Cette année Santa Cruz n’y va pas avec le dos de la cuillère. Après avoir remis au goût du jour, cet hiver, le Highball et le Blur, place maintenant au Bronson, puis au 5010, le jouet préféré du légendaire Danny MacAskill pour arsouiller dans les bois.

C’est aussi en Slovénie que nous avons pu mettre la main dessus. Un terrain qui ne m’est pas tant étranger puisqu’il nous rappelle nos Alpes françaises. Ce 5010 n’a pas affronté la mine mais plutôt la vraie montagne et ses sentiers exposés.

Après leurs présentations et notre prise en main du Bronson, place maintenant à la prise en main de cette boule de nerf, le Santa Cruz 5010. Que nous réserve-t-il ? En quoi était-il intéressant de le présenter en même temps que le Bronson ? Ont-ils bénéficié des mêmes technologies ?

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes – Photos : Santa Cruz/Gary Perkin


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Santa Cruz 5010

  • Destiné à l’usage All Mountain
  • Roues en 27,5 pouces et +
  • 130/130mm, Fox DPX2 + Fox 34 
  • Triangle avant & arrière Carbone
  • Reach de 460mm en taille L, offset normal

Radicalisation ou optimisation ?

Ce nouveau Santa Cruz 5010 affiche toujours 130mm de débattement devant et derrière. On peut donc aisément penser qu’il s’adresse à une pratique All Mountain. Pourtant certaines de ses dimensions, me laissent perplexe

En effet, à regarder sa géométrie de plus près, il affiche des valeurs parfois proche de celles que l’on retrouve sur certains vélos d’Enduro en 150mm. Par exemple un angle de direction de 66,2° et un empattement, en taille L, de 1191mm.

S’il suit la tendance actuelle d’allonger les vélos, le Santa Cruz 5010 semble malgré tout se radicaliser pour son petit débattement. Même si l’angle du tube de selle gagne 1 degré par rapport à son prédécesseur, tout me laisse à penser qu’il pourrait fortement étendre ses capacités, dans tous les domaines. Qu’en est-il déjà à la pédale ?

 

 

Pédalage

Comme le Santa Cruz Bronson, la géométrie du 5010 ne tombe pas dans des extrêmes. La position au pédalage est d’ailleurs très similaire : en taille L 621mm de top tube et 75° d’angle de tube de selle pour les deux. Mais la suspension du 5010 est un poil plus figée lorsqu’on pédale.

La position rend le pédalage facile, quand la suspension surenchérit. Le 5010 est donc plus performant au pédalage. Et, au vu de son orientation première, le All Mountain, heureusement !

Finalement, sans trop prendre de risque, je me laisse à penser que la position sur ce nouveau 5010 est plus confortable et rend le pédalage plus aisé que sur l’ancien. Le 5010 semble déjà étendre ses capacités. Mais s‘arrête-t-il là ?

 

 

Capacités étendues

C’est à deux pas de la capitale Ljubljana, sur une trace de 700m de D-, plate au début et bien pentue ensuite, que je prends en main ce nouveau Santa Cruz 5010. Ce genre de trace euphorisante, dans du bon terreau parsemé de racines. Et c’est là que je réalise toutes les capacités de ce vélo. Véritablement subjugué par ses capacités en descente pour un si petit débattement. Le 5010 me bluffe !

Il m’a fallu attendre trois jours pour pouvoir le comparer sérieusement au Bronson en enchaînant une trace identique avec les deux vélos. En fait, le 5010 est capable de beaucoup, presque autant qu’un Bronson, au confort près !

En effet, le 5010 est moins stable et sa suspension moins tolérante, moins confortable. Mais il est étonnant pour sa catégorie, et quelle joie, quel fun à son guidon ! Mais alors, dans ce cas n’arrive-t-on pas aux limites du vélo ou de l’un de ses composants rapidement ?

 

 

Rigidité

Evidemment et à l’image du Bronson, Santa Cruz réitère son observation sur l’ancien 5010. Le triangle arrière, avec un seul montant, est jugé un poil trop souple. Le nouveau 5010 bénéficie donc, lui aussi, d’un second montant pour rigidifier l’arrière.

Cette rigidité accrue est peut-être à l’origine de l’élargissement des capacités du nouveau 5010. En effet, le cadre tolère et dynamise, ce qui rend le 5010 vif à plat, et fait qu’il repousse les limites d’un all mountain lorsqu’il faut appuyer dans la pente pour virer de bord.

Cette analyse est à double sens. Soit la géométrie lui permet d’améliorer ses capacités, il a donc fallu rigidifier l’ensemble. Soit cette rigidité accrue lui permet d’être plus généreux. Mais maintenant que ce nouveau Santa Cruz 5010 semble hausser le niveau, et que mes sensations sont confirmées, n’y a-t-il pas autre chose qui pourrait limiter ses capacités en descente ? Son débattement par exemple ? Son amortisseur ? Sa fourche ?

 

 

Suspension arrière

Le Santa Cruz 5010 n’est pas sans rappeler le Hightower. D’une part visuellement, avec l’amortisseur en prise sur la biellette haute, ils sont en effet très proches. D’autre part, les sensations une fois sur les sentiers me sont familières. Le comportement du 5010 me rappelle celui du Hightower LT.

Je retrouve dans la suspension arrière exactement ce que j’ai rencontré sur le Hightower LT. En début de course, elle est véritablement ferme. C’est parfois même déstabilisant au point de se poser des questions sur ses propres réglages.

Mais finalement, non ! Le SAG est bon – proche des 35% – tout le reste aussi. Et en bon VPP, cela me rappelle à quel point, le Hightower, comme le 5010, sont tolérants à propos des réglages de suspension. Mais un autre amortisseur pourrait-il changer la donne ? Est-ce un trait de caractère de la cinématique ? Ou de l’amortisseur Fox DPX2 ?

(NDLR : le Hightower LT d’essai était aussi monté avec un Fox DPX2)

 

 

Talentueux !

Cependant, ces interrogations révèlent peut-être que j’arrive aux limites des suspensions avant d’arriver aux limites du vélo/cadre et notamment celles que lui confère sa géométrie.

J’ai le sentiment que ce 5010 pourrait encore plus repousser les limites du All Mountain. En effet, au bout d’un certain temps, une fois que j’ai pris mes repères, j’ai l’impression que la fourche Fox 34 FIT 4 130mm montre des signes de souffrance. Sur les successions de gros impact, elle ne sait plus où donner de la tête.

Il est plus délicat de s’avancer sur l’amortisseur, cinématique oblige, mais deux choses me viennent à l’esprit. Certes, seuls les pilotes rapides, techniques et qui acceptent de se faire brasser atteindrons ces limites. Et cette fois encore une simple prise en main touche à ses propres limites.

 

 

Que retenir ?

Ce nouveau Santa Cruz 5010, même s’il conserve son amortisseur en prise sur la biellette haute, bénéficie du même traitement que le Bronson en matière de rigidité. L’évolution de leurs géométries et cette ré-évaluation de la rigidité arrière vont de pair. Et c’est tant mieux !

Ainsi le Santa Cruz 5010 étend ses capacités dans tous les domaines. Il me fait de l’oeil pour devenir mon vélo de tous les jours, par chez moi, en Auvergne. Sans totalement marcher totalement sur les plates bandes de l’Enduro, il s’annonce comme un All Mountain que certains pourraient s’amuser à repousser dans ses retranchements !

Mais, encore une fois, comme pour le Bronson, ce trip de quelques jours en Slovénie s’avère trop court pour conclure sur ce 5010. On y serait bien resté plus longtemps. Histoire de confirmer que ce 5010, cette boule de nerf particulièrement polyvalente et fun, a bien des limites au delà de ce que son débattement nous évoque !

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