Comment Sam Hill a-t-il de nouveau gagné les Enduro World Series ? Et bien, en pédales plates, avec des petites roues et des gros pneus bien lourds… et puis quoi encore ? Un vélo avec des bases alu ? Oui, aussi. Et avec pas mal d’avance tant qu’on y est !?

Alors comme quelques uns ici aiment jouer avec les chiffres, on se devait, en cette période creuse, de faire durer le plaisir encore un petit peu. Aaah les maths… un jeu pour certains, une torture pour d’autres.

Sérieux toute l’année avec Entre les chiffres, la soupape finie par siffler ! Comme les pilotes pendant la off season, je me lâche, je débloque complet ! Place donc à un article sérieusement futile mais certifié faux dans ses précises approximations…

 


Temps de lecture estimé : 4 minutes – Photos : Enduro World Series


 

Plus longue de 13 minutes

Cette saison 2018 comptait 8 manches. Une année taillée pour les Européens avec plus de la moitié des manches sur le continent… Et pourtant c’est encore un Australien qui l’emporte après 50 spéciales, dont 26% remportées, et ce, sur les cinq premières manches seulement !

Le tout pour un temps total de course cumulé de 5 heures 37 minutes et 00 secondes. Soit finalement presque 13 minutes de plus que l’année passée. A ce titre, 2018 enterre 2017 à jamais, c’était bien plus éprouvant…

Et pourtant, Sam Hill, doublement couronné, devance cette année le frenchy Damien Oton, triplement argenté, de 6 minutes et 11 secondes précisément…

 

 

Sam double la mise

…soit finalement plus du double de l’avance qu’il avait l’an dernier sur Adrien Dailly en fin de saison. 0,9% plus rapide en 2017, le boss enfonce le clou en 2018 avec, au bout du compte, plus de 1,8% de temps d’avance !

Mis bout à bout, c’est 161,97km de spéciales – plus de 30km en plus par rapport à 2017 – soit une vitesse moyenne de 28,8km/h pour Sam et 28,3km/h pour Damien. Imaginons le faire d’une traite, le pied absolu ou une véritable torture à cette allure ?

Peu importe ! La légende australienne impose un rythme insoutenable. Il engrange 8,3 mètres d’avance par minute au plus rapide des Français. Vu sous un autre angle, il grappille 14 centimètres à la seconde. Quasi imperceptible une fois dans sa roue, on aurait presque l’impression de rouler à la même vitesse… Mais que dalle ! En rêve…

 

 

A taille humaine

Mais ramenons tout ça à une échelle plus parlante, plus évocatrice, plus humaine en fait ! Ceci veut dire qu’en moyenne une spéciale d’EWS fait 3,24km de long. C’est avalé en 6 minutes et 45 secondes par Sam, 7 secondes de plus pour Damien.

7 secondes !? Même pas le temps pour un café. Même pas le temps d’enfiler ses pompes, que c’est déjà fini. En confrontation directe : à peine le temps de poser un pied et de se retourner dans la raquette d’arrivée ! C’est infime, mais en bas de chaque spéciale ça représente 98 55 interminables mètres d’avance à l’avantage du Nukeproof. Usain Bolt n’en ferait qu’une bouchée !

 

 

C’est déjà 2019 ?

Mais voilà ! Cinq heures et demie et des brouettes d’effort c’est ce qu’on voit dans les résultats, dans les médias ou sur les réseaux sociaux. C’est aussi la partie visible de l’iceberg… Avec près de 500 heures d’entrainement par an, c’est à peine 1% des efforts fournis à l’année. 1% qui fait leur notoriété et finalement leur salaire. A quelques minutes près, tout peut basculer. Ça tient à rien. Un job à risque !

Et pourtant tous les ans, ils rempilent ! Tous, ou presque… Des heures de souffrances à la salle de gym, sur un home-trainer, sur la route dans le froid, etc. qu’il vaut mieux percevoir comme du plaisir. Leur approche de la race, de la compétition et de l’adversité mérite qu’on s’interroge à leurs égards. L’envie est grande, la passion l’est certainement aussi 😉

2019 approche à grand pas, la off season touche déjà à sa fin. Finies les vacances ! Les plus assoiffés se replongent ainsi dans l’entraînement, quand d’autres attaquent leur hibernation…

Alors quel sera votre camp cet hiver ? Vous préféreriez bouder parce que mamie pique du menton et que sa dinde est dégueu ? Vous comptez vraiment défoncer le buffet de Noël et râler parce qu’il pleut ? Pourquoi couper et ne pas continuer sur la lancée estivale, hein !? 

 

 

 

Pour illustrer cet article, j’ai bien évidemment fouillé dans les archives des Enduro World Series. Et par surprise, ironie du sort ! Après avoir rédigé l’article, à part des photos de vélos, de podiums ou de poussière, voilà sur quoi je tombe :

Ceci me conforte dans l’idée que le buffet de Noël risque d’en prendre un coup et que je m’adresse au bon public – 98,769% de ces photos sont extraites des manches européennes uniquement ! Du coup, pour finir sérieusement, nous sommes au bon endroit 😉 

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