Pour prendre en main le Felt Compulsion 2019, présenté il y a peu, direction les abords du Lac de Garde, en préambule du Riva Bike Festival… Sans pour autant mettre à profit les tracés usuels qui entourent cet événement. Reconnaissons que si le cadre est magnifique, les traces accessibles à vélo aux abords même du lac ne sont pas si enthousiasmantes…

 


Temps de lecture estimé : 5 minutes – Photos : Felt / Variable Visual


 

Au sommaire de cet article :

 


Terre inconnue…

C’est donc dans la vallée d’à côté, sur la Monte Zugna qui domine Rovereto, que le Felt Compulsion est mis à l’épreuve. Et là, avouons sans détour qu’il y a tout ce que l’on peut souhaiter pour s’amuser : une route pour faire les navettes, 1000m de dénivelé, des locaux qui tracent et entretiennent…

Un bon spot où les chemins ont ce qu’il faut d’appuis, de bonnes trajectoires, d’enchaînements rocheux, de pif-paf entre les arbres, de séries d’épingles, de pente plus ou moins prononcée par endroit… À cocher sur la liste des spots Enduro méconnus mais qui méritent de s’y perdre !

 

 


Bien balancé !

Le genre d’endroit qui incite à la débauche, et donne rapidement le ton du vélo. À la première impression, c’est douche froide ou joue encore… Au guidon du Felt Compulsion, c’est par bonheur la deuxième option qui se construit virage après virage, appui après appui.

Au sol, les rochers, pierres, et cailloux sont légion. Pour autant, le vélo s’en affranchit facilement. Jamais il ne s’y met en travers ou bute sur l’obstacle. Il y garde une bonne vitesse, et conserve une bonne assiette. Les premiers enchaînements défoncés laissent entrevoir le bon accord entre les suspensions avants et arrières.

“L’envie du moment ? Lâcher et laisser travailler”

Je prends rapidement confiance au guidon du Felt Compulsion. L’envie du moment ? Lâcher les freins et le laisser travailler, tant cette forme de stabilité me procure rapidement confiance. Une fois le pas franchi, le grip y reste de très bonne facture même si les roues restent des 27,5 pouces qui décrochent plus facilement que les 29 auxquelles j’ai fini par m’habituer dernièrement.

Pour autant, les appuis et leur prolongement jusqu’au sol sont stables, confortables, onctueux… Suspensions ? Pneus ? Cadre ? Roues ? Poste de pilotage ? Angles ? Un essai plus précis permettrait sans doute de tirer au clair la part de chacun dans ce bon rendu, mais pour l’heure, je me contente de constater que le compromis a son intérêt.

 

 


À la manoeuvre !

Jusqu’ici, rien n’entame la confiance qui s’installe. Peut-être est-ce parce qu’à la manœuvre, le Felt Compulsion s’avère léger, agile, facile. Que ce soit à basse vitesse pour tricoter dans la pente, ou face à l’imprévu une fois lancé à pleine balle, le Felt Compulsion répond dans l’instant. Même à 64,5° d’angle, la direction ne se fait pas lourde à manœuvrer. On serpente entre les arbres avec facilité.

Le manual, pour éviter de taper la roue avant ou pour prendre les airs en bunny-up est facile aussi. L’impulsion est directe, rapide, pour un vélo disposant de 165/170mm de débattement. Virer de bord, d’un angle à l’autre, se fait avec facilité. Jouer du terrain, pumper/sauter/décaler, est un régal aussi bien à déclencher qu’à réceptionner.

 

 


Léger ?!

Notamment parce qu’il faut l’avouer, la suspension fonctionne aux antipodes du préjugé que l’on pourrait avoir. Cadre carbone, vélo relativement léger, suspension aux nombreux renvois… On pourrait penser que le vélo sautille, rebondit et vibre plus qu’il n’encaisse. Erreur ! Malgré ça, la performance est de premier ordre.

Outre le grip et l’assiette évoquée précédemment, la progressivité de l’ensemble est remarquable. La fin de course n’est jamais perçue comme un mur, tout en étant exploitée. Force est de constater qu’entre l’Anti-squat du début de course et la progressivité de fin, la transition s’effectue de très belle manière.

Un rendu qui semble rendre le Felt Compulsion compétitif sur un compromis intéressant : malgré le grip, l’assiette et le débattement important, le vélo pédale sacrément bien. Que ce soit au train, ou à la relance en wheeling, le Felt Compulsion a du répondant !

 

D’une position à l’autre…

Je profite de cette prise en main pour passer en revue les différentes positions de géométrie qu’offre le Felt Compulsion. D’un extrême à l’autre, je serai tenté de dire qu’il offre un visage similaire. En première approche, la différence n’est pas évidente en matière de comportement.

Je dirais plutôt qu’elle me parait différente dans le style de pilotage – la position, l’engagement, la répartition des appuis – que le vélo exige pour en tirer le meilleur parti. Dit autrement, je ne serai pas surpris de conclure un essai plus poussé de la manière suivante : d’une position à l’autre, le Felt Compulsion ne renie pas son caractère, mais s’adapte à différents styles / gabarits.

 

 


Dans le mille ?!

Le Felt compulsion est-il sans défauts ?! Pas tout à fait. Ses qualités poussent à prendre confiance, génèrent de la vitesse, la conservent… Mais il faut bien, à un moment où un autre, toucher aux freins. Et dans ce cas de figure, le train arrière peut avoir tendance à rebondir, chasser, être instable par moment quand le terrain est chaotique.

D’intuition, je prête ce comportement à un anti-rise peut-être un peu trop élevé. J’aimerais prêter au vélo quelque chose plus proche du Rocky Mountain Slayer essayé l’an passé : qui tasse le train arrière au sol quand on actionne le frein arrière. Là, il se passe l’inverse.

Reste qu’il ne s’agit que d’une prise en main, et que le temps qui m’est compté ne permet pas de travailler plus en détail le phénomène. Il n’est pas évident au départ, se manifeste à la longue, à force de pousser le bouchon toujours plus loin… Ça reste donc fin, ce qui me laisse supposer qu’il puisse être corrigé en jouant sur la carcasse du peu arrière, un réglage de détente et/ou un SAG légèrement plus important.

Ce serait en tout cas une bon axe à développer sur un essai plus complet. Car d’une certaine manière, cette stabilité au freinage est la dernière pierre à l’édifice proposée en première intention par le Felt Compulsion : mettre en confiance, inciter à lâcher les freins, prendre des belles initiatives…

 

 

Qu’en penser ?

Un vélo léger, avec du débattement, ayant du grip, une bonne précision et une belle vivacité n’est pas simple à produire. D’autre s’y sont cassés les dents par le passé. Le Felt Compulsion me semble réussi en la matière ! Du moins, il part sur de très bonnes bases.

De quoi, en tout cas, m’inciter à dire qu’il en offre de bonnes à Felt pour son retour sur le marché ! La marque a le coeur du sujet, le vélo, qui va bien pour reprendre du poil de la bête au sein de notre pratique et de notre communauté. L’opportunité est belle, il faut désormais la saisir, et concrétiser ! Welcome back ?! 

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