Accrochée à la cordillère royale des Andes, La Paz joue les séductrices, c’est ici que je poserai mon sac pour 15 jours d’aventure…

Texte, photos et vidéo : Rodolphe Pasciuto

 

 

A couper le souffle

Respiration difficile, fatigue, picotements au bout des doigts, sensation de malaises, rajoutez à tout ça un décalage horaire conséquent et vous y êtes… bienvenue en Bolivie, La Paz à 4100 m d’altitude, la capitale la plus haute du monde ! Les effets sont instantanés.

Les bagages récupérés, difficile de se projeter sur le vélo le lendemain, il faut se reposer, c’est obligatoire. Le centre ville de La Paz est plus bas, à 3600 m d’altitude. Je passerais ici plusieurs jours dans le but de m’acclimater à ce nouvel air. J’avais prévu et pensé au choc de l’altitude, ces 4 jours m’ont donc permis de prendre le temps, me faire à la ville, pas à pas, et rencontrer les premières personnes qui m’aiguilleront sur les lieux à rouler.

Au premier matin, dès le levé du soleil, je découvre une ville bruyante, très bruyante. Toute la journée des sirènes et autres alarmes sonnent de façon incohérentes parfois, et cela semble tout à fait normal pour les locaux qui évoluent joyeusement dans un fabuleux “chaos organisé”. Cette ambiance finit par rendre cet univers terriblement séduisant et passionnant ! J’avais connu à Katmandou un milieu urbain bruyant et chaotique, La Paz me fera régulièrement des clins d’oeil me renvoyant à mes souvenirs népalais.

Dans cet univers je me sens bien, c’est sans appréhension que je vérifie mon sac, demain je pars direction les hauts plateaux et la forêt subtropicale.

Ma première difficulté se passera à 5100 m d’altitude, là-haut les paysages sont extraordinaires, me faisant penser à l’Islande et ses montagnes pelées. Le souffle y est court aussi. Les paysages sont nombreux et changent très vite en plongeant dans les vallées.

Bientôt la forêt s’approche. Très humide et dense elle impressionne. J’évoluerai pendant deux jours dans cette jungle en suivant un chemin parfois très escarpé. De nombreuses personnes vivent ici dans des hameaux et de modestes maisons, elles vous ouvrent leurs portes le temps d’une discussion, très facilement. Occupé à regarder ma carte, une voix m’interpelle. Je lève la tête, balaye les alentours du regard, cherche. Dans l’ombre d’une cabane en pierre j’aperçois une femme assise, je m’approche. Nous discuterons une heure…

150 kilomètres plus loin je sors de ce chemin, et après autant de rencontres – animales, florales, humaines – je décide de changer de route pour me diriger vers les hauts plateaux en direction du Lac Titicaca. Ces deux jours éprouvants et fascinants ont été si riches qu’y passer plus de temps n’aurait pas suffit à tout voir, je devrais revenir.

Le lac Titicaca est radicalement différent. Aride, étendu, et poussiéreux, les arbres sont peu nombreux et un soleil de plomb vous écrase au sol à presque 3900 m d’altitude. Tout y est donc plus laborieux. Parcourir 50 km sur pistes et routes est usant voir déroutant. Avec la fatigue, j’oscillerai plusieurs fois entre l’envie de tout arrêter et celle de continuer. Ma plus belle rencontre se fera autour de ce lac, à Sampaya avec cette professeur des écoles et certains de ses élèves. Dans chaque aventure je reviens en France avec un beau souvenir, une belle rencontre, un moment agréable passé avec un habitant ou sa famille. Pour la Bolivie, c’était ici.

Les trails ont été très difficiles à trouver, j’avais remarqué cela également en Islande, mais lorsque les habitants ne pratiquent pas la montagne, il n’y a pas de chemins, ou très peu. De plus, ne connaissant pas le vélo de montagne, ils ne s’imaginent pas l’accessibilité des chemins à vélo, tout semble impossible, seules les routes sont indiquées. Il faut donc faire en complète autonomie, avec ses propres décisions et cela implique souvent des galères, ça fait partie de l’aventure.

15 jours ici m’ont permis de voir de belles choses et prendre le temps de m’acclimater facilement aux pays. Mon seul regret serait de ne pas être parti plus longtemps, pour établir comme une traversée complète du pays à vélo… les paysages paraissent tellement extraordinaires et sans fin que je n’en ai vu qu’une goutte d’eau, c’est certain.

Rodolphe

 

Le film de l’aventure

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