Tout jeune retraité du circuit Enduro World Series, Jey Clementz poursuit ses escapades aux quatre coins du monde. Cette fois-ci, il nous fait découvrir la Bulgarie avec un trip hors norme au guidon du Cannondale Jekyll 29…

 


Temps de lecture estimé : 12 minutes – Récit : Jérôme Clementz – Photos/Vidéos : Jérémie Reuiller et Pierre Henni


 

 

Bulgarie – Le trésor inattendu !

La Bulgarie n’est pas la première destination qui viens à l’esprit, niveau tourisme, pour la plupart des gens, et encore moins niveau VTT. J’avoue que je n’avais jamais vraiment considéré la visite de cette endroit, jusqu’au jour où j’ai été invité à un festival des sports de pleine nature à Sofia en novembre 2016.

 

 

Lors du festival, ils ont diffusé des vidéos de différents sports, filmées en Bulgarie et j’ai pu découvrir de beaux paysages montagnards, des endroits magiques et des trails qui donnaient envie. Par la même occasion j’ai pu rencontrer la scène bulgare VTT qui était motivé pour me montrer les alentours. Malheureusement novembre n’est pas la meilleure période pour rouler, mais je me suis dit que je reviendrai voir cela.

 

 

Lors des EWS j’ai rencontré à nouveau Dobromir Dobrev, un des Bulgares les plus véloces, guide en Bulgarie et aussi à Madère avec son entreprise Bike Ventures. J’ai aussi fait la connaissance de Tsvetelin Ivanov Cuco, créateur de la marque de VTT Bulgare Pulse. Nous avons commencé à organiser ce voyage en 4 étapes dans le Sud-Ouest du pays, où les montagnes sont les plus imposantes dans les Balkans et où l’on trouve les meilleurs sentiers.

 

 

1ère étape – Borovets

Borovets est l’une des stations de ski les plus proches de Sofia, avec un Bike Park ouvert l’été et un réseau de sentiers surplombé par le plus haut sommet de Bulgarie, nommé Mousala (2925m).

En étant fan de la haute montagne, on monte directement dans les télécabines pour se rapprocher des sommets et rouler autours. Nous pourrions tenter le sommet mais la météo n’est pas si bonne et nos guides nous confirment que le sentier en lui-même n’est pas le plus marrant à rouler et plutôt très rocailleux. Nous décidons de découvrir un sentier sur une crête qui nous ramènera sur le sommet du Bike Park.

 

 

Nous sommes à la limite de la végétation et les moraines d’un ancien glacier avec une vue sur Borovets et Sofia au loin. Le trail est bien technique avec de gros rochers et une sorte de pin, typique de Bulgarie, qui pousse plus en largeur qu’en hauteur. Dans ces conditions la vitesse n’est pas très élevée mais le défi est de trouver la ligne la plus propre et ne pas poser de bien au sol, ni de se prendre le guidon dans une branche de pin et finir KO dans les rochers.

 

 

Après 15 minutes de descente, on entre dans la forêt, le flow devient meilleur et la vitesse augmente. Il n’y a pas eu beaucoup de passage, le sol est meuble, les pommes de pins nous mettent de travers et on s’amuse avec le terrain. Une petite remontée nous amène sur le Bike Park, nous avons la bonne surprise de trouver une piste fraîchement tracée avec des sauts, des relevés et une bonne terre. On n’en attendait pas autant et on s’envoie directement dedans, en sautant la moindre bosse ou le moindre module. On devient même créatif avec des mouvements freestyle sur les côtés et le sourire apparaît naturellement sur nos lèvres.

 

 

La première partie de ce périple, nous a déjà gâté, on finit la journée autour d’une salade Shopska (institution culinaire en Bulgarie) et quelques bières.

 

 

Nous pensons déjà à la deuxième étape, qui d’après nos recherches, devrait être un des endroits phares de notre voyage…

 

2ème étape – Les 7 lac de Rila

Si vous tapez “Bulgarie” et “Tourisme” sur internet, ce sera sans doute les premières images qui vont apparaître ; Il s’agit d’un endroit iconique avec 7 lacs disposés en escalier au milieu de la montagne. Du sommet on peut voir tous les lacs du même point de vue. Malheureusement, quand nous arrivons les nuages sont bloqués et nous naviguons dans la brume. La chance sera avec nous car après 1h la vue se dégage progressivement et révèle tout son potentiel.

 

 

C’est la fin du printemps et il y a encore de la glace dans les lacs et des névés autours, ce qui rend l’endroit encore plus épique. On part à la découverte des lacs en empruntant les sentiers qui les relient les uns aux autres, montons jusqu’au sommet pour apprécier la vue. Une fois au sommet on attaque une belle et longue descente jusqu’à dans la vallée. Désolé nous n’avons pas de photos car c’était tellement bon à rouler qu’on à pas penser à s’arrêter dans le feu de l’action.

 

3ème étape – Bansko et le massif de Pirin.

Après 2h de route dans le van de Dobri, nous arrivons à Bansko, Le Gsaadt ou Courchevel bulgare.

Une grosse station de ski, reconnue en hiver avec des coupes du monde de Ski alpin, des soirées de folies et la Jet Set des Balkans.

En été, l’endroit vaut également le déplacement avec des sommets pyramidaux en marbre tout autour de la vallée et un climat doux.

Andy, de l’hôtel White Lavina sera notre hôte. C’est un ancien skieur du Freeride World Tour qui développe le VTT autour de Bansko et organise des stages vélo pour les enfants et les adultes en été. Nous avons le droit à un dîner typique bulgare avec dégustation de vin et du raika (la grappa locale) le tout accompagné de viandes cuites au Barbecue. Autant vous dire que le sommeil n’a pas été dur à trouver après ce festin.

 

 

Pour le 1er jour, nous partons à la découverte de la partie haute dans les Alpages, la vue aux alentours et magnifique avec les sommets dégagés et la mer de nuage dans la vallée. Le sentier n’est pas le plus facile à rouler avec pas mal de portage mais la vue et la descente sur le refuge valent le détour.

 

 

Le 2ème jour, nous arpentons les pistes crées pour le VTT. Certaines ont récemment servis au Championnat National d’Enduro et d’autres sont toutes fraîches. La pente dans cette partie est parfaite, pas besoin de pédaler ni de freiner, on a juste à jouer avec le terrain entre rocher, racines, éviter les arbres et suivre le couloir dessiné par les fougères.

 

 

La terre est parfaite avec la pluie de la veille, les mouvements naturels du terrain rendent le ride joueur et avec la route qui permet de nous remonter au sommet, on continue de rouler jusqu’à l’orage. A 5 minutes près on serait rentré sec, mais c’est raté sur ce coup-là… On rentre à l’hôtel et on finit la session avec un tour au spa de l’hôtel et un tour en ville.

 

4ème étape – Petrich

Nous continuons notre route vers le sud. Petrich est niché au bout d’un massif montagneux qui forme la frontière avec la Grèce et la Macédoine. Il y a également une grosse scène VTT. Les locaux ont construit pas mal de piste VTT sur le bas de la montagne avec des relevés, des sauts et des passerelles. Certains modules sont gros, voire très gros et pour être honnête j’ai passé mon tour avec comme excuse que je n’avais pas de casque intégral 😉

 

 

J’ai quand même rouler quelques trucs qui étaient en dehors de ma zone de confort, pour le cameraman et le photographe. Cette sensation de passer un saut ou une section alors qu’on s’est élancé dans le doute et la boule au ventre, procure toujours une bonne dose d’adrénaline une fois l’obstacle franchi. Ça te procure une sensation d’extase et te donne la motivation pour le reste de la journée.

 

 

Heureusement toutes les pistes ne sont pas extrêmes et il y a plein de choses à rouler fun où tu peux te détendre, prendre de la vitesse et t’amuser sans stress. Nous nous sommes bien amusés à faire des descentes roues dans roues et enchaîner avec des navettes.

 

 

Le soir même au milieu de la montagne, là où certaines pistes finissent, il y a un festival Electro, le Petrich Forest Fest.

On rejoint les locaux et participons tranquillement à la fête pendant un beau coucher de soleil avec un DJ en feu. Nous ne sommes pas restés jusqu’à l’aube car nous voulions profiter de notre dernier jour de ride, mais les festivaliers n’étaient qu’au début de leur soirée.

Pour le dernier jour, notre objectif est de rejoindre le Mt Kongur (1951m) qui marque la frontière avec la Grèce. Du sommet, on voit les premières vallées grecques et les sommets Macédoniens . Un sentier parcours la crête en direction de Petrich.

C’est un ride cool et panoramique au milieu de nulle part. Après la partie dégagée, nous rentrons dans une hêtraie qui regorge de secteurs vraiment joueurs, les freins chauffent et la descente est interminable. Les sentiers s’enchaînent jusqu’à Petric qui est situé à 165m d’altitude. Cette descente de plus de 1600m de dénivelé, restera sans doute comme un des moments fort de ce trip pour sa variété, ses vues et sa longueur XXL.

 

 

Conclusion

Quand tu planifies un voyage sur les suggestions des locaux, tu n’es jamais sur de ce que tu vas trouver, car chacun est chauvin est on a souvent tendance à embellir nos propres spots. Pour ce voyage, nous n’avons pas été déçus et la Bulgarie nous a offert une qualité de ride et une diversité de terrain énorme. Nos guides nous ont même dit qu’il y avait encore plus à découvrir.

Si vous êtes intéressés pour découvrir de nouvelles destinations, c’est un pays que vous pouvez ajouter sur votre liste. Une des meilleures choses est également que le développement du vélo est à ses balbutiements et partout où nous sommes passés, nous avons entendu parler de projet de développement de sentiers vélo, d’ouverture de télésièges pour les cyclistes et des guides qui veulent commencer une activité.

 

 

Dobromir et Tsvetelin ont été précieux dans l’organisation avec des superbes informations, la logistique et en nous guidant. Ils nous ont encore prouvé que voyager avec des locaux n’a pas de prix et donne une autre dimension à l’expérience. Nous avons, en plus de rider, pu apprendre plein de choses sur le pays, la culture, le style de vie.

Enfin pour finir si vous allez en Bulgarie, n’oubliez pas de faire un tour dans le centre de Sofia, une ville riche en histoire et en gastronomie, c’est une bonne transition avant de rentrer à la maison.

 

 

Le trip en vidéo

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