Dans les tuyaux du Devinci Spartan 2018, l’essai est resté sur une première impression, et sur nombre de questions à son sujet. Il est l’heure de sonner le verdict : faire place aux ressentis, aux expériences et à l’analyse, pour préciser ce qui fait le caractère singulier de ce vélo.

L’exercice est ici, une fois de plus, particulier : entre filiation avec son prédécesseur, et logiques évolutions, le Devinci Spartan 2018 ne s’est pas tout de suite révélé au plus grand jour. Disons qu’il a deux visages, qu’il a fallu saisir pour faire le tour de la question… Action !

 


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Au sommaire de cet article :

 


Devinci Spartan Carbon GX Eagle

5899 euros
14,12kg (vérifié, taille L, sans pédales, pneus montés tubeless avec préventif)

Petit rappel… Le Devinci Spartan dispose de deux positions de géométrie : High & Low. Ça n’a l’air de rien, mais ici, c’est essentiel de l’avoir à l’esprit. Pour la bonne et simple raison que ces deux positions ont une influence sur la méthode de réglage du vélo !

Autant, le Devinci Troy est très abordable au sens où quelle que soit la position, il est aisé de trouver un équilibre facilement… Autant, le Devinci Spartan, aux traits de géométrie et de cinématique différents, semble être plus exigeant en matière de réglage. C’est un peu une diva en la matière.

Que ceux qui s’imaginent débuter directement en position Low et souder passent leur chemin. À ce petit jeu, il est tout bonnement difficile de charger l’avant, même à 32,5% de SAG, token retirés et compression ouverte. Cette configuration est à réserver à certaines circonstances, on va y revenir…

 

 

Procédure de réglages

Pour l’heure, je conseille de régler le vélo en position High. C’est ainsi qu’il est plus facile à régler. Pas autant que son petit frère, mais dans l’esprit, on s’y retrouve facilement. SAG et position dans les plages de détente identiques entre avant et arrière… Sur cette base facile d’accès, le vélo fonctionne : assiette équilibrée, poids du pilote transférable d’avant en arrière, on tire vite parti du vélo…

Surtout, cette étape simple permet de ne pas se perdre ensuite.  Le piège en position Low ?! L’avant a tendance à rester haut, ou l’arrière à trop plonger. Une machine très trop joueuse, difficile à dompter pour le commun des mortels. L’amortisseur ne dispose pas de réglage fin en compressions, ce qui incite à une initiative : freiner la détente de 3 clics devant, pour tasser le train avant et pouvoir y monter dessus…

RéglagesAvantArrière
SAG30%30%
Détente2/3 ouverte (high)
+ 3 clics freinée (low)
2/3 ouverte
+0 à 1 clics freinée (low)
Compressionsouverteouverte
Token / Spacerssans celui d'origineorigine

Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes. SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre / épaule à l’aplomb du guidon.

 

 


Ce qu’il a d’un Devinci

C’est selon ce protocole de réglage précis que l’on s’y retrouve au guidon du Devinci Spartan… Et que l’on peut dire ce qu’il a véritablement d’un vélo de cette marque canadienne si réputée : ce train arrière compact, facile à placer, et qui participe au caractère particulier du Spartan dans plusieurs domaines.

En matière de saut, de pump, de bunny-up et de manual, les 4mm de base supplémentaires semblent juste à propos pour adopter le même style de pilotage qu’avec le Troy, avec la stabilité nécessaire pour tout faire quelques km/h plus vite. Ni plus, ni moins. C’est facile, joueur, dynamique, réactif…

Il n’y a guère qu’au train où ça ne suffit pas pour offrir un vélo très efficace. Assis sur la selle, il roule convenablement, mais debout sur les pédales en danseuse, pas de miracle. Il pompe et incite, comme son petit frère, à faire usage du blocage de la suspension, ou du moins, de la plateforme.

 

 


Split Pivot ?!

Tant qu’on parle des prestations du train arrière, arrêtons nous quelques secondes sur le Split Pivot et son influence. Elle porte sur la notion d’Anti-Rise, le comportement de la suspension, frein arrière actif. Deux cas de figures peuvent se produire : soit elle tend à s’enfoncer, soit elle tend à se détendre.

Vu sous un autre angle, soit elle reste active, soit elle se fige. Dans les deux cas, il est aussi intéressant de voir si cette tendance est constante sur tout le débattement, ou si elle évolue. Ici, le Split Pivot se démarque sur les deux tableaux.

“constant, neutre, équilibré quoi qu’il arrive…”

Au freinage – que ce soit une lichette ou un coup de patin – la suspension reste assez neutre. le grip est bon mais la précision participe à cette impression que le train arrière est compact, précis, facile à décaler/placer. Enchaîner avec l’appui en courbe se fait naturellement, sans mouvement de suspension superflue.

Surtout, cette sensation reste constante où que l’on soit dans le débattement. Les réflexes de coup de frein peuvent s’exprimer sans mettre en péril le pilote. D’autres vélos sont plus soft encore dans ces cas de figure – le Rocky Mountain Slayer notamment – Mais d’autres y sont bien plus pointus – Ibis Mojo HD4 dernièrement.

 

 


Ce qui fait la différence

Entre position High et Low, on l’a compris, le Devinci Spartan offre deux visages. Quels sont-ils ?! La différence se situe en premier lieu au niveau du rayon de courbure naturel du vélo. En High, il est logiquement plus court. En Low, il s’élargit. La différence est notable au point de nécessiter d’en tenir compte dans son pilotage.

“Tourner court ou élargir…”

Le premier permet de tourner court, de manière impulsive, voir au dernier moment. Ça rappelle ici le Troy, le fameux. Le second pousse à s’asseoir sur la roue arrière, d’incliner le vélo, d’élargir les trajectoires et de s’appuyer sur les crampons latéraux pour mordre le sol et tenir la ligne. Solution n°1 idéale pour les parcours sinueux – Solution n°2 quand c’est plus rectiligne et rapide…

 

 


Double usage ?

Au point d’envisager un double usage du Devinci Spartan 2018 ?! Oui, en un sens ! Pour ceux d’entre nous dont le niveau de pilotage le permet, je considère ce vélo à propos pour prétendre au rôle du vélo idéal, capable de rouler dans les petits massifs l’hiver, avant de migrer à la montagne et en station l’été.

“High l’hiver, Low l’été…”

De ceux d’entre nous qui habitent la Provence, la côte d’Azur, le Haut-Languedoc, le Massif Central, les Causses, les Vosges ou le Jura tout au long de l’année – désolé pour ceux que j’oublie – et qui ne résistent pas à l’appel des Alpes ou des Pyrénées une fois la neige fondue et les remontées mécaniques ouvertes.

 

 


Quand franchir le pas ?!

Une aubaine pour ceux qui sauront s’habituer au changement de position sur quelques runs. Une opportunité moins évidente pour d’autres, moins alertes et promptes à se prêter à ce petit jeu là. Dans ce cas, le Devinci Spartan est-il tout de même à propos ? Oui, pour une bonne raison.

En position High, il a déjà ces capacités d’encaissement et ce caractère Devinci appréciable. Passer à la position Low peut représenter un objectif, un but, une progression… Et le Devinci Spartan s’y prête. Disons que le jour où la pente s’accentue, que la vitesse augmente…

Que l’on commence à envisager de sortir des trajectoires conventionnelles et que l’on ressent le besoin d’un vélo au caractère exacerbé, à la fois plus dynamique et plus serein à haute vitesse, le moment est venu, et l’expérience gratifiante une fois maitrisée…

 

 


Frères d’arme !

Toujours est-il que depuis le début, j’aborde le Devinci Troy et joue le jeu de la comparaison dans mes propos. Alors, le Devinci Spartan est-il le gros Troy dont on peut rêver ?! Oui ! Il a bien, pour lui, cette réserve de débattement qui lui permet de moins buter et mieux encaisser.

Il garde donc la vitesse plus naturellement, et dispose des ajustements de géométrie qui permettent d’y faire face. Il a pour autant, ce trait de caractère joueur du frangin, même si, il faut bien le reconnaitre, il est un petit cran en dessous en matière de réactivité. Logique respectée.

“en position Low, le Devinci Spartan va un cran plus loin”

Celui de la haute vitesse et de l’engagement. ceux qui sauront charger l’avant quand ça le nécessite, et suivre le rythme quand ils auront poussé fort sur le boitier dans les appuis, goûteront à quelque chose de plus jouissif encore.

Deux frères d’arme donc : le petit, facile d’accès et joueur quoi qu’il en soit. Le grand, qui prend le relais pour assurer les deux barreaux d’échelle suivants. Beau boulot, au détail prêt que le Devinci Spartan est moins accessible, en matière de réglages notamment. On touche ici aux limites.

 

 


En conclusion ?!

Alors, quoi dire à l’issue de cet essai ? L’heure de l’éternelle question a sonné : Pourquoi voudrais-je le garder ?! 

“Le Devinci Spartan est le gros Troy que j’attendais j’espérais. Il me réconcilie d’une certaine manière avec les grands débattements, même si son petit côté capricieux en matière de réglage me fait dire qu’il s’agit peut être d’une limite dont on s’approche ici. Toujours est-il qu’il vante la belle action, le beau geste et l’engagement… Et que ça, j’apprécie par dessus tout !”

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraichir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

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