Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec un tel suspens jusqu’au bout de la course masculine, cette Enduro World Series des Montagnes du Caroux aura tenu toutes ses promesses en matière de spectacle, d’adrénaline et de tension.

Au bout du bout, Richie Rude tient bon et l’emporte devant une short-list de bonhommes qui tiennent leurs statuts de costauds de ce début de saison ! Derrière, un coup d’oeil aux classements met en évidence un beau réservoir français qui n’a pas raté l’opportunité de briller à domicile. Voyons-voir en détail !

 


Temps de lecture estimé : 5 minutes – Photos : Enduro World Series


 

Au sommaire de cet article :

 


Conditions du jour

Entre côtes et causses, le Haut-Languedoc a le charme de marquer la frontière entre deux territoires aux climats distincts. Comprenons par-là qu’il s’agit de ces endroits où tout peut arriver… Cette fois, le samedi de course s’est achevé sous des trombes d’eau, qui ont duré une bonne partie de la nuit avant de s’arrêter au petit matin.

La plupart des pilotes a donc opté pour un début de journée à base de crampons prononcés, afin de trouver le grip minimal requis sur les bandes de terre coincées entre les rochers qui jonchent le parcours. Avant, finalement, de rechausser des gommes plus habituelles, de passage au paddock à la mi-journée. Le vent a fait son oeuvre pour sécher ce qui pouvait l’être…

 

 


En duels

Dans ces conditions, toute l’intensité de la course s’est réduite à deux duels aux sommets. Chez les hommes, Richie Rude et Adrien Dailly – séparés de 9s au départ du jour – étaient les deux seuls à prétendre l’emporter à la régulière. 30s derrière, Martin Maes et Florian Nicolaï étaient eux en lice pour prendre la dernière place du podium encore disponible…

À ce petit jeu, rien n’était joué d’avance. Au départ de la dernière spéciale et à la faveur d’un run monstrueux dans les Crêtes XXL, Adrien Dailly était revenu à 2s seulement de Richie Rude… Mais sur ce terrain qui a forgé Théo Galy – au style massif proche de celui de l’américain – la logique a tenu jusqu’au bout et, pour 10s au final, c’est bien le pilote Yeti qui l’emporte !

Scénario dans le même esprit pour la troisième place finale. Avec un scratch dans la spéciale 6, Florian Nicolaï était en avance d’une seconde avant le dernier run. Mais au prix d’une dernière spéciale menée tambour battant, c’est Martin Maes qui accompagne les deux hommes forts du week-end sur la boite !

 

 


Juste derrière…

Derrière ces 4 hommes de tête qui constituent finalement le gratin mondial du week-end, deux hommes sont à remarquer. Damien Oton, l’aigle catalan qui sur fond d’accent occitan n’aura pas lâché une course mal embarquée, après sa chute du samedi. Le voilà 5eme au final. Not bad !

Derrière lui, Sam Hill reste dans les gros points. Le leader du général provisoire, que l’on pouvait imaginer auteur d’une nouvelle démonstration sur un tel terrain, semble s’être déjà mis en mode gestion. Il déclarait lui-même ne pas sentir le truc et préférer assurer au vu de la saison encore longue. 

Reste que le premier, piqué au vif par un début râté, n’a pas manqué de réagir et revenir à coup de paquets de secondes gratés à chaque run… Tandis que le second, sans forcer, reste aux abords d’un top 5 que d’autres n’arrivent qu’à toucher du bout du doigt lors de performance hors de leurs normes…

 

 


Les frenchies

En parlant de performance et de norme, évoquons le réservoir Français en matière de pilote Enduro qui pourraient faire mouche à l’international. Camille Servant (8me),Nicolas Quéré (27), Baptiste Gaillot (28)  et Yannick Pontal(29) entre autres, habitués des avant-postes en Coupe de France, qui s’invitent aux basques des meilleurs mondiaux.

Et bien sûr, les revenants – pour leur raisons respectives – Thomas Lapeyrie (13) et François Bailly-Maître (17) qui signent tous les deux un top 30 réconfortant. Ils se disaient chacun ne pas savoir qu’espérer, ni où se situer avant cette épreuve, les voilà rassurés ! Tout comme Kevin Miquel, plus habitué des EWS ces derniers temps, qui signe sa meilleure performance en carrière avec un final à la 11eme place !

 

 


Chez les filles

La compétition féminine aussi est l’occasion de parler du réservoir Français. Derrière la facile Cécile Ravanel, pour beaucoup, Isabeau Courdurier représente l’avenir de la discipline. La pilote de poche l’a encore démontré ce week-end. Mal embarquée après sa chute de vendredi et sa quatrième place provisoire samedi, elle ne lâche rien et retrouve sa place habituelle après un dimanche solide !

Et que dire derrière ?! Mélanie Pugin, Laura Charles et Morgan Charre ont tour à tour fait parler la poudre… Si elles manquent encore de régularité pour se glisser parmi les Katy Winton, Caro Gehrig et Ines Thomas, la vitesse pure est là ! D’ailleurs, Mélanie Pugin ne se fait coiffer au poteau par Ines Thomas que pour dix petites secondes à l’issue de la dernière spéciale du jour…

Encore de l’Espoir…

Le schéma est presque inverse chez les Espoirs, où la régularité et le nombre de français présents est remarquable ce week-end, mais où la vitesse pure et l’expérience semble un ton en dessous des deux leaders de la catégorie.

Au bout du suspens, c’est Duncan Nason – leader du général de la catégorie – qui coiffe sont plus sérieux rival, Eliott Heap, pour la victoire d’étape. Parmi les Frenchies, Eliott Baud est celui qui s’en sort finalement le mieux et monte sur le podium… Au pied duquel le très régulier Nathan Secondi échoue cette fois-ci.

Encore de l’espoir plutôt donc chez les Master, où Karim Amour fait mieux que limiter la casse. Relégué très loin après le premier jour de course, l’azuréen revient à la quatrième place finale, certes loin de Tomi Misser vainqueur et auteur d’une démonstration, mais juste sous le nez de son principale concurrent, Michael Broderick, qui reste bon second du général provisoire de la catégorie.

 

 


Qu’en conclure ?!

Du début à la fin du week-end, des noms sont apparus, d’autres ont disparu. L’analyse plus poussée du week-end nous en dira plus, mais la compétition s’achève déjà avec l’impression qu’il y a eu du grabuge, de la bataille et pas mal de rebondissements pour un final haletant.

En somme, une manche Enduro World Series des Montagnes du Caroux qui s’achève sur une partie de ce que l’on pouvait attendre : un spectacle, une compétition et des performances à la hauteur des exigences du terrain de jeu.

Quelque chose nous dit que l’on ne joue pas sans raison sur les pentes du Haut-Languedoc, et que rien n’assure d’en sortir vainqueur sans péril. Il n’y a qu’à voir les performances de Richie Rude et Adrien Dailly, ainsi que leurs dauphins, pour s’en convaincre… Du moins, c’est ce que l’on tentera de mettre en évidence, sous peu, à travers l’analyse Entre les Chiffres à paraitre prochainement sur Endurotribe !

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