Pour diverses raisons, le Canyon Spectral peut-être considéré comme l’un des best-sellers de sa génération. Depuis quelques années, c’est une constante, il fait partie de nombreuses discussions. À ses débuts, prix et équipement de ce modèle de VPC étaient deux arguments chocs…

Jusqu’à ce que, peu à peu, les retours du terrain fassent leur chemin et gagent les esprits. On ne saura d’ailleurs jamais vraiment si produire l’un des trail bikes les plus polyvalents de son époque était la véritable volonté de la firme allemande aux débuts du Canyon Spectral.

Toujours est-il qu’au moment de dévoiler la nouvelle mouture de son fer de lance, la marque semble enfoncer le clou. Une approche qui n’est pas pour déplaire au verdict d’essai rendu il y a quelques mois, au sujet du désormais ancien modèle… Voici notre analyse du Canyon Spectral, millésime 2018 !

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Photos : Canyon


 

 

Le Canyon Spectral, jusqu’ici…

Pour faire synthèse de nos propos au sujet de la précédente génération du Canyon Spectral : il s’agissait d’un de ces rares modèles entre deux mondes. À classer aux côtés d’un Devinci Troy ou d’un Specialized Stumpjumper.

De ces vélos aussi capables de randonner le dimanche matin que de prendre le départ d’une Megavalanche. À son apogée, le Canyon Spectral avait pour lui une géométrie fortement inspirée de son grand frère d’Enduro, le Strive.

Autant dire qu’il avait de quoi attirer bien des convoitises pour nombre d’entre nous. D’autant que relativement facile d’accès, financièrement et techniquement, il a le chic pour permettre à bon nombre de s’initier, puis de prendre de bonnes habitudes pour progresser.

 

 

Ce que l’on pouvait lui reprocher…

Reste que l’ancien Canyon Spectral n’était pas exempt de tout reproche. Quelques observations ressortaient même de nos différentes publications à son sujet. En premier lieu, sa suspension arrière, conçue en un temps où les deux plateaux étaient encore légion : rendant le vélo parfois un peu pataud à la relance.

Sa biellette principale, conçue de deux pièces indépendantes et aux bras de levier importants, ensuite :  pour peu qu’un appui marqué fasse travailler un côté plus que l’autre, l’axe principale vissé d’un côté pouvait avoir tendance à se desserrer, au point de nécessiter une surveillance régulière.

Enfin, et ce sont des impressions forgées il y a peu à l’essai des dernières générations de 27,5 pouces : la géométrie que l’on pouvait considérer d’avant-garde devenait plus consensuelle face aux dernières évolutions en matière de reach, de stack et de hauteur de boitier mise à l’épreuve. Couplé à quelques standards manquants – boost, largeur de jantes et pneus acceptés – le Canyon Spectral en devenait perfectible et moins concurrentiel, sur le papier, du moins…

 

 

Canyon Spectral 2018 – La bonne nouvelle ?!

L’annonce du nouveau Canyon Spectral, telle qu’elle nous parvient aujourd’hui, sonne donc comme une nouvelle intéressante. Pour la simple raison que sur le papier, le discours avance certains arguments que l’on était en droit d’attendre.

On pouvait apprécier le Canyon Spectral pour son rôle Entre deux mondes bien plus polyvalent et drôle que son aspect pouvait laisser présager. La marque allemande annonce qu’elle entend proposer, avec ce nouvel opus le vélo le plus fun possible.

Voyons donc dans les détails si cette annonce, sa concrétisation et les observations au sujet du précédent modèle démontrent une certaine corrélation. C’est, somme toute, un bon réflexe pour juger de ce qu’il en est…

 

 

Côté suspension…

On constate qu’en matière de suspension, on parle le même langage. Ceux d’entre nous qui sont habitués aux notions de cinématique, de ratio, de progressivité, d’anti-squat et d’anti-rise seront ravi. Pour les autres, pas de crainte. On constate simplement que la manipulation des paramètres va dans le bon sens.

En révisant sa cinématique, le Canyon Spectral gagne en anti-squat. Un paramètre connu, entre autre, pour permettre au vélo d’être plus dynamique à la relance, mais parfois de lui faire perdre en sensibilité. Le Canyon Spectral suggère qu’il compense, dans ce domaine, avec une courbe de ratio qui la favorise en début de course.

Une course d’amortisseur plus importante – 55 à 60mm contre 51mm – pour un même débattement à la roue – 140mm – et le tour est joué. La cinématique en profiterait pour offrir également plus de maintien en milieu de course, avant d’offrir le même visage progressive que par le passé.

 

 

Côté fiabilité…

Côté fiabilité, certains arguments, tels ceux des montages de roulements et de la nouvelle catégorisation du vélo, vont dans le bon sens si tant est que désormais, la marque reconnait pleinement que son Canyon Spectral pousse à l’excès une fois à son guidon.

Ainsi, le Canyon Spectral est désormais de catégorie 4 sur l’échelle des usages normalisés. Anciennement catégorie 3, il est maintenant sur le même plan que le Strive, modèle Enduro de la marque. Un engagement fondés sur des heures de conception, d’essai et de validation.

Raison pour laquelle, pour l’heure, on se contente de noter les choix sur lesquels reposent la nouvelle suspension. L’amortisseur est désormais en prise direct avec les haubans, non reliés, guidés par une biellette, elle même bien plus courte que l’ancienne et toujours en deux parties distinctes.

 

 

Tendances, astuces et finition

Cinématique clairement corrigée, fiabilité misée sur une conception différente, reste à jeter un oeil aux dimensions : +5mm de reach, +13mm de stack, quelques millimètres au niveau du boitier, des bases qui restent à 430mm… Des chiffres dans la tendance, sans être excessifs non plus.

Surtout, un travail différencier pour les petites tailles S et XS : autre course d’amortisseur, autre positionnement du centre de gravité – plus bas dans le vélo – le Canyon Spectral explore certains axes de développement intéressants.

Raison pour laquelle, aussi, on accorde un certain crédit, du moins une certaine attention, aux détails de finition dont il peut faire preuve…

 

 

Qu’en penser ?!

Le message va dans le bon sens. Du moins, sur les principaux éléments de conception, ceux qui font le caractère intrinsèque du Canyon Spectral, la nouvelle mouture promet des choses intéressantes. Déclinés en version full carbone, mixte carbone / aluminium ou tout aluminium, la nouvelle gamme Canyon Spectral a tout pour donner suite au succès de sa devancière.

Reste qu’ici, plus que jamais, rien ne remplace l’essai et le terrain. En matière de suspension, les paramètres évoqués peuvent être capricieux et vite compromettre une dynamique pas parfaite, mais largement plébiscitée jusqu’alors. Qu’en est-il désormais ?

C’est, en somme, ce qu’un possible essai demande à vérifier. Caractériser et quantifier les dernières évolutions, les positionner vis-à-vis de la concurrence, préciser l’étendue des nouveaux usages auxquels le Canyon Spectral se destine…

Et bien sûr, répondre aux questions et commentaires que cette parution peut susciter en commentaires, ci-dessous !

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