Il y a quelque temps, il était l’un des modèles phares de la gamme Santa Cruz. Puis peu à peu le Santa Cruz Bronson a été “dépassé”, certainement, par l’arrivée des Hightower et la tendance à allonger les vélos. Mais ça, c’est du passé !

Place désormais à un nouveau Santa Cruz Bronson, remis au goût du jour. Probablement la génération qui aura subit la plus importante révision. L’invitation de Santa Cruz, en Slovénie, est du pain béni pour le découvrir.

Une destination nouvelle, déjà à l’affiche des Enduro World Series 2018, pour un trip haletant et parfois même époustouflant. Qu’en est-il ? Qu’y a-t-il d’aussi intéressant à découvrir en Slovénie ? Qu’elles sont précisément les nouveautés qui font le trait de caractère du nouveau Bronson ?  

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes – Photos : Santa Cruz/Gary Perkin


 

Au sommaire de cet article :

 

 

(Sous)-terre slovène

On en entend peu parler, mais la Slovénie semble cacher une communauté de riders assez importante. Il n’y a qu’à voir les spots qui nous ont été donnés de rouler ! De tout, partout…

La Slovénie, c’est encore les Alpes. Là-bas le point culminant plafonne à 2800m. En fait l’idéal, ni trop peu, ni pas assez ! Juste ce qu’il faut pour pouvoir rencontrer à peu près tous les types de terrains.

Premier jour de la pente et de la terre suivi d’un “bikepark” aux portes de la capitale Ljubljana. Second jour à Jamnica, spot des EWS, toujours de la terre mais plus de racines, toujours humides dans les forêts de sapins. Et troisième jour à Trzic pour un run montagnard : cailloux, racines, pente, poussière, etc.

Mais le plus époustouflant, c’est de pouvoir se vanter d’avoir essayer ce nouveau Santa Cruz Bronson dans vraiment toutes les conditions ! Et oui, nous l’avons aussi mis à l’épreuve sous-terre. Un run de quelques kilomètres dans une mine désaffectée. Et pas des moindres, vraiment technique et engagé, taillé à même la roche. Une véritable aventure inimaginable en France !

 

 

Santa Cruz Bronson

  • Destiné à l’usage Enduro
  • Roues en 27,5 pouces 
  • 150/160mm, RS Super Deluxe + Fox 36 
  • Triangle avant & arrière Carbone
  • Reach de 458mm en taille L, offset normal

Descente de suspension, ou l’inverse…

L’amortisseur est désormais en prise sur la biellette basse, comme sur le Nomad et le V10 de DH. C’est visuel, c’est flagrant, mais à quoi bon ? Comme notre prise en main du Nomad le décrit, ce choix laisse plus de liberté dans le positionnement de l’amortisseur et de la biellette et permet donc de maîtriser différemment la courbe de ratio qui en découle…

Faut-il donc s’attendre à des sensations radicalement différentes d’un amortisseur pris sur la biellette haute ? Surtout que le gros du boulot semble avoir été effectué sur la suspension. A coup de plusieurs biellettes prototypes d’essai ! Pour l’instant, une chose semble certaine et je suis confiant pour l’avancer tout de suite…

A l’image de son homologue visuel, le Nomad, ce nouveau Santa Cruz Bronson bénéficie d’un abaissement des masses et donc de son centre de gravité. Je dois alors garder ça en tête, pour mieux distinguer d’où proviennent mes sensations une fois sur les chemins.

 

 

Plus rigide

Comme nous l’avons évoqué dans la présentation, les ingénieurs sont lucides et savent reconnaître leurs “erreurs”. Ils jugent désormais et finalement le Nomad trop souple de l’arrière. Mais pourquoi donc parler du Nomad enfin ? Parce que la conception du cadre du Bronson, et notamment du triangle arrière, est largement inspirée de celui du Nomad.

On a beau croire que le carbone est très rigide mais notre enquête carbone nous permet de comprendre qu’il peut aussi être flexible. Une histoire de composition. Ici, pour ce nouveau Bronson, les ingénieurs ont préféré ajouter un montant pour rigidifier le triangle arrière.

Le vélo d’essai est monté avec des roues carbones Reserve, certes les roues carbones les plus tolérantes que j’ai pu rouler, elles restent cependant rigides. Je les sentais bien présentes sur le Trek Slash. Qu’en sera-t-il donc couplées à un cadre plus rigide ? Ne sera-t-il pas trop rigide, au point que l’ensemble n’en devienne intolérant ?

 

 


Collé au sol ?

Premiers tours de roues sur le Bronson ! L’amortisseur glisse aisément, le confort et la sensibilité sont au rendez-vous. Petit à petit, à jouer des pressions et des molettes, je commence à trouver l’équilibre qui convient. J’engage un peu plus.

Dans les dévers en racines et dans la terre compacte et fuyante, je compte sur le vélo pour me procurer du grip. Et malgré ses roues en 27,5, le Santa Cruz Bronson répond présent. Il est collé au sol ! Comme si le début de course de la suspension, particulièrement linéaire, offrait un grip permanent. J’ai juste à appuyer sur les pédales, le Bronson s’écrase juste ce qu’il faut, et mord le terrain généreusement !

Même si la suspension arrière fait son job, la fourche a aussi son mot à dire. Et pour une fois, je vais m’attarder sur ce composant. Qu’importe la situation, cette fourche garde toujours son sang-froid ! Jamais prise en défaut pendant cette prise en main, la cartouche GRIP2 de chez Fox se révèle sous mes yeux. Fantastique !

 

 

Pataud ?

Collé au sol ? Oui, il l’est. Mais dès que j’aperçois un mouvement de terrain, je me surprends à sauter partout, à virevolter dans tous les sens, à faire des virages qui n’existent même pas. A m’amuser en fait. Il y a bien longtemps que je n’avais pas eu une telle dose de fun ! Donc pataud ? Non !

Mais alors, pourquoi est-il si fun ? Qu’est ce qui le rend si ludique ? Premièrement, Santa Cruz a véritablement axé le boulot sur la suspension et ça s’en ressent : elle compose joliment lorsqu’il faut savoir rester scotché au sol et vivre pour être fun. Même à 35% de SAG, le Santa Cruz Bronson reste dynamique, c’est dire !

Deuxièmement et à force d’expérience, j’ai la sensation que le 27,5″ apporte un peu plus de nervosité pour se jeter d’un virage à l’autre, pour bondir en sortie de courbe… Mais ses masses abaissées aident aussi à basculer d’un virage à l’autre. Cette fois on bascule autour du centre de gravité, sans être déstabilisé.

Troisièmement, la géométrie ne s’affiche pas dans des longueurs extrêmes en terme d’empattement et de bases. Le Santa Cruz Bronson conserve cependant un reach assez long pour se mouvoir facilement. Son boîtier bas joue de paire avec le centre de gravité bas pour virer de bord facilement !

Tout ces aspects confirment mes premières impressions. Le Santa Cruz Bronson se dévoile petit à petit. Mais continuons…

 

 

Facilité déconcertante ?

Vélo en carbone, roues en carbone, suspension de haut vol, etc. Est-il pour autant exclusif, réservé à une élite ? Comme d’autres vélos à l’essai en ce moment, le Santa Cruz Bronson n’a pas été compliqué à régler. J’ai rapidement trouvé les réglages qui me convenaient ! Limite déconcertant de facilité.

Un peu comme le Hightower LT, le Bronson ne semble pas dépendant des réglages de ses suspensions. Non pas qu’il forge son caractère uniquement par sa géométrie, il est simplement tolérant vis-à-vis des réglages des suspensions. On n’est pas au clic près comme sur le Ibis Mojo HD3 !

A croire donc que le VPP n’y est pas pour rien. Même si le Bronson, avec l’amortisseur fixé sur la biellette basse demande à peine plus d’attention qu’un Hightower ou un 5010 avec l’amortisseur en prise sur la biellette haute, le Bronson reste très accessible et facile à régler pour bon nombre d’entre nous ! Cependant n’y a-t-il pas autre chose qui pourrait le rendre exclusif ?

 

 

Et à la pédale ?

Plus je testes de vélo, plus j’ai l’impression que leur capacité à pédaler vient principalement de leur géométrie, de la position et de l’aisance qui en découlent. Je suis particulièrement bien posé au dessus des pédales et pas trop couché pour tenir le guidon. Le Santa Cruz Bronson affiche 75° et 621mm de top tube en taille L.

La suspension arrière n’oscille pas beaucoup sous l’effort de pédalage. Comme sur le Nomad, l’effet d’anti-squat semble prononcé, et de fait le Bronson pédale efficacement. Mais les pneus légers – Maxxis EXO – aident aussi. Tout autant que les roues carbones Reserve pour le coup ! D’ailleurs parlons en…

 

 

Alors trop rigide !?

Déjà testées dans les colonnes Endurotribe, les roues carbones Reserve, même si elles s’affichent comme des roues carbones plus tolérantes que le reste du marché, m’avaient semblé tout de même assez rigides, parfois inconfortables sur le Trek Slash.

Ici, niet, que dalle ! Je n’ai pas retrouvé cette sensation d’intolérance ou d’inconfort. Il faut une nécessaire cohérence entre le cadre et les roues pour rester tolérant mais dynamique. Et visiblement le Santa Cruz Bronson semble aller dans cette direction. Mais est-ce le terrain, inconnu et peut-être pas si défoncé qu’à la maison ? Est-ce les pneus, plus confortables que des carcasses plus robustes ? Ou finalement un ensemble plus complexe ?

C’est de cette manière qu’on atteint les limites d’une prise en main. Même si tout semble confirmer mes premières impressions d’un vélo stable, collé au sol et dynamique, je dois faire la part des choses. Et c’est le protocole d’essai Endurotribe d’un essai longue durée qui le permet. Qu’en serait-il avec d’autres pneus ? D’autres roues ? D’autres réglages ?

 

 

Que retenir ?

Ce n’est pas pour autant que je ne peux pas m’avancer sur certains points. Avec ce nouveau Santa Cruz Bronson, l’entreprise californienne affirme désormais rompre le pas avec les vieilles habitudes américaines des vélos ultra raides et intolérants.

A première vue, le Santa Cruz Bronson s’avère être un enduro et semble aussi répondre à un problème sociétal : la dépression. En véritable anti-dépresseur, version drogue légale, il vient remplacer son prédécesseur et en profite pour élargir son champ d’action : l’enduro 150mm 27,5″ à tout faire dont l’aspect funny est sa première vocation !

Reste que cette approche slovène n’est qu’une prise en main. Le Santa Cruz Bronson doit maintenant confirmer en terrain conquis. L’essai longue durée, en juge de paix, doit permettre de lever le voile sur certaines de nos interrogations. Et par la même occasion, de confirmer sa véritable orientation…

Article lu 4 267 fois. Merci !