Conditions météo, neige, concurrence, ambiance… Après deux éditions pas gâtées par les caprices de la montagne et du réchauffement climatique, la Megavalanche de l’Alpe d’Huez, millésime 2018, est finalement à classer parmi les grands crus.

Des conditions idéales pour couronner des vainqueurs incontestables. Et à ce petit jeu, les pilotes du moment se nomment Damien Oton, Nicolas Quéré et Axelle Murigneux. Comment se sont déroulées leurs courses ? On vous dit tout..!

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : Hoshi Yoshida & Endurotribe


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Un glacier pépite !

En 2016, la canicule de l’époque avait eu raison du glacier, transformé en sorbet dont même les meilleurs avaient dû s’extirper en courant. En 2017, pire, la tempête n’avait pas permis de partir du sommet, livrant une demi-Mega seulement. Autant dire qu’après deux éditions laissant sur notre faim, l’édition 2018 donne carrément le sourire. Une des toutes meilleures de ces dernières années.

Pourquoi ? Parce que la neige, bien présente depuis le début de semaine, a tenu bon. Samedi et dimanche, les températures caniculaires n’ont pas atteint les hauteurs de l’Alpe d’Huez. Mieux, les nuits fraiches et étoilées ont eu l’effet durcissant qu’on leur connait, offrant un glacier bétonné aux premiers arrivés au sommet de bon matin…

 

 

À la manoeuvre…

De quoi même en laisser bon nombre perplexe. Si la neige dure permet de rouler, elle est aussi extrêmement dangereuse : peu de possibilité de freiner, pas d’amortissement en cas de chute… Plus qu’à l’accoutumée peut-être, le glacier pouvait donc paraître redoutable et était redouté, même des meilleurs.

Il n’empêche, dans de telles conditions, les 1700 participants de la Megavalanche peuvent compter sur l’expérience du staff UCC et des équipes de la station. Un embarquement géré de main de maître et une organisation sans faille qui permettent à la direction de course, George Edwards en tête, de maîtriser l’heure de départ…

Et donc de lancer tout le monde dans la fenêtre précise où la neige se transforme. Dur et porteuse en dessous pour la vitesse, tout juste ramollie en surface pour offrir le grip et le contrôle nécessaire… Le terrain de jeu idéal pour rentrer avec des souvenirs mémorables et une impression de franche réussite !

 

 

Du lourd ?!

Dans ces conditions, les VTTAE sont les premiers à ouvrir le bal samedi matin. Une bonne quarantaine de vélos un peu plus lourd que la moyenne au départ… Et un détail qui semble avoir eu son impact sur la course.

Au petit jeu du Holshot notamment. Comme on pouvait s’y attendre, Nicolas Quéré prend les devants dans le premier mur, mais se montre plus prudent que d’habitude au moment de déclencher le premier virage. Trop peut-être ?! Kenny Muller, en difficulté pour tourner, le fauche. Laurent Sollier en profite.

Mais c’est dans les whoops qui suivent que la course se joue. Le coach Sollier frise la correctionnelle. Kenny Muller, reparti pleine balle, la prend de plein fouet ! Chute de l’espace, vélo tombé dans les abysses du Galcier. Course terminée sans bobo.

Un déraillement plus tard, Laurent Sollier laisse la tête de la course à Nicolas Quéré et Jérôme Gilloux. Orde établi ainsi à l’arrivée d’Allemont, au terme de 38 minutes et 56 secondes de run pour Nicolas Quéré, vainqueur E-bike.

 

 

Chez ces dames…

Preuve que les conditions 2018 sont bonnes : un quart d’heure plus tard, la course dame s’élance dans des conditions à peine marquées par le passage de la première course du jour. Première favorite au tapis, Morgane Jonnier, finalement troisième à l’arrivée, est la première à partir à la faute.

Devant, Estelle Charles et Axelle Murigneux se font griller la politesse par Morgane Such. Malgré un poignet douloureux, la Marseillaise sort du glacier en tête avec une bonne dizaine de seconde d’avance et aurait pu l’emporter.

Las, un dérailleur et quelques rayons en rad plus tard, elle laisse la tête de la course, et la victoire, à une Axelle Murigneux qui impressionnait au départ sur le glacier, et démontre que la forme revient vite ! Elle nous en parlait il y a peu, c’est fait de la plus belle des manières, sur les terres de son équipe favorite !

 

 

Crunch sous haute tension !

Lendemain, rebelote avec, cette fois-ci, la course des top-pilotes internationaux. Mêmes conditions, à quelques degrés/minutes près, et tension palpable au départ. Les images de la veille, notamment le départ des VTTAE et les quelques grosses sorties de piste, sont dans tous les esprits.

Dans le clan français, l’expérience des Rémy Absalon, Karim Amour, Damien Oton, Cédric Gracia et consort ne suffit pas à rassurer. Nicolas Quéré, l’as du glacier lui-même, dit avoir été impressionné la veille, et appréhender ce nouveau départ. C’est dire… Tous redoutent un coup de folie qui faucherait tout le monde au premier virage.

Côté britannique, si certains tentent de sauver la face, la tension aussi est palpable. Regroupés sur la ligne de départ peu avant l’heure fatidique, les regards échangés entre les Sam Dale, Josh Lewis, Josh Bryceland et compagnie cherchent la complicité, le réconfort et la motivation nécessaire pour franchir le pas…

 

 

Le glacier, juge de paix

Et une fois de plus ce week-end, c’est le glacier, parfait, qui joue le rôle de juge de paix. Biens positionnés et parti sur la droite du premier mur, Josh Bryceland et Sam Dale sont au rendez-vous.  Damien Oton, en embuscade, veille au grain. Sorti de la neige, l’aigle catalan porte son estocade, passe en tête à l’Alpe d’Huez et n’est plus inquiété de la course.

Derrière lui, José Borgues confirme l’impression faite lors des qualifications. Deuxième, le Portugais est aussi satisfait qu’impressionné et soulagé à l’arrivée : c’est seulement sa deuxième Méga, et son premier départ sur le glacier, et il a encore du mal à réaliser ce qu’il vient de se passer !

Après sa victoire en VTTAE, Nicolas Quéré complète le podium scratch de cette Megavalanche de l’Alpe d’Huez. Pour les plus curieux, cette fois, le Marseillais boucle sa course en 39 minutes 49 seconde, soit 53 secondes de plus – seulement ! – que la veille.

D’ailleurs, en 38 minutes et 55 secondes, pour une petite seconde, Damien Oton signe le meilleur temps absolu – classiques et électriques – de cette édition 2018. Rémy Absalon, monsieur Méga, et Stefan Peter, bouclent le podium scratch qui remporte le voyage pour la Mégavalanche de la Réunion !

 

 

De bon augure

Avec cette victoire, Damien Oton remporte sa deuxième Megavalanche de l’Alpe d’Huez après celle de l’an dernier. Mais dans l’esprit de beaucoup, le sien en tête, cette victoire a plus de saveur que jamais. Une Megavalanche irréprochable à plus d’un titre, qui tire de son glacier hors norme une aura inégalable. Quand il est ainsi, il est largement le plus ardu et technique des départs en mass-start, dont on revient avec une folle impression, et plein de bonnes choses à raconter.

Celle d’un événement hors du commun, un peu fou, mais diablement prenant, jusqu’aux tripes, pour relever ce défi un peu fou du premier en bas ! Il fallait y être, cette année, pour en profiter comme jamais ou presque. Bravo donc, et merci, à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont atteint l’arrivée de cette nouvelle, très belle, édition de la Megavalanche de l’Alpe d’Huez. Un régal, qui prendra forcément place dans de prochains articles d’essai en conditions, à paraître sur Endurotribe ! À très vite 😉

 

Résultats complets : https://www.timingzone.com/megavalanche-alpe-dhuez-2018/

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