Il est 4h15 du matin, et les pilotes de la vague 1 s’élancent guidés à la lumière de leurs frontales. C’est ici qu’a commencé cette journée pour moi, avec comme compagnon ma caméra embarquée et mon VTTAE Radon Slide 140 Hybrid enfourché pour l’occasion. Avec une assistance, ce sera plus facile pour moi de courir après les participants, et vous suivre tout au long de ce joli dimanche de Pâques…

 


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A en faire tourner la tête

Le Radon Epic Enduro est une course d’Enduro au Nord de Béziers, à Olargues, au coeur du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc, dans les Montagnes du Caroux. Il ne s’agit pas d’une course tout à fait classique car elle s’affiche aujourd’hui comme la plus dure au monde. Cela pourrait paraître exagéré mais lorsque vous regardez le programme affichant 114km, 4800m de dénivelés positif/négatifs et 10 spéciales chronométrées, le doute nous saisit au moment du dernier “clic” qui validera l’inscription.

Pour les meilleurs et suivant les éditions, les trois boucles depuis Olargues se feront en 11 ou 12 heures. Cette année, certains auront passé plus de 15 heures sur le vélo et sans se perdre, mais juste à suivre le tracé…  Sachez tout de même que lors de cette course, il n’y a aucun perdant, car tout le monde se voit récompensé. Les finishers de la boucle 1 se voient remettre l’Epic de Bronze, ceux de la boucle 2 l’Epic d’Argent, et, le tant redouté et espéré Epic d’Or pour les plus valeureux.

J’utilise volontairement le terme Enduro car il ne s’agit ici pas d’un marathon. Entrecoupée en portes-horaires à respecter, lors de cette course seuls les temps de spéciales comptent et déterminent le classement final, donc rien ne sert de courir… Quoi-que.

Elle s’imagine dure, c’est le cas, elle s’imagine longue, c’est le cas, elle s’imagine fatigante, c’est le cas également, mais on peut aussi l’imaginer humaine, hors du commun où tout le monde se côtoie. On roule et discute avec des pros, des amateurs, des débutants. Lors de ma participation l’année dernière j’ai rencontré, échangé et tissé des liens en une journée avec autant de personnes qu’en 3 mois autour de chez moi. On prend le temps de se raconter nos spéciales et passages aux arrivées, on rigole, on découvre et on roule sur des trails totalement fous et incroyables à tous les niveaux…  le terme hors-norme prend ici tout son sens.

C’est à tenter au moins une fois dans sa vie de vététiste.

 

 

J’y vais mais j’ai peur

Pour ce reportage Endurotribe en immersion, j’ai parcouru à vos côtés la boucle 1, une partie de la 2 et le début et fin de la 3, avec deux batteries, 3 crevaisons et un pneu déchiré… (rires)… je ne pouvais guère faire plus. Et oui, le terrain ne m’a pas épargné non plus ! Nombreux sont les participants avec qui j’ai pu échanger tout au long de cette course dantesque. Tous étaient d’excellente compagnie et ouverts à la “déconnade”, des liens ne pouvaient que se créer.

J’ai, je crois, vu en une journée tout ce qu’il pouvait arriver en une vie de cycliste : freins arrachés, plaquettes perdues, dérailleurs déraillés, pattes de dérailleurs cassées, chaînes cassées ou coincées dans le cadre, des crevaisons, des chutes et un casque enfoncé, des tiges de selles télescopiques bloquées, des crampes en veux-tu en voilà, et tout ça de nuit comme de jour ! Incroyable. Et pourtant, dans ces moments-là, la détermination de chacun était infaillible, rien ne pouvait vous arrêter… Je vous tire mon “chapeau/casque” pour ce courage, bravo à tous.

Cette aventure est difficile à raconter. Il faut, je pense, la vivre pour savoir ce qu’il s’y passe. Pour moi, c’est resté gravé. Effectivement, il était plus facile de vous accompagner sur cet événement après l’avoir moi-même roulé et terminé la saison précédente.

Mais quoi de plus agréable au final que cette sensation de terminer une (belle grosse) balade comme celle-ci en se disant…. ça y est je l’ai fait !

 

 

Ma journée en immersion

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