Suivez Tito dans son voyage en solo au Népal, trois semaines en vidéo et photos à travers les différentes régions de l’Ouest et centre Népal, dans la chaîne de l’Himalaya. Une compilation simple et inspirante de vidéos prises avec sa caméra embarquée.

Ce voyage nous emmène sur des sentiers incroyables en plein Himalaya, dans des paysages magnifiques et à la rencontre des gens qui vivent dans ces montagnes. Toujours hallucinés de voir un vététiste débarquer dans leurs villages !

Récit & photos : Tito Tomasi

 

 

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Smiles of Himalaya – Népal

Le projet initial était de tenter la plus grande distance sur le Great Himalaya Trail Népalais, un sentier parcourant la chaîne intégralement d’Est en Ouest. Mais les conditions dans la région de l’Everest étaient si incertaines que pour des raisons de sécurité j’ai décidé d’emprunter l’itinéraire bas pour cette région. En effet le tracé original passe sur des glaciers et emprunte des cols au-dessus de 5300 mètres, il était impossible d’avoir des informations fiables sur la faisabilité à vélo.

Le voyage commença donc avec un vol depuis Katmandou pour Lukla, connu pour être l’aéroport le plus dangereux au monde. De là après avoir roulé sur le sentier du camp de base de l’Everest une journée, je suis parti vers l’ouest en direction de Giri.

Un sentier bien moins emprunté par les marcheurs mais extrêmement peuplé par les porteurs, sherpas et caravanes d’ânes.

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Il y a 5000 mules qui circulent dans ces vallées pour l’approvisionnement du trek de l’Everest, un vrai business qui fait vivre énormément de monde, mais ce passage ainsi que la mousson important détruisent le sentier qui devient impraticable dans beaucoup de portions. Créant des trous de boue et détruisant les escaliers, certaines parties restent roulables et me rendaient bien heureux.

Après quatre jours dans la boue, à lutter et porter pour me sortir des vallées je décidais de couper un peu plus court pour rallier la région du Langtang. En sachant que je trouverai là-bas un terrain plus favorable et la suite du projet Great Himalaya Trail également. J’ai donc trouvé une jeep qui partait pour Katmandou et après dix heures de voyage, j’arrivais quelque part dans la capitale.

Après une courte pause pour me remettre et réviser le vélo je repartais, cette fois en bus pour Langtang. Un autre trajet de 8 heures sans billet assis par terre, le vélo sur le toit. Au final, je crois que j’adore ces voyages sans plans et spontanés.

En arrivant à Dhunche je décide d’attaquer avec le trek de Gosainkund pour aller voir la vue depuis 4000 mais la pluie en décide autrement et je plonge de Laurebina à Bamboo pour une descente glissante de 2250 mètres, les locaux qui me voient passer rigolent bien en me voyant glisser et lutter couvert de boue. Moi aussi je rigole bien et c’est toujours intéressant d’expliquer ma passion au gens. La descente était vraiment super, depuis la limite des arbres elle traversait une épaisse forêt pour ensuite rallier les quelques champs et communautés qui vivent ici. Avant d’arriver dans la forêt plus tropicale où se succèdent les escaliers de pierres et les ponts suspendus. Impossible de se sentir perdu ici, même quand je crois qu’il n’y a personne il suffit d’attendre un peu et quelqu’un va venir, une petite dame avec ses bêtes, un bûcheron, des ânes ou même des yaks. Et au coin d’un sentier on trouve souvent une stuppa et des drapeaux de prières, cette ambiance et cette vie sont vraiment uniques pour moi. Rendant les montagnes plus spirituelles et le voyage plus profond.

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En plein voyage, il n’est pas rare que je sois stoppé par mes pensées. Je m’égare alors dans la contemplation et la réflexion. Mes yeux sont ouverts, mon rêve c’est maintenant et ma chance c’est le présent. C’est tout ce que j’ai à ce moment-là.

Après avoir rejoint le trek du Langtang, il fallait remonter la vallée le long de la tumultueuse rivière, une succession de ponts, d’escaliers et de sections roulables avant que le paysage se dévoile. Je quitte peu à peu la forêt et la vallée s’ouvre. Je découvre un zone grise et immense, ce sont les restes d’une avalanche de glace et de roche, en face autour du torrent je peux voir des murs de neige couverts de terre et tous les arbres couchés par le souffle de l’éboulement massif. En traversant cette étendu je ressens une grande tristesse car c’est ici que se trouvait le village de Langtang l’an dernier. Cette avalanche emporta en avril 2015, la vie de plus de 200 personnes en pleine journée. Les gens ont commencé à reconstruire le village, un peu plus haut dans un endroit plus sûr. Les Népalais sont décidément un peuple fort et fascinant. Un passage qui rappelle à quel point la vie est précieuse. Encore. Après New Langtang, la vue change, en gravissant les moraines je commence à voir les premiers sommets et glaciers, cette vision me remplit de bonheur et me donne plein d’énergies ! J’atteins Kyanjin Gompa assez vite, c’est le dernier village de la vallée. Situé dans un cadre magnifique, c’est très agréable de passer un peu de temps ici à 3850 mètres d’altitude.

Le village domine la rivière entourée de grands prés verts où pâturent chevaux et yaks, alors que tout autour les sommets et glaciers terminent ce paysage majestueux. Le plus proche et le plus haut est le Langtang Lirung, culminant à 7234 mètres ; c’est une montagne magnifique et terrifiante, qui a fait beaucoup de morts. Ces montagnes ne peuvent inspirer qu’un seul sentiment, l’Humilité. Je reste quelques jours pour rouler et profiter, c’est géant. L’après-midi je mange des gâteaux et bois du thé en discutant avec des tas de gens différents.

En redescendant la vallée, je décide de faire une variante et de passer par le trek du Tamang Heritage Trek, une bonne idée puisque après la première montée, le sentier est devenu génial à rouler. Traversant les villages Tamang, une communauté de réfugiés Tibétains. En effet, le Tibet n’est qu’à quelques kilomètres. La zone offre un patrimoine tibétain intéressant, mais aussi des points de vue superbes sur la vallée. En rejoignant le bourg au fond de la vallée je tombe sur quatre espagnols que je connais de Kyanjin, soirée improbable et très drôle avec un repas espagnol typique cuisiné par leurs soins !

De Syabru, le départ est brutal car de 1500 mètres d’altitude il faut retourner dans la montagne, et passer les cols. Je reprends mon Great Himalaya Trail direction l’ouest vers la région de Manaslu. Alors que j’avais prévu cela en une semaine, j’arrive en trois jours. Une traversée magnifique dans un Népal rural et profond, où les gens n’ont ni route ni électricité mais on trouve des écoles et des tout le nécessaire pour cette vie simple et basique. Les sommets Ganesh Himal et Palvor ne sont pas très loin et on les voit bien le matin. Je me régale sur les sentiers traversant d’innombrables villages. La dernière journée est assez mitigée, je me perds et personne ne m’aide vraiment, au contraire on m’indique sans cesse le mauvais chemin !

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J’arrive dans la vallée de Manaslu plus tôt donc, cette avance me fait réfléchir, j’ai envie de tenter le trek du Manaslu. Mais c’est un peu risqué car je suis censé commencer la course YakAttack d’ici peu. Et avant cela je dois me reposer, refaire une beauté à mon vélo … La décision est prise mais je roule tout de même une journée sur le trek du Manaslu pour me faire une idée avant de rejoindre Arugath Bazar pour trouver un moyen de rentrer à Katmandou, ça sera encore huit heures de bus bien agitées. Mais avant, je me pose un peu et célébrant mon voyage avec une bière, je repense à ces moments de montagne, d’efforts, d’émerveillements et de découvertes. Reconnaissant pour cette chance de vivre ces moments et de toucher la liberté du bout de doigts.

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De retour à Katmandou, c’est le moment de monter la vidéo, écrire et peindre mais je suis aussi allé rouler quelques jours dans les montagnes autour de la capitale. De là-haut, on peut voir les sommets de l’Himalaya de l’Everest à l’Est aux Annapurnas à l’Ouest, incroyable !

D’ailleurs la course YakAttack commence aujourd’hui, elle dure dix jours traversant les Annapurnas et le Mustang en entier. C’est la course la plus haute et la plus dure au monde (surement parce qu’a 5300 metres il y a plus d’air ! Haha !).
Voilà une nouvelle aventure qui commence, un peu différente, un peu plus programmée mais aussi forte en émotions !

Je voudrais remercier mes sponsors, ils me suivent et me font confiance depuis un moment, Urge Bike, Mavic, Rocky Mountain et Posca.

La vie est une chance

Tito

 

La vidéo

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