D’abord présenté en alu il y a 6 mois, le Transition Sentinel fait déjà peau neuve et déboule en version carbone. Pour l’instant, nous avons dégoté à l’essai la version alu. 

Les premiers roulages mettent en évidence un caractère très fun. D’une stabilité très rassurante, le Transition Sentinel ne semble pas non plus être trop long. Speed Balanced Geometry, offset de fourche réduit, cinématique Horst Link, sont autant de spécificités à prendre en compte pour le comprendre…

Comment est donc le Transition Sentinel ? Quel est son comportement ? Est-il le même sur tous les terrains ? Comment se place-t-il vis-à-vis du marché ? Dans les tuyaux nous aiguille, le verdict valide !

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 


Transition Sentinel

1999 euros (kit cadre alu)
14,72kg (vérifié, taille L, sans pédales, pneus d’origine montés tubless)

Sur le papier, une chose nous saute de suite aux yeux : la longueur d’empattement. Particulièrement long, avec 1247mm en taille L, les premiers tours de roues ne mettent pas en évidence un vélo trop long.

Cependant, dès les premiers mètres, son caractère fun se démarque fortement. Bien assis, en confiance, il devient facilement ludique et plaisant à rouler. Dans des passages chaotiques, rapides et défoncés, il fait preuve d’une stabilité rassurante mais périlleuse tant on atteint ses propres limites avant d’atteindre celles du Transition Sentinel. Il faut savoir freiner, ma tête et ma main droite s’en souviennent. Pour l’arbre, ce n’est qu’un lointain souvenir…

Enfin, le Transition Sentinel aime les courbes à plat qui passent à fond. Comme si le train avant ne pouvait jamais nous mettre en défaut. La confiance règne donc. Mais quel détail géométrique favorise un tel comportement ? Est-ce dû à un ensemble de paramètres ou un seul ?

 

 


SBG et offset réduit font la paire

Comme sur l’Orbea Rallon, l’offset réduit procure une stabilité accrue du train avant. Il semble aussi amener plus de précision dans le sens où on cherche moins à corriger la position de la roue avant à chaque impact. Plus directif, plus incisif donc sans pour autant compliquer l’affaire. Au guidon du Transition Sentinel, on est serein et on apprécie chaque mètre passé dessus.

Comme l’avant du vélo s’allonge, Transition recentre le pilote sur le vélo. Pour cela, l’angle du tube de selle s’ouvre, pour atteindre 76,3° en taille L, certainement un des angles les plus ouverts du marché. Une optimisation qui amène avec elle un gain de confort et d’efficacité au pédalage sans équivoque, notamment après plusieurs heures de sortie.

Plus précisément, le Transition Sentinel se démarque dans les épingles en montée. L’offset réduit amène tellement de grip et de motricité à la roue avant, que même les épingles les plus serrées passent sur le vélo. Il faut le faire pour le croire. Bluffant ! Malgré son poids, le Transition Sentinel se montre donc bon pédaleur ! Pas épuisant pour un sou. Est-il pour autant bon descendeur ? Sa longueur peut-elle lui faire défaut ?

 

 


Quand la pente s’inverse !

Pour répondre simplement : oui, le Transition Sentinel est bon descendeur ! C’est même sa vocation première. Même s’il est à l’aise à la pédale, il se montre encore plus à son aise quand la pente s’inverse.

Plus c’est ouvert, plus ça file, plus le Transition Sentinel fait parler la poudre. Il ne montre aucune limite lorsqu’il s’agit d’aller vite. Cependant ce comportement est à double tranchant. A l’aise quand c’est droit et que ça va vite, il montre ses limites lorsque c’est plus sinueux, plus serré et plus plat. Quand il faut se faufiler dans les épingles aussi, sa longueur entache quelque peu sa maniabilité.

Finalement lorsqu’il faut jouer avec le terrain – pomper, pousser, tirer, etc. – et être malin pour avancer, le Transition Sentinel semble tirer la langueSes suspensions lui font-il défaut ? Pompent-elles, le rendant usant physiquement ? Comment régler le Transition Sentinel pour tirer profit de ses qualités ?

 

 


Suspensions

S’il y a bien quelque chose qui ne m’a pas marqué sur le Transition Sentinel, ce sont bien les suspensions. Elles se font facilement oublier. Peut-être même trop… Les 140mm de débattement à l’arrière peuvent faire sourire lorsqu’on sait à quoi se destine le Transition Sentinel.

Pourtant, jamais je n’ai ressenti le besoin d’avoir plus de débattement. Les 140mm semblent même en faire plus… Par contre, sachant le Transition Sentinel à la peine lorsque la sortie tourne au All Mountain, j’ai ressenti le besoin de fermer l’amortisseur Fox DPX2 en compression basses vitesses. Histoire d’affermir l’arrière et dynamiser le vélo, sans pour autant sacrifier le confort.

Quelque soit les réglages des suspensions, le Transition Sentinel reste très stable. Imperturbable, le Transition Sentinel éveille chez moi un sentiment de sérénité qui m’intrigue. Qu’est ce qui peut donc bien être la cause de cette stabilité ? Au delà des mouvements des suspensions, sa cinématique peut-elle jouer un rôle important dans le comportement du Transition Sentinel ?

RéglagesAvantArrière
SAG25%30%
Détente2/3 ouverte
2/3 ouverte
Compressions2/3 ouverte5 à 7 clics depuis fermé (10 clics)
Token / Spacers1 tokenorigine

Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes. SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre/épaule à l’aplomb du guidon.

 


Cinématique

Effectivement, malgré ses prédestinations, le Transition Sentinel est une âme tranquille, sereine. Qu’il sait retranscrire à son pilote ! Et comme son petit frère déjà testé, le Transition Patrol, sa cinématique n’y est pas pour rien !

Le système maison, le Giddy Up 2.0oh est une cinématique à point de pivot virtuel Horst Link. Cette dernière est connue pour déporter le point de pivot très en avant du vélo et procure cette sensation de stabilité. En fait, elle adoucit les mouvements d’assiette perceptible par le pilote. Qualifiés souvent de parasites, ces mouvements perturbent l’équilibre du pilote. Là, il n’en est rien !

L’harmonie qui règne au guidon du Transition Sentinel donne alors des ailes au pilote. Cette stabilité le rend très rassurant et sécurisant lorsque la vitesse augmente et que les choses se corsent. C’est ce qui participe à l’idée que le vélo est fun : sain et stable, on a envie de prendre des initiatives à son guidon !

 

 


Poste de pilotage

Sans transition, le Sentinel restylisé façon Raceco nous est livré avec une potence en 50mm. Comme trop en avant par rapport à la roue avant, j’ai rapidement senti le besoin de la raccourcir.

L’essai avec une potence de 40mm confirme ma sensation. Et l’idée émise lors de l’essai du Orbea Rallon resurgit : la longueur de l’offset de la fourche détermine en partie la longueur de la potence. Des longueurs similaires procurent plus de cohérence au train avant, et un poil plus de précision et d’assurance.

Pour monter un Transition Sentinel à la carte, il est donc important de respecter le choix d’une fourche à offset réduit et l’utilisation d’une potence aussi courte voir plus courte que l’offset de la fourche. Malgré tout, une fois les suspensions et la position réglées, la SBG impose-t-elle un style de pilotage particulier ? Ou est-ce peut-être l’offset ?

 

 


Faut-il le permis poids lourd ?

Comment ça se pilote ? Avec le sourire tout simplement… sans rire. Enfin si..! Bref le Transition Sentinel est véritablement fun à rouler. Son caractère joueur et plaisant embellit la moindre portion de sentier. Et jamais il ne demande à se forcer, à s’adapter !

Malgré sa longueur qui interpelle, il tombe sous la main naturellement. Le plaisir de pilotage est sa qualité numéro une. Est-il pour autant destiné à tous les pilotes à la recherche de plaisir ? Le Transition Sentinel s’adapte-t-il à tous les terrains et à toutes les pratiques ?

 

 

Pour tous et pour tout faire ?

Effectivement, le Transition Sentinel est facile et rassurant à piloter. Il s’adresse alors à un très large panel d’utilisateurs. Sa tolérance, sa simplicité de réglage et son efficacité au pédalage ouvre les portes à ceux qui débutent.

Cependant ce n’est malheureusement pas le pilote qui détermine ce à quoi est voué le Transition Sentinel. Comme nous l’avons vu précédemment, il éprouve quelques difficultés lorsque le terrain est plus plat. Dans ces moments, le pilote souffre physiquement pour faire avancer le Transition Sentinel.

Alors, pour tous les pilotes oui, pour toutes les pratiques non ! Mais l’arrivée du Transition Sentinel carbone peut-elle changer la donne et élargir la voilure ?

 

 


Transition Sentinel Carbon, la solution ?

Conçu à Bellingham, dans le nord-est américain, le Transition Sentinel se montre finalement très adapté à la pratique locale du MTB. C’est-a-dire sur des sentiers artificiels, créés et destinés à la pratique du VTT uniquement.

En quoi l’apparition du Transition Sentinel en carbone peut être une bonne nouvelle ? Précédemment testé, le Transition Patrol en carbone se montre dynamique, vif et énergique. Ici, le Transition Sentinel en alu révèle un manque de dynamisme et de vivacité lorsque le terrain est plus sinueux et plus plat.

Même marque, même cinématique, très certainement même méthode de fabrication laissent à penser que le carbone pourrait être la solution au manque de polyvalence du Transition Sentinel alu. Aussi, plus léger d’un kilo, il pourrait fortement dynamiser le Transition Sentinel lorsqu’il s’agit de jouer avec le terrain pour avancer. Un option à prendre en compte vis-à-vis de la concurrence…

 

 


Vis-à-vis de la concurrence ?

  • Vis-à-vis du Trek Slash, le Transition Sentinel est moins complexe à exploiter et autrement plus fun à rouler. Il est aussi plus confortable mais moins polyvalent et moins performant face au chrono même si ses limites lorsqu’il s’agit d’aller vite me paraissent inaccessibles.
  • Vis-à-vis du Orbea Rallon, le Transition Sentinel procure les mêmes sensations du train avant grâce à l’offset réduit. Alors que l’Orbea est porté par ses suspensions et le font accélérer, le Transition Sentinel, lui, est animé par sa géométrie et posé par ses suspensions.
  • Vis-à-vis du Santa Cruz Hightower LT, le Transition Sentinel est fun, mais différemment. Là où le Santa Cruz Hightower LT pousse à se prendre pour Josh Bryceland et sauter partout, quitte à être contre nature, le Transition Sentinel met davantage le beau pilotage à l’honneur : celui qui met en valeur les belles lignes, celles qui tirent entièrement parti du terrain.

 

 


En conclusion

Malgré son manque de polyvalence, pourquoi voudrais-je garder ce vélo ?

Tout simplement parce qu’il est génial ! Il est aussi simple à régler et à exploiter qu’il est fun et plaisant à rouler. Et c’est évidemment pour s’amuser qu’on va rouler, sans prise de tête ! Son rapport qualité/prix fait de lui un choix intéressant pour ceux qui se fichent du chrono. Je ne serais pas à la recherche de la performance pour cette saison d’EWS, le Transition Sentinel, alu ou carbone, serait dans le haut du panier des vélos que j’aimerais garder !  #engineered2party

 

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraichir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

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