Direction Loudenvielle pour la dernière manche de la Coupe de France Enduro Series 2018. Quentin Arnaud, du Team Rocky Sports revient sur sa saison, sa course, et la victoire par équipe du Team…

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes – Photos : Bat-Com


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Jusqu’ici…

La saison d’Enduro 2018 a été pour moi bien plus difficile que les autres années. Malgré un entraînement physique solide de début d’année, les sensations sont restées en dessous des objectifs.

Après deux manches de Coupe de France ratées sur casse mécanique (Raon l’étape et Val d’Isère) et aucun résultat escompté sur les autres, l’envie de rouler commençait à partir.

Cette saison ne correspondait malheureusement pas du tout à mes attentes, je voulais rester dans le Top 20 au général, que j’avais déjà eu du mal à avoir l’année dernière. Le niveau global augmente chaque année, un vrai plus pour le sport. Mais à vouloir être compétiteur, il faut aussi accepter son niveau et le fait que les autres avancent plus vite. Faire une superbe saison ne signifie pas que c’est ton niveau de toujours. Pour un mec têtu ça demande un peu de temps et beaucoup d’effort pour le comprendre.

J’ai donc décidé de me recentrer sur les sensations et le plaisir de pilotage, la base de ce sport et ce qui nous fait souvent le plus vibrer. On fait quand même ce sport pour le plaisir du sentier et du ride entre potes.

Résultats mis de côté, il ne faut quand même pas oublier que l’on fait ce sport par passion. Aller à reculons sur les courses ne sert à rien. De plus, il suffit d’ouvrir les yeux, chaque manche de notre sport nous permet de voir de nouveaux paysages et de beaux sentiers dans une ambiance que beaucoup de sports peuvent nous envier. Une saison d’Enduro, c’est quasiment tous les massifs de France : Vosges, Alpes du Nord et du Sud et Pyrénées.

La motivation est restée grâce notamment à l’équipe et à ce désir de remporter un second titre de Champion de France par équipe. Et d’ailleurs nous y voilà, la dernière étape pour remporter ce graal. Les contreforts des Pyrénées…

 

 


Loudenvielle, étape de la finale de Coupe de France

Loudenvielle, dernière manche de coupe de France 2018 : les absents ont toujours tort. Un cadre magnifique, une organisation impeccable, des sentiers géniaux et une compétition toujours autant émouvante.

Loudenvielle, ce petit village atypique de montagne avec ses maisons en pierres, un charmant petit lac, des pentes garnis de beaux sentiers… On n’est pas mal dans ces Pyrénées.

 

 

Et pour l’occasion, Loudenvielle avait organisé un petit salon du vélo électrique, avec test et parcours pour les enfants. Des shows trials et un repas convivial, avec un concert le samedi soir, venaient animer le tout. Cela ne laisse pas indifférent. Que ça plaise ou non, les petits villages montrent une motivation qui fait plaisir.

 

 

La course

Je n’avais jamais couru dans les Pyrénées avant, une première pour moi. J’ai donc longuement essayé d’imaginer le terrain… gravette, ardoise, comme les alpes… Mon cerveau s’embrouillait dans les possibilités. Tout ça pour au final finir avec deux terrains différents, mais qui rappelaient largement les Hautes-Alpes et leurs alpages.

Le samedi était constitué de deux chronos, le premier très sinueux et rendu glissant par la rosée, mériterait pour moi le doux nom de “trico-trail”. Le second était dans la pente avec un début magnifique dans les fougères et beaucoup de vitesse. Puis on plongeait dans la forêt à moitié humide à moitié sèche. Encore dur de savoir !

Le dimanche, c’était un pur régal, je me suis cru de retour aux sources de l’Enduro, une longue spéciale en crête dans les alpages. Que du bonheur, du speed et des vues de folies. La seconde, un petit péché-mignon, ce genre de sentier piéton qui n’en finit plus de tourner. À flanc de montagne, cela créer des virages relevés jouissif. Moi je veux ça tout le temps !!!

 

 

Moments forts…

Que retenir d’un week-end pareil. C’est qu’après 7 ans d’Enduro en compétition, on voit à quel point l’ambiance entre coureurs est top, tout le monde rigole. L’adversaire, c’est le chrono, si tu gagnes ou tu perds, c’est parce que tu as bien ou pas bien roulé.

Et dans l’ambiance pilote, le must c’est ce Team Rocky Boys and Girl. Avec Lucas Frigout, on rigole tout le long des liaisons et c’est que du bonheur. Ils peuvent nous remettent des liaisons de 2h, on tiendra jusqu’au bout.

 

 

Mais je retiendrais cette course surtout car ce fut pour moi la plus belle dans sa globalité. J’ai vraiment adoré les deux spéciales du dimanche, elles m’ont rendu nostalgique de mes premières années de compétition. Et la dernière spéciale me permet de renouer avec le Top 20 en spéciale.

 

 

Dans l’équipe

L’équipe 21, c’est nous (comme les 21 virages de l’Alpe d’Huez et la bière du même nom). La Coupe de France par équipe c’est quoi en fait ? Ce sont les équipes qui s’affrontent avec une règle simple : à chaque manche, on cumule les points des 3 meilleurs pilotes de l’équipe.

L’année dernière, tout le monde pouvait s’inscrire avec des conditions aisées à remplir. On avait donc naturellement des teams regroupés autour des mêmes sponsors matériels. Cette année, la FFC a pris place, obligeant les équipes à devenir team officiel FFC et c’est là que ça se complique lourdement : frais d’inscriptions, médecins, entraîneurs attitrés, papiers administratifs à la française,… Ce qui a naturellement découragé bon nombre de teams à l’inscription.

Les teams restants étaient en fait les clubs possédant une grande structure et bénéficiant de ce titre FFC via leur filière Cross Country ou Descente. Nous avions à cœur de défendre ce titre et nous avons donc fait les démarches pour obtenir ce label quelque peu coûteux, pour une différence que je cherche encore.

La bataille n’en fut pour autant pas des moindres faces à un club des plus survoltés : Fréjus, avec deux pilotes de renom : Yannick Pontal et Mathieu Ruffray.

 

 

Mais pour nous, l’objectif était le même, le titre. Pas de compromis chez le Team Rocky Sports, on donne tout et une règle : “on ne lâche rien”. Nous sommes arrivés sur cette dernière manche avec une petite avance, mais rien n’était joué.

La stratégie du manager est simple, quand on se fait plaisir, on fait un bon résultat. À partir de là, rien de plus simple. On apprécie ce que l’on fait et on fait ce que l’on apprécie.

À la fin du week-end, mission accomplie, on remporte le week-end et le général, 2ème titre pour le Team Rocky Sports L’Alpe d’Huez.

Berni, le chef du mag peut être fier 🙂

 

 

Nous y voilà…

Nous y voilà effectivement, une autre saison de Coupe de France Enduro finie, vivement la prochaine, mais pourquoi au fait ?

Simplement parce que c’est bon. Prendre son vélo pour rider un beau spot et se tirer la bourre avec les copains ! Même si en regardant derrière moi, je vois ma plus mauvaise saison en termes entraînements/attentes/résultats, je sais que je n’en resterai pas là. Et ce sport m’apporte tant, que jamais je ne lâcherai. Si c’étais simple, je n’en ferais pas. Donc hâte d’être en 2019 avec un nouveau vélo, des copains toujours au top et on l’espère des destinations toujours au top.

Un grand Merci à tous nos sponsors qui nous font confiance et nous permettent cet épanouissement. Ce titre, on vous l’avait promis et c’est grâce à vous. Un grand merci aussi à Endurotribe de nous laisser raconter nos périples.

On reviendra en 2019 pour d’autres aventures. Un bisou du Team le plus cool du paddock Français d’Enduro et accessoirement double Champion de France Team.

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