La nouvelle vient de tomber, et quelle nouvelle ! Sous des trombes d’eau, au nez et à la barbe des meilleurs descendeurs mondiaux, l’enduriste Martin Maes vient de signer une des plus grandes victoires de sa carrière : vainqueur de la finale de la Coupe du Monde de Descente 2018, à La Bresse…

 


Temps de lecture estimé : 4 minutes – Photos : Endurotribe, Enduro World Series & Redbull TV


 

 

Haut potentiel ?!

Pour ceux qui observent le pilote belge depuis ses débuts sur la scène européenne et internationale, l’idée n’a presque jamais fait aucun doute : Martin Maes est un des pilotes les plus talentueux de sa génération.

Cadet déjà, il signait des temps scratchs en Enduro devant les meilleurs de la discipline… Au point qu’une fois l’avènement des EWS et l’apparition de la catégorie Espoir/U21, Martin saute l’étape et concoure directement chez les élites.

Mais quelque part, ces exploits restaient sagement contenu dans le petit monde de l’Enduro, et ne permettaient pas à eux seuls d’affirmer tout le potentiel du garçon. Plus récemment pourtant, il avait signé un top 10 en Coupe du Monde de Descente, à Fort Williams.

Une piste longue, peu pentue et régulièrement pédalante que l’on pouvait penser à son avantage. Et puis, l’histoire aurait déjà été belle si Martin s’en été contenté. Logique respectée si l’un des meilleurs enduristes se glisse parmi les meilleurs descendeurs, mais laisse quelques spécialistes devant…

 

 

Dans le mille !

Mais avec sa performance ce week-end, Martin Maes démontre qu’il a une bonne habitude : celle de ne remporter que des courses majeures, emblématiques, iconiques. Ses dernières victoires en attestent : Finale Ligure 2016, Whistler 2018 en Enduro World Series… Et désormais La Bresse en Coupe du Monde de Descente : rien de plus que le round final de la saison…

Certes, Martin Maes a pour lui quelques éléments en sa faveur : la victoire du classement général de la saison déjà attribué à Amaury Pierron, et les impressions des descendeurs à propos de la piste dès les premières recos – une piste très physique, une section très plate et pédalante au milieu, des épingles serrées juste après, et des Championnats du Monde à venir dans quinze jours avant lesquels ne pas se blesser… Mais de là à voir le Belge gagner..!

 

 

Belle perf’ !

D’autres éléments ne trompent pas. La bataille que se sont livrés les prétendant au podium du général de la Coupe du Monde. Danny Hart, Loris Vergier, Troy Brosnan, Loïc Bruni et Brook Macdonald n’ont pas chaumé, et se sont livrés une bataille à couteau tirés qui crédibilise la performance de Martin Maes…

D’autant plus que parmi ces tops pilotes, ceux qui se sont le plus approchés de Martin Maes l’ont fait d’une manière intéressante. Loïc Bruni, dans ses interviews d’avant course, avait bien senti que la section de pédalage à mi-course était cruciale. Il en sort en avance au temps intermédiaire suivant, et signe quelques belles trajectoires qui laissaient penser qu’il passerait devant…

Jusqu’à ce que dans la section engagée suivante, il finisse par marquer le pas, plante un peu, et perdre le fil. Un flow qu’Amaury Pierron a su garder jusqu’à la sortie de la dernière section engagée, au contact au chrono, laissant penser à une victoire serrée mais logique… Avant de glisser dans l’une des dernières courbes plates de la piste.

 

 

Au final…

Martin Maes signe donc une nouvelle victoire de prestige en ce dernier week-end d’août 2018. Une victoire d’un Enduriste devant le gratin mondial de la Descente, qui n’a pas hésité à y faire allusion dès sa première interview à chaud :

“C’est une victoire pleine d’émotion ! Je ne pensais pas que ce soit possible. Je me suis juste appliqué à faire un bon run. Je l’ai fait pour défendre l’esprit de l’Enduro. C’est bon de battre les Descendeurs à leur propre jeu ! Je suis super heureux, c’est juste dur à croire à chaud !”

Un succès glané avec la manière : celle d’avoir sû décripter la piste, identifier la stratégie payante, et l’appliquer en beauté !  Mais finalement aussi un Enduriste qui l’emporte logiquement en stratège, à l’engagement, au talent, à l’improvisation et quelque part au changement de rythme entre la pire section de pédalage et les épingles pentues qui suivent…

À La Bresse ce week-end, on se serait presque cru revenu dans la Renversée, à Métabief quelques années plus tôt, théâtre des premiers faits d’arme avant-coureur du belge le plus talentueux de sa génération : Martin Maes !

 

Pour revivre l’instant > https://www.redbull.com/int-en/tv/video/AP-1VWBTUHZ92111/mens-dh-finals-en-la-bresse

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