Rivieride – trois passionnés du Sud de la France, Gaetan Riou, Andres Biersteker et Morgan Icardi – ont été pas mal occupés cette année : rouler, rouler, rouler et produire de l’image en chemin. Pour son Journal 003, Onlywhatsnecessary les a envoyé en mission au pays basque afin de rapporter quelques souvenirs de leur escapade. Au programme : des collines, des montagnes, une côte magnifique, une culture à part entière et des pistes à découvrir.

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes / Photos : Variable Visual


 

 

L’herbe est plus verte sur l’autre côte

Si vous ne savez pas qui se cache derrière le trio de Rivieride, sachez qu’on débarque du Sud Est de la France, pas bien loin du berceau d’un bon nombre de talents et de légendes du MTB.

Nous nous nommons Andres, Gaetan, et Morgan et en grandissant sur la French Riviera nous avons commencé à rouler sur la caillasse, dans la poussières et sous les pins parasols. Après des années passées à rouler ces chemins hostiles et à regarder des vidéos filmées entre fougères et terre légère, nous ne pouvions nous empêcher de penser que l’herbe était plus verte ailleurs.

Nos chemins rugueux ont fini par nous inspirer un trip estival et nous avons rapidement convergé sur le pays basque comme destination. Cette région à cheval entre la France et l’Espagne est pour nous synonyme de relief, de forêts, de vagues et on a jamais oublié cette (maintenant vieille) vidéo appelée Pista Prest Dago. A priori, nous devrions donc y trouver de quoi rouler et surfer. Certes, c’est pas la Colombie Britannique, la Nouvelle Zélande ou la destination de base de plusieurs web vidéos… Mais le concept d’un trip familial et dépaysant en se donnant seulement la peine de traverser le pays pour partir découvrir de nouveaux sentiers nous a séduit. Ajoutez l’opportunité d’aller goûter les saveurs de la gastronomie basque, et je pense que vous savez à peu près comment nous nous sommes décidés.

Cap à l’Ouest !

 

 

Installation et découverte des lieux

Gaëtan est parti en éclaireur avec sa famille sur les lieux. Le camp installé, il a pu commencer à aller repérer les alentours.

Pour commencer, découverte du village d’Espelette et de ces fameux piments. Un démarrage pas seulement en douceur, avec la dégustation d’un chocolat au piment local. Ensuite, une autre spécialité locale : le surf. Petite balade sur la côte afin de repérer les spots et regarder les locaux surfer vers Anglet. Le mode de vie des basques est totalement validé lorsque le postier du coin débarque en tenue de tournée pour se changer et aller prendre quelques vagues après le boulot.

Morgan arrive le lendemain, après avoir pris le temps de transformer au mieux son utilitaire pour pouvoir y vivre une semaine. A peine réunis, nous entamons une première recherche des pistes aux alentours à l’aide de nos téléphones. Nous sommes rapidement forcés de constater qu’au pays basque les spots de surf sont plus facile à trouver que les sentiers. Trailforks est simplement vide, et les pilotes gardent méticuleusement Strava hors ligne pour s’assurer la quiétude de leur prochaine sortie (ou peut être pour préserver l’existence des sentiers par toujours légaux ?).

C’est donc en demandant poliment qu’Alex, un ami du coin, nous a donné quelques informations sur les pistes autour de la frontière.

 

 

BONNE PIOCHE

C’est malgré la surprise du mauvais temps (pour nous : de la pluie), auquel nous ne serons décidément jamais préparés, que nous nous sommes mis en route pour un premier tour de roue. C’est avec la famille de Gaëtan au complet, et après avoir abandonné les smartphones, que nous nous sommes orientés vers la recherche du meilleur paysage, plutôt qu’une recherche sans fin à base de géolocalisation.

Devinez quoi ? Nous avons tranquillement rouler à vue vers le spot le plus mythique de la région ; celui de la vidéo Pista Prest Dago. Et nous n’y avons pas découvert que les drop, les relevés et les sauts de la vidéo, mais carrément quatre pistes. Avec des départs alignés de droite à gauche en fonction de leur technicité, c’est un vrai petit bike park qui se trouvait en face de nous, à 45 minutes de notre point de départ. Partis seulement à la recherche d’un point de vue, nous étions entrain de jouer avec la meilleure pioche possible !

Échauffement avec première descente sur ce que nous appellerions volontiers un tracé de cross country (si seulement ils ressemblaient toujours à ça…), une piste complètement naturelle avec un flow parfait. On enchaine avec un tracé sur lequel les obstacles s’enchaînent avec un rythme idéal. C’est pas énorme, mais le plaisir vient de la confiance qu’inspire la construction. Une pente plus prononcée et agrémentée de relevés, et de sauts modestes. Le tout, posés exactement où il faut ; si bien, que personne n’hésite à se lancer dès le premier passage. On poursuit avec une jump-trail où la taille des obstacles devient respectable. Là encore, la construction est solide. L’idéal pour préparer un excès de confiance sur la piste de la vidéo avec son drop sérieux et ces doubles à passer sans toucher les leviers de freins. On saura s’arrêter là suffisamment tôt ce jour là, avec l’optique de revenir filmer.

La session restera mémorable, avec l’idée de départ d’une sortie familiale qui se finit sur ce qui s’apparenterait à une double noire dans n’importe quel bike park.

 

 

Passage en Espagne

Alex nous a conseillé d’aller faire quelques descentes du côté d’Irun, après la frontière espagnole. Nous chargeons donc les vélos pour aller découvrir ce nouveau terrain de jeu à 30 minutes de notre camps de base. En demandant notre direction une fois sur place, nous comprenons rapidement qu’il y a du dénivelé négatif à exploiter.

La piste roulée ne nous décevra pas : une descente relativement longue au vu du dénivelé positif à remonter, avec 3 sections bien différentes.

Une première partie à travers les arbres, plein gaz sur les feuilles mortes. Elle conduit directement dans des passages plus raides, avec ce qui ressemble à de la terre battue, serpentant dans des canyons creusés par l’écoulement de l’eau. A ce niveau la moitié des troncs d’arbres sont couchés, et le paysage est rendu unique par des kick construits en appui sur ces arbres par les locaux. La section finale se fait sur des épingles, dans la pente. Elle déboule directement sur la piste en terre pour le retour au sommet du spot.

La descente est rapide, mais le plaisir est indéniable. La recherche de vitesse sur le haut, le passage dans les compressions du canyon avec une adhérence incroyable, puis les sauts qui amènent jusqu’au murs d’épingles, tout s’enchaine et pousse à l’engagement sans s’inquiéter de ce qui va se présenter au prochain virage. Ces deux minutes d’adrénalines dans les châtaigneraies espagnoles correspondent parfaitement au trip découverte dans lequel on s’est embarqué, et aux surprises qui en découlent.

 

 

Au delà du Ride

L’une des activités phares du Pays-Basque c’est le surf. Nous qui allons surfer de l’automne au printemps en Méditerranée quand la météo penche plus côté houle que côté sentiers, devions aller à l’eau dans le grand bain.

Certaines choses ne changent jamais au long de l’année sur la riviera : on a pas de marée, le sable ressemble souvent à du gravier fin et les plages ne font que quelques centaines de mètres de long. C’est pourquoi après avoir filmé chaque partie de piste qui nous amusait, on a passé notre soirée sur la plage d’Hendaye qui doit bien faire son kilomètre de long, avec une centaine de surfeurs à l’eau, et un sable fin et doux entre les orteils…

Pour ceux qui pensent que le VTT c’est un sport difficile, n’essayez pas le surf ! Le surf est certainement l’un des sports les plus ingrats que l’on peut avoir envie d’essayer. Une dépense énorme d’énergie pour quelques secondes de glisse, qui n’arrivent quesi vous avez réussi à vous lever sur la planche au bon moment pour dompter la puissante vague que vous avez choisie.

Cette soirée là, les vagues semblaient apaisées et faciles à prendre, et la clé pour réussir était simplement de trouver sa place dans l’océan. Au bord de cette frontière marine baignait une marée de surfeurs de diverses nationalités. Au fur et à mesure que le soleil fuyait derrières les collines espagnoles, nous étions à la recherche du moment parfait offert par le rythme lent des vagues, en contemplant les luminaires des rues françaises et espagnoles s’illuminer les uns après les autres, jusqu’à la nuit tombée.

 

 

 

Cet autre Sud

Au milieu de deux pays et réunit autour d’une culture, le Pays Basque, cet “autre” Sud de la France, est une mine d’or en terme d’enduro. Nous reviendrons un jour, c’est certain.

Par ailleurs, pour explorer réellement ce petit coin de collines les pieds dans l’océan et ses diverses pistes il faudrait rester au minimum une quinzaine de jours.

Le Pays Basque est comme la French Riviera sur certains points : une côte, des collines, et une gastronomie. Mais il offre également une météo totalement différente, une nature et une culture incomparables. On pourrait presque penser qu’on a traversé l’océan Atlantique vers un autre pays.

En y repensant, c’était une expérience unique de prendre les chemins de traverses au lieu des spots alpins bondés que tout le monde s’empresse de rouler dès le printemps et jusqu’à saturation.

Parfois le pari de rechercher une piste au petit bonheur la chance ne donne pas satisfaction, mais partir en quête d’aventure c’est vivre le moment présent. Cela ne comblera peut être pas toutes vos attentes, mais vous garderez toujours un souvenir vivant de cette soif de découverte une fois rentré à la maison.

 

Le film “Là-bas”

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