L’épopée sud-américaine des Enduro World Series 2018 est passée. Après un gros mois et demi de coupure, place désormais à trois manches européennes, une par mois jusqu’à Whistler en août. A commencer par la manche française, ce week-end !

Où en sommes nous à l’issu des deux premières rounds ? Que faut-il attendre de cette étape française ? Voyons ce qu’il en est…

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes – Photos : Enduro World Series


 

Au sommaire de cet article :

 


Un spot réputé mais…

C’est au coeur du Haut Languedoc, coincé entre le Caroux et le Naudech, que se cache le village d’Olargues. C’est donc dans l’arrière pays héraultais qu’a lieu le troisième round des Enduro World Series 2018.

Un spot réputé mais étrangement pas si connu qu’il ne le mérite. Terre de souffrance pour certains puisqu’il accueille l’Epic Enduro depuis plusieurs années maintenant, il fût aussi un lieu de villégiature privilégié en fin de saison pour les enduristes des années 2008 à 2011. Le bon vieux temps…

Mais délaissé par nombre de pilotes français, puisque certains alpins et niçois ignorent parfois ce spot… Le spot est donc connu mais pas tant ! A quoi faut-il donc s’attendre ? De la terre ? Des cailloux ? Des racines ? 

 

 


Conditions karstiques

Le Caroux est un massif escarpé et taillé dans la roche granitique. Quelques genêts frottent les mains en bout de guidon mais c’est surtout du cailloux qui vient frapper les roues !

Et il ne faut pas compter sur le Pic de Naudech pour rendre les choses plus confortables. Cette fois, c’est le schiste qui entaille les gommards. Une roche plus glissante et plus friable qui évite… tout contact inopportun avec la terre ?! Ouf, sauvé !

Facile à imaginer, moins facile à rouler. Pente, vitesse, technique : voici les trois adjectifs pour cette manche. Si la pluie s’invite au bal, les choses seront, pour sûr, très compliquées. Mais ce n’est pas prévu pour le moment :

 

 

 


Programme & parcours

Enduro World Series oblige, le programme offre deux jours de reconnaissance avec un mix de remontées à la pédale et en navette, suivis des deux jours de course habituels. Pour les jours de course, seule une première navette le matin permet de gagner quelques précieux mètres de dénivelé, le reste de la journée se poursuit à la pédale !

Au menu :

  • le samedi : 45km, 1000D+/1470D-, 4 spéciales dont la dernière est une urbaine, très courte dans le village d’Olargues. Une journée sur le Caroux qui ne s’annonce pas des plus physiques de par ses liaisons, mais qui laissera des traces par ses spéciales : 6 à 7min chacune ! De plus, petite spécialité locale, qui devrait mettre sur un pied d’égalité relatif tous les pilotes : pas de passage au paddock, ni de zone technique avant la spéciale urbaine. La moindre casse mécanique sur les 3 premières spéciales, naturelles et sauvages, pourrait coûter très cher au classement !
  • le dimanche : 36km, 1576D+/2195D-, 4 spéciales aussi. Un jour plus long et plus pentu que la veille, sur le Pic de Naudech cette fois. Certainement la journée décisive, qui marquera le corps et les esprits. Un passage au paddock à la mi-journée cette fois-ci. 6 à 7min pour chaque spéciale aussi. Dont la spéciale 7, les Crêtes XXL, la plus pentue et la plus technique du week-end, qui pointe le bout de son nez en fin d’épreuve. Possiblement le juge de paix de cette manche, un prévisible tournant de fin de parcours !

 

 


Aux avant-postes

On prend les mêmes et on recommence. Oui, mais cette fois il faut tout de même tenir compte des deux premières manches. Hill, en tête, l’est déjà avec de l’avance. Il sera certainement à l’aise sur ce terrain sec et rocailleux, un peu comme chez lui.

Cependant, un Damien Oton très à l’aise lui aussi sur ce terrain pourrait faire parler la poudre. En plus, je le sens plus que chaud bouillant pour empocher cette manche ! Mais dans cette logique, on peut compter sur bon nombres de frenchies. Ils affectionnent particulièrement ces terrains sec et techniques : Nicolai, Tordo, Dailly, Quéré sont des noms à retenir !

Les doutes se portent plus sur les étrangers qui découvrent à chaque fois ces nouveaux terrain rocailleux et techniques, typique des manches française hors massif alpin : actuellement second du général, Wallner tiendra-t-il sa position ? Melamed, Callaghan, Scott & co laisseront-ils la boue derrière eux ? Sauront-ils dompter le caillou ?

 

 


Impitoyables sur leur terre

En fait, il faut surtout miser sur les deux locaux, et pas des moindres : Théo Galy et Youn Deniaud. Respectivement 7ème et 5ème du général des EWS. À la maison, ils connaissent le moindre cailloux, le moindre chêne vert, la moindre trace… Mais sauront-ils “rouler à la maison” ?

Et oui ! Il n’est jamais aussi facile qu’on le prétend de rouler, ou plutôt de concourir, sur ses propres terres. Le soir on se retrouve chez soi avec ses habitudes quotidiennes, son lit, etc. Mais la pression, l’envie de bien faire, la ferveur ambiante et les proches et tout ce qui va avec sont à double tranchant : Possiblement motivant comme déstabilisant. 

Quoi qu’il en soit, ils seront redoutables et ont certainement le couteau entre les dents. Car chacun peut espérer à la victoire sur cette manche “à la maison”!

 

 


Filles : bis repetita placent

Chez les filles aussi, Cécile Ravanel pointe en tête avec de l’avance, mais Isabeau et Katy sont toujours à ses basques ! Cependant, sur cette manche, Cécile et Isabeau, toutes les deux habituées de la poussière et du cailloux partiront avec cet avantage certain.

Derrière, deux françaises pourraient bien jouer aux avants postes : Morgane Charre et Mélanie Pugin. Elles s’orientent désormais vers l’Enduro. Avec leur passé en DH et leur bagage technique, nul doute qu’elles pourraient venir jouer les trouble-fêtes sur cette manche.

Aussi, victorieuse à l’Epic Enduro cette année, Laura Charles, cross-country girl repentie, pourrait pointer le bout de son nez dans le haut du classement. Plus ardéchoise qu’auvergnate ces derniers temps, elle commence à dompter la gravette !

 

 

Juniors

L’Américain Duncan Nason pointe en tête ! Mais saura-t-il apprivoiser le terrain français ? Juste derrière Elliott Heap. L’Anglais, saura-t-il lui aussi se familiariser au terrain ?

Nathan Secondi et Eliott Baud, en bons juniors, ont les dents longues et sont prêt à tout pour subtiliser cette manche. Les Français ont encore une fois ici l’avantage du terrain.

Une manche qui s’annonce animée et mouvementée chez les juniors, d’autant plus qu’ils sont jeunes, fougueux et sans retenue !

 


A quoi donc s’attendre ?

Une manche française dans la norme des Enduro World Series en terme de dénivelés par jour, de kilomètres, de temps cumulés de spéciales, du nombre de spéciales, etc. Mais aussi dans la norme française ! Comme à Millau l’an passé, à l’avantage des français sur les terrains naturels et techniques. On peut donc s’attendre à ce que l’histoire se répète !

Cependant, à Olargues, les traces sont plus roulées, plus larges et plus travaillées et permettent à tous de s’exprimer. Une chose est sûre, cette troisième manche mettra en avant les pilotes complets et préparés physiquement ! Sur un tel terrain, dans un tel cadre… On ne pourrait rêver mieux pour voir le gratin mondial s’affronter. Que le spectacle commence !

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