L’an passé à la même période, le Santa Cruz Hightower passait entre nos mains. Les conclusions étaient sans équivoque : au départ destiné au Trail & All Mountain, quelques astuces permettaient d’en faire un Enduro 29 pouces intéressant.

Néanmoins, il fallait bidouiller un peu pour en profiter. Logique donc que l’on ait accueilli l’annonce du Santa Cruz Hightower LT de belle manière. Peu ou prou, les évolutions entre les deux modèles devaient permettre de faciliter l’accès au grâal…

Qu’en est-il véritablement sur le terrain ?! On a mis la main sur un des premiers exemplaires disponibles à l’essai pour vérifier tout ça. Voici donc un nouveau verdict d’essai Endurotribe : celui du Santa Cruz Hightower LT…

 


Temps de lecture estimé : 10 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 


Les sept différences.?!

8399 euros, modèle d’essai Hightower LT CC X01 29 Reserve, FOX 36, kit X01 
12,980kg (mesuré, taille L, pneus d’origine montés tubeless avec préventif, sans pédale)

Depuis l’annonce du Santa Cruz Hightower LT, nombre de questions fuse à propos de ce qui change réellement entre les deux versions. Les triangles avants et arrières du LT sont-ils différents ? Les biellettes du LT sont-elles compatibles avec celui de l’an passé ? Le cadre du LT est-il toujours compatible 27,5+ ?

Je peux comprendre l’intérêt de ces questions, je me les suis moi-même posé un temps, jouant au jeu des sept différences entre les photos de profil des deux montures… Jusqu’à ce que je mette la main sur le Santa Cruz Hightower LT, et que j’en tire certaines conclusions : à l’usage, il offre tout le bien que l’on prêtait au Hightower endurisésans avoir à bidouiller.

Les possesseurs de Santa Cruz Hightower n’ont donc pas à trembler. S’ils ont suivi nos conseils l’an passé, ils roulent à 85%, sur l’équivalent d’un Santa Cruz Hightower LT, en avant première, depuis un an. Détaillons les quelques nuances qui séparent les deux pour en cerner ou non, leurs intérêts…

 


Ce qu’il en reste…

À l’essai, je retrouve sur le Santa Cruz Hightower LT les bonnes qualités que je prêtais à son prédécesseur. Il suffit de quelques mètres pour profiter du bon pédaleur qu’il est. Dès que la chaîne se tend, la suspension se fige, et les watts passent à la propulsion. Parmi les meilleurs enduro 29 pouces dans ce domaine. Testé et approuvé avec différentes paires de roues, dont des moins dynamiques que les Santa Cruz Reserve d’origine.

Le reste du temps, la suspension reste pleinement active et surtout, propose toujours cette réserve qui la caractérise. Même déjà bien consommé par plusieurs impacts, le débattement semble toujours en avoir en sous le coude. De quoi parer à l’imprévu et affronter les sections défoncées, où l’on a pas toujours l’occasion de détendre les suspensions avant de frapper à nouveau l’obstacle. Dans ce domaine, je place les capacités du Hightower LT au même niveau que son prédécesseur.

 


La part des choses…

Le Santa Cruz Hightower LT repose pourtant sur une certaine évolution : de 135 à 150mm de débattement arrière. On pourrait donc lui prêter des capacités supérieures, mais soyons clair : celles du Santa Cruz Hightower sont déjà exceptionnelles pour son débattement. À l’usage, les 135mm en valent plus !

L’impression se tient avec l’idée que la courbe de ration du Hightower – plus courbée et dégressive en début de course – pousse la suspension à plonger davantage dans son débattement. Phénomène créant habilement la sensation d’en avoir plus que prévu.

Biellettes différentes sur le Hightower LT : la courbe est certainement plus plate, l’impression de réserve doit désormais être assurée par la course d’amortisseur supplémentaire. Au global, l’impression de débattement est similaire. Que ceux qui pensent que les 150mm de débattement du Santa Cruz Hightower LT vont leur offrir une sensation de marge largement supérieure passent leur chemin. L’intérêt de cette évolution cinématique est ailleurs.

 

 

Constats intéressants…

Un simple constat permet de s’en saisir : le Fox DPX2 du Santa Cruz Hightower LT ne dispose d’aucun réducteur de volume en interne. Là où plusieurs spacers étaient nécessaires dans le Monarch pour éviter de trop plonger, et de ressentir un kick-back désagréable.

Il m’a ensuite suffit de monter d’autres amortisseurs en 200×57 sans spacer pour m’en convaincre : la variation de tension de chaine est moins prononcé en milieu de course. Couplé à l’anti-squat caractéristique de cette suspension, le rendu est singulier.

 

 


Ce qu’il en ressort…

Il en ressort deux choses importantes. Première, la possibilité d’utiliser un amortisseur à ressort hélicoïdal. Ces amortisseurs sont parfois allergiques aux courbes trop prononcées et nécessitent un peu de débattement pour fonctionner. Je les imaginais mal sur un Hightower. Je les conçois plus facilement sur le Santa Cruz Hightower LT.

Ceux qui ressentent un manque de sensibilité. Ceux qui veulent un vélo avec plus de maintien en seconde partie de course. Ceux qui veulent un vélo plus joueur, qui pop un peu plus que le Hightower de l’an passé peuvent trouver ici une raison de passer sur un Santa Cruz Hightower LT.

“Pourquoi passer de l’un à l’autre ?!”

Il en ressort aussi un vélo plus facile à régler. On l’écrivait l’an passé, le Hightower nécessitait de freiner un peu moins la détente de l’amortisseur, de 2 à 3 clics, que celle de la fourche. Ça n’est plus le cas sur le Santa Cruz Hightower LT.

Une particularité loin d’être insurmontable et qui ne justifierait pas à elle seule de remplacer un Hightower par un Hightower LT. Mais une évolution qui va dans le bon sens, rendant les bonnes choses plus accessibles, plus facilement.

 


Ce que ça suggère…

Ainsi, le Santa Cruz Hightower LT entre dans le clan de ces vélos qui sont moins sensibles aux réglages de suspensions. Les Commençal Meta V4.2 et Orbea Rallon R5 font de même. Voilà désormais son comportement majoritairement déterminé par sa géométrie et ses angles.

En spéciale, les aptitudes du Santa Cruz Hightower LT varient peu que l’on roule à 30 ou 35% de SAG, que l’on ait été très précis ou non sur le nombre de clics en détente ou compression. Globalement, c’est bien plus où se situent les appuis au sol – la roue avant et la roue arrière – par rapport aux nôtres – pédalier et cintre – qui détermine ce que l’on fait du vélo.

À voir Josh Bryceland et ses acolytes jouer de manière insolente avec leurs Santa Cruz Hightower LT en vidéo, je me demandais d’ailleurs quelle part leur talent peut avoir dans leurs exploits. Incontestablement, ils en ont, mais avec une suspension aussi neutre et un vélo tellement porté sur ses angles, ils ne se battent pas non plus avec leurs montures…

 


Nuance…

Je dois cependant nuancer mes propos à propos des angles du Santa Cruz Hightower LT. J’écris qu’il est facile à régler, peu sensible aux réglages de suspensions. C’est pleinement vrai en spéciale. Ça demande un peu plus d’attention en liaison.

Avec son déport, l’angle de tube de selle est très prononcé. Au point qu’un SAG trop important amène, comme sur le Hightower, à faire du pédalo. Dans ce cas, le blocage du Fox DPX2 est une solution salvatrice et limite bien le phénomène.

Une nuance qui a son importance en fonction des priorités et des préférences que l’on peut avoir. Ceux qui sont très portés sur les pratiques de vélo de montagne, de longues randuros à la pédale voir d’expériences extrêmes comme le Radon Epic ou la Transvésubienne devront nécessairement peser le pour et le contre…

 

RéglagesAvantArrière
SAG30%30%
DétenteMilieu à 2/3 ouvertesMilieu à 2/3 ouvertes
Compressionsouverte à 2/3 ouvertesouverte à 2/3 ouvertes
Token / Spacersorigineorigine

Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes. SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre / épaule à l’aplomb du guidon.

 


Que choisir ?

L’effet pédalo. Voilà en substance le seul risque identifié l’an passé qui persiste sur le Santa Cruz Hightower LT. Et la raison pour laquelle je préconise 30% de SAG, au final. Rien d’insurmontable, mais une piste à explorer pour la marque le jour où les moules du triangle avant seront à renouveler.

En attendant, que ceux qui ont investi l’an passé se rassure. Leurs Hightower ont encore une très grande valeur et quelque part, ils ont eu le nez creux en sautant le pas. Seuls ceux pour qui l’usage d’un amortisseur à ressort parait indispensable peuvent se poser des questions légitimes.

Pour les autres, tentés par les charmes de la marque californienne, la question ne se pose plus entre LT ou non : si les pratiques qui importent le plus portent sur le pilotage, l’engagement, l’adrénaline et la belle action, chronométrée ou non, c’est un Santa Cruz Hightower LT qu’il faut !

 

Vis-à-vis de la concurrence ?!

À moins que d’autres modèles concurrents fassent de l’oeil. Rapide tour d’horizon pour situer et différencier le Santa Cruz Hightower LT face aux autres 29 pouces auxquels il fait penser…

  • Vis-à-vis du Yeti SB5.5C, le Hightower LT garde son tempérament différent, compagnon auquel confier une partie du travail pour se concentrer sur le reste. À la manœuvre, il se montre désormais plus clairement posé sur sa géométrie, qu’animé par sa dynamique.
  • Vis-à-vis du Intense Carbine 29, le Santa Cruz Hightower LT peut s’avérer tout aussi efficace, mais avec un vrai soupçon de tolérance en prime qui n’en fait pas une arme ultra exigeante, notamment dans la mise à profit des réglages de suspension, moins sollicités ici.
  • Vis-à-vis du Norco Range, le Santa Cruz Hightower LT offre un esprit proche autant dans le rendu que dans la manœuvrabilité, même de petits écarts existent. Avantage au Californien lorsqu’il s’agit d’appuyer fort sur les pédales, avantage au Canadien pour la maniabilité.
  • Vis-à-vis du Orbea Rallon R5, le Santa Cruz Hightower LT reste un ton en dessous quant à l’efficacité avec laquelle il converti le moindre mouvement en vitesse ou préserve le pilote de certaines dépense énergétiques. Il peut donc être globalement plus energivore, mais concurrence lorsqu’il s’agit de tourner vif et de prendre les airs…
  • Vis-à-vis du Rocky Mountain Instinct BC, les tempérament diffèrent. Le Hightower place le pilote plus au centre, et le caractère provient bien plus des angles du vélos Tout le charme du Canadien vient de la dynamique de sa suspension et de la position qu’elle inspire : assis sur la roue arrière…

 


En conclusion ?!

Au sein d’un tel panel, cette mise à jour vers le Santa Cruz Hightower LT a au moins le chic de replacer pleinement le modèle au coeur de la pratique qui nous concerne, et finit d’effacer les quelques doutes et incertitudes que son prédécesseur pouvait soulever.

C’est en tout cas l’idée qui m’anime au moment de conclure par l’habituelle question : Pourquoi voudrais-je le garder ?

“Avec cette évolution, le Santa Cruz Hightower LT réussit le pari de ne froisser personne. Comme certains bons vins, il se bonifie avec le temps mais n’aurait déçu personne si l’on avait ouvert la bouteille plus tôt. J’apprécie la manière avec laquelle il progresse dans ce qui attrait à la belle action, et c’est pourquoi il peut remplacer son prédécesseur dans le temps. J’ai pris goût, ces derniers temps, à l’usage du ressort hélicoïdal. Il s’y prêterait bien. Mais quelle valeur devrais-je prêter à cette évolution ?”

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraichir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

Article lu 10 089 fois. Merci !