Le journal de Justin Leov – EWS de Rotorua 2017

Cette année encore, le kiwi Justin Leov (Canyon Factory Enduro Team) nous fait partager après chaque manche EWS, sa course et impressions. Direction Rotorua pour l’ouverture de la saison…

 


Temps de lecture estimé : 7 minutes – Texte : Justin Leov – Photos : Sebastian Schieck


 

 

Je crois que l’on peut vraiment parler de bataille …

Avant le début de la course, nous avons reçu une terrible nouvelle dans la famille Canyon. Notre team manager Florian Goral est décédé en raison d’une infection sanguine. Flo est l’homme qui, aux côtés de Fabien Barel, m’a fait venir chez Canyon. Bien que je ne l’ai connu que pendant une courte période, j’ai pu apprécier son grand cœur, son sourire, et sa passion pour notre sport. Un choc dévastateur comme celui-ci vous ramène vraiment les pieds sur terre et nous rappelle à quel point la vie peut être incertaine. J’ai beaucoup pensé à ma famille au cours du week-end et à quel point elle est importante pour moi. Mes condoléances vont aux membres de la famille de Florian, je ne peux pas imaginer leur douleur en ce moment. Repose en paix Flo !

J’ai passé la plupart de l’intersaison à la maison en Nouvelle-Zélande et j’ai participé à plusieurs courses de niveau national. J’ai noté avec satisfaction que ma forme s’améliorait au fil des compétitions et que je me rapprochais de mon meilleur niveau en ce qui concerne ma vitesse. Les choses semblent donc bien se présenter pour la saison internationale qui débute, même si rien ne pouvait vraiment nous préparer aux conditions rencontrées lors de cette première manche des Enduro World Series à Rotorua.

Nous avons parfois couru sous la pluie mais il y a longtemps que nous n’avons pas eu droit à une vraie manche des EWS dans la boue. À Rotorua d’ailleurs, les parcours restent généralement praticables et rapides même en cas de fortes pluies. Mais si la pluie est plus que forte, plus que persistante et que vous y ajouter le passage de quelques centaines de pilotes, alors les choses peuvent dégénérer très rapidement. C’est exactement ce qui s’est passé à Rotorua et nous sommes très nombreux à nous être fait piéger. Le timing des précipitations et les dégâts au parcours qu’elles ont entraîné ont fait de Rotorua l’une des épreuves des Enduro World Series les plus difficiles auxquelles il m’ait été donné de participer. Le simple fait de réussir à rester sur le vélo était un défi de tous les instants. Dans certaines Spéciales chronométrées, de tels sillons s’étaient creusés que le dérailleur traînait régulièrement au sol, les racines des arbres étaient glissantes comme de la glace, et la transmission et les freins étaient ensevelis sous la boue. L’eau disponible aux points de ravitaillement ne servait pas seulement à se désaltérer mais aussi à désengluer le vélo.

Je crois que l’on peut vraiment parler de bataille et je tiens à féliciter toutes celles et ceux qui ont terminé la course. Si l’on considère qu’il s’agissait d’une épreuve concentrée sur une seule journée de compétition, avec au menu rien moins que deux milles mètres de dénivelé positif et huit heures sur le vélo, il n’est pas surprenant que beaucoup de concurrents aient abandonné sur ennui mécanique ou aient été tout simplement éliminés pour avoir manqué leur heure de départ sur l’une des spéciales.

Dans de telles conditions, les pneumatiques ont été un élément clé. Pendant les jours qui ont précédé la course, les conditions étaient très différentes et j’ai ainsi pris la décision de monter des pneus pour terrain sec, qui jusqu’à la veille représentaient sans aucun doute la meilleure option. C’était sans compter sur le changement radical qui allait s’opérer du jour au lendemain… Pour la même raison (la boue), la visibilité était un autre problème à résoudre. Après avoir couru la première Spéciale chronométrée avec un masque, je choisissais de passer aux lunettes pour le reste de la journée, plus rapides à nettoyer entre deux spéciales.

En regardant les résultats du week-end, je suis loin d’être satisfait, mais les conditions, aussi exceptionnelles que dantesques, font qu’il est difficile de tirer des conclusions. Je préfère me concentrer sur le prochain rendez-vous et me préparer au mieux pour la Tasmanie. Chaque course apporte son lot de défis à relever et je suis sûr que la prochaine ne fera pas exception à la règle !

Justin

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