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À VTT, en Enduro qui plus est, les vibrations sont légions. Elles ne sont pas sans conséquences. Le cintre Spank Oozy 760 Trail Vibrocore propose un dispositif spécifique. On l’a mis à l’épreuve pour y voir plus clair à son sujet…

 

 

99,90€
Poids
760mm de largeur, diamètre 31,8mm, Rise de 5 ou 15mm, courbures de 4° Up / 6° back, disponible en noir, bleu ou rouge, finition matte.
Essai des version Oozy Trail 760 avec et sans Vibrocore, en rise de 15mm, sur potence Oozy Trail 50mm & Truvativ Descendant 40mm, avec grips SB3 Logo / Ergon GE1 / Lizard Skin Mac Askill – Depuis mi-janvier, dont préparations et participations au Radon Epic Enduro et à la Mégavlanche 2017.

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes


 

 

Est-ce pertinent ?

Après une longue et chaotique spéciale, il arrive parfois d’avoir mal aux mains : engourdissement des paumes et/ou douleurs musculaires à l’avant bras. Au point que tenir le guidon, serrer les freins et/ou actionner les gâchettes soient difficiles. Pathologiquement, le syndrome des loges est la conséquences la plus connue.

La qualité des appuis sur le cintre, n’est pas étrangère à l’apparition de ces phénomènes. Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte, dont deux principaux : la force avec laquelle on est amené à tenir le cintre, et les vibrations transmises aux mains/bras.

C’est sur ce second point que les cintres Spank Oozy 760 Trail Vibrocore tentent de jouer un rôle…

Au contact direct de l’aluminium, la mousse Vibrocore doit influer sur la manière avec laquelle l’ensemble du cintre vibre et résonne. La marque avance des valeurs de fréquence issues d’études médicales : les vibrations comprises entre 8 et 50Hz seraient à l’origine des maux, tandis que la fenêtre de 12 à 25Mhz serait celles où les résonances des cintres seraient les plus importantes.

Le dispositif vibrocore aurait pour incidence de décaler la plage de vibration et résonance du cintre au delà de celle qui pose pathologiquement problème. Le tout, via un procédé de fabrication relativement simple : aucune incidence sur la qualité des aluminium utilisés et un poids de l’ensemble qui reste parmis les standards du marché.

 

 

Est-ce pratique ?

Brillante pour la version classique, matte pour la version Vibrocore, les finitions des deux cintres Spank Oozy 760 Trail à l’essai offrent les mêmes côtes. Elles s’adaptent sans sourciller aux différentes potences (5N.m) et paires de poignées (2N.m) utilisées. Les deux cintres semblent disposer des mêmes proportions : largeur, hauteur, courbures. Passer de l’un à l’autre se fait en répliquant au mieux les différents réglages.

Des qualité qui vantent la production et garantissent de bonnes conditions d’essai pour procéder à la comparaison avec et sans Vibrocore. Reste une limite à cette initiative : les deux versions n’utilisent pas les mêmes qualités d’aluminium et de finition. Au point que la version Vibrocore soit plus légère de 30g à dimensions identiques, malgré la présence de la mousse en sus.

Dans les cintres équipés Vibrocore, la mousse est palpable aux extrémités. Elle s’arrête proprement à 50mm du bords. Il est donc possible, comme c’est indiqué sur les marquages, de raccourcir de 15mm, pour descendre jusqu’à 730mm de largeur.

 

 

Est-ce utile ?

Radon Epic Enduro et Megavalanche m’ont permis d’identifier précisément l’apport du dispositif Vibrocore. Au toucher, la différence entre Spank Oozy 760 Trail avec et sans Vibrocore n’est pas évidente à percevoir. Il est bien plus facile de ressentir celle entre des cintres aux matériaux ou aux dimensions différentes.

Préparé, en forme, gainé, précis dans mon pilotage, je n’ai pas à serrer fortement le cintre. Les vibrations provoquent effectivement une fatigue, sur les longs runs, passé 10 minutes (+/-2min) sur terrain chaotique. Dans ce cas, le Vibrocore joue effectivement un rôle : il réduit fortement leurs effets. Utile sur de longs runs – en montagne – ou de longue répétitions – navettes, station, journées itinérantes…

Plus fatigué, moins gainé, vélo mal réglé, les mouvements parasites du corps apparaissent : épaules qui balancent, freins plus sollicités… Moins confiant, je m’oblige à serrer le cintre pour m’accrocher au vélo. Dans ce cas, la poigne est la source des douleurs. Elles apparaissent plus tôt, avec et sans Vibrocore. Pas de miracle.

Il faut donc bien faire la différence entre poigne et vibrations pour identifier la vraie source de ses maux, et juger si le dispositif Vibrocore est réellement utile.

 

 

Quelle durée de vie ?

À force d’usage, je n’ai pas ressenti de différence de raideur ou de rendu entre les deux versions. Le Spank Oozy 760 Trail Vibrocore reste mon cintre référence du moment, que j’aime monter quand celui d’origine des vélos d’essai ne m’apporte pas entière satisfaction.

Autre aspect dommage sur ces cintres haut de gamme, la durée de vie des marquages. Sur l’un, comme sur l’autre, ils ont relativement mal vieillis.

 

 

Ce qui peut progresser ?

Dans les deux cas, ce vieillissement visuel est dommage, d’autant qu’il n’est pas à la hauteur des prestations fonctionnelles des produits. C’est donc le principal point que l’on peut souhaiter voir progresser.

Pour le reste, on peut évoquer la largeur du Spank Oozy 760 Trail. Dans la gamme Spank, les cintres plus larges – 777mm, puis 800mm – sont des modèles destinés au Freeride et à la Descente. Pour certains vélos d’essais récents, au montage raffiné, à la vitesse intrinsèque élevée et au poids sous la barre des 13kg – Intense Carbine 29, Orbea Rallon R5, Santa Cruz Hightower – j’aurais rêvé d’un Spank Oozy Vibrocore en 780mm, juste sous la barre des 300g…

Si cette initiative rend le produit moins performant sur le papier en terme de poids, qui peut le plus, peut le moins : libre à chacun de recouper le cintre s’il veut sauver quelques grammes sur la balance et se faufiler entre les arbres de son spot préféré…

 

 

La concurrence ?

Un tel produit serait alors excellemment bien placé vis-à-vis des concurrents. je pense notamment aux Truvativ Descendant aluminium à la fois un peu plus souple, un peu plus lourd et un peu plus galbé que le Spank Oozy 760 Trail.

Je pense aussi, et surtout, au Renthal Fatbar Lite auquel le Spank Oozy 760 Trail Vibrocore me fait penser : au ressenti, même impression de robustesse et de précision que le très réputé cintre à la couleur bronze. La différence se fait sur la largeur, le Spank Oozy 760 Trail étant déjà 20mm plus large – à poids proches – que son concurrent.

Elle se fait aussi sur le galbe : légèrement plus plat/droit pour le Spank – un degré de moins dans chaque direction. C’est donc sur l’aspect – celui du Renthal est inusable – et sur la présence du Vibrocore que la différence se fait.

Besoins particuliers et profils de chacun doivent donc achever les choix d’investissements propre et bien pensés.

 

 

Est-ce que ça les vaut ?

Les Spank Oozy 760 Trail sont dans la tranche des cintres aluminium haut de gamme : 74,90€ pour les version classiques, 99,90€ pour les versions avec Vibrocore. Les 25€ qui séparent les deux peut valoir la différence de qualité d’aluminium. Ils peuvent aussi être un bon placement si, à la lecture de cet essai, l’on est certain de se trouver dans le cas de figure ou le Vibrocore est un plus.

Dans ce cas, une telle somme reste dans les clous d’un cintre haut de gamme, qu’il soit aluminium ou carbone. D’ailleurs, à un détail de marquage près et quelques grammes, les cintres Spank Oozy 760 Trail avec et sans Vibrocore participent à l’idée qu’il n’y a pas que la fibre noire à considérer lorsqu’un montage haut de gamme est en projet…

Cintre Spank Oozy 760 Trail Vibrocore
Pertinent ?8
Pratique ?8
Utile ? 7.5
Durable ?6.5
Abouti ?7
Concurrentiel ?8
Bon marché ?7.5
Principale qualité ?
Précision et rendu à la hauteur des produits haut de gamme concurrents du marché.
Principal défaut ?
Vieillissement d'aspect rapide qui n'est pas à la hauteur des qualités fonctionnelles.
7.5
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Conclusion

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