Après une semaine estivale, l’Alpe d’Huez a connu une seconde moitié de week-end plus mouvementée. Les ultimes courses de la semaine de la Megavalanche avaient pourtant débuté sous les meilleurs hospices samedi matin… Explications !

 


Temps de lecture estimé : 4 minutes – Photos CR & Laurent Salino


 

 

Tout commençait pourtant bien…

Ce samedi, le soleil était radieux au dessus du Pic Blanc. Et dans la continuité de la semaine, les températures y étaient une nouvelle fois très élevées. À tel point que la plupart des participants semblait s’être fait à une évidence : la neige serait molle, et la course à pied parfois de rigueur.

Dans ces conditions, le spectacle offert aux différents départs du jour n’était pas dénué d’intérêt. VTTAE, dames puis challenger (35e au 70e des qualifications) devaient en découdre. Et face à un tel départ, les attitudes et stratégies allaient bon train.

Tout schuss droit dans la pente, pied sorti en crabe pour s’équilibrer, ou à pied vélo en mains, observer les choix de chacun était d’un grand intérêt pour certains top pilotes venus encourager les ami(e)s et trouver l’inspiration pour le lendemain.

 

 

Au courage !

Chez les dames, Isabeau Courdurier a donné une certaine leçon de courage. Pas particulièrement à l’aise dans la neige aux reconnaissances, elle n’a pas démérité le jour J : droit dans la pente, elle ne se couche qu’à mi-pente, avant de repartir de plus belle et signer le holshot de justesse.

Une performance d’autant plus impressionnante que les filles n’ont pas bénéficié de conditions faciles. Parties quelques minutes après les VTTAE, la neige était déjà totalement retournée et ravagée pour leur passage. Chapeau !

Au terme de 53min22s de course, Isabeau s’adjuge ensuite sa première victoire sur la Megavalanche. La voilà donc de retour à une forme qui doit la satisfaire davantage que la petite qu’elle tenait, la faute à un virus, fin mai. Nathalie Schneitter et Brigit Braumann l’accompagnent sur la boite.

 

 

Quand ça tourne court…

Malgré cette bonne entrée en matière, il ne régnait pas une atmosphère totalement sereine dans la station ce samedi après-midi. La faute au vent de Sud qui se levait, et à la couverture nuageuse de plus en plus présente.

Au petit matin dimanche, l’espoir était encore de rigueur puisque la pluie tant redoutée ne tombait pas. Mais c’était bien l’orage, sa foudre et ses rafales de vent, qui mettaient en péril le bon déroulement de la course. Dire qu’on pensait que la présence en nombre de pilote EWS ferait son effet… 

80km/h de souffle au sommet du Pic Blanc, une cabine de téléphérique difficile à accoster, une ligne de départ impossible à mettre en place et un risque de foudre trop présent ont donc eu raison de toutes les bonnes volontés.

Dans ces conditions, la course est donc partie à mi-pente, à quelques encablures au dessus de la station, direction le col du Poutran puis Allemont. Tout juste 23 minutes de course pour les meilleurs, et un petit goût d’inachevé pour certains, tant la plus réputée des descentes marathon s’est résumée en un sprint massif…

 

 

Partir fort, sinon rien !

Il fallait partir fort, et ne pas flancher, pour gagner la course aujourd’hui. Rémy Absalon en a fait l’amère expérience. Pas des plus réactif, le Vosgien n’a pas pu faire mieux que de remonter au fur et à mesure pour accrocher la 7eme place.

Thomas Lapeyrie, parti aux avant-postes, en a aussi fait les frais. L’auteur du meilleur temps des qualifications tient jusqu’à la moitié du mythique coup de cul de Poutran, avant de craquer face à ses poursuivant : 5eme à l’arrivée.

Devant lui, José Borges monte pour la première fois sur un podium de Megavalanche après avoir fait sensation au départ : combinaison moulante comme à la grande époque. Pas suffisante néanmoins pour se glisser parmi les trois lauréats de la compétition…

 

 

Duel au sommet ?!

En verve lors des qualifications, François Bailly-Maitre et Martin Maes se sont une nouvelle-fois distingués. Et ce, avant même de basculer à Poutran. Les deux sont en effet certainement auteurs des plus belles ascensions.

En basculant roues dans roues au sommet, François et Martin se sont alors livré une bataille épique. L’un dans un style très rond, l’autre très spectaculaire, les deux se sont rendu coup pour coup avant que le duel ne tourne à l’avantage du Jurassien.

 

 

La course presque parfaite…

Leurs efforts n’ont pas pour autant suffit pour s’imposer cette année. Devant, Damien Oton a été auteur de la course quasi parfaite. Bien parti, le Catalan a abordé le coup de cul de Poutran parmi les tous premiers, et n’a rien lâché malgré un pouce toujours douloureux l’empêchant de tenir fermement le guidon.

La tactique était effectivement très claire lorsque les pilotes prenaient connaissance de la solution de repli proposée par l’organisation. Encore fallait-il l’appliquer à la lettre, d’autant plus vu le peu de temps et d’occasion à disposition pour faire mouche.

C’est bien là le mérite du vainqueur du jour ! Damien Oton qui, quelques longues minutes avant le départ réparait son pneu entaillé en pleine liaison pour rejoindre la nouvelle zone d’envol. Il faut croire que la mèche posée dans le flanc de son pneu à même la piste, lui a fait de bonnes faveurs…

Anecdotes, stratégies, rebondissements et péripéties… Une nouvelle fois les ingrédients qui font de la Mega ce qu’elle est. Pourvu que l’an prochain, leur cuisine soit meilleure, et à la hauteur de toutes les attentes et implications de tout ceux qui apprécient se donner rendez-vous là-haut début juillet..!

 

Classements complets > http://www.timingzone.com/megavalanche-alpe-dhuez-2017/#

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