Cette saison, les bons gars et la nana du Team Rocky Sports se relaient pour nous raconter leurs expériences. Cette fois-ci, c’est au tour du jeune de la bande, Yoël Lesne, de nous faire part de sa participation à la manche de Coupe de France, aux Orres.

Comme à chaque épisode, l’occasion de découvrir un nouveau personnage et enrichir une certaine vision de la course et de la vie au sein d’un groupe que notre passion rassemble. Blessure, retour, motivation, apprentissage, ambiance… Et en la matière, Yoël a de quoi dire !

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : Bat-Com & Richard Bord


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Début de saison

Mon début de saison a été très compliqué ! Surtout concentré sur la rééducation de ma pauvre jambe, que j’ai massacré contre un arbre en octobre dernier : fracture du fémur, tendon rotulien et ligament croisé postérieur pour les connaisseurs… Puis sur la reprise des entrainements avec mon kiné et sur home trainer. Pendant 4 mois, mon Spicy a dormi dans ma chambre. Je pouvais a peine monter dessus alors la première fois que j’ai pu rouler avec, ça a été un super moment !

Ensuite j’ai pu commencer à m’entrainer avec le reste des Rocky pendant nos stages team, ou l’on se retrouve tous pour rouler. Comme je suis celui avec le moins d’expérience et de loin, j’apprends beaucoup des autres. Ils me donnent un nombre monumental de conseils et sont très attentifs à moi, mais parfois c’est difficile de tout appliquer ! Pour mon arrivé dans le team, j’aurai bien sûr préféré ne pas me blesser mais, compte tenu des conditions dans lesquels ma saison a débuté, je suis déjà satisfait de pouvoir rouler sans appréhension.

Comme ça a été très dur pour moi de jongler entre rééducation, entrainements et le lycée, me dire que tout ça c’est fini me motive énormément. En plus, savoir que j’aurais du temps pour m’entrainer l’année prochaine me permet de tirer un trait sur cette année difficile et surtout, me concentrer sur la suite ! j’espère que j’arriverai à tirer pleinement parti du sport-études l’année prochaine pour me préparer correctement !

 

 

Les Orres

Pour la troisième manche des coupes de France, direction Les Orres. Je ne connaissais pas du tout cette course, mais j’avais entendu dire que les remontées mécaniques étaient bien exploitées – ce qui me rassurait aux vues de mon manque de physique.

Là-bas, le terrain ressemble pas mal à celui de chez moi – plateau du Vercors. je ne me suis pas trop senti dépaysé : des cailloux, des racines… Ça tapait pas mal à certains endroits mais c’était bien marrant !

 

 

European Series

C’était ma première manche en European Series. Il y avait quelques inconnus dans les juniors : principalement des italiens. C’était sympa, malheureusement la « barrière de la langue » nous a empêché de vraiment communiquer. Le fait d’être une European Series a fait grimper le niveau de la course. D’ailleurs, il suffit de regarder le classement junior : deux italiens sur le podium ! ça soude de l’autre côté de la frontière ! Je pense aussi que seuls les meilleurs font le déplacement pour les European Series, comme les budgets, surtout pour les juniors, ne sont pas très élevés.

Forcément participer à une manche européenne, ça donne envie de faire une coupe du monde ! Ça serait le feu de pouvoir ! Rencontrer des pilotes du monde entier, découvrir des nouveaux chemins et voyager pour faire du vélo, c’est sûr que ça fait rêver. Mais je pense qu’a l’heure actuelle, mon niveau ne me permettrait pas d’en faire une dans de bonnes conditions. J’aimerai en faire l’année prochaine… Alors pour me préparer, j’éviterai déjà de me péter le fémur ! Ça sera pas mal..!

 

 

Moments forts…

Les ES c’est un peu le rendez-vous de tous les enduristes : ce qui est le plus plaisants, c’est de retrouver tout le monde. Quand on en a fait quelques-unes, on commence à connaitre du monde alors se retrouver, c’est toujours super !

Le samedi dans la spéciale 1 – la deuxième spéciale du jour, on n’a jamais compris pourquoi on faisait la 2ème puis la 1ère – il y avait un rock-garden magnifique : c’était un grand moment de satisfaction d’en sortir avec du speed ! Et dimanche, on avait une liaison qui passait à côté d’un névé… Il y avait des luges à disposition alors très vite : neige+luge+juniors > c’est parti en vrille !!!

Après ça, le dernier moment dont je me souviens, c’est le départ de la dernière spéciale : on attendait quand on a entendu à la radio qu’il y avait un blessé chez les juniors, l’ambiance joviale est retombée d’un coup. C’est vrai que l’on se blesse souvent et à chaque fois c’est dur de voir un ami qui ne termine pas la course.

Ce coup si c’était Léo Gruber qui a laissé un petit doigt dans un arbre, ça aurait pu être plus grave. On espère juste que la prochaine fois on finira tous entier ! Même si des moments comme ça jettent un froid, le reste du temps, l’ambiance est au top.

 

 

Chez les juniors !

Si je fais de l’enduro aujourd’hui, c’est en grande partie pour l’ambiance… Et chez les juniors, crois-moi qu’il y en a ! Tout le monde est trop cool ! Personne ne se prend la tête, personne ne te juge sur ton niveau. Tout le monde est là pour se faire plaisir et j’ai été très marqué par l’entraide entre pilotes, c’est juste génial !

On dit beaucoup de conneries aussi, on se marrent, on fait des trucs un peu stupides de façon très spontanées, on ne réfléchit pas beaucoup ! Par contre quand on parle trajectoire, réglages ou qu’on prend le départ d’une spéciale, là ça peut être sérieux ! 

Je ne considère pas les autre juniors comme des concurrents : ce sont d’abords des potes ! La compétition c’est que le meilleur gagne donc on s’encourage, on s’aide et c’est comme ça que c’est le mieux. Ensuite il y en a un qui gagne et on est content pour lui ! On le félicite et on retourne s’entrainer pour un jour gagner à notre tour ! D’ailleurs bravo Erwan…

C’est juste dommage parce qu’on prend le départ bien après les 20 élites – le premier junior part 45 minutes après les premiers. On ne les voit pas de la course ! En plus de ça, bien souvent il ne reste plus grand monde sur les spéciales pour nous encourager : ils sont déjà sur la suivante pour encourager les élites.

Sur la course en elle-même, ça ne change pas grand-chose mais on est un peu à l’écart et quand on voit le niveau de certain juniors ou cadets, ils mériteraient de partir avec les élites et d’être encouragés ! Une légende raconte que Callaghan était présent mais comme on arrive au paddock deux heures après les « pros », je ne l’ai même pas croisé…

 

 

La suite, l’équipe…

Pour le team, l’objectif était de rester en tête et de faire un maximum de points sur cette manche. Avec nos bons résultats d’ensemble, l’objectif est donc rempli, mais le team Fréjus est à 138 points, sur 1500 : ça reste serré ! Pour les manches restantes l’objectif reste donc le même : marquer le plus de points possibles et défendre notre place !

Donc pour la suite de la saison, je vais profiter des vacances pour m’entrainer un maximum. Maintenant j’ai plus d’excuses, il faut poncer du pneu !! Je vais aussi retourner rouler aux Orres tellement c’est joli mais cette fois avec Loïs Saïbi, qui lui reviens de sa deuxième clavicule en 3 mois, histoire de faire beaucoup de dénivelé négatif et de technique avant d’aller à val d’Isère 😉

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