

  • Maxxis Minion DHF 2.6 Exo 3C Max Terra
  • Sram Code RSC, 200/180mm av/ar
  • 6 modèles, 4 tailles, 2999€ à 7499€
  • 13,68kg, L, sans pédales, pneus tubeless
  • Dispo immédiate 
  • Fiche du vélo sur www.scott-sports.com

 

Première impression

Après quelques tours de roues seulement, je dirais que le Ransom est un Scott… abouti ! Oui, comme l’an passé au guidon du Genius, et comme les années précédentes avec les prédécesseurs, le Scott Ransom me donne le sentiment d’avoir en lui cette ADN propre à la marque.

En premier lieu, un vélo qui parait léger à manipuler, pour 170mm de débattement. Ensuite, cette impression une fois de plus que les suspensions sont “posées” sur l’air, et jouent sur ce dynamisme. À tel point qu’ici, le dispositif de blocage TwinLoc ait du sens pour faire pédaler le vélo. La suite se découvre en détails, visuels, qui font de ce RansoM un Scott bien dans l’esprit…

 

J’emploie le terme abouti pour une bonne raison. Rapidement, je constate que le Scott Ransom répond à chaque point sur lesquels le Scott Genius pouvait laisser à désirer. Toutes les combinaisons diamètre de roues/position de géométrie sont exploitables et on leur sens. Chaque réglage de suspension – TwinLoc et levier Ramp – s’utilise pour ce qu’il est, sans avoir à le détourner de son usage. Quand le rythme s’accélère, la raideur du cadre est bonne, ça tient sous les appuis. On met alors la suspension à l’épreuve, sans ressentir qu’elle puisse taper au fond.

 

 

À quoi c’est dû ?!

Ces premiers constats sont dus à un ensemble d’initiatives. Ils permettent de hiérarchiser et compléter les éléments fournis par la marque au moment de dévoiler le Scott Ransom.

En premier lieu, le travail sur la raideur du cadre, et cette notion de colonne vertébrale du vélo, de la douille aux bases, en passant par le boitier. C’est effectivement ce progrès notable par rapport au Genius, qui fait que l’on peut hausser le ton au guidon du Scott Ransom. Une initiative qu’il faut compléter d’une confirmation obtenue auprès de la marque : elle fait bien usage exclusif de fibres de carbone unidirectionnelles de différents modules pour réaliser le cadre.

Ce travail sur la raideur est un préalable pour que l’on puisse exploiter la cinématique de suspension, là aussi travaillée. La progressivité de la courbe de ratio est relativement contenue et surtout, le profil de la courbe est linéaire, afin de faciliter le travail de l’amortisseur et de son hydraulique, définis de concert. Des dispositions nécessaires et qui valident l’idée, ensuite, de jouer sur différents volumes d’air, que ce soit avec le TwinLoc ou le levier Ramp pour jouer de différents niveau de progressivité… Et confirmation que le vélo soit posé sur l’air. CQFD

 

 

Comment ça se règle ?!

Avouons tout de même qu’entre les SAG, les détentes, le TwinLoc et le levier Ramp, il y a, rien qu’en matière de suspension, une multitude de combinaisons possibles. Alors, comment se règle le Scott Ransom pour en tirer meilleur parti ?! 

Un repère simple pour ceux qui veulent se prêter à l’exercice : la capacité du vélo à cabrer. Elle n’est pas exceptionnelle au départ, mais s’améliore au fur et à mesure que l’on s’approche des bons réglages, ou se détériore, dans le cas inverse.

SAG & détentes

Puisque le vélo est conçu pour jouer sur les volumes d’air et qu’à l’usage, il parait de toute façon posé sur l’air, les SAG ont leur importance. Rien de bien compliqué si ce n’est d’intégrer qu’il définissent l’assiette du vélo. Il faut donc soigner les choix au départ.

L’usage des détentes est ensuite assez libre. On peut, à loisir, balayer les plages pour les freiner et stabiliser/alourdir le vélo, ou au contraire les libérer et dynamiser le vélo. Le Scott Ransom s’y prête particulièrement.

Ensuite, il est suffisamment bien conçu pour ne pas nécessiter d’y toucher en passant d’un réglage à l’autre, que ce soit sur le diamètre des roues, la position de géométrie ou l’usage du levier Ramp.

Levier Ramp

Par contre, l’usage du levier Ramp fait débat. Deux logiques se tiennent. Scott préconise d’en faire usage ainsi : levier Ramp sur la position -, donc volume complet de l’amortisseur utilisé, lorsque la vitesse et/ou le terrain sont raisonnables, puis levier Ramp sur la position +, donc volume réduit et progressivité augmentée en fin de course, lorsque le terrain ou le rythme deviennent plus soutenus.

Mais il y a une autre approche possible : l’inverse ! Utiliser le vélo avec le volume réduit (levier Ramp sur +) quand le terrain est lisse et sinueux, quelle que soit la vitesse. Le Scott Ransom est alors un vélo vif, agile, incisif. Puis libérer la fin de course  (levier Ramp sur -) quand le terrain devient plus chaotique. On dispose alors d’une “réserve” de débattement utile quand ça commence à taper fort…

Quelle approche choisir ?! C’est une question de tempérament. Il faut se connaitre. Ceux qui ont un rapport sain à la performance y parviendront, les autres essaieront avant de trouver chaussure à leur pied…

  • La première approche se tient si le soucis principal porte sur le fait de ne pas talonner en fin de course. Elle se tient aussi pour ceux qui prennent le parti d’engager, de pousser et de lâcher les freins quand le terrain devient difficile. Le vélo en devient d’autant plus ferme, précis, incisif : ce qu’il faut pour prendre le taureau par les cornes, un outil sans faille.
  • La seconde fait du Scott Ransom un vélo un allier, qui prend une partie du job à son compte quand les choses se compliquent. Il n’en demande pas plus à son pilote, qu’il préserve. L’approche est plus rassurante, protectrice, prudente. On construit la confiance différemment.

Laquelle est la meilleure ?! La réponse universelle n’existe pas. À chacun de trouver la sienne, on peut en parler, de manière constructive, en commentaires. Dans tous les cas, le Scott Ransom a pour qualité de permettre les deux.

 

Tout juste faut il garder à l’esprit que d’origine, la fourche ne contient pas de token. Ses 170mm se marient mieux avec la progressivité offerte par le levier Ramp sur la position -. Si l’on en vient à utiliser majoritairement le vélo en position +, 2 tokens dans la fourche sont bienvenus, à la longue.

RéglagesAvantArrière
SAG30%30%
DétenteMi-plage à 2/3 ouvertesMi-plage à 2/3 ouvertes
Compressionssans twinlock en descente, avec en liaison et portion AM. sans twinlock en descente, avec en liaison et portion AM.
Token / SpacersD'origine (0) si levier Ramp en position -, 2 si levier Ramp sur position +D'origine (levier Ramp)

Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes. SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre / épaules à l’aplomb du guidon.

 

 

Comment ça se pilote ?

Une fois réglé, comment le Scott Ransom se pilote-t-il ? Plusieurs cas de figure se distinguent pour dresser son portrait fidèle…

Dynamique verticale

Posé sur l’air, généreux en matière de débattement, le Scott Ransom est verticalement dynamique. Ses suspensions débattent, il sait s’enfoncer, rebondir, décoller, atterrir… Il faut en jouer pour tirer parti du vélo et goûter à son tempérament.

Soit en prenant pour habitude d’utiliser le rebond de ses suspensions pour enrouler, décoller et donc suivre le terrain, le mettre à profit en pumpant… Soit à l’inverse, en laissant le vélo filer, et la sensibilité / le débattement abondant faire le job pour se concentrer sur l’essentiel…

En courbe...

C’est un peu la même chose en matière de courbe, mais cette fois-ci, lié à ce que les positions de géométrie et les formats de roues permettent : plus le boitier est haut et plus les roues sont petites, plus le vélo tourne court, est incisif. À contrario, plus le boitier est bas et les roues grandes, plus il permet d’arrondir et de profiter d’une belle fluidité.

L’écart, d’un extrême à l’autre, participe à l’idée de polyvalence que je me fait du Scott Ransom. En 27,5/position haute, il tricote comme un bon All Mountain. Et à l’inverse, il sait rester stable à haute vitesse, comme les bons 29 pouces Enduro du moment.

Caméléon ou parti-pris ?!

Le Scott Ransom amènerait donc presque à un dilemme : faut-il choisir, ou faut-il se muer de l’un à l’autre, en fonction des circonstances ?! Une nouvelle fois : tout est possible. question de tempérament ! Certains aimeront jouer des réglages, d’autres voudront simplement trouver leur compromis.

Je préconise simplement de procéder dans l’ordre. Logiquement, choisir le format de roues à l’achat, pour rester raisonnable financièrement. Ne jouer de la position de géométrie que lorsque l’on change de secteur : pour aller à la montagne l’été, ou aller en plaine l’hiver. Et jouer des leviers (Ramp et TwinLoc) en cours de sortie ou d’une sortie à l’autre sur les mêmes secteurs, quand l’humeur vient à changer…

À la pédale

D’ailleurs, dans ce contexte, le TwinLoc est à sa place, a son sens. En descente, rien à faire, le Scott Ransom est vraiment performant selon des réglages qui favorisent la sensibilité et la libération de son débattement, sans activer le blocage, quel qu’il soit. Et de ce fait, le TwinLoc a du sens pour rendre le vélo efficace à la pédale.

C’est comme ça qu’il est stable, ne pompe pas et a une bonne assiette, un bon rendement pour pédaler. C’est vrai que la position passe de pédalo sur la roue arrière à recentré comme il faut sur l’avant en activant le dispositif. Le reste du temps, plus besoin d’utiliser le TwinLoc en position intermédiaire pour donner un peu de consistance quand le rythme en spéciale accélère. Non, on utilise simplement la position intermédiaire quand il faut donner de bons coups de pédales.

C’est plutôt la troisième position, très ferme, qui me laisse sceptique. Très proche du blocage total, je lui trouve un intérêt très limité. Même sur terrain très roulant et/ou en danseuse, la position intermédiaire suffit à rendre le Scott très performant et équilibré…

 

 

Pour qui ? Pour quoi faire ?!

Comment interpréter tous ces détails ?! Le Scott Ransom joue sur le créneau d’Enduro 29 pouces ultra polyvalents, loin de l’idée des bêtes de course exigeantes. Le débattement est bien au service du confort et de l’assurance, la légèreté d’usage au service de l’endurance. Son spectre est très large si l’on tient compte de toutes les possibilités que ses réglages permettent…

De la rando All Mountain à la journée en montagne/station, pour peu que l’on prenne le temps de comprendre les réglages dispos, et que l’on trouve sa manière d’en tirer parti. Et ce, quel que soit son tempérament finalement. Ou disons qu’il ait des arguments pour en viser plusieurs, au prix de certains efforts et réglages…

 

 

Vis-à-vis de la concurrence ?!

Au point d’ailleurs de soulever une question de taille… Que reste-t-il au Scott Genius ?! Il est peut-être là – le Scott Ransom – le vélo qui pourrait occuper seul l’espace entre les Spark & Gambler. Il est en tout cas capable de concurrencer le Genius en matière de All Mountain, alors que le Genius ne le concurrence pas en matière d’Enduro. D’un certain point de vue en tout cas, une prochaine itération du Genius gagnerait à s’inspirer du Ransom… Tout en conservant son poids plus contenu !

En attendant, si je dois trouver un concurrent direct au Scott Ransom, un nom me vient à l’esprit : le Mondraker Foxy Carbon 29, essayé par ailleurs. Sincèrement, je prête à ces deux vélos la même polyvalence. Ils n’ont simplement pas la même manière d’y parvenir. Le Scott Ransom use de réglages et d’option là où le Mondraker Foxy fait des choix tranchés et atypiques, placent des curseurs et fait des compromis en dehors de toute logique habituelle. 

 

 

En conclusion

Alors, que conclure à l’essai du Scott Ransom 2019 ?! La fatidique question doit permettre d’y répondre… Pourquoi voudrais-je garder ce vélo ?! 

“Pour répondre à l’ambition d’être un vélo ultra-polyvalent, bon à tout faire, le Scott Ransom est le vélo que j’attendais ! Comme une belle berline, parmi ces montures dont on sait qu’elles se prêtent à tout, avec au moins un bon argument par situation. Quelque part, le Scott Ransom justifie la chimère quête défendue par la marque depuis plusieurs années. Un de ces vélos qui peut, au final, convenir à (presque) n’importe qui…”

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraîchir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? Rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

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