Comme beaucoup de ses concurrents, et confrères à la fois, le Cube Stereo 150 29 fait partie de cette première génération de vélos allemands qui ont de la gueule. Dont le design travaillé et soigné est au rendez-vous. Enfin !

Mais au delà du design, une fois sur les sentiers, le Cube Stereo 150 29 est-il à la hauteur de son évolution esthétique ? Techniquement est-il capable de concurrencer le reste du marché ? Finalement, que vaut-il vraiment ?

Place donc à la seconde et dernière partie de cet essai. Place au verdict ! Il est temps d’en savoir plus. Il est grand temps d’en découdre et de révéler au grand jour les capacités de ce Cube Stereo 150 29…

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Cube Stereo 150 C:68 TM 29

  • Destiné à l’usage Enduro
  • Roues en 29 pouces 
  • 150/160mm, Fox X2 + 36 RC2
  • Triangle AV/AR et bielette en carbone
  • 2 types de carbone : C:62 et C:68
  • Reach de 460mm en taille L, offset normal

  • NewMen Evolution AL, 30mm
  • Schwalbe Addix SG, 2.35 pouces
  • Sram Code R, 180/200mm
  • 3 modèles, 4 tailles, 3199 à 4499€
  • Pesé à 13,94kg en L, sans pédales 
  • Fiche du vélo sur www.cube.eu

Premières impressions

Deux caractéristiques m’ont sautée aux yeux dès les premiers tours de roues sur le Cube Stereo 150 29 : la sensibilité de la suspension arrière et sa précision en descente.

La première est bluffante, l’amortisseur déclenche au moindre relief, il absorbe et gomme beaucoup d’aspérités. La seconde est aussi frappante que déroutante tellement il est rare de retrouver une telle précision sur un Enduro de cet acabit. Deux traits de caractère propres à ce vélo.

Mais alors comment peut-on les expliquer ? A quoi sont-elles dues ? Et finalement ne seraient-elles pas liées ? Tout ne fonctionnerait-il pas de consort pour finalement dessiner le portrait qu’affiche ce Cube Stereo 150 29 ? L’analyse doit nous le dire…

 

 

D’où ça vient

Premièrement, la suspension arrière. Notre première analyse – qui mettait en évidence la volonté d’avoir une suspension progressive couplée à un amortisseur de faible course pour tant de débattement – est donc validée. Avec un ratio de départ très certainement proche des 4, la sensibilité ne pouvait qu’être de la partie.

De plus, couplé à un amortisseur Fox X2, une valeur sûre en terme d’onctuosité et de sensibilité, il ne pouvait en être autrement. D’ailleurs les composants, notamment en terme de suspension, n’entreraient-ils pas en jeu dans la précision que l’on retrouve en descente ?

La proue est aussi bonne que la poupe. On retrouve une Fox 36 Grip 2, une fourche référence en ce moment. Leurs sensibilités, leurs gestions des compressions et des détentes participent, en effet, en partie à la précision que procure le Cube Stereo 150 29. Elles procurent confort et stabilité de l’assiette, qui permettent au pilote de se concentrer uniquement sur son pilotage. Mais aussi du grip et une lecture du terrain conforme et directe qui permettent de choisir et de diriger facilement et avec certitude. La sérénité est de mise. Mais ce n’est pas tout…

 

 

Rigidité y es-tu ?

Sur d’autres vélos d’Enduro montés avec une Fox 36 Grip 2 cette précision n’y est pas. Ici, le cadre semble aussi avoir son mot à dire. La rigidité du triangle avant amène clairement de la précision dans le pilotage. Les mouvements – changements de direction, basculement du vélo, etc. – s’en ressentent plus francs et plus incisifs. Le triangle avant est donc bien rigide. Mais ne le serait-il pas trop ? Cette raideur ne pourrait-elle pas entacher l’ensemble par moment ? Ca se complique !

Effectivement, les constructeurs cherchent parfois à apporter plus de rigidité dans l’espoir de mieux ressentir le vélo. Mais la sanction consécutive n’est jamais très loin ! La limite est fine, et vite franchie. L’avant du Cube Stereo 150 29 se révèle parfois trop raide, intransigeant et peu tolérant dans les zones rapides et défoncées. Les bras et les mains sentent véritablement les impacts. Ce n’est pas pour rien que certains pilotes, comme Nicolas Lau, moins entraîné qu’auparavant, optent finalement pour le cadre C:62 dont le carbone est certainement moins dynamique, moins énergique, moins tonique !

 

 

Comment ça se règle !?

Le Cube Stereo 150 29 est donc particulièrement sensible, progressif et raide de l’avant. Et, quelque soient les réglages, il reste intolérant devant. Rien n’y fait ! Cet inconfort n’a rien à voir avec les réglages des suspensions. 

Ensuite, la sensibilité y est, il n’y a pas besoin de jouer des pressions pour trouver le grip, mais plutôt pour équilibrer l’assiette. Je trouve finalement l’équilibre dans des valeurs de SAG tout à fait classiques. Mais sa particularité est ailleurs ! Le Cube Stereo 150 29 ne raquette pas lors des gros impacts et son début de course très sensible l’assoie facilement dans le débattement.

Donc, comme le Cube Stereo 150 29 le permet, j’ai libéré/ouvert les détentes plus qu’à l’accoutumée et serrer un poil les compressions basses vitesses. Ainsi, il reste maîtrisable, l’appui est plus perceptible et on récupère plus rapidement du débattement et donc de la capacité d’amortissement sur les successions de chocs.

RéglagesAvantArrière
SAG25%30% à 35%
DétenteHV : 2/3 ouverte
BV : 2/3 ouverte
HV : mi-plage
BV : mi-plage
CompressionsHV : ouverte
BV : ouverte à 2/3 ouverte
HV : ouverte
BV : ouverte à 3/4 ouverte
Token / Spacers22, d'origine

Remarque en passant : d’origine le poste de pilotage est bas. Les composants ne sont pas véritablement en cause puisque c’est le tube de fourche qui est coupé très – trop ? – court. Il limite fortement les possibilités de réglage de hauteur via les entretoises. Pour ma part, au plus haut, ça ne l’était pas suffisamment. Finalement, pour compenser, j’ai monté un cintre plus relevé de 10mm 😉

 

 

Comment ça se pilote !?

Bon ! Et alors !? Maintenant qu’on sait le régler, comment l’utiliser ? Comment en tirer profit au maximum ? Finalement, comment le piloter ? Plusieurs cas de figure…

Dans le défoncé

S’il y a bien un moment où le Cube Stereo 150 29 s’exprime, c’est bien dans le défoncé. Lorsque ça secoue ! Malheureusement, c’est à cet instant précis que sa rigidité excessive se fait sentir.

L’avant du Cube Stereo 150 29 est raide. Il brasse rapidement les bras. Il ne faut donc pas chercher à le brusquer ni à attaquer à tout va. Laisser couler, sur le flow, profiter des qualités des suspat’ en restant tout de même dans les bonnes lignes en toute soupleté – souplesse pour les non initiés 😉 – est une option plus confortable, plus sereine.

Il n’en est pas pour le moins efficace, mais ce manque de confort peut avoir raison des “petit-bras”… Sur le long terme, la raison et la prudence sont de rigueur !

Dans le lent

C’est dans le lent que le Cube Stereo 150 29 m’a surpris la première fois. C’est dans ce contexte que s’est révélée sa précision redoutable. Il faut donc en profiter au maximum.

Ses suspensions et sa cinématique donnent des ailes lorsque la vitesse chute. On peut oser des lignes qui avant nous rebutaient. Il ne demande que ça. Il gomme tout et nous facilite la tâche. C’est surprenant. Dans le lent : il est agile et confortable. Il est précis et se faufile. Tout ça à la fois !

En courbe

Les épingles et toutes ses variantes de virages serrés s’avalent comme les parties lentes. Les courbes à plat demandent un peu plus de travail au guidon du Cube Stereo 150 29.

Comme il a tendance à s’asseoir de l’arrière, c’est au pilote de gérer l’assiette du vélo dans la courbe. Il nécessite de garder du poids devant. A piloter couché donc : les fesses qui pointent vers l’arrière tout en gardant le buste le plus en avant possible pour charger le pneu avant.

C’est certainement l’instant de pilotage le plus délicat mais ses roues de 29 aident grandement. Jouer de la molette des compressions basses vitesses sur le X2 aussi. Serrer de 2 – 3 clics permet aussi de conserver une bonne assiette.

À la pédale

Nous ne l’avons pas encore abordé, mais sa légèreté et sa position de pédalage le rendent confortable lorsqu’il faut pédaler. Que ce soit pentu ou en faux-plat, court ou long, le Cube Stereo 150 29 est à l’aise.

Son tube de selle redressé – 75,5° – rend la position de pédalage confortable. Cependant la grande sensibilité de sa suspension arrière et la volonté de la marque d’avoir diminué ses habitudes en matière d’anti-squat, pour justement conserver de la sensibilité, s’en ressentent aussi.

Ça pompe très légèrement, sur quelques millimètres seulement sans grandement influencer son efficacité à la pédale. Sauf lors des grandes relances, debout en puissance, où il absorbe un peu plus d’énergie. Dans ce cas, jouer de la molette du X2, facilement accessible, est un plus !

 

 

Pour qui ? Pour quoi faire ?

Malgré tout, le Cube Stereo 150 29 reste un vélo facile. Sa sensibilité adoucit le terrain, et rassure. Et même si sa raideur avant rend parfois quelques descentes physiques, le Cube Stereo 150 29 se manie aisément sans être obligé d’attaquer ou de le brusquer.

De plus, son aisance au pédalage, sa légèreté et sa géométrie passe partout font de lui un Enduro touche à tout. Cette polyvalence élargit son champ d’action vers l’All-Mountain.

Voici donc des atouts indéniables pour s’avancer et nous laisser dire que le Cube Stereo 150 29 s’adresse finalement aux amoureux du vrai VTT qui veulent un vélo à tout faire. A ceux, qui, quelque soit le terrain, sont partants pour rouler : une boucle vallonnée à la pédale, une journée en montagne, une course d’Enduro, etc.

 

 

Vis-à-vis de la concurrence

Quan

Vis-à-vis du Santa Cruz Hightower LT

Le Cube Stereo 150 29 et le Santa Cruz Hightower LT sont tous les deux à l’aise au pédalage. Mais se démarquent nettement par le plaisir de pilotage qu’ils procurent. Le Santa Cruz est un jouet quand le Cube est littéralement neutre !

Vis-à-vis du Trek Slash

Le Trek Slash est moins polyvalent que le Cube Stereo 150 29 mais surtout plus exclusif dans son pilotage. Il nécessite de l’engagement et de l’attaque pour générer la vitesse. Le Cube est plus sobre mais aussi moins rapide, moins généreux mais finalement plus accessible.

Vis-à-vis du Transition Sentinel

Une fois encore, le Cube Stereo 150 29 est bien moins fun que son concurrent américain. Mais quand le Transition Sentinel montre ses limites dans le lent et le sinueux, le Cube, lui, est encore à son aise.

 

 

Conclusion

Comme à notre habitude, il faut répondre à la question fatidique, qu’on se pose finalement tous avant de se séparer de son ancien jouet ou d’acheter le nouveau… Alors pourquoi voudrais-je garder le Cube Stereo 150 29 ?! 

“Ce nouveau Cube colle tout à fait à la nouvelle génération de vélo allemands enfin performants. Le rapport prix/équipement du Cube Stereo 150 C:68 TM 29 est imbattable. Ses bons composants s’en ressentent sur le terrain. Et même s’il est parfois trop raide et pas très fun, c’est une bonne opportunité. Il reste plaisant parce qu’il est facile, précis, bien suspendu et vraiment polyvalent. Une fois réglé et ajusté pour soi, il est finalement sans prise de tête quelque soit la sortie prévue ! Reste seulement que le cadre C:68 est trop exclusif en matière de rigidité avant pour être à la portée de tous…”

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraîchir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? Rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

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