Pour le Scott Genius 2018, l’heure du verdict a sonné… Et quel verdict ! Ou plutôt, quel essai ! Parmi la forêt de configuration possible identifiée dans les tuyaux, encore faut-il s’y retrouver : format de roues, position de géométrie, réglages des suspensions…

Logique pourrait-on dire : au catalogue de la marque, il n’y a plus que le Scott Genius 2018 entre le Spark de Cross Country et le Gambler de Descente.  Le Scott Genius remplit-il pour autant tout cet espace ? Pas tout à fait ! Il se situe davantage du côté du premier, que du second. Voilà pourquoi…

 


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Au sommaire de cet article :

 


Scott Genius 710

4899 euros
13,52kg (vérifié, taille L, sans pédales, roues / pneus / montage en chambre d’origine 27,5+)

C’est un premier constat : multi-compatible, le Scott Genius ne règle pas la question du choix. Il poursuit même sur la voie chère à la marque : offrir différentes options et différents ajustements. Comment s’y retrouver ?! Tour d’horizon des configurations Roues/Géométries et leur viabilité…

 27,5x2,5 pouces27,5x2,8 pouces29x2.4 pouces
Position LOWNON > Boitier très bas, touche facilement les manivelles au pédalage, même avec les blocages activés.Presque > plus roulable qu'avec pneus en 27,5x2,5 pouces / position Low : à condition de faire usage des blocages au pédalage. OUI > Vélo dans sa configuration la plus Enduro : avec ses angles couchés et ses roues précises, il se prête plus à la vitesse et l'engagement.
Position HIGHOui > Vélo dans sa configuration la plus Trail/All-Mountain, idéal pour terrain lent et sinueux.Oui > même esprit qu'avec pneus de 27,5x2.5 pouces / position High, mais plus tolérant / moins précis dans le pilotage. NON > boitier et centre de gravité haut, cette solution n'a pas de véritable intérêt : plus à perdre qu'à gagner !

Il y a donc des configurations plus pertinentes que d’autres, et certaines limites à ne pas franchir. À ce sujet, il ne faut pas confondre possibilités de réglage et polyvalence du vélo. C’est l’objet de la suite de cet article : quoi qu’il en soit, le Scott Genius 2018 est un vélo All Mountain avant tout.

 

 


Configurations particulières

Ce sont deux configurations d’essai particulières, suggérées en commentaire de la première partie de cet essai, qui m’en convainquent. Elles permettent de cerner les limites du Scott Genius 2018.

La première, avec une fourche en 160mm de débattement – châssis plus rigide et hauteur plus importante – que la Fox 34 en 150mm. C’est l’occasion de constater que cette dernière est le premier facteur limitant dans la pente et/ou au freinage quand on hausse le rythme : elle peut fléchir.

“Mixer ?! Pourquoi pas cette fois-ci..!”

Avec une fourche en 160mm plus haute, ça renforce l’idée qu’au plus il a d’angle, au plus le Scott Genius s’endurise. Mais dans ce cas, c’est la précision du train arrière qui devient le facteur limitant. Sous les appuis : ça travaille parfois un peu trop pour un usage Enduro très prononcé.

Finalement, c’est la seconde configuration particulière mise à l’épreuve qui me permet de cerner le vélo : roue avant de 29 pouces qui apporte un zeste de précision, roue arrière de 27,5 pouces + qui masque un peu, ensemble qui fournit une géométrie capable d’encaisser…  Pourquoi pas ?! 

 

 


Héritage préservé !

À force de passer d’une configurations à l’autre, j’en tire les traits de caractère propres au Scott Genius 2018. Je les confirme dans la lignée des précédentes versions. Bon pédaleur au train, moins en danseuse où ça peut pomper sans usage des blocages. Peu d’inertie dans tous les cas. Un sentiment qui va de pair avec la légèreté dont il fait preuve à la manœuvre.

L’ensemble s’accorde avec le comportement du vélo au niveau du boitier de pédalier : très libre en début de course, de toute façon posé sur l’air plus que sur l’hydraulique. En observant de plus près : 2 cales dans la Fox 34 et un réducteur de volume spécifique dans l’amortisseur… La progressivité est travaillée : il n’y a pas de hasard. À l’usage, il est de toute façon évident que l’hydraulique est avant tout optimisée pour que les blocages soient efficaces. C’est très à propos ici.

Si le pari de la marque était de passer d’un point de pivot fixe à virtuel sans perdre son âme, il est donc réussi. Je boucle cet essai avec cette impression avant tout : il est bien plus évident que le Scott Genius est fidèle à ses devanciers, qu’il ne s’en démarque véritablement.

 

Quels réglages ?

Dans tous les cas, ce constat ne peut que traduire le travail de la marque, notamment en matière de suspension. De ce côté là, pour le coup, il n’y a pas à tergiverser. Tout est dimensionné de manière cohérente vis-à-vis du reste du vélo. Pas de fausse note.

On peut pinailler d’un clic de détente ou de quelques % de SAG d’une position de géométrie ou d’un train roulant à l’autre… Mais globalement, que ceux qui ne veulent pas se compliquer se rassurent : le Scott Genius peut changer de configuration sans nécessiter de modifier les réglages de suspension immédiatement.

Et quoi qu’il en soit, l’usage du Twin Lock reste le même : l’écart entre position ouverte et intermédiaire suggère de faire usage des deux, même à la descente. Le second apporte alors une certaine stabilité au triangle avant, intéressante quand les mouvements de terrain s’accentuent.

RéglagesAvantArrière
SAG28%30%
DétenteMoitié ouverte, ou à peine plus fermé
Moitié ouverte, ou à peine plus fermé
CompressionsOuverteOuverte
Token / Spacers2 d'origined'origine

 

 


Comment ça se pilote ?!

Le Scott Genius est un vélo qu’il faut laisser faire, qu’il faut laisser travailler. Ses suspensions sont peu chargées en hydraulique, son cadre pardonne, les pneus “plus” quand ils sont utilisés, peuvent apporter un niveau de travail supplémentaire… Pas la peine de brusquer l’ensemble, autant en tirer parti : être à l’écoute des réactions du vélo et les suivre, y répondre, les encadrer de quelques ajustements bien sentis.

Tout juste faut-il se soucier du moment où l’on atteint les limites, et s’en prévaloir. Notamment si le format de roue(s) retenu ou le matériel à disposition permet de passer d’une position de géométrie à l’autre. En position haute, le vélo se pilote les jambes relativement tendues, et tourne dans l’instant. En position basse, il pousse à s’asseoir davantage, jouer des jambes, et repousse la vitesse limite à laquelle il peut saturer.

 

 


Pour qui, pour quoi ?!

Dans tous les cas, les suspensions du Scott Genius saturent passée une certaine vitesse. Leur plage de fonctionnement et la précision de leurs réglages n’est pas aussi large que l’on pourrait l’imaginer, vu la polyvalence dont le vélo doit faire preuve. Compenser par le choix d’une géométrie plus agressive (position Low) permet d’élargir le spectre. Mais dans ce cas, c’est la précision du châssis (cadre+fourche) qui limitent.

Je tiens cette logique d’un ensemble de séances d’essai balayant l’ensemble des pratiques du comparateur d’essai Endurotribe. C’est sur elles que je fonde mes propos et qui explique en quoi je le positionne plutôt sur des pratiques Trail, All Mountain et vélo de montagne, que sur les autres colonnes du tableau de positionnement. Seuls les pilotes les plus fins et les plus légers auront accès à un spectre très large à son guidon.

“Le vélo de monsieur tout le monde”

D’une certaine manière, le Scott Genius 2018 s’apparente donc au bon vélo de monsieur tout le monde. La bonne berline, avec pas mal d’options, pas nécessairement la sportive nerveuse à souhait. Mais assurément un vélo passe partout. C’est bien ce que l’on est en droit de demander sur ce segment-là. En tout cas, il en faut.

Évitons simplement aux enduristes endurcis ou précédents pilotes de Scott Genius LT de fonder de faux espoirs. Le Scott Genius 2018 n’est pas aussi polyvalent qu’on pourrait l’imaginer. Il laisse, entre lui et le Gambler, un espace à combler.

 

 


Vis-à-vis de la concurrence

C’est pourquoi je le compare à certains modèles précis parmi ceux qui sont déjà passé à l’essai Endurotribe. Les plus All Mountain du panel…

  • vis-à-vis du Orbea Occam AM, le Scott Genius confirme qu’il est plus tolérant et plus “flexible” que le concurrent espagnol, plus dynamique et rigoureux.
  • Dans l’âme, le châssis du Scott Genius fait un peu penser à la version carbone du Canyon Spectral avant qu’il ne soit rénové fin 2017 mais le Scott n’a pas le même visage coté suspension : il a plus de mouvements d’assiette dont tirer parti, ou à surveiller, c’est selon. Il est clairement moins “entre deux mondes” que son concurrent.
  • On comprend donc que d’une certaine manière, il soit aux antipodes de ce que propose un Intense Recluse : sensibilité, confort, dynamisme… L’un comme l’autre ont leurs caractères, mais quand j’y pense, tout semble les opposer.
  • Tout comme, dans un autre registre, le Scott Genius penche vers les pratiques Trail/All Mountain, comme le Devinci Troy penche côté Enduro. Là encore, la raideur des deux châssis n’a simplement rien à voir !

 

 


En conclusion

Il manque certains concurrents direct au Scott Genius 2018 dans cette liste non exhaustive. En attendant d’engranger du ressenti au guidon de certains, il est temps de conclure par l’éternelle question : Pourquoi voudrais-je le garder ? 

“Avec le Scott Genius dans l’atelier, nul doute que je dispose d’une monture qui me permette de me sentir à la fois fin, propre et minutieux, mais aussi tranquille, et apaisé. Ça peut paraître paradoxal ou génial, c’est selon… Dans tous les cas, c’est bien l’expérience à laquelle s’attaque le Scott Genius, et son pilote avec. Voilà sa raison d’être…”

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraichir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

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