27,5, 29 pouces… Éternelle question… Où donner de la tête ? Chez Trek la décision est prise. Le Trek Slash fait partie des vélos d’Enduro 150/160mm du marché uniquement proposé en roues de 29 pouces.

Qu’importe ce choix, Endurotribe continue de porter un œil critique à tous les formats et à toutes les possibilités. Et puisque la marque fait partie des enseignes phares toutes catégories de vélo confondues, le Trek Slash est le bienvenu à la rédaction.

Un système de suspension propre à la marque américaine, un amortisseur spécifique, un tube diagonal original… Autant de points qui nous intriguent à l’idée de tester ce vélo. L’essai complet du Trek Slash est donc “dans les tuyaux”…

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 


Trek Slash 9.7

D’abord présenté en 2017, le Trek Slash rempile pour 2018. Cependant, le découpage de la gamme évolue : fini les modèles “Race Shop Limited” haut de gamme, seulement 2 modèles et un kit cadre. L’apparition d’un amortisseur spécifique évoque que Trek ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers.

D’ailleurs, des lauriers, parlons-en ! Depuis l’an dernier, les pilotes du Trek Factory Racing écument les EWS au guidon du Trek Slash. Dans toutes les catégories et avec quelques podiums à la clé : René Wildhaber gagne en outsider chez les Masters à Finale, Katy Winton, au fil des saisons, monte en puissance chez les féminines et l’ancien descendeur, Lewis Buchanan, continue de bien figurer.

Qu’il soit bleu clair ou rouge flambant, au vu des résultats du team, le Trek Slash semble être un racer né

 

 

Sobriété

À première vue, le Trek Slash propose des lignes habituelles et reconnaissables à l’ensemble de la gamme. Elles semblent immuables, quelque soit le débattement. De sorte que chaque vélo – le Session de Descente, le Remedy d’Enduro, le Fuel de All mountain – apparaît comme un frère du Slash.

Le Trek Slash se montre d’une sobriété hors du commun. Certes, mais les détails sont bien pensés et bien visibles : l’art de ne rien laisser dépasser, de ne rien oublier, de tout anticiper…

Sans éplucher la gamme complète des Trek Slash, un détail ne saute pas aux yeux. Sur le Trek Slash 9.7, les bases et les haubans sont en alu. Plus on monte en gamme, plus le carbone est présent. C’est ainsi que le Slash 9.8 reçoit des haubans en carbone et, le kit cadre, des haubans et des bases en carbone.

 

 

Triangle avant inhabituel

Effectivement, le triangle avant en carbone reste commun aux 3 modèles – 9.7, 9.8 et kit cadre. Mais son architecture interpelle les plus attentifs : un tube diagonal massif et droit.

Peu commun actuellement ; il optimise la rigidité globale du triangle avant, mais peut interférer avec le té de fourche lors d’une chute. Par conséquence, Trek innove une nouvelle fois : place au jeu de direction Knock Block qui évite la rotation sans fin de la proue et protège le cadre.

 

 


Géométrie à deux visages

Le Trek Slash regorge de technologies et respire l’innovation. Quelque soit le niveau de gamme, il est monté avec un offset, le Mino Link, à la jonction entre les haubans et la biellette. En l’inversant, on peut jouer entre 2 géométries : une ouverte et une plus ouverte. En effet, il permet d’ajuster les angles de 0,5° et la hauteur du boitier de 7mm.

Par conviction – l’Enduro n’est elle pas l’occasion de monter pour mieux descendre ?! – je commence par rouler le Trek Slash dans la position la plus ouverte et la plus basse. Je parle donc de la géométrie dans cette position, pour le moment.

Sur les premiers vélos d’Enduro 29 pouces du marché, les ingénieurs avaient préféré conserver un angle de direction assez ouvert – proche des 67° – pour contrer la perte de maniabilité due aux grandes roues. Actuellement encore, la majorité des enduro 29 pouces ne dépassent pas la barre des 65,5°. Trek semble d’un autre avis, la proue du Slash impose un beau 65,1°.

Pour le reste, le Trek Slash se classe dans la moyenne du marché pour un taille 19.5 – équivalent taille L : hauteur de boitier à 345mm, empattement de 1219mm, bases de 434mm, reach de 445mm et stack de 628mm. Du classique et éprouvé.

 

 

Angle du tube de selle remarquable

C’est à ce moment qu’une pause didactique s’impose. Deux angles de selle sont parfois mentionnés dans les géométries : angle de selle réel et angle de selle “visuel”. Le premier est l’angle qu’aurait le tube de selle s’il n’était pas coudé. Le second est celui qui nous saute aux yeux lorsque l’on regarde le vélo, c’est l’inclinaison de la tige de selle. 

Ici c’est flagrant : le Trek Slash affiche 73,6° d’angle réel et 64,3° d’angle “visuel”. Vis-à-vis des concurrents, l’écart est important et mérite d’être souligné. Est-il perceptible une fois sur le vélo ? A-t-il une incidence majeure ? L’impression visuelle interpellant, le verdict d’essai doit en dire plus à ce sujet.

 

 


Suspat’ maison

Sur le Trek Slash, les choix de suspension méritent de s’y attarder. Une fois de plus les compromis sont propres à la marque. Comme le Devinci Spartan fraîchement testé, le Trek Slash profite d’une cinématique Split Pivot. Dénommé ici ABP – Active Braking Pivot – il a pour but de réduire l’impact des forces de freinage et d’accélération que subit l’amortisseur.

Pour 2018, Trek opte également pour un amortisseur spécifique dénommé RE:aktiv.  Il s’agit d’un Rock Shox Deluxe spécialement développé pour le Slash et optant pour le Thru Shaft – technologie remise au gout du jour par la marque et censée apporter de la sensibilité. Une initiative bienvenue si l’on tient compte du ratio de la cinématique, proche des 2,9 en début de course.

Enfin, cet amortisseur propre au Slash présente quelque chose d’intriguant : une bonbonne déportée dans laquelle se loge une valve schrader, à la portée de l’utilisateur…

Bref, tant de dévouement et de spécificités laisse présager une suspension de haut vol. Bon sang, qu’en est-il sur le terrain ?!

 

 

Toujours plus ?

Pour résumer : une géométrie rassurante, une suspension optimisée et atypique, une foule de détails judicieux et pratiques, un esthétique classe et sobre à la fois. Tant d’adjectifs… Cependant, comment qualifier le Trek Slash à la première impression ?

Et bien, je suis sans appel, premiers tours de roue et je suis bluffé ! Le chrono, lui aussi, est abasourdi ! Monté entièrement d’origine, SAG à 30%, le vélo est un glouton de vitesse. Jamais rassasié, le Trek Slash semble prendre sa propre vitesse.

Puisqu’il en veut toujours plus, je rentre dans son jeu. Dans ces conditions, j’avoue que pour mon premier test au sein de la rédaction Endurotribe, je suis autant gourmand en kilomètres et en dénivelés avec ce Trek Slash, qu’il se montre affamé de vitesse.

 

 


A quoi s’attendre ?

Autant dire qu’après une telle mise en bouche, je suis déjà impatient d’en apprendre plus, et d’en dire plus au sujet de ce Trek Slash. N’est-ce pas ?!  Si c’est partagé, c’est que le suspense est à son comble et que le l’âme du Trek Slash semble attirer toute l’attention.

Une attention que je dois justement accorder aux détails pour cerner le Trek Slash. Pourquoi et comment accélère-t-il de la sorte ? Est-il véritablement un racer né ? Est-il inaccessible pour autant ? Seule l’épreuve du terrain lèvera le mystère.

Ressentis, analyses et explications, à venir lors du Verdict d’essai, sous peu !

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