Il y a, parmi les vélos du marché, des montures qui font l’unanimité plus que d’autres. Allez savoir pourquoi ! Le Transition Patrol en fait partie : auprès des initiés, des amoureux du beau matériel et de la belle action, cette monture revient fréquemment.

Alors, on saisit l’opportunité d’essai lorsqu’elle se présente. L’occasion d’en apprendre davantage au sujet de ce vélo que tant de monde place parmi l’élite. Ses origines, sa conception, ses traits de caractère pour tenter de comprendre, ou pas, ce qui en fait la référence d’une partie de la presse anglo-saxonne notamment.

Un ensemble de paramètres dont la cohérence doit, je l’espère, apporter un nouvel éclairage sur ce que peut être un bon vélo. Je n’avais, pour ma part, jamais pris son guidon. Page blanche et impressions vierges donc, pour débuter. Transition Patrol Carbon, dans les tuyaux Endurotribe.

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes


 

 

Le cercle des initiés…

Je n’avais, jusqu’à présent, jamais eu l’opportunité de rouler un Transition dans de bonnes conditions d’essai. En matière de ressenti, mes impressions étaient donc vierge de toute données pertinentes. Pour autant, Transition fait partie de ces marques que l’on me vante depuis longtemps.

J’ai souvenir d’avoir vu apparaitre ces montures d’outre-atlantique il y a une bonne dizaine d’années déjà. Le Transition Covert était alors la pépite du moment. Pas nécessairement aux mains de top-pilotes ou de leaders d’opinion. Parfois même des talents sortis de nulle part, mais sacrément stylés !

Depuis, tous ceux que j’ai l’occasion d’observer au guidon de ces montures ont un point commun équivoque. Une certaine justesse dans l’usage de leur bagage technique : bunny-up, appel / contre appel, manual, nose-turn, sauts… Des notions qui, il y a dix ans de ça, n’étaient pas aussi évidentes qu’aujourd’hui.

L’habit ne fait pas le moine. Pas plus que le vélo, le pilote. Mais force est de constater qu’à bien des égards, cette évidence a fini par m’intriguer, au point de me dire qu’il doit forcément y avoir anguille sous roche. Qu’est-ce que le Transition Patrol Carbon a de si particulier ?!

 

 

Transition Patrol Carbon Kit 2

En premier lieu, une apparente simplicité. Quelque chose de presque déroutant lorsqu’on le place en vis-à-vis de certaines montures concurrentes. À côté d’un Mondraker Dune, d’un Specialized Enduro ou d’un Rocky Mountain Slayer, le cadre du Transition Patrol C dénote presque…

Sous cet angle, le Transition Patrol Carbon entre donc aisément dans une caste très fermée. Celle des vélos sans fioriture qui interpellent par leur apparente sobriété : un élément, une fonction. De ces montures dont le montage se conçoit aisément. Un cadre, un poste de pilotage, un jeu de suspension, des roues, des freins, une transmission et c’est réglé…

Ce genre de vélo que l’on ne conçoit pas truffé de gadget. Il n’y a pas mille câbles, douze gâchettes, cinquante protections et dix-huit colliers Rilsan. Cintre large, couleur unie, décos simples, triangle avant simple et évidé, longs tubes… Comme dans ces maisons où l’impression d’espace tient à quelques perspectives et un nombre minimal d’éléments au contact du sol…

 

 

Taille Large

Ici pas de surprise, le Transition Patrol Carbon reste un vélo. Seuls ses deux pneus touchent par terre. Son apparente simplicité laisse pourtant vite percevoir la manière avec laquelle ces deux appuis sont amenés au sol. Il parait bas, racé, long de l’avant. Visuellement collé au parquet !

Comme à l’habitude, taille L à l’essai pour mon mètre quatre-vingt deux. À peine enfourché, le Transition Patrol Carbon délivre sa première impression : grand vélo ! long vélo !

Des éléments qui me rappellent vite le Devinci Troy, ou le Canyon Spectral EX. Pas aussi extrême que le Mondraker Dune Carbon R dans le positionnement, mais dans l’esprit. 457mm de reach, valeurs proches du Troy et du Spectral. 609mm de stack et boitier à 339mm du sol. Ce n’est pas qu’une impression, le vélo est effectivement bas.

Les premiers tours de roue, à plat, laissent paraître qu’une fois engagé sur l’angle, la direction tourne d’elle même. Sans y être habitué, les premières fois, le cintre en 800mm tire plus que de coutume sur les bras. En effet, 65° d’angle de chasse au tableau..!

 

 

Hors-link & metric

Outre le tableau des géos, cher aux passionnés que nous sommes, je ne peux m’empêcher de jeter rapidement un oeil aux suspensions. Notamment ce que réserve la cinématique à point de pivot virtuel type Hors-link / four bar linkage.

Un principe vu, revu et éprouvé qui ne manque pas pour autant d’intérêt. À commencer par la position du point de pivot virtuel, et son déplacement au fur et à mesure que l’on consomme le débattement : très loin vers l’avant du vélo, se rapprochant ensuite du boitier de pédalier.

Un angle d’action biellette/amortisseur ensuite, qui attire l’oeil au premier regard.  C’est encore plus évident maintenant que le Patrol utilise le format Metric : la biellette va chercher haut le sommet du RockShox Super Deluxe en 230x65mm !

Des mensurations et des angles qui, si l’on se réfère à nos publications didactiques à ce sujet, suggèrent des choses intéressantes pour étudier les 155mm de débattement à la roue arrière. Un point qu’il me tarde de mettre à l’épreuve du terrain…

 

 

Premières impressions

Car si je m’étale sur ces aspects de géométrie et de cinématique, c’est bien parce que les premiers tours de roue en mettent une partie en exergue. voici mes premières impressions, sur des réglages tout ce qu’il y a de plus standards : 30% de SAG avant / arrière, détentes en milieu de plage, pas de compression, pression de pneu et hauteur de selle habituelles.

Un premier constat : le Transition Patrol Carbon fonctionne très bien sans plus de fioritures. J’entends par là qu’il répond déjà à une majorité de mes attentes. Très peu de mouvement d’assiette du triangle avant. Peu de mouvement parasite des suspensions. Les appuis et l’adhérence sont au rendez-vous d’emblée. La possibilité de jouer, tirer, placer, pousser est immédiate.

En première intention, je prête une partie de ce trait de caractère au déport du point de pivot virtuel loin devant en début de course. L’assiette est nécessairement stable. À la moindre sollicitation, le vélo entier s’active, pas seulement le triangle avant. Cet caractéristique répartit forcément davantage sur les deux roues la moindre prise d’appuis.

Une particularité qui pousse à vite ressentir les particularités de la géométrie. Peu parasité par les mouvements d’assiette, le Transition Patrol Carbon s’assoie vite sur ses côtes pour trouver du caractère. Et quel caractère ! Les premières impressions ne sont pas trompeuses : il faut mettre de l’angle et de la vitesse pour tourner. Presque un préalable pour s’amuser : charger le cintre large et les 65° d’angle qui semblent prévus à cet effet…

 

 

La suite ?!

Quelques bonnes corrélations entre les chiffres et le terrain qui appellent à plus. Notamment pour préciser quel usage faire de ce beau monde. Sur cette première approche, le Transition Patrol Carbon ne déçoit pas. Il est, effectivement, plein de promesses et d’envie.

Reste à en préciser les limites, si elles existent ? Jusqu’où aller ? Pour qu’en faire ? Et finalement, au quotidien, qu’en tirer ?! Des réponses nécessaires vu le caractère sobre d’aspect, mais bien trempé à l’usage du Transition Patrol C.

De quoi occuper les prochaines séances d’essai et, comme d’habitude, les commentaires de cette publication Dans les Tuyaux : pour échanger ensemble, et préciser les points qui, à la lecture de ces premières impressions, vous intriguent ou interpellent en vue du verdict, à lire dès à présent > http://www.endurotribe.com/2017/04/verdict-essai-du-transition-patrol-carbon/

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