Ok ! La Thuile / la tuile… Elle est facile, mais comment passer à côté ?! Après le premier jour de course, on s’interrogeait presque sur ce qui pouvait bien créer du suspens et des rebondissements sur les pentes italiennes de cette manche Enduro World Series…

Les deux patrons du circuit ont été épargnés, et empochent deux nouvelles victoires qui confortent leur statut d’archi-favoris… Mais derrière, plusieurs autres pilotes attendus au tournant ont connu leurs lots de péripéties. La Thuile, jour 2, ce qui s’est passé…

 


Temps de lecture estimé : 5 minutes – Photos : Enduro World Series


 

 

Le calme après la tempête

Après un samedi sous les nuages et sur sol détrempé mais séchant, la Thuile et ses occupants momentanés se sont réveillés sous le soleil ce dimanche. Des conditions idéales pour simplifier la course et les choix matériels qui s’y rattachent.

En parlant de simplification, on ne pense pas forcément aux modifications apportées aux parcours : SP6 > SP4 > SP5 (raccourcie) > SP6 en lieu et place du programme initial. L’occasion de parcourir deux fois la SP6, plus longue spéciale du week-end, avec ses 5 kilomètres et 900m de D-.

“Dans ces conditions, c’est bien souvent la fougue qui prend le pas sur le reste…”

Et même si quelques gouttes se sont abattues sur les derniers pilotes en piste pour boucler ce week-end, elles n’ont pas eu d’effet notoire sur les débats en cours à cet instant. Non, dans ces conditions, c’est bien souvent la fougue qui prend le pas sur l’interrogation.

Un paramètre en moins à gérer, c’est de la disponibilité en plus à consacrer à l’essentiel : rouler vite ! Le calme après la tempête est donc parfois trompeur. Visiblement, c’est ce qui s’est passé pour certains, pourtant bien embarqués pour se faire remarquer de bonne manière…

 

 

Les tuiles du jour…

C’est le cas d’Elliott Heap chez les Espoirs. Le jeune Anglais que tout le monde sait rapide, et qui donnait des signes de régularité encourageant en Slovénie, tombe une nouvelle fois sur un os… Crevaison dans la SP4 avec pour conséquence l’abandon de sa première place de la catégorie au profit de Theotim Trabac, vainqueur au final pour 10 secondes.

Fort heureusement pour le leader du classement général provisoire des Espoirs, l’honneur est sauf. En évoluant finalement dans des sphères à part avec le jeune Français vainqueur, ils s’étaient mis à l’abris des autres, dont Cole Lucas, deuxième du général, qui complète le podium à plus de 1 minutes et 44 secondes.

Autre tuile du jour, Mélanie Pugin, jusqu’ici troisième chez les dames. Elle aussi, que l’on voit de plus en plus régulièrement tourner autour de la troisième place féminine, a connu mauvaise fortune ce dimanche. Plusieurs rayons cassés dans la première spéciale du jour, puis chute dans la SP4… C’est finalement Ines Thomas qui complète le podium derrière Cécile Ravanel et Isabeau Courdurier.

 

 

Vu du ciel…

Au sommets des classements, Sam Hill et Cécile Ravanel ont beau caracoler en tête, il n’en reste pas moins que la course est belle à observer. Notamment parce que c’est une initiative particulière à laquelle l’organisation se prête à la Thuile : le survol en hélicoptère en quête d’images sensationnelles.

C’est ainsi que l’on peut voir, en premier lieu, Sam Hill et toute sa classe. L’endroit a beau être rocailleux, venteux et tout ce que l’on veut, le monsieur rend les choses si fluides et limpides…

Et puisque que ce dimanche, Martin Maes est le seul à avoir montré les crocs et pris le pas sur le patron en empochant 3 des 4 chronos du jour, ne nous privons pas de comparer les styles résolument différents mais ô combien rapides…

Et oui, chez les hommes, le principal fait de course aux avant-postes est bien là : Martin Maes auteur de trois temps scratchs passe devant Eddie Masters et monte sur la seconde marche du podium.

 

 

Nos frenchies ?!

Derrière Jesse Melamed quatrième, Damien Oton conserve sa place de meilleur Français, cinquième. Avec ces points, et en l’absence de Robin Wallner, le voilà désormais deuxième au général, suivi par Martin Maes à distance respectable jusqu’ici – Martin compte une course en moins après son abandon au Chili en début de saison.

Derrière, le tir groupé des Français est bel et bien toujours présent. Il s’étoffe même de quelques individus supplémentaires. Mais surtout, l’ordre d’hier évolue quelque peu. Thomas Lapeyrie, déjà auteur de bons chronos samedi, termine sixième. Youn Deniaud, septième, passe aussi devant Yoann Barelli, dans le top 10 pour son retour à la compétition internationale.

Florian Nicolaï intègre in extremis ces dix premiers de la course, tandis que François Bailly-Maitre et Dimitri Tordo ne sont séparés de lui que par José Borgues, intercalé à la dixième place. Sept français dans les douzes : il n’en manque qu’un sur le podium scratch pour marquer le coup et parfaire le tableau.

En parlant de Français sur le podium, Karim Amour – après sa chute du premier jour au départ de la première spéciale – monte une nouvelle fois sur la boite, mais s’incline cette fois-ci devant la domination d’un Florian Golay impérial. 2 minutes d’avance au final, 3 minutes sur l’italien Bruno Zanchi. La messe est dite, l’opération reste intéressante pour le leader du général de la catégorie qui creuse l’écart sur Michael Broderick, quatrième ce week-end.

 

 

La fin se rapproche…

Voilà donc ce nouveau week-end de compétition Enduro World Series 2018 qui se termine. Le temps pour nous de plonger Entre les Chiffres, et l’on ne manquera pas d’en tirer une nouvelle fois une multitude d’enseignements et d’analyses sur ce qui fait la compétition de haut niveau telle qu’elle se déroule cette saison.

En attendant, si l’on se projette sur la suite des festivités, les pilotes ont quelques semaines de répit avant de s’envoler pour le Canada, et Whistler, à l’assaut des trails réputés du secteur. Une course exigeante qui ne manquera pas d’ajouter du piment à cette fin de saison qui s’approche. Plus que trois courses pour couronner les champions Enduro World Series 2018..! Wait and see !

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