Après un break de plus d’un mois, les Enduro World Series 2018 reprennent. Pour cette quatrième manche, direction la frontière entre l’Autriche et la Slovénie. Une destination totalement nouvelle, pour l’édition la plus à l’Est de l’Europe que les EWS aient connu.

Inconnu jusqu’ici, l’endroit connait l’effet EWS ces temps-ci : nous y étions pour découvrir des vélos à présenter sous peu, il y a à peine 2 semaines. Nous en savons donc déjà un peu plus sur l’endroit… A quoi s’attendre ? Qu’y a-t-il d’intéressant à savoir ? Où en est la compétition ? Début de réponse !

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : Enduro World Series


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Nouveaux pays, nouvelle manche

Pour la première fois une manche des Enduro World Series a lieu sur deux pays en même temps : l’Autriche et la Slovénie. Cette frontière s’étend sur la partie la plus orientale des Alpes.

Inconnu pour un grand nombre de compétiteurs, notre récent voyage confirme pourtant qu’il y a bel et bien de quoi faire là bas. Il y existe un communauté de riders non négligeable qui n’hésite pas à se salir les mains pour construire quelques beaux spots de VTT.

Mais alors s’il y a de quoi faire, à quoi faut-il donc s’attendre ? De la pente ou du plat ? Des racines, des cailloux ou les deux ? De la terre humide ou de la poussière ? Un peu de chaque à vrai dire ! Tout dépend du côté de la vallée où l’on se trouve…

 

 

Conditions alpines

Massif alpin oblige, c’est montagneux d’une part. Certes ce n’est pas au coeur des plus hauts sommets, mais le terrain se rapproche fortement de ce que l’on rencontre dans nos Alpes françaises, avec une ouverture au Nord vers un terrain légèrement plus vallonné.

Notre escapade nous a permis de rouler bien évidemment dans la terre humide, regorgeant de racines plus ou moins vicieuses, avec quelques passages bien pentus. Mais sur certaines faces exposées Sud, on peut s’attendre à un terrain plus sec et plus rocailleux.

Cette destination peut nous sembler familière, elle n’en reste pas moins exotique par sa situation, son relatif éloignement et surtout son accessibilité. Par avion, on survole les Alpes avec sa météo capricieuse au risque de voir son vol reporté. Je parle en connaissance de cause.

Par la route, il faut traverser l’ensemble des Alpes et donc, contourner les sommets les plus imposants du massif. Dans tous les cas, une chose est sûre, cette manche risque de séduire ceux qui aiment découvrir et rouler des pistes fraîchement ouvertes. Au naturel !

 

 

Parcours

Une manche en Slovénie/Autriche est une première mais ce n’est pas la seule nouveauté. Cette fois c’est sur la partie slovène du parcours que la plus grosse surprise de cette manche aura lieu : une liaison souterraine, via une ancienne mine, de plusieurs kilomètres de long. Alors frontale ou smartphone chargé à fond sont de rigueur 😉

Comme d’habitude, deux jours de recos avec peu de navette, seulement pour éviter les liaisons à plat et rejoindre les spots. Puis deux jours de courses, en bonne partie à la pédale…

Trois spéciales par jour dont une rejointe en télésiège à chaque fois… Histoire de gagner un peu de dénivelé ludique ! Il est annoncé des temps de liaison suffisamment long pour prendre son temps : deux heures à chaque fois. La dernière et la plus longue spéciale de chaque journée fait 1000m de D-. Seront-elles décisives pour le classement ? Quelques stratégies pourraient bien voir le jour…

Cependant, à voir le cumulé de dénivelé négatif, le message semble assez clair : les organisateurs ont fortement privilégié l’aspect descendant. Avec un cumulé de 5000m de D- en deux jours, cela fait de cette manche une des plus descendantes après le Chili en début d’année.

 

 

La compétition reprend

Aux avant-postes, Sam Hill et Cécile Ravanel pointent toujours en tête et avec un avance non négligeable. Quelles seront leurs stratégies ? Enfoncer le clou pour s’assurer une deuxième partie de saison plus tranquille ? Ou assurer pour terminer sans encombres ?

Visiblement ils ne semblent pas trop tendus à l’approche de cette manche. Quand Sam regarde et apprend aux autres à rouler, Cécile, quand à elle, perfectionne sa technique en street flat, à coup de levette :

Happy Sunday to everyone! ? Photo @svenmartinphoto

Une publication partagée par Cécile Ravanel (@ravanel_mtb) le

 

 

Derrière eux

Derrière, la bataille fait rage, notamment chez les hommes. A 230 points derrière le leader, seulement 10 petits points séparent le second, Robin Wallner, du troisième, Damien Oton.

Plus la saison passe, plus les blessés s’accumulent. Après Théo Galy et Jesse Melamed – qui fait le déplacement pour la Slovénie, sans la certitude de rouler, vient s’ajouter Adrien Dailly. Forfait pour cette manche et la suivante, à La Thuile, Adrien reviendra peut-être pour la fin de saison.

Pour l’heure, certains sont déjà revenus de blessure et ont déjà montré qu’ils n’avaient rien perdu de leur vitesse. A l’image de Martin Maes, 6ème du général, avec une manche en moins. On peut compter sur lui, toujours à l’aise quelque soit le terrain.

 

 

Juniors

A chaque course, Elliott Heap semble toujours dominer, jusqu’à une crevaison ou une chute qui lui coute la victoire. Pour l’instant l’américain Duncan Nason est en tête, toujours à la porter de l’Anglais. Elliott arrivera-t-il à s’affirmer cette fois-ci ? Ou l’Américain continuera-t-il sa domination mentale jusqu’au bout ?

3ème, Nathan Secondi est talonné à 10 points par Cole Lucas. La régularité du Corse paria-t-elle à la fin ? A la 5ème place Eliott Baud reste toujours dans la partie. Une fois de plus cette manche s’annonce serrée chez les Juniors. On sait désormais que tout peut basculer d’un instant à l’autre. Alors soyons attentif ça risque d’être intéressant !

 

 

Fran-chies !

Avec Adrien Dailly et Théo Galy en convalescence, il reste un Dimitri Tordo survolté en ce début de saison. Son teamate Florian Nicolai, a prouvé dernièrement qu’on peut toujours compter sur lui dans le haut du classement – 4ème à Olargues.

Youn Deniaud continue aussi sur sa lancée : après avoir remporté la Maxiavalanche d’Andorre mi-juin, il prouve qu’il est toujours en forme en ce milieu de saison. Aussi, pour cette fin de saison, il passe aux 29 pouces !

Rémy Absalon qui s’est récemment essayé au VTTAE à l’occasion de la première coupe de France d’Enduro 2018 pointe à la 14ème place du général. Toujours là, Remy reste discret mais bien compétitif !

Nos deux championnes occupent toujours les deux premières places du général. Cécile toujours première, Isabeau Courdurier toujours seconde. Cette manche arrivera-t-elle à les départager autrement ? Cécile dominera-t-elle toujours ? Isabeau trouvera-t-elle le chemin de la victoire ?

 

 

Un local, un loco !

Il y a peu de Slovènes sur la scène internationale, qu’importe la discipline. Mais il y en a tout de même. Et en Enduro, il est peut-être le seul : Vid Persak. Il est Slovène, c’est la star du coin sur cette manche, à la maison pour lui.

Et ce n’est pas n’importe qui. Vid manque de constance mais est capable de belles choses Il a par exemple fini 3ème de la SP4 à Madère et 12ème de la SP4 à Whistler l’an dernier. Pour avoir roulé avec lui pendant trois jours l’an dernier au Canada, il est un peu timbré, c’est sûr, mais vraiment talentueux !

La légende dit même qu’il détient un record imbattable sur une des spéciales de cette manche Austro-slovène : la Thriller ! C’est ce qu’on va voir…

 

 

A quoi s’attendre ?

Nouvelle destination, nouvelle manche, exotisme relatif. Tout y est pour que ce week-end de course soit à la fois palpitant à suivre, que génial à découvrir et à rouler.

A l’aube de ce quatrième round des Enduro World Series, la compétition bat son plein. En ce milieu de saison, alors que les premiers blessés pointent absents, quelques pilotes risquent de se démarquer et laisser transparaitre un zeste de stratégie.

Cette manche slovène peut donc s’avérer être un tournant crucial de la saison. Début de réponse samedi, en fin de journée, lorsque les résultats provisoires du premier jour de course seront tombés !

 

 

Aux dernières nouvelles…

NDLR : Auteur de ces lignes avant de fouler à nouveau le sol Austro-Slovène, Tom Garcia – rédacteur, testeur & pilote Endurotribe – est désormais sur place pour vivre la course au coeur de l’événement : dossard 125, au coeur des privés français présents en nombre. Voici, à chaud, ses premières impressions… 

“Il a plu ce jeudi matin, ce qui a un impact non négligeable sur l’état du terrain. Ce qui était fun à rouler il y a quinze jours est devenu plus compliqué et physique sous la pluie. C’est à se demander le risque encouru si jamais ça sèche : collera ? collera pas ?!  Notamment la partie autour de Jamnica, où la pente est moins présente. Dans ces conditions, les top pilotes semblent retarder un maximum leurs heures de reconnaissances pour voir à quel point le terrain se dégrade… Côté Petzen, c’est déjà plus praticable, et le terrain de jeu des dernières spéciales de chaque jour est magnifique. Ça me rappelle “Ride Don’t Slide” à Whistler !”

 

 

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