Les essais VTT sont parfois de véritables enquêtes. D’un ressenti à son explication, il faut parfois creuser un moment.  D’une impression à sa confirmation… Il y a parfois un long processus avant que la cohérence apparaisse. Parfois, c’est aussi tout l’inverse.

L’évidence est telle qu’elle en est presque perturbante. Ne suis-je pas en train de passer à côté de quelque chose ?! C’est un peu, en substance, l’étrange sensation avec laquelle j’ai dû composer à l’essai du Transition Patrol Carbon, avant de me rendre à l’évidence.

Les choses sont claires et limpides à son guidon. Tout est à sa place, joue son rôle, a sa marge de manoeuvre et ne parasite pas le voisin. Peut-être la clé pour expliquer l’extrême polyvalence et les très bonnes prestations du vélo en toutes circonstances, ou presque… Verdict d’essai du Transition Patrol Carbon..!

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes


 

 

Transition Patrol Carbon Kit 2

6395 euros
13,08 kg (vérifié, sans pédale, taille L, pneus tubeless, roue arrière avec Arch MK3)

L’intuition première était la bonne : le Transition Patrol Carbon fait partie de ces vélos très faciles à régler. J’ai beau tourner autour du pot, jouant tour à tour des réglages disponibles, le même caractère sain et efficace se dégage de cette monture.

Intrinsèquement, il renferme en lui plus de 80% de ce qui fait son comportement. Les molettes et pressions à disposition ne laissant influer que sur les 20% restant. La crème, celle que les passionnés, comme moi, aiment manipuler pour leur fierté et leur satisfaction toute personnelle.

C’est ainsi qu’en fonction des terrains, on peut naviguer de 30 à 35% de SAG avant/arrière. Le plus faible sur les terrains lisses, peu pentus, que l’on prête à une pratique All Mountain sage, en plaine ou petits massifs. Le plus important lorsque la pente se prononce, que la vitesse augmente et que le sol devient chaotique.

Je procède de concert avec les détentes : à la mi-course pour les SAG les plus faibles, au 2/3 ouvert à SAG importants. Pour le reste : token, spacers, compressions, hydraulique interne de l’amortisseur… Les gars de Bellingham semblent faire le bon boulot pour nous, tant c’est en accord avec une certaine conception de la pratique…

RéglagesAvantArrière
SAG30% à 35%30 à 35%
Détente-10 à -14/20-5 à -7/10
Compressionsouvertouvert
Token / Spacers0d'origine

Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes.  SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre / épaule à l’aplomb du guidon. 

 

 

Le bon feeling

Plus que jamais au guidon du Transition Patrol Carbon, j’ai le sentiment d’être en quête du graal : cet état d’esprit conquérant qui mêle engagement et observation. Quels que soient les gestes entrepris, c’est un prêté pour un rendu.

Si je tire sur le cintre pour profiter d’un appel : les airs et la réception sont un régal de légèreté. Je m’abaisse sur mes appuis pour mettre de l’angle en courbe : le son des crampons qui mordent le sol en dit long sur l’instant vécu. À la relance sur quelques mètres : le Transition Patrol Carbon se régal à conserver l’élan sur les suivants…

All Mountain, Enduro… Difficile de faire entrer le vélo dans une case. Ce qui est bon à son guidon ?! L’action ! Qu’importe le programme ou le profil, tant qu’à un moment donné, il y a plus que le paysage et les blagues des potes à se mettre sous la dent.

 

 

Saine répartition

J’en viens pourtant à m’interroger : pourquoi ce sentiment ? Je pourrais faire la liste des éléments du vélo qui livrent de bonnes prestations… Mais au fur et à mesure, une autre impression m’anime. Le sentiment qu’il n’y a pas de mauvaise interaction de l’un à l’autre.

C’est à dire ?! Un exemple ! Les suspensions font leur job premier. Quoi qu’il arrive, elles encaissent sans sourciller et le grip persiste. Les 155mm arrière donnent le sentiment d’encaisser comme 170mm tout en offrant la réactivité et le maintien de 140mm. Le dynamisme entier du vélo se marie aux caractéristiques du Rapid Recovery, la détente haute vitesse RockShox.

À aucun moment, leur prestation ne remet pas en cause l’assiette et la dynamique du vélo. C’est la tâche confiée à la géométrie. L’une ne parasite pas l’autre. Même sentiment en matière de réactivité, lorsqu’il faut pomper ou relancer. Aux suspensions le grip et l’encaissement, à la géométrie la prise d’appuis et l’initiative.

 

 

Chacun son job

Dans les tuyaux de cet essai, je soulignais une des caractéristiques de la cinématique : un point de pivot virtuel projeté loin devant. Une particularité qui explique cette impression de respect et de bonne répartition des taches. Chacun son job. Un prêté pour un rendu.

Un sentiment encore conforté au moment du rituel changement de roues et pneus. Le cadre du Transition Patrol Carbon y dévoile toute sa qualité dynamique. Je ne parle pas de raideur, parce qu’il n’y a pas de mauvais coup de raquette. Mais bien de précision.

La largeur de la jante arrière a bien son influence. Ici, la Arch MK3 apporte dynamisme et précision. Mais dans les proportions qui lui sont propres : une once, rien de plus. Le dynamisme du vélo n’y est pas suspendu, comme c’est parfois plus le cas…

 

 

Des watts à revendre…

Dans les tuyaux de cet essai, je soulignais aussi la simplicité avec laquelle le montage du vélo s’envisage. C’est autant le cas à l’usage. Sa conception est telle que chaque élément à son rôle à jouer. Ni plus, ni moins. Pas un qui prenne l’ascendant sur les autres. Rare et exemplaire, à souligner.

Il suffit par exemple de jouer sur la raideur des roues et/ou des pneus pour ajuster le toucher du terrain et le compromis précision/tolérance que l’on souhaite exploiter. Dans tous les cas, je retrouve un dynamisme et une vivacité intéressante au pédalage.

Que ce soit au train, ou en danseuse, le Transition Patrol Carbon restitue l’énergie comme rarement ai-je eu l’occasion d’en profiter. Notamment pour un vélo doté d’autant de capacité et de débattement. Je n’ai pas l’occasion de rouler la version aluminium de ce vélo, mais voyons ici un bon indicateur tout de même.

Très peu de chance en effet, que l’autre matériau implique une différence suffisante pour renverser la vapeur. Tout juste devrions nous lui prêter un degré de tolérance supplémentaire pour les plus exigeants en la matière.

 

 

Pour qui ? Pour quoi ?!

Je suis partisan du principe qui peut le plus, peut le moins. À quoi bon, après tout, développer des produits élitistes s’ils ne répondent qu’à une infime partie d’entre nous ?! Je suis servi avec le Transition Patrol Carbon.

Facile à régler. Logique répartition des taches entre chaque poste. Pas d’interaction complexe à saisir. Une base saine ! Est-ce le vélo de monsieur tout le monde pour autant ? Non ! Encore faut-il vouloir se prêter au jeu.

Celui de profiter de sa géométrie racée, taillée pour se lâcher. Nouvel exemple ?! Long vélo + angle de direction couché = de l’angle ou du nose-turn pour tourner. Dans tous les cas : une initiative à laquelle le vélo se prête facilement. La question reste : est-ce que le pilote aussi ?!

 

 

 

Privateer of the year ?!

Une incitation à la débauche qui participe au profil de pilote idéal pour le Transition Patrol Carbon. Celui de privateer of the year. Ce pilote, talentueux, sorti de nul part ou presque, qui met toutes ses billes sur une saison pour faire la Coupe du Monde et marquer de bons points, faire le tour du monde et se gaver de quelques-uns des meilleurs trails de la planète.

Une réalité de globe-trotter fortuné qui ne concerne que très peu d’entre-nous, certes… Mais une douce utopie qui en inspire certains. Surtout, une fiction volontaire pour grossir les traits et placer le Transition Patrol Carbon dans un environnement qui lui convienne, et nous aide à le comprendre.

Après tout, la firme de Bellingham n’a pas de représentant parmis l’élite mondiale des Enduro World Series. Pourtant, à voir ce que le Transition Patrol Carbon est capable de faire de l’énergie qu’on lui confie, j’en connais qui apprécieraient de lui en donner pour briller… Il ferait en tout cas partie de ma short-list si je devais envisager un tel projet.

 

 

Conclusions

Ce dernier paragraphe répond donc presque par anticipation à la question rituelle qui parachève chaque verdict d’essai Endurotribe : pourquoi voudrais-je garder ce vélo ?

“Le Transition Patrol Carbon est un adepte du précepte un prêté pour un rendu. Il n’y à qu’a voir ce qu’il fait de l’énergie qu’on lui confie. Sain, dynamique et sacrément taillé, l’arme idéale pour ceux qui, comme moi, aiment prendre l’initiative quand l’occasion se présente. Et ce, où que ce soit, tant sa polyvalence détonne. L’arme idéale pour chasser les meilleurs trails : le Transition Patrol Carbon le fait savoir quand on met la main sur un bon…”

 

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraichir la page si le tableau ne s’affiche pas)

Comparées à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > par rapport aux autres, qu’en penses-tu..? rendez-vous sur la page du Comparateur d’essais VTT Endurotribe pour en savoir plus >  http://www.endurotribe.com/comparateur-essais-vtt-2016/

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