Nous sommes fin juillet, la période des lancements bat son plein et les nouveautés vont bon train. À force d’en écumer les présentations, et de compléter par quelques essais bien sentis, l’évidence crève les yeux…

Plus que jamais, l’offre des vélos d’Enduro voit deux camps s’affronter : les intégristes des petites roues face aux prétentieux des grandes. On pourrait croire les premières en passe d’être supplantées par les secondes, tant certains font preuve d’audace et de progrès.

C’est sans compter sur le Giant Reign 2018, candidat à sa propre succession en matière de gros vélo d’Enduro… Et toujours monté de roues en 27,5 pouces ! De quoi ne plus savoir où donner de la tête ?! L’essentiel étant de trouver chaussure à son pied, voici de quoi se faire sa propre idée…

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes – Photos : Giant / Sterling Lorence


 

 

Succession en finesse

Si l’on parle de succession, et de finesse, c’est bien que le Giant Reign 2018 ne renie pas ses origines. Il compte toujours, entre autre, sur des roues de 27,5 pouces. À première vue même, l’héritier du trône assume sa filiation avec le précédent dignitaire du segment Enduro Giant. Esthétiquement du moins, les codes sont respectés…

Pourtant, un second regard, plus avisé, permet de déceler avec quelle finesse les lignes du Giant Reign 2018 évoluent. Si visuellement, la précédente version carbone pouvait paraître imposante, la nouvelle affine sa silhouette et offre quelques lignes supplémentaires…

Esthétiquement, le Giant Reign 2018 joue davantage la carte du lifting, que de la rupture. Il ne faut pourtant pas se fier aux impressions. Dans les détails de conception et ceux des chiffres, cette cure de jouvence recèle de certaines évolutions bien senties…

 

 

Main de fer, gant de velours…

Les apparences sont ainsi trompeuses. Plus léger visuellement, le Giant Reign évolue pourtant à l’inverse, structurellement. On s’en doute, lorsqu’un tel cadre repose sur l’articulation complexe de deux triangles très travaillés, le nerf de la guerre se situe à l’interface.

Au niveau de la biellette supérieure principalement, qui guide le triangle arrière ET transmet les mouvements à l’amortisseur. Qui plus est, il s’agit de la plus éloignée, donc de la plus en porte-à-faux, des fortes sollicitations appliquées au boitier de pédalier.

C’est pourquoi la nouvelle biellette est en composite et forgée d’une seule pièce. Elle doit apporter de meilleurs points d’appuis, et transmettre au cadre, plus qu’à l’amortisseur, certains efforts néfastes.

D’une main de fer dans un gant de velours, le Giant Reign 2018 s’affine donc aux yeux de tous, mais manœuvre en coulisse pour étendre son pouvoir de précision et sa capacité d’action…

 

 

La partition du maestro

Un petit jeu qui n’a l’air de rien, mais qui favorise certaines initiatives : en intégrant un amortisseur – Metric – de 65mm de course – contre 57mm précédemment – la courbe de ratio qui définit les 160mm de débattement du Giant Reign évolue : valeur finale équivalente, mais ratio de départ diminué.

Comme le Orbea Rallon R5 présenté il y a peu, le Giant Reign diminue donc l’écart entre début et fin de course afin de favoriser l’hydraulique de l’amortisseur, elle-même favorisée par des valeurs de ratio plus basses – 2,5 contre 2,8 en moyenne. Un initiative qui permet de jouer sur deux aspects bien connus du système Maestro :

  • Une impression de débattement abondant. C’est toujours le cas, avec une courbe de ratio très linéaire et une courbure finale très spécifique pour s’opposer au talonnage. Mais en même temps, plus d’hydraulique = plus de contrôle, donc plus forcément question de “débattre inutilement.
  • Une indépendance maîtrisée. En jouant sur la courbe de ratio, donc potentiellement l’hydraulique et le type de ressort, le Giant Reign évite de jouer avec l’anti-squat et l’anti-rise pour être efficace au pédalage. Il continue donc à défendre les arguments de son architecture : efficacité au freinage et faible kick-back.

Sans révolutionner son monde, Giant peaufine donc la partition de son système Maestro. Compatible avec amortisseurs à air et ressort, respectant les préconisations des fournisseurs de suspension Fox et RockShox en matière de variation de ratio… Jeu habile entre héritage et modernité.

 

Chiffres accordés

Ces détails de conception ne sont pas forcément faciles à appréhender. C’est pourquoi parfois, certaines marques ne s’aventurent pas à en donner le détail. Ils sont pourtant capitaux. Raison pour laquelle on se donne la peine d’enquêter auprès de leurs auteurs.

Ici, ils donnent corps à un élément clé du discours de la marque : le Giant Reign 2018 est un gros vélo, plus rapide ! Effectivement, sur le papier, il a des arguments de structure et de suspension. Voilà pourquoi aussi, un vélo déjà réputé parmi les plus longs de sa génération, s’allonge encore.

+15mm de Reach par taille, longueur de potence inchangée. Ça laisse toujours 10 à 20mm de marge, sur la plupart des tailles, pour ajuster. Logiquement, les Stack eux, ne varient pas. De quoi charger le cintre et peser sur les 65° d’angle de chasse comme il se doit ?!

 

 

La suite ?!

Voilà tout un ensemble de détails intéressants qui méritent d’être mis à l’épreuve du terrain. Place donc à la prise en main du Giant Reign 2018, effectuée sur les pentes de italiennes de Santa Caterina Valfurna. Premières impressions à lire dès à présent > Prise en main – Giant Reign Advanced 0 2018.

D’ici-là, on conclut cette présentation sur quelques détails à propos de l’offre à venir. D’un peu moins de trois mille euros à un peu plus de sept mille, le Giant Reign 2018 use entre autre d’un triangle avant en aluminium ou en carbone selon les versions. Un Modèle SX, doté de 170mm à l’avant, fait partie des plans.

S’ajoutent Les Giant Reign 1.5 – 13,8 kg, 3199€ – Giant Reign 2 – 2699€. Autres prix, poids et disponibilités à retrouver en légende de la galerie ci-dessus, au fur et à mesure que ces informations nous parviennent 😉

Article lu 17 252 fois. Merci !