Le Guatemala est un petit pays d’Amérique Centrale, pri entre le Pacifique et la mer des Caraïbes. Avec le Mexique en frontière Nord et l’Honduras au Sud. C’est un pays de culture Maya, créant une atmosphère vibrante que l’on ressent souvent. Le pays est à moitié jungle, moitié montagneux. Avec 39 volcans dont trois actifs, les Pacaya, Fuego et Santaguito. Les altitudes vont de 1000 à 4200 mètres, voila comment je me suis pris d’intérêt pour cette aventure. Je me suis dis, “comment ça serait de rouler ces énormes volcans ?” C’est parti !

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes / Récit & photos : Tito Tomasi


 

 

Le voyage

En fait, c’était plus qu’un simple périple à vélo. Je suis parti avec ma femme un mois avant pour visiter et repérer. Un voyage magnifique entre jungle, ruines Mayas, cultures et surf. On a bien marché et je me suis rendu-compte que ça risquait d’être épique à vélo.

Ma femme est rentrée en France et moi je suis monté sur mon vélo, mon objectif était simple. Rouler un maximum de volcans, prendre le maximum de sentiers et toucher de près l’expérience sacrée du voyage…

 

 

Pacaya – Agua – Antigua

Me voila dans le centre historique de Guatemala city, capitale géante d’Amérique Centrale. Sortir de ce genre d’endroit à vélo n’est pas toujours marrant, mais j’y suis arrivé. Fonçant vers le Sud, je passais des zones de campagne sympas avant de contourner un lac et attaquer l’ascension du Pacaya. Dur dur pour les jambes après un mois d’arrêt et avec le matos sur le dos.

En arrivant sous le sommet, je dois négocier ferme avec les gardes pour qu’ils me laissent monter rouler le cône sommital. Finalement je peux monter en promettant de ne pas traîner là haut. Et honnêtement en voyant le cône en éruption je n’ai pas traîné. La lave pas loin, les souffles, les pierres qui volent…

Je file en descente, me rendant compte de ma chance, en effet le terrain est excellent pour rouler ! Je me régale sur les lignes ouvertes et rapides avant d’arriver dans le sinueux boisé.

En prenant les sentiers de paysans,  je file vers l’Ouest de la montagne et la quitte complètement évitant le parc officiel… Je me dirige vers mon prochain volcan, Agua que je vois depuis partout.

Finalement je fais la longue montée sur piste à l’arrière d’un pickup avec un groupe de locaux. Parfois pendus à l’arrière, on peine à rallier Santa Maria de Agua. Le coucher de soleil est génial ; que dire de l’ambiance d’un moment pareil.

Le lendemain me voila parti dans une nouvelle ascension, avec un portage final costaud. Mais depuis le sommet à 3780 mètres la vue est magnifique. Je peux voir les volcans Acatenango et Fuego, ce dernier étant en éruption et envoie des nuages de poussières impressionnants !La descente commence dans le cratère, dans les blocs et les épingles et finalement le sentier devient extrêmement ludique avec des canyons de sables super plaisants. Je rejoins le bas du volcan toujours vers l’Ouest, roulant les sentiers en bords de champs. Et arrive à Antigua. Antigua est l’ancienne capitale, véritable musée à ciel ouvert c’est une ville magnifique avec ses rues pavées et ses 39 églises.

Je me repose là une journée entière mangeant au comedor et buvant du thé froid toute la journée.

 

 

Acanetango – Lac Atitlan

Me voila parti pour le volcan le plus populaire du pays, la montée est brutale avec environ 5 heures de portage. Vers la fin, on peut enfin voir le volcan Fuego en plein activité. En arrivant au camp de base, je retrouve Elmer, mon guide pour la même montagne un mois avant, je l’aide pour le feu et profite du spectacle.

Le soleil se couche et la lumière joue avec les fumées gigantesques de Fuego. Heureusement que je me trimbale un bon sac de couchage car les nuits sont fraîches au dessus de 3000 mètres.

Vers 5 heures, je remets le vélo sur le dos et dans la nuit, termine l’ascension. En haut le lever de soleil est spectaculaire, quel beau moment. Et que dire du ride derrière ? Cette montagne est aussi magnifique qu’elle est grandiose à rouler ! Du pur bonheur d’en haut à en bas, du sable mou aux parties rapides en terre, puis la forêt native et enfin les champs avec des trails sablonneux rapides !

Je continue la descente, traversant champs et villages et toujours vers l’Ouest entame une traversée de 80 kilomètres sur sentiers et pistes vers le lac Atitlan. Ce géant entouré de volcans est une beauté. Je profite du coin, roulant autour du lac sur les montagnes au bord du l’eau et à la fin je traverse un bout du lac sur un bateau.

 

 

Santa Maria – Tajulmulco

A ce moment du périple, je me sens super bien et j’ai envie de tout rouler. C’est à ce moment que je rajoute le Tajulmulco sur ma liste. Il faut donc gagner un peu de temps pour être sûr de ne pas rater mon avion de retour ! Je quitte le lac et le coin à bord d’un bus, le vélo sur le toit. J’arrive à Quetzaltenango, une jolie ville et pars explorer les alentours pour un super ride. Ça promet.

Puis un matin, je quitte la ville, traversant une immense plaine dans le brouillard pour commencer l’ascension du Santa Maria. Dans la montée, je m’arrête pour aller voir un volcan actif qui est collé aux flancs du Santa Maria, le Santaguito. Malheureusement les nuages arrivent trop vite et j’ai à peine le temps de l’admirer deux minutes. Je termine mon portage et arrive enfin au sommet, à 3772 mètres d’altitude.

Le paysage est fou car je peux voir tout le chemin parcouru mais aussi le prochain objectif ! Mais ce ne fut pas ma meilleure idée de monter ce volcan, en effet les 200 premiers mètres de dénivelé sont inroulables… Ensuite ce sont épingles, pièges et pente qui m’attendent. Plus bas le sentier devient ludique et la fin est épique, sur un terrain sablonneux ouvert et rapide.

Je rentre a Quetzaltenango, reprends mes affaires et file vers San Marcos. La ville construite sous le Tajulmulco à 1500 mètres, il me faut toute la journée pour monter à 3200m où je fais mon campement dans les bois, encore une fois avec un carton récupéré et servant de matelas.

Je quitte les bois dans la nuit après deux attaques de chiens sauvages voulant me piquer ma nourriture. Je termine la terrible ascension, par la route pavée d’abord puis un portage. C’est vraiment immense, j’assiste au lever de soleil sur un paysage de collines et de volcans spectaculaire.

Le sommet est très différent, très rocailleux et clair, le vent souffle fort. Une belle ambiance montagne sur le plus haut sommet d’Amérique Centrale culminant à 4200 mètres. La descente est variée et super. Mais surtout longue ! Quasiment que du sentier pour redescendre à San Marcos.

C’est la fin du périple, de la ville je prend un bus pour rallier Antigua et rouler encore un peu avant l’avion. Quel bel endroit.

Ce voyage fut magnifique, simple et grisant. Avec énormément de rencontres et un sentiment d’aventure authentique. Un moment intense dans la vie d’un vététiste et d’un humain, parce que tout ceci n’était pas juste une histoire de vélo, mais c’était à propos de la vie et de la poursuite du bonheur. Regarder le soleil, saisir des opportunités et être heureux.

Les vélos ne sont que des morceaux d’alu, ce sont juste des outils.

La vie est une chance. Aloha

tito

 

Le film

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